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Test de At Sundown: Shots in the Dark

Les instants de gaming entre potes en théorie, c'est souvent un moment de bonheur, de duels et de partage. On se chambre, on s'observe, on attend la faille et on rend l'autre barge par l’usage d’une tactique pas toujours superbe et néanmoins diablement efficace.

Sauf que nous ici, nous avons un cas un peu particulier car nous passons des sessions avec Release For Burial (RFB). On l'aime bien et c'est un garçon sympa mais on ne va pas rester dans une hypocrisie ambiante : Ce type est un aimant à jeux nazes. Personne n'a jamais compris, et il n’a pas d’bol mais il les attire puis les navets s'accrochent à lui en nous entraînant dans le tourbillon du mauvais.

Alors vous pensez bien que lorsque nos dirigeants bien-aimés de PSMag nous ont attribué le test de At Sundown: Shots in the Dark avec le testeur maudit nous avons eu quelques sueurs froides, nos précédentes collaborations nous ayant conduit vers des chemins improbables.

Mais trêve de divagations, même si c'est toujours un plaisir de discuter avec vous, disséquons le bestiau.

 

Calling to the night

Issu du milieu indie, At Sundown est un twin-stick shooter, un genre où le stick gauche permet de se déplacer et le droit à orienter la visée en vue de dessus, concocté par Mild Beats Games et édité par Versus Evil (connu pour les éditions de The Banner Saga notamment).

Clairement orienté multi, jusqu'à 4 fanfarons pouvant participer aux joutes et malgré le fait qu'il soit possible de remplacer un joueur par une IA et de se la jouer solo, l'originalité du soft vient de ses arènes en grande partie obscures.

Le principe est simple: Dans ces mêmes zones d’ombre, personne ne peut vous voir si vous restez immobile ou si vous marchez. Vous non plus d’ailleurs et le seul moyen de vous repérer sera de cogner contre un mur, ce qui fera vibrer la manette. Ou alors vous pourrez courir, ce qui laissera une traînée de la couleur choisie par vos soins en début de match, appuyer sur la croix de la manette pour apercevoir une brève icône vous correspondant  ou encore tirer, sachant que ces 3 options seront visibles également par les autres qui pourront de fait se lancer à votre poursuite.

Un concept génial sur le papier et qui permet au titre de sortir du lot, bien expliqué par un entraînement efficace sélectionnable depuis un menu minimaliste. Puis on se risque à un divers modes de jeu, classiques mais variés (match à mort en solo ou par équipe, parties chronométrées ou encore rétros limitées au seul fusil à pompe….), on enchaîne les parties et….on découvre les premières limites du système.


"Et j’entends siffler le train"

System of a Dark

Indéniablement déroutant et original, At Sundown se prend tout de même plusieurs fois les pieds dans le tapis en exploitant à fond son idée de base. Car si la plupart des cartes (divisées en 3 zones) sont très inspirées dans leur contraste clair/obscur ou en éléments perturbateurs (on pense immédiatement au manoir, où les éclairs font varier la luminosité et au métro, zone déblocable et très fun dans ses 3 itérations) d’autres sont très banales, à l’instar du jardin ou de l’usine, pas folichons. Mais ne crachons pas dans la soupe, la plupart desdites zones sont certes minimalistes mais la présence de murs, obscurité et entraves à votre progression font le job.

Ajoutons à cela la présence de boosts aléatoires, comme un rayon meurtrier surpuissant ou un bonus permettant de détecter ses ennemis et la diversification semble de mise. Ce qui n’empêche pas le titre de se saborder parfois avec des détails qui pèsent beaucoup trop au final.

D’abord, la vue du dessus est éloignée. Très. Trop. Beaucoup trop. Et dans un jeu où on se balance des parpaings à longueur de temps avec la nécessité d’être un minimum précis, avoir le sentiment de pouvoir tout observer précisément est important.

Or on se retrouvera plusieurs fois incapables d’ajuster correctement son tir, se condamnant à être grillé, ou encore de bien piger qui est qui….. et où chacun se situe.

Et comme évoqué plus haut, le principe de ne pas se voir soi-même dans le noir est la base du soft: En découle un défaut de visibilité qui est une vraie épine dans le pied, enfoncée profondément.

Pour tout dire, passée la folie des premiers contacts, on se surprendra à essayer de shooter son adversaire au hasard en tirant à tout-va et sans se soucier du reste.

Gênant.


Les fins de repas de famille arrosés!

 

Alone in the Dark

Si louper son embuscade par un tir foireux a quelque chose de frustrant, que dire de la plupart des modes de jeu qui n’encouragent pas au mouvement...surtout si vous maîtrisez le sniper, capable de traverser les murs. Cheaté comme pas permis.

Car oui At Sundown peut se targuer de proposer un arsenal conséquent, des flingues aux tirs à rebonds jusqu’au bon vieux pompe en passant par l’épée. Vous débloquerez ainsi de plus en plus d’armes au fur et à mesure que vous emmagasinez de l’expérience avant de pouvoir les tester en entraînement. Chacune possède ses forces et faiblesses, comme la capacité de cartouches, la portée ou le temps de rechargement et 2 modes de shoot (ou action), plus ou moins avantageux. Le choix est vôtre.

Parlons-en de ce système d’XP qui monte quand vous battez des records de temps lors des situations proposées par le didacticiel ou quand vous assurez des exploits lors des batailles. Symbolisée par une barre, la progression vous permet de débloquer des cartes, armes et des modes de jeu, une excellente décision pour augmenter la durée de vie du jeu.

Seulement, il faudra le vouloir. On espère franchement que vous êtes une bande de 4 ami(e)s et que vous aimez les soirées de jeu en coop/opposition en local parce que rencontrer d’autres joueurs en ligne tient du miracle. C’est simple: Sur les serveurs, c’est le désert de Gobi. Et jouer contre l’IA, en dépit des différentes strates de difficulté n’a rien de sexy. Un camouflet pour At Sundown, qui ne demande qu’à être partagé à plusieurs.


"Dis-donc, elle est pas un peu chelou ta boîte de nuit?!"


Dark Shadows

Il est encore possible de pardonner relativement la bande-son qui, franchement, tape sur le système en imitant les moins bon instants des musiques d'ascenseur, le tout évidemment sans coller le moins du monde à l’action.

L’action…. c’est peut-être cela notre plus grand reproche adressé au soft. S’il est aisé de s’adapter à son ergonomie, malgré un bouton d’esquive mal placé,  on aurait aimé un jeu plus...viscéral. Un peu comme Hotline Miami et sa suite qui se sont montrés fascinants en misant sur le feeling des armes, la musique et l’univers complètement barré, sortis des sentiers battus pour secouer le genre en lui bottant les fesses.

C’est ce qui manque à At Sundown qui aurait pu prétendre à bien mieux en se montrant plus audacieux qu’il ne l’est. Trop sage, trop propre et sans fioriture, le titre oublie de nous en mettre plein la vue, même de la manière la plus simple.

Un jeu apéricube correct, mais loin d’être inoubliable.