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Test d'Onimusha Warlords

Il y a 18 ans débutait ce qui allait devenir une série marquante de Capcom et de la PS2 : Onimusha. Reprenant tous les codes de Resident Evil (tel qu'on le connaissait à l'époque, soit avant le 4) pour les transposer dans un Japon féodal fait de combats de sabres et de démons du folklore japonais, Onimusha : Warlords débarquait donc avec son héros modélisé sur l'acteur Takeshi Kaneshiro pour faire plaisir aux amateurs de culture et de cinéma asiatiques. Ces 18 ans passés entre la sortie originale et le portage HD ont-ils fait mal au jeu (comme pour Parappa the Rapper...) ou, au contraire, l'ont-il sublimé dans un nouvel écrin ?

Le Japon traverse un moment étrange. Nobunaga Oda, mort à la bataille d'Okehazama, est de retour et bien vivant. Sestroupes marchent sur le pays avec une énergie renouvelée et rien ne semble pouvoir l'arrêter. La princesse Yuki, au château d'Inabayama, demande l'aide de Samanosuke Akechi, un samouraï errant et un vieil ami, pour l'aider à neutraliser les forces obscures à l'œuvre dans le château. Samanosuke est encore loin de se douter de ce qu'il va y trouver....

Le retour d'Onimusha, 18 ans après

C'est peu dire que le retour de la licence était attendu. Et en pleine période de Remasters et de Remakes, Capcom a bien senti qu'il était plus que temps de donner aux joueurs ce qu'ils voulaient. Enfin... Une petite partie seulement. En effet, alors que la série a compté 4 épisodes sur PS2, nous avons ici le Remaster.... du premier épisode uniquement. Décision incompréhensible, mais bon, c'est déjà un début. On retrouve donc immédiatement nos marques, à un énorme détail près : le jeu est ENFIN jouable au joystick analogique ! L'enfer de la croix a disparu, pour notre plus grand bien. Il en résulte un maniement du personnage bien plus précis et souple qu'avant, malgré des animations de combat toujours un peu rigides, surtout si on tente d'esquiver un ennemi verrouillé.

Côté technique, c'est comme sur PS2, à ceci près que les personnages ont eu droit à un petit lifting qui fait bien ressortir les modèles. Et 18 ans après la PS2, il fallait bien lisser tout ça. Toutefois, le décalage avec les décors en précalculé en est rendu encore plus énorme qu'avant et on a régulièrement l'impression de surtout voir des personnages placés sur une photo. Rien de bien gênant, juste bizarre.
Au niveau du son, on signalera le changement de musiques (compositeur original pris dans un scandale, viré, remplacé, hop), mais celles-ci restent très bonnes (et semblent surtout une réinterprétation des anciens thèmes). Surtout, nouveauté de taille : le doublage japonais est là ! Nous pouvons maintenant profiter d'un doublage vraiment correct (l'anglophone étant largement discutable....). Enfin, au rayon des nouveautés, signalons la possibilité de passer le jeu en mode Facile d'entrée de jeu (il fallait mourir plusieurs fois avant un certain point sur la version PS2) et des raccourcis pour changement d'armes et gestion d'inventaire bienvenus via L2, R2, L3, et R3.

Bref, une nouvelle ergonomie bien pensée, l'ensemble de l'inventaire étant sinon géré de façon particulièrement archaïque...


Nos héros, Samanosuke et Kaede


Histoire simple et efficace

Le concept de base est toujours aussi simple et bon, de même que son histoire : on réutilise tous les codes des Resident Evil PS One, on les transpose au Japon féodal avec des principes de chanbara (combats au sabre, en gros), et on a Onimusha. Côté histoire, là encore, c'est très simple : sauvez la princesse et explorez le château de A à Z en éliminant les méchants démons. C'est simple, même simpliste, mais l'intégration d'éléments historiques et le côté fantastique japonais servent bien l'ambiance, et il n'y a pas vraiment de temps morts dans le déroulement de l'ensemble. Bon, il faut signaler que le jeu est assez court en soi (comptez 5-6 heures en traînant, sachant qu'il est techniquement possible de voir le bout en moins de 3heures), mais au moins, il n'y a aucune impression de remplissage nulle part, tant le tout est efficace et rythmé.


Un bon gros démon "vilinpabô"

 

Les seuls moments où on pourrait avoir cette sensation sont ceux de farming intensif, si on veut avoir nos armes et orbes au maximum. En effet, les âmes qu'on récolte servent à ça aux divers autels (qui sont aussi les points de sauvegarde). Et il en faudra beaucoup pour améliorer le gantelet, les orbes (prioritaires pour passer certaines portes, qui demanderont un certain niveau à un certain orbe), et les armes. Sans oublier les passages d'aller/retour aux coffres à énigmes, puisque la solution ne se dévoilera qu'en récupérant les divers volumes nécessaires à la compréhension des symboles, les énigmes étant sinon très simples. Et en parlant d'énigmes, le jeu en aura plusieurs simples de ce genre (le style vieux Resident Evil, souvenez-vous). Peu sont toutefois absolument nécessaires pour avancer, si jamais ça pose problème.


Les démons sont assez variés en apparence et techniques


Un Remaster agréable

Si le jeu a incontestablement vieilli et qu'il peut avoir du mal à passer aujourd'hui (notamment avec ses décors fixes et ses changements de caméra abrutps), il n'en demeure pas moins une petite perle de l'action/aventure époque PS2 et, grâce aux quelques ajouts effectués, se révèle particulièrement agréable à jouer, même pour ceux qui n'auront pas connu la licence, et malgré la concurrence de Nioh et des futurs Sekiro et Ghost of Tsushima.
Un bon investissement pour qui aime la licence ou juste le genre, surtout au prix auquel le vend Capcom, et on regrettera juste, comme dit précédemment, que ça ne concerne que le 1er épisode seul...