Parappa The Rapper Remastered

 

En 1996 arrivait sur PS One un jeu aujourd'hui culte : Parappa the Rapper. Le jeu était un pionnier du jeu de rythme et rapidement généré d'assez bonnes ventes au point de faire aujourd'hui l'objet d'un certain culte et d'avoir fait mettre en chantier un spin off, toujours sur PS One, en 1999 (UmJammer Lamy) et une suite directe (Parappa the Rapper 2) en 2002 sur PS2. Depuis, la licence est, disons-le, plutôt morte.
Mais la nostalgie parle toujours dans le jeu vidéo, surtout quand on a affaire à un jeu aussi culte. Et donc, pour les 20 ans, nous voilà face à un Remaster PS4 de Parappa ! Quelle bonne nouvelle que de retrouver un jeu fondateur de tout un genre, après tout. Ou pas, en fait...

Vous avez un bon flow ?

Old school is... Well, old and bad in this case.

Je ne vais pas mâcher mes mots, et autant le dire tout de suite : ce Remaster est la parfaite illustration de l'alliance entre la flemme la plus absolue et le foutage de gueule le plus cynique ! Je crois qu'à côté, le Remaster du seul God of War III au détriment du reste de la saga sur PS4 est petit joueur.

Côté contenu, premier point : pourquoi n'y a-t-il que le premier jeu ? Pourquoi ne pas avoir intégré les UmJammer Lamy et Parappa the Rapper 2 ? Voilà qui aurait déjà rajouté bien du contenu et permis de retrouver l'ensemble de la licence, de quoi faire plaisir à tout le monde, d'autant que bien d'autres ont déjà fait de tels Remasters, rien que sur PS3...
Continuons donc sur le contenu : du fait que ce Remaster se concentre sur le premier jeu, sans aucun ajout (à part ceux de la version PSP, et la possibilité d'ajouter vibrations et visualisation de la ligne.... C'est léger), vous n'allez pas y jouer longtemps. Si vous réussissez à maîtriser le timing (bonne chance), comptez une heure tout au plus pour en venir à bout.

Bon, et là, vous allez vous dire que ce n'est pas grave, que le gameplay vient un peu sauver tout cela, et que Parappa the Rapper est toujours un bon jeu, n'est-ce pas ? Déjà, je doute qu'il l'ait jamais été. Bref, voyons plus en détail.

Balance ton flow !

Reste dans le rythme !

Graphiquement, si c'est clairement old school,notamment les écrans de chargement (et fonds des cinématiques) en tuiles, les phases principales (les six chansons, donc) ont eu droit à un traitement royal : le portage HD magnifie le style 2D du jeu et nous donne un visuel qi n'a rien à envier au meilleur cel shading du moment. Bref, graphiquement, Parappa the Rapper Remastered n'a rien à craindre, il est assez haut placé. Enfin... Pas pour les scènes cinématiques, cela dit.

 

Les séquences cinématiques sont LE point qui va vous faire voir la flemme du portage : elles sont horriblement compressées, pixélisées, et réduites à à peine la moitié de l'écran en terme de volume ! Pourquoi ? Parce qu'il s'agit manifestement du simple portage de PSP de 2006, avec des cinématiques forcément retouchées et adaptées à une résolution plus faible que sur une télé. Et voilà comment on se retrouve avec une pure horreur visuelle qui tranche avec la finesse des séquences de chanson...

Bref, si les graphismes avaient une chance de réhausser le niveau à ce stade, on se retrouve avec un bilan en demi-teinte pour eux...

La musique dans la peau !

Rap gentil et histoire débile

Après ce massacre en règle et cette déception sans nom, il reste encore à aborder l'histoire et les chansons. Pour résumer simplement pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le jeu, Parappa ne sait pas comment déclarer sa flamme à l'une de ses amies et, comme si ça ne suffisait pas, enchaîne les situations qui en font un pur loser. Heureusement pour lui, il ne manque pas de détermination et ne cesse de se relever en lançant un motivant (et rapidement irritant...) "I've got to believe !!" avant d'aller se mettre à rapper pour obtenir ce qu'il veut. Et nous voilà partis pour six séquences de rap gentillet (ça ne fait que raconter ce qui se passe à l'écran, quoi) au service d'une histoire totalement débile.
Et quand je dis "débile", ce n'est pas "débile type nanar bien ridicule et fun", mais bien "débile pas drôle, sans sens, et sans intérêt", tant les situations s'enchaînent sans aucun sens logique. Heureusement que c'est court !

Côté chansons, donc, les rythmes sont bons et sympathiques, ça reste bien dans la tête, et on se surprend même parfois à se mettre à chanter par-dessus sans trop faire attention au texte (en même temps, si vous voulez suivre le texte et le rythme, il faut regarder à la fois en bas de l'écran pour le texte et en haut pour les touches à utiliser.... Pratique, hein ?). Voilà qui serait très sympathique si le jeu n'était pas aussi imprécis et raté au niveau du timing, sans aucune possibilité de calibrer la manette et sa sensibilité ! Il ne sera donc pas rare que vous fassiez la bonne combinaison dans le bon rythme à l''écran, mais avec les répliques qui s'enchaînent mal, et la sanction "Bad" voire "Awful" qui tombe... C'est d'ailleurs extrêmement pénible quand le rythme se fait particulièrement rapide, notamment dans la 4e séquence...

Un Remaster sans retouches ni réels ajouts, donc, fait pour fêter les 20 ans d'un jeu qui est devenu culte seulement pour son statut de pionner, et qui est, après tant d'années d'évolution du genre musical dans le jeu vidéo, révèle à quel point le jeu était en fait déjà particulièrement mauvais dès sa sortie. Mais si on pouvait pardonner les défauts à l'époque du fait qu'il était le seul ou presque et a donc pavé le chemin pour les suivants,dur de faire l'impasse sur un tel manque de contenu et une telle imprécision en 2017, avec avoir vu passer bien des Guitar Hero, RockBand, mini jeux dans divers titres...

Trailer de lancement