The Spectrum Retreat

 

Vous vous réveillez dans votre chambre à l'hôtel, pour débuter des vacances bien méritées. Un robot à la voix enjouée vous accueille à votre porte et il ne vous reste qu'à vivre votre petite journée. Toutefois, très vite, il est clair que quelque chose est bizarre dans cet hôtel... Vous semblez y être seul, le personnel passe le plus clair de son temps figé, et vous avez du mal à vous souvenir précisément de toutes vos journées... Bienvenue dans The Spectrum Retreat !
Bon, rassurez-vous, pas de style Shining ici, mais plutôt un style Matrix, le tout entrecoupé de séquences d'énigmes de plus en plus retorses histoire de vous sortir de là et faire la lumière sur cet hôtel.

Overlook Hotel (ou pas) à votre service

La routine de l'hôtel

Le jeu se divise en deux grandes phases à chaque fois. D'abord une phase d'exploration et d'enquête dans l'hôtel, et une phase d'énigmes à résoudre à base d'échanges de couleurs. Et on va évidemment prendre les choses dans l'ordre, hein.
Dans l'hôtel, donc, vous allez vous déplacer plus ou moins librement selon les jours. En effet, l'hôtel fonctionne selon une routine bien établie basée sur l'emploi du temps de votre personnage. Vous allez donc revivre régulièrement les mêmes actions, dans le même ordre, mais avec parfois quelques variations, jusqu'à aller vous coucher. Par exemple, dès votre réveil, vous devrez aller prendre votre petit déjeuner. Mais, d'un jour sur l'autre, des détails auront changé. Votre hoodie aura disparu de la porte de votre chambre, l'employée du restaurant vous donnera le nom de celui qui a eu un problème et, plus vous avancerez, plus vous y verrez clair.

Autre élément important, il vous faudra enquêter pour découvrir certains éléments, comme des journaux disséminés un peu partout mais, surtout, les codes des portes qui vous permettront d'accéder aux salles réservées au personnel. C'est dans ces salles que vous aurez les diverses énigmes à résoudre. Restons sur l'hôtel pour l'instant pour dire que ses environnements sont fort bien modélisés et agréables, tout comme son ambiance., et les doublages en rajoutent, tant ils sont de qualité.

Casse-têtes colorés

Échangeons des couleurs

Les salles du personnel, elles, offrent une belle ambiance cyberpunk, mais elles sont toutes les mêmes dans leur design, et cela quel que soit l'étage. Un peu de différenciation n'aurait sans doute pas fait de mal. Côté énigmes, c'est la simplicité même dans l'idée. Le "téléphone" que vous récupérez au départ est aussi une interface informatique conçue pour utiliser les salles d'énigmes, et il peut "absorber" ou "projeter" des couleurs afin d'avancer. Selon la couleur présente dans votre interface, vous serez bloqué ou pourrez passer.

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Dans l'idée, en gros : si votre interface a absorbé la couleur rouge, vous passerez à travers les murs et sols rouges, et cela marche pour toutes les couleurs que vous trouverez. Bien évidemment, à mesure que vous avancez dans les étages, les énigmes se font plus retorses et les couleurs plus nombreuses, comme toujours dans ce genre de jeu. Autant dire qu'il faudra élever votre niveau de réflexion à chaque étage, d'autant que vous avez une série d'énigmes à résoudre à chaque fois (une seule aurait été trop simple, voyons).
Notez aussi que vous trouverez des souvenirs imbriqués dans ces salles, ceux-ci pouvant expliquer bien des choses concernant votre avatar et sa présence dans cet étrange hôtel.

Vous êtes dans la Matrice...

L'être et le paraître (ou pas)

Bien évidemment, vous n'êtes pas tout à fait seul dans cettte histoire. Cooper est celle qui vous a prévenu et qui vous aide à avancer (sauf dans les salles d'énigmes où la communication est coupée), et il faut souligner l'incroyable travail de la doubleuse. Les intonations sont parfaites, jusqu'aux respirations qui entrecoupent les dialogues. On sent le stress du personnage et le sentiment d'urgence qui va avec, ce qui ne fait qu'augmenter le nombre de questions qu'on se pose sur l'hôtel.

De façon générale, le jeu tourne autour de questions liées à l'identité et la mémoire, ainsi que la nature du monde qui nous entoure et sa potentielle existence en tant que simulation informatique plutôt que réalité "pure". Si c'est relativement court, le jeu étant assez dirigiste et avec "seulement" cinq étages à parcourir (bien évidemment, la durée de vie dépendra aussi de votre talent à résoudre les énigmes), et si ça n'a pas la profondeur d'un The Talos Principle (qui, rappelons-le, allait sur le terrain de la philosophie et de la théologie de façon assez prononcée), The Spectrum Retreat n'en demeure pas moins une petite perle d'ingéniosité et de gameplay qui mettra vos neurones à rude épreuve assez vite.

C'est évidemment assez minimaliste, tant dans le concept et le gameplay que dans le visuel, mais ça fait parfois du bien de changer de rythme et de simplement réfléchir à ce qu'il se passe sous nos yeux et dans le fond de ce qu'on joue.
Si vous êtes adepte de ce genre de jeu et de réflexion, The Spectrum Retreat mérite bien sa petite place dans la Bibliothèque de votre profil PS4, et vous ne devriez pas le regretter.

Trailer de lancement