Ys VIII: Lacrimosa of DANA

 

Adol Christin est de retour, et sa poisse légendaire en matière d'eau et de navires avec lui. En effet, alors qu'il monte à bord du Lombardie en vue d'atteindre sa prochaine destination avec son vieil ami Dôgi, le dit bateau va s'approcher un peu trop près de l'île de Seiren et faire naufrage après avoir été attaqué par une sorte de Kraken. Par chance, Adol dérive jusqu'à l'île, où il retrouve rapidement d'autres survivants. Il va désormais falloir penser à survivre et trouver un moyen de s'évader... Mais ça serait évidemment bien trop simple si c'était le seul défi qui attendait notre aventurier aux cheveux rouges sur cette île dite maudite.

Et voici donc le point de départ de Ys VIII, nouvelle itération de la célèbre saga de Falcom. Plus gros accros dela saga, notez que ceci porte certes le numéro 8, mais se situe chronologiquement entre les épisodes 5 et 6. Ce petit point de diégèse situé, que veut donc Lacrimosa of Dana ?

Un plumage terne

La technique ? C'est quoi, ça se mange ?

On va commencer par expédier l'aspect technique avec une simple question : vous êtes sûrs qu'on est sur PS4 ? Falcom est un peu au Japon ce qu'Obsidian est à l'Occident, à savoir un studio qui sait soigner le fond de ses jeux, mais fait vraiment le strict minimum côté technique. Ici, donc, s'il faut saluer les temps de chargement extrêment courts, le reste est légèrement à la ramasse.

Entre un moteur graphique clairement pas digne de son support et qui nous ramène vers la PS2 en fin de vie/PS3 en début, des animations parfois hachées lors des cinématiques, des personnages un peu figés lors des mêmes cinématiques, Falcom nous ramène clairement quelques années en arrière. Heureusement que le doublage et la musique sont à la hauteur. De plus, à souligner, le jeu est traduit en français. Enfin... Dans la mesure du possible. Disons que ce n'est pas aussi catastrophique que la traduction de Final Fantasy VII en son temps, mais quand le jeu vous envoie direct des grosses fautes dès le menu principal (Languate et Gallerie...) et multiplie les non sens et les lourdeurs, on ne part pas gagnant... Tout de même pas de quoi détruire la compréhension du tout, heureusement.

I'm going on an adventure !

Le voyage forme la jeunesse

Au menu de cette nouvelle aventure, donc, une seule zone : l'île de Seiren. Mais quelle zone ! Cette île est aussi grande qu'un pays, voire un petit continent, et regorge d'endroits différents à visiter. Côtes, montagnes, forêts, bourbiers, tout y passe, le dépaysement est au programme, et l'impression de voir sans cesse la même chose n'arrive jamais. Encore heureux, dans la mesure où cartographier l'île est, au même titre que retrouver les autres survivants, la première grande quête du jeu. Oui, on vous encourage à aller chercher le 100%.

 

Cela dit, ce ne sera pas une mince affaire, dans la mesure où plusieurs endroits vous seront fermés par des obstacles que vous ne pourrez enlever qu'avec le bon nombre de survivants sauvés et ramenés au village où tout le monde s'est établi. Encore une bonne raison de fouiller partout en long, en large, et en travers.
Bien évidemment, cela ne sera pas sans combats. Si la configuration demande des efforts d'assimilation, une fois que c'est fait, c'est un pur plaisir : les combos et attaques spéciales s'enchaînent à grande vitesse et avec une grande fluidité, on passe d'un personnage à l'autre d'une pression sur une touche (parfait quand vous avez besoin d'un type de dégâts précis pour exploiter une faiblesse, sachant qu'il y en a trois), bref, il n'y a rien à redire. Quant aux gardes et esquives éclair, il vous faudra un parfait timing pour les lancer. Il en résulte des combats particulièrement rapides et agréables, qui rythment l'avancée sans pour autant vous faire sentir coincé, et cela même quand il s'agit de boss.

Survivre, c'est amusant

La petite vie d'un Robinson Crusoe

Côté contenu, vous en aurez également pour votre argent. Ys VIII propose en effet toute la panoplie du parfait petit survivant : craft, échange, pêche (un minijeu tout simple et à l'image des combats : rythmé et agréable), cuisine, tout y passe, et vous aurez bien besoin de tout ça pour améliorer vos armes, créer des armures et accessoires, ou même simplement remplir quelques quêtes secondaires. En effet, à chaque chapitre, des survivants vous demanderont quelque chose au tableau, il ne vous restera qu'à les satisfaire. Vous trouverez également quelques phases de défense du camp façon Tower Defense, mais totalement revu à la sauce de l'Action RPG.

Mais ce n'est pas la seule richesse du jeu. Rapidement, Adol sera assailli par des rêves lui contant l'histoire d'une certaine Dana, avant que le joueur ne finisse par prendre le contrôle de la dite Dana et d'avoir droit à deux intrigues qui s'entrecroisent. Falcom ne s'est pas contenté d'une histoire de naufragés, et ça fait plaisir.

Globalement, donc, Ys VIII est une agréable surprise, un Action RPG qui met l'accent sur l'exploration et le souffle de l'aventure, qui revient aux bases et aux classiques sans pour autant faire vraiment daté et peu agréable à jouer. Nul doute que tout amateur d'Action RPG y trouvera son compte sans difficulté, d'autant que le jeu a pour lui d'être long et bourré de contenu en plus d'avoir une écriture qui réserve son lot de surprises. De quoi largement oublier les quelques soucis de forme et de technique pour se laisser embarquer dans un voyage qui ravivera en chacun les souvenirs émus d'un Legend of Zelda classique, par exemple, ou des promenades d'enfants synonymes d'inconnu, de découverte, et d'émerveillement. Bref, encore une fois, Falcom confirme sa maîtrise du genre et nous fait bien plaisir.

Trailer de lancement