​Version Éditeur

Test de Metal Max Xeno

La destruction totale est finalement arrivée. L'intelligence artificielle NOA, chargée de guider l'Humanité, a fini par déterminer qu'elle était la plus grande menace pour elle-même et s'est rebellée, lançant un immense assaut avec l'aide de toutes les machines. 70 à 80 ans plus tard, l'Humanité n'existe presque plus et le monde n'est qu'un immense désert, parcouru par les quelques rares survivants, qui sont toujours traqués par NOA et ses machines... Talis, un Chasseur, décide qu'il est temps de riposter une bonne fois.

Mad Max en mode manga

Comme le titre le dit de façon particulièrement subtile, Metal Max s'inspire ouvertement de Mad Max : univers post-apo, monde désormais désertique, questionnements sur le traitement de l'environnement, tout y passe, à ceci près que Metal Max utilise un style manga/anime et se passe dans ce qui était le Japon, et non l'Australie. Notez que le design des personnages féminins, notamment Maria, n'est pas du simple fanservice, c'est le stade au-dessus : le jeu profite en effet du chara design d'un auteur de hentai. Voilà qui est dit. Cela peut expliquer également la relative obsession de la perpétuation de l'espèce chez l'un des personnages...
Il convient également de noter que Metal Max Xeno est le dernier épisode en date d'une assez longue licence et qu'il se veut un retour aux sources suite à l'échec de Metal Max 4. On trouve donc un groupe assez classique du RPG japonais : le héros imperturbable, le jeune sidekick comic relief, la jeune fille timide, et j'en passe... Classique voire cliché, mais assez efficace et avec assez d'humour pour qu'on apprécie tout le monde sans facepalmer devant les clichés.

En revanche, côté technique, on pourra se demander si le jeu a vraiment été développé pour PS Vita et PS4... Au passage, si vous cherchez la version Vita, arrêtez tout de suite : seule la version PS4 a fait le voyage chez nous, même si la liste des trophées indique la Vita aussi (tant que j'y suis, sachez que la dite liste est en japonais...). Et techniquement, c'est pauvre, même très pauvre. Les environnements extérieurs se contentent d'un désert et de quelques bâtiments en ruines, les personnages ont des animations assez raides, le style visuel n'est pas franchement le plus poussé possible... Bref, si ce n'est pas une horreur sans nom, on se demande si le jeu ne date pas plutôt des débuts de la PS3...
Côté son, le constat est à peu près le même : si la chanson d'intro, Unforedoomed, est assez fabuleuse et plonge dans l'ambiance sans difficulté, le reste des thèmes n'est pas vraiment inspiré, et encore moins marquant. Ils font toutefois le boulot et soulignent assez bien les actions du moment. Et au niveau de l'histoire, du gameplay, et du contenu, on reste dans les mêmes eaux.


Notre héros, Talis, solitaire et sombre

Vengeance et sauvetage de l'Humanité

L'histoire peut se résumer rapidement comme une sorte de remake de Mad Max 2 : The Road Warrior, mais avec une histoire de vengeance en plus. En très gros, donc, Talis, en cherchant Iron Town, tombe sur tout ce qu'il en reste : Iron Base, qui abrite un trio de survivants. Il accepte de les aider à découvrir ce qu'il est arrivé à la ville, espérant que cela va le mener à la machine qui a tué sa mère et l'a poussé à emprunter la voie du Chasseur. Si l'on excepte les thèmes sous-jacents autour de l'environnement et de la nature humaine, le scénario s'arrête donc là : vous allez voyager à travers le désert, étape par étape, à la recherche de potentiels survivants et en détruisant les machines (notamment les recherchées) qui mettent sur votre chemin, que ce soit en véhicule ou à pied. Dans les deux cas, les rencontres aléatoires sont légion, et le gameplay est un classique tour par tour (vous pouvez toutefois gérer à tout moment les options pour choisir autre chose qu'un tour par tour "normal"), à vous de gérer vos attaques, compétences, et objets. Il y a toutefois quelques différences avec bon nomre de RPG japonais.
Ici, en effet, vos compétences sont limitées en usage, par exemple. C'est en améliorant le niveau de la classe de votre personnage que vous gagnerez plus d'utilisations de diverses capacités (et plus de capacités à transférer sur votre nouvelle classe quand vous pourrez en changer). Côté véhicules, les armes sont limitées en munitions (à l'exception des mitrailleuses), attention donc à ne pas trop abuser, d'autant que vous pouvez tirer sur les ennemis avant même d'engager le combat. Se retrouver à court de munitions en extérieur (le problème ne se pose pas en intérieur à pied, les armes à feu n'ont pas de compteur de munitions) est synonyme d'être inutile (en premier lieu) et d'une mort imminente une fois le véhicule détruit et qu'on se retrouve à pied (en second lieu).

Côté véhicules, il y a du choix, mais il faudra les trouver. Rien de bien difficile, puisque tout est indiqué sur votre carte. Mais genre absolument tout : véhicules, coffres, endroits importants... Peu importe ce que vous cherchez, ce sera forcément indiqué de façon bien visible. Et ça nous amène à ce qui vient affaiblir le titre : il est d'une extrême facilité, et tout nous est indiqué de A à Z. Dans cette optique, on trouve aussi la mort absolument pas pénalisante. Votre groupe est tombé ? Rapatriement immédiat à la base, sans rien perdre. Les matériaux (on peut créeer des armes pour ses véhicules, et même des véhicules dès qu'on en a les plans) tombent assez facilement et, si on prend bien le temps d'explorer, on peut assez rapidement se forger des chars bien puissants et oublier le système d'affinité.
Enfin, le jeu souffre aussi d'un syndrome de couloirs. On pourrait s'attendre à explorer assez librement le désert et l'univers, on se retrouve dans de petites instances reliées par des couloirs uniques. L'ensemble du jeu est donc assez fermé et, surtout, très dirigiste, sans aucune quête secondaire (à l'exception de la recherche de l'équipement Nephilim).


Se promener en char dans le désert : la puissance !

Le charme du post-apo

Vous l'aurez compris, Metal Max Xeno ne fera pas date dans l'histoire du RPG sur PS4, ni en général. Il exhale toutefois un certain charme sur plusieurs aspects. L'histoire est classique (voire cliché) mais rythmée et agréable à suivre, les personnages sont attachants et hauts en couleur, l'univers et l'ambiance sont assez réussis (sans oublier que du RPG post-apo, sur PS4, il n'y a que lui...), bref, tout est réuni pour offrir une aventure certes peu poussée techniquement, mais agréable à jouer jusqu'au bout, et on finit par rapidement enchaîner les heures sans jamais vraiment se lasser. De plus, les problèmes cités plus haut peuvent devenir des qualités. Si vous débutez dans le RPG japonais, Metal Max Xeno, grâce à sa difficulté basse et son assistance à tous les étages, peut en effet devenir un titre très agréable pour s'offrir une initiation en douceur au genre (à condition toutefois de parler un minimum anglais, le jeu n'étant évidemment pas traduit dans d'autres langues).

Au bout du compte, Metal Max Xeno se situe dans la bonne moyenne. Facile, classique, sans gros efforts techniques, il sera parfait pour les débutants (d'autant qu'il n'est pas trop cher), et les vieux routards amateurs de Mad Max et de post-apo en général auront une aventure sympathique et sans prise de tête à vivre en attendant de se lancer dans le prochain gros RPG qui sortira de chez les cadors du genre. Mais si vous êtes du genre à chercher de la difficulté ou quelque chose qui sort du lot de A à Z, passez votre chemin. À vous de choisir votre école.


Les entrées des ruines sont bien visibles