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Test de 428 : Shibuya Scramble

Une jeune fille disparue. Une enquête qui va secouer Shibuya. Cinq destins entrecroisés. Parviendrez-vous à découvrir ce qu'il se cache derrière cet enlèvement et à rétablir le calme dans Shibuya ? C'est ce que vous propose 428 : Shibuya Scramble, qui nous fait l'honneur de passer par l'Occident, 10 ans après sa sortie japonaise et la note de 40/40 dans Famitsu (ce n'était que la 2e fois que ça arrivait).

Shibuya mon amour

Comme l'indique son titre, le jeu se déroule donc dans Shibuya, quartier bien connu de Tokyo. Le principe est simple et ne s'éloigne pas des autres jeux du genre Visual Novel : vous allez lire beauuuuuuuuuuuucoup de texte et prendre des décisions qui vont impacter l'histoire (petite précision utile : sans grande surprise, le jeu ne propose que l'anglais côté texte. Désolé, amis anglophobes, mais vous n'aurez pas droit à ce thriller), menant à diverses fins, assez souvent mauvaises. Vous aurez compris que, en soi, il ne se démarque donc pas des autres et on se demande ce qui le rend aussi culte.

D'abord, le jeu met intégralement en scène des acteurs réels. Aucune modélisation, juste des photos et des scènes filmées, et d'assez belle manière, qui plus est. Il va sans dire que c'est tout de même plus engageant que les sempiternelles images typées manga et clonées àl'infini jusqu'à ce qu'on en soit dégoûté. ici, rien ne se répète, que ce soit les expressions ou les backgrounds, et on se retrouve, selon les moments, devant un bon épisode recon de Doctor Who, ou devant un roman photo ridicule. Il faut en effet savoir que 428 : Shibuya Scramble, malgré son orientation thriller assumée, n'hésite pas à faire preuve d'un humour assez bienvenu, flirtant parfois allègrement avec le ridicule. Croyez-moi, certaines photos sont à pleurer de rire.
Les amateurs du Japon retrouveront en tout cas sans problème les divers lieux de Shibuya (enfin, Shibuya de 2007/2008, donc), et ça fait assez plaisir. L'aspect technique est donc vite traité : de par son idée de ressusciter le FMV (on rappellera que les 90s ont vu naître puis exploser en vol ce style...), ce jeu ne vieillit absolument pas, si ce n'est peut-être par sa mise en scèe, notamment durant les quelques séquences filmées. Côté musique, tout souligne bien l'ambiance du moment et n'en fait pas trop.


La Time Chart permet de passer d'un personnage à l'autre, revenir en arrière...

JUMP !

Cela dit, ce qui va définir la qualité d'un Visual Novel, c'est d'abord et avant tout son écriture. Et 428 : Shibuya Scramble s'en sort très bien. L'écriture est fine, les personnages sont attachants et très diversifiés, l'humour est là, et le tout ne manque ni de rythme ni de tension. Oui, vous avez bien lu : du rythme et de la tension. Entre les acteurs impliqués et l'écriture réussie, les développeurs ont réussi à nous faire voir des scènes remplies de suspense à travers des photos. C'était fort.

Ils ont toutefois également inséré une petite astuce de gameplay (oui, oui) pour en rajouter. En plus du fait que le jeu ne se déroule que sur une journée et qu'on joue un chapitre par heure (24 était encore un phénomène en 2008, malgré l'essoufflement qui commençait, ça aide), il arrive parfois que certains personnages s'entrecroisent et que cela mette tout en péril. Vous devez alors utiliser la fonction "JUMP !" pour passer à un autre personnage impliqué dans la scène et tenter de modifier les choses. Un enchevêtrement de destinées qui pousse à vouloir tout faire pour éviter les mauvaises fins.


Time to run ! Mais que faire ?

This is the end...

Les mauvaises fins, parlons-en. Il peut y en avoir des dizaines, toutes bien différents, et provoquées de bien des façons. Et les développeurs ont été malins. Là où la plupart des gens abandonneraient de frustration, l'équipe de 428 : Shibuya Scramble laisse accès à de petits indices pour dire au joueur comment il pourrait éviter ce qu'il vient de se passer et réussirà avancer correctement. Une toute petite idée suffisamment géniale pour qu'on ait envie de recommencer et être plus malin que les scénaristes.
Rajoutons que le jeu vous propose d'enrichir vos connaissance sur la culture japonaise et l'univers du jeu à travers des textes spéciaux colorés, qui vous donneront accès à diverses clés pour tout comprendre. Une idée sympathique pour qui veut toujours en savoir plus sur tout. Malheureusement, la couleur des dits textes n'est pas franchement prononcée et il est parfois difficile de les distinguer du blanc dans lequel est écrit le reste du texte.

Pour résumer, 428 : Shibuya Scramble est certes simple et assez limité dans son gameplay (c'est un Visual Novel, quoi), mais il réussit à maintenir l'attention du joueur avec son ambiance et son écriture bien ciselées, ses personnages attachants, et, surtout, ses idées de gameplay et son style FMV qui contribuent à maintenir rythme et tension et ne pas laisser la lassitude gagner le joueur.
Certes, il faudra toujours un certain effort pour entrer dans ce type d'œuvre, mais si on s'y laisse prendre, 428 : Shibuya Scramble devient vite l'un des meilleurs thrillers qui existent sur une console.


Les cinq personnages, prêts à vivre une folle journée...