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Test de Fist of the North Star : Lost Paradise

Après avoir pris sa revanche sur Shin, qui l'avait laissé pour mort avec ses sept cicatrices sur la poitrine avant d'enlever Yuria, Kenshirô apprend de la bouche de son adversaire que celle-ci s'est suicidée en sautant du balcon du palais. Toutefois, des rumeurs persistantes indiquent qu'elle aurait survécu et serait en fait allée jusqu'à Eden, la ville mythique où règnerait l'abondance...

Yakuza X Hokuto no Ken

C'est sur ce postulat que débute donc Fist of the North Star : Lost Paradise, après un petit tuto où l'on affronte justement Shin et une partie de ses troupes avant. C'est d'ailleurs dès le tuto que l'on s'aperçoit également à quel point le jeu vient du Ryû Ga Gotoku Studio : on est face à du Yakuza pur et simple, caché sous un skin Hokuto no Ken, et un moteur graphique qui laisse transparaître un style qui s'oriente un peu plus vers le manga, adaptation oblige. Tout est exactement identique : mini-carte, inventaire, gameplay.... Les amateurs de Yakuza seront vite en terrain connu et pourront se concentrer sur la découverte des éléments propres à cette (libre) adaptation du manga de Buronson et Tetsuo Hara. Mais avant de voir plus en détail, un petit coup d'œil à la technique.

Concrètement, de ce côté, le jeu est loin d'être ce qui se fait de mieux, même pour le studio. On aurait pu s'attendre à les voir utiliser le moteur de Yakuza 6, mais on est plus sur celui des précédents. Ça reste certes agréable à l'œil, mais on aurait pu avoir encore mieux, notamment au niveau des expressions (même si Kenshirô reste très monoexpressif, certes) et des ennemis, dont on a fait le tour des skins après une poignée de combats... Côté son, les musiques sont bien trouvées et restent dans l'ambiance (et, non, vous n'aurez pas le générique japonais de la série, c'est en effet fort décevant), et les doublages sont au top. Kenshirô doublé par le même doubleur que Kazuma Kiryû, c'est juste parfait (et je suis convaincu que celui de Goro Majima a encore sévi pour Jagi).
Quant au gameplay, on va voir ça après. Rien de déshonorant en tout cas côté technique, et tant mieux, vu le studio concerné. Rater ça aurait été surprenant.


Ils ne le savent pas encore, mais ils sont déjà morts...

Tu es déjà mort...

Comme tout bon arc de Hokuto no Ken qui se respecte, on va évidemment passer pas mal de temps à cogner et faire exploser diverses petites racailles qui croient pouvoir éliminer Kenshirô d'un claquement de doigts. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on dispose de pas mal de méthodes pour ça. Une attaque normale avec Carré, une plus puissante avec Triangle, et une prise avec Cercle. Bref, du Yakuza, direz-vous. Sauf que la prise ne se fait que si la touche est affichée sur l'adversaire et qu'elle mène surtout à une autre possibilité. Ici, en effet, la prise sert à frapper les méridiens et à mettre l'adversaire en position de subir l'une des 23 (rien que ça) techniques secrètes du Hokuto. Il suffit d'une seconde pression sur la touche quand "Strike !" s'affiche à l'écran, et Kenshirô déploie sa technique (différente selon le contexte et le potentiel combo placé avant) avec un petit QTE. Notez que plus vous utilisez la même technique, et plus vous la rendrez puissante en la faisant évoluer (trois niveaux chacune).
Il vous est également possible d'entrer en mode Burst. Plus d'armure corporelle, une puissance augmentée, et l'accès à d'autres techniques et à la possibilité de sauter. De quoi bien faire exploser de nombreuses têtes, et c'est réussi. L'ensemble est fluide, rapide, nerveux, et constitue un incroyable défouloir, bien plus qu'un Yakuza de ce côté. Concernant la violence, notez que vous pouvez garder un niveau normal ou faire plus élevé, et que le lancement d'une partie vous propose encore d'éventuellement le baisser. Tout le monde devrait donc être content de ce côté.

Mais évidemment, pour faire du Yakuza, il faut plus que reprendre son système de combat, et c'est là qu'intervient tout le reste...


LA technique emblématique de Kenshirô est évidemment là !

Kenshirô, héritier du Hokuto Shinken et homme à tout faire

S'il est relativement long d'accéder à une liberté quasi totale dans Eden (il m'a fallu attendre le chapitre 5, à titre d'exemple, les précédents déroulant une histoire dirigiste pour seulement entrer en ville), une fois que c'est fait, on passe rapidement son temps à faire beaucoup de choses. Si la ville est petite et vite explorée (sans doute encore plus petite que Kamurocho), elle ne manque pas de choses à faire, certaines se dévoilant avec une quête annexe et/ou l'histoire (certaines quêtes annexes seront de toute façon forcées par l'histoire, notamment celles qui proposent de découvrir les mini-jeux). En vrac, donc, en plus des combats en ville, vous pourrez devenir barman, gérer un club d'hôtesses (oui, même là, oui ! Et Kenshirô en costume, c'est juste fabuleux dans les deux cas), participer à des courses de buggy (et vous pourrez customiser le dit buggy, bien sûr, avec assez d'éléments pour réparer les pièces que vous trouvez et Bat assez compétent pour s'occuper de tout), vous battre au Colisée, jouer à des jeux vidéo à la salle d'arcade ou dans votre planque (il y a une console de jeux à découvrir), chercher des trésors dans les Terres Désolées quand vous aurez des cartes, chasser des primes... Bref, on ne s'ennuie jamais dans Eden, bien au contraire.

Le système d'évolution, lui, est assez simple, et vous demandera justement de faire quelques efforts sur l'annexe. Vous avez un système d'expérience et de niveaux, et chaque niveau vous accorde un orbe étoilé, que vous pouvez ensuite utiliser dans l'un des quatre arbres de compétences disponibles. Toutefois, certaines compétences demanderont des orbes bien spécifiques aux dits arbres (reconnaissables à leur nom et leur couleur), voire des orbes brillants. Et ceux-là sont délivrés avec parcimonie, en récompense de mini-jeux ou de quêtes annexes (pas moins de 80 disponibles), ou en avançant dans l'histoire. Rassurez-vous, il reste possible de largement surpasser le moindre ennemi qui se présente assez vite (au moment où j'écris ces lignes, je suis niveau 56 avec des ennemis qui n'ont pas encore atteint le 40....). Vous pouvez également créer et assigner des talismans histoire de bénéficier de quelques bonus au combat ou dans le buggy.

Mais alors, que peut-on reprocher à ce jeu, tant il semble combiner le meilleur de Hokuto no Ken et de Yakuza ? D'abord, donc, l'aspect technique pas aussi poussé qu'on aurait pu le croire, avec la masse de PNJ clonés de façon bien flagrante... Ensuite, le jeu n'existe qu'en anglais (avec choix entre anglais et japonais pour les voix, rassurez-vous), choix assez discutable quand on sait comme Hokuto no Ken a encore une assez bonne base de fans pour justifier la tentative de localisation, et SEGA se prive donc d'une potentielle partie du public... Enfin, il y a le problème de l'inventaire, qui est tout simplement celui des vieux Yakuza, et pas celui du 6 !!! En gros, on peut transporter une vingtaine d'objets en même temps, et c'est tout. Bien sûr, puisque c'est le système des vieux Yakuza, si vous avez plusieurs versions d'un même objet, chacune prendra un emplacement différent... On peut au moins apprécier le fait qu'ils aient prévu un inventaire différent pour l'équipement...

Mais le pire n'est peut-être pas là, mais plutôt au niveau du scénario... On a l'habitude de voir le Ryû Ga Gotoku Studio, avec ses Yakuza, nous servir un scénario sombre, tragique, rempli d'émotions, et tout de même assez intimiste, avec un peu de légèreté à travers l'annexe. Ici, on se contentera d'une vague réécriture du manga centrée autour d'Eden, où l'on revivra plusieurs événements de façon bien expédiée, voire totalement réductrice (notamment le passage avec Souther...), et où quasiement RIEN n'aura de rapport avec Kyo-Oh et Targa, présentés comme étant les principales menaces sur Eden au départ. Bref, on enchaîne les rencontres avec les personnages importants du manga, sans trop savoir ce que ça fait là, et on se retrouve rapidement à avancer sans trop se soucier de ce qui est dit...
Malgré tout, si on aime Yaluza et Hokuto no Ken, on tient là un jeu bien défouloir et qui sait respecter l'ambiance de l'œuvre, ce qui suffit déjà à le rendre fort intéressant.


Le baseball existe encore un peu malgré l'Apocalypse...