Berserk and the Band of the Hawk

 

Tecmo Koei et Omega Force n'en finissent plus de décliner la recette Dynasty Warriors un peu partout et à toutes les sauces ! Alors que l'on attend Dragon Quest Heroes II chez nous, c'est Guts qui débarque pour l'instant avec l'adaptation du manga Berserk ! Au menu, grosse action et ambiance glauque, comme on peut s'y attendre. Mais si ça peut suffire, avec une intrigue bien ficelée et quelques scènes chocs, à faire un bon manga, est-ce que ça suffit pour faire un bon jeu ? Voyons ça...

Baston !

Style graphique et ambiance respectés

On va commencer par les modes de jeu avant de voir plus en profondeur, dans la mesure où ceux-ci sont peu nombreux et typiques de tout Musô qui se respecte. On a ainsi accès à un mode Histoire, un mode Libre, et l'Éclipse sans Fin. Le mode Histoire reprend donc l'histoire du manga le plus fidèlement possible (le tout est quand même assez édulcoré, mais ça ne nuit absolument pas à le compréhension), le mode Libre fait la même chose en vous permettant, comme d'habitude, de jouer avec tous les personnages dans n'importe quelle bataille, et l'Éclipse sans Fin est un mode Survie qui vous propose de parcourir 100 niveaux dans le Monde Astral en acceptant quelques requêtes (le meilleur moyen de se faire rapidement beaucoup d'XP et beaucoup d'argent, sans oublier quelques équipements sympathiques).
Une fois la bataille lancée, vous connaissez le principe : on cogne sur tout ce qui arrive sans se poser trop de questions ! Et là, on est un peu partagé entre le jouissif (et coupable) plaisir de balancer son épée dans tous les sens en taillant dans les lignes ennemies comme dans du beurre (d'autant qu'on ressent bien les impacts) et le regret de voir une petite régression côté gameplay, certaines bonnes idées d'autres Musô (notamment Arslân) ayant totalement disparu au profit de quelque chose de bien plus basique... Cela dit, les modes de difficulté supérieurs offrent assez de défi pour adopter une approche un peu plus stratégique et réfléchie.

Graphiquement, on navigue entre une modélisation réussie des personnages principaux et un moteur graphique qui commence à avoir du mal à tenir la distance à force d'être utilisé (du renouveau dans un futur jeu ? On espère). Rien de trop honteux, cela dit, mais il est tout de même dommage que plusieurs cartes se répètent.
Notons la présence de plusieurs extraits des derniers films pour certaines cinématiques (du moins jusqu'à l'Éclipse, vu qu'il n'y a pour l'instant rien qui va plus loin...), et ça fait plaisir après un Arslân qui avait un style hybride tout moche sur ce point.

Évolution et crafting

Vous prendrez bien quelques bases de RPG ?

Bon, bien sûr, un Musô aujourd'hui ne serait pas un Musô sans un minimum d'évolution. Vos personnages peuvent ainsi atteindre le niveau 99 et accumuler, au fil de l'Histoire, pas moins de cinq jauges de fureur (l'équivalent du mode Musô), qui permet d'avoir accès au Death Blow, la super attaque ultime de chacun (réutilisable tant que vous arrivez à remplir sa jauge en une seule fureur). Bon, bien sûr, ça se résume à gagner de l'XP pour booster vos stats, n'en attendez pas plus.

 

Comme d'habitude également, on a un peu de crafting. Vous pourrez en effet améliorer vos divers accessoires équipables, et cela de deux façons. D'abord en utilisant des pierres (notez qu'un objet arrivé à +9 peut en devenir un autre avec la bonne pierre) puis, plus tard dans l'aventure, en les combinant/fusionnant (et en choisissant quelles compétences vous voulez y mettre). Rien de bien nouveau dans le genre, mais ça fait toujours plaisir.

L'Éclipse sans Fin, quant à elle, est un mode Survie tout ce qu'il y a de plus classique. Vous avez des désirs à remplir, qui se résument à taper sur cinq étages sur des vagues de créatures et de boss. Tous les vingt étages, vous gagnez le droit de reprendre là où vous êtes arrivé. Et ainsi de suite jusqu'à la fin, le 100e niveau, la Vérité, d'après le Chevalier Squelette.
Mais ne vous attendez pas à vous dire que vous allez le faire avec un ou deux personnages et ce sera bon, non... Si vous tenez à remplir la galerie à 100% et à débloquer les scènes type diaporamas, il vous faudra le faire avec TOUS les personnages, chacun ayant, à intervalles régulires, des requêtes à remplir qui lui sont propres. Oui, ça peut vite être rébarbatif.

La routine, c'est mortel

Efficace. Mais prévisible

Au rayon des défauts,on aura droit, côté technique, à quelques soucis de caméra, notamment dans les endroits exigus ou face à des Apôtres un peu trop massifs qui nous coincent contre un mur (c'est toujours sympathique de ne rien voir et de se faire enchaîner sans pouvoir réagir), et une distance d'affichage des personnages assez ridicule...
Si réduire un peu le nombre d'éléments affichés est sympathique (on se souvient de Dynasty Warriors 8 et sa performance incroyable à ce sujet, qui entraînait de superbes lags avec un écran rempli de personnages...), afficher à l'écran un groupe d'ennemis indiqué sur la carte au dernier moment (quand on est dedans, quoi), c'est un vrai problème.

En dehors de ça, le jeu souffre d'abord et avant tout de ce qu'il est : un Musô défouloir et efficace, doublé d'une adaptation bien foutue mais sans prise de risques, se permettant même un léger retour en arrière côté possibilités de gameplay. C'est bien fait, ça plaira aux amateurs du genre et/ou de Berserk (cela dit, les fans les plus hardcore verront sans doute mal le côté édulcoré et relativement grand public de l'ensemble), mais Omega Force commence à sérieusement se répéter d'un jeu à l'autre, que ce soit par le moteur graphique ou le reste du jeu.
L'absence de traduction, qui devient récurrente hors des Dynasty Warriors et des adaptations de gros phénomènes (type Shingeki no Kyojin), ne fait qu'en rajouter une couche.

Enfin, soulignons que les personnages sont juste sous-exploités en mode Histoire. Le héros, c'est Guts, les autres, ce sont des faire-valoir. Le mode Histoire est quasi terminé au moment où je tape ces lignes et il doit y avoir une quinzaine de batailles où l'on peut incarner un autre personnage que lui dans ce mode (histoire de vous faire une idée, l'Éclipse, et le moment où Guts perd un bras et un œil, c'est la 20e bataille du scénario...).

Bref, c'est un Musô, donc, un beat them all bourrin et défouloir qui fait plaisir. Comme à chaque fois, vous pouvez baisser la note de deux points si vous n'êtes pas dans les gros amateurs du genre et/ou de la licence. Pour les autres, pas besoin de trop hésiter, vous devriez adhérer. Mais il est temps que Tecmo Koei et Omega Force mettent un peu de sang neuf dans tout ça. Fort heureusement, c'est ce qui nous est promis pour Dynasty Warriors 9. Wait and see.

Trailer de lancement