Note du test 8.5/10En conclusion :

Quelle que soit au final la variante jouée, Kingdom passionne et donne envie d’y consacrer du temps et de recommencer malgré les échecs cuisants. Car oui, il est passionnant, chronophage, simple mais pas simpliste et parfois punitif, emballé d’un habillage pixel art et d’une bande son au top. Son level design en scrolling 2D est quant à lui une brillante idée et ajoute au challenge rendant les explorations excitantes. Ce que l’on pourra lui reprocher est cette sensation désagréable qui revient de temps en temps de ne pouvoir réussir que si on a compris le chemin que le créateur désire nous faire emprunter. Il y a un côté décourageant lors des premières parties lorsque l’on se retrouve sans le sou ou sans défense ou encore que l’on perd en quelques minutes des heures et des heures de travail acharné. Mais Kingdom se veut ainsi, contemplatif dans ses moments les plus calmes, enivrant lorsque l’on agrandit son royaume, et violent lorsqu’il décide de montrer qui est le boss. A conseiller aux joueurs qui n’ont pas peur de recommencer donc de nombreuses fois, aimant l’apprentissage par l’échec et aussi prendre le temps de parfois simplement ne rien faire. Un indé qui arrive tardivement sur nos consoles mais mieux vaut tard que jamais !

Les plus

Le level design en scrolling 2D
La direction artistique
La bande son d’Amos Roddy
Le contenu gonflé pour cette édition
L’apprentissage par l’échec

Les moins

Un sentiment régulier de punition
Le pixel art qui aurait pu être un poil plus fin

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    rédacteur
    ReleaseForBurial


  • ps4

    Kingdom Majestic
    Editeur et Developpeur : Microids
    Genre : Stratégie
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 18 juin 2020
    Trophées : Oui
    Support


    Test Kingdom Majestic

    Publié le mercredi 29 juillet 2020 à 22h28 par ReleaseForBurial
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    Kingdom est un jeu apparu en 2015 pour la première fois en jeu Flash, avant de connaître diverses versions : Kingdom Classic sur PC, Mac et autres systèmes puis Kingdom New Lands en 2016 qui est considéré comme un remake plutôt qu’un nouveau jeu réellement. En 2017, cette version fera une sortie sur PS4… sortie que j’ai ratée.

    D’autres épisodes de Kingdom sont venus se greffer au fur et à mesure à l’instar de Kingdom Two Crowns qui améliore encore le jeu en incluant de nombreuses nouveautés comme la possibilité de jouer à deux.

    Le jeu de Thomas Van Den Berg et Marco Bacale distribué par Raw Fury a donc évolué et Kingdom Majestic est la compilation de ces versions qui ont vu le jour au fil des ans.

     

    Once Upon A Time


    Dans la plus grande pénombre, au beau milieu d’une forêt, surgit un souverain perché sur son destrier, une torche à la main, couronne vissée sur la tête et une bourse à la ceinture. Guidé par un mystérieux fantôme (ne le sont-ils pas tous d’ailleurs ?) il avance vers un camp et ramasse quelques pièces en passant qu’il redistribue aussitôt à des mendiants errants tels des zombis sans but. Puis arrivé face à un feu de camp mort, il faut le rallumer en glissant le nombre de pièces demandées puis donner des outils à nos sujets…

    Kingdom ne s’encombre pas d’artifices côté scénario et aucune explication n’est donnée. On doit avancer. Impérativement. Car le mal, lui, progresse. Inexorablement.

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    Une simple flamme pour percer la nuit.

    Build. Defend. Expand. Conquer.


    “Construire. Défendre. Explorer. Conquérir” : telle est la devise de Kingdom et on comprend dès les premiers pas dans le jeu que c’est également une feuille de route.

    Comme un jeu de gestion classique, les débuts sont relativement paisibles. On commence par construire certains éléments comme des murs ou des petites tours de guet et on fait quelques pas très vite vers les forêts qui bordent le camp, on comprend aussi qu’il faut un archer pour qu’il chasse et rapporte quelques revenus à son roi qui pourra faire bâtir les infrastructures…

    Créer un moteur ni plus ni moins qui fournit des ressources, cela serait sans doute aisé si de vils monstres ne venaient s’attaquer au camp, tentant de détruire et dérober les outils, l’or ou la couronne. Il va falloir donc se défendre.

    Puis explorer de plus en plus loin pour abattre des arbres afin de s’étendre et enfin aller conquérir ce qu’il y a au delà et se débarrasser, qui sait, de la menace sans nom.

    Voilà donc l’essence de Kingdom brièvement résumée, épurée finalement. Comme les mécaniques du jeu.

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    Le bateau, seul échappatoire de l'île.

    My City Of Ruins


    Kingdom se différencie néanmoins (de nombreuses manières) d’un city builder ou tower defense classique. Sa direction artistique déjà tout en pixel art et surtout son style en 2D scrolling le démarquent. Dans Kingdom en effet, on ne peut se déplacer que dans deux directions : vers la gauche et la droite (ou vers l’ouest et l’est donc).
    Ce parti pris au niveau de l’exploration n’en est pas pour autant un mauvais point. Cela ouvre une nouvelle approche de l’exploration notamment dans la prise de risque.

    On ne possède qu’un camp que l’on va certes développer mais qui restera le seul lieu sûr en quelque sorte de notre royaume (enfin vraiment “en quelque sorte” !).
    S’éloigner permet certes de trouver des trésors, de nouveaux compagnons et de voir le territoire qui peut devenir le nôtre mais il est aussi synonyme de risque et de mort car en s’éloignant, la seule défense possible face aux vagues monstrueuses qui déferlent reste la fuite à dos d’un cheval qui s’essoufle vite.

    Il faut veiller et jouer entre l’envie de se laisser porter par l’exploration et la prudence et surtout comprendre les cycles d’attaque en faisant attention par exemple aux lunes rouges annonciatrices de malheurs.

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    Le camp s'agrandit et se fortifie au fur et à mesure.

    Kingdom Of Heaven


    Néanmoins, Kingdom offre une expérience contemplative énorme et par moment tellement reposante. Le rythme du jeu est tel qu’il force parfois le joueur à ne rien faire et simplement prendre le temps de voir les jours se passer, embrasser les moments de calme comme on le ferait posé au milieu d’un champ entouré de silence.

    La bande son du jeu est d’ailleurs parfaite. Les personnages ne parlant pas, les effets sonores sont minimalistes. Rien que pour le cheval, aucun superflu : il hennit lorsqu’il est fatigué puis souffle bruyamment pour signaler sa fatigue.
    Cette tranquillité est sublimée par le score d’Amos Roddy qui au fur et à mesure des années a fourni des compositions magnifiques. Des sonorités simples, douces qui prennent aux tripes et font quasiment office de narration.

    Visuellement, même si nous ne sommes pas en présence du plus bel exemple de pixel art, le jeu ne s’en montre pas moins charmeur et a des allures de contes plein de belles couleurs et de douceur. Notre lopin de terre démarque la limite entre le ciel et l’eau, les deux espaces se font écho, immenses et insondables, le ciel décline le cycle jour/nuit simplement avec la course du soleil et la lune et marque les divers changements météorologiques tandis que l’eau est un miroir paisible du ciel et de notre épopée. Et diable que c’est beau !
    L’eau est d’ailleurs notre seul moyen de quitter l’île pour en rejoindre une autre seul ou accompagné dans le but de construire un autre royaume.

    Il peut se passer un moment avant que cela n’arrive et on se laisse plus d’une fois porter par ce passage du temps.

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    Les terres sauvages à explorer.

     

    Need just a little patience


    Oui, de la patience. Kingdom est un jeu tantôt doux tantôt rude. Le côté doux encore une fois à travers un rythme lent et contemplatif sublimé par la bande son magnifique d’Amos Roddy.

    Rude avec un côté sans merci, violent. L’échec à Kingdom est brutal lorsqu’il surgit et surtout il est le résultat incontestable d’un mauvais choix fait à un mauvais moment. Il faut mourir plusieurs fois pour comprendre les subtilités de chacun de nos actes ou choix.
    N’aurait-il pas fallu gonfler les défenses alors que l’on regarde les champs et ses ouvriers dévastés par les hordes d’ennemis toujours plus grosses, toujours plus hargneuses ?

    Même si la fin définitive ne surgit qu’en cas de perte de couronne, la perte de chaque individu composant son royaume, la destruction des infrastructures que l’on a vu sortir de terre sont tout aussi violentes, la nuée de monstres continuant inexorablement sa besogne destructrice alors que l’on peut juste reculer pour ne pas se faire prendre.

    Même si on arrive à la fin de la nuit, les séquelles de l’attaque sont présentes et mettent un coup énorme au moral du joueur qui se remet alors à la dure tâche de construire son royaume. L’échec est un apprentissage à la dure et chacun d’entre eux pousse le joueur à être patient et attentif.

    Il faudra quelques parties pour comprendre que si l’on coupe tel groupe d’arbres, on fait disparaître le camp d’un marchand qui représente une quantité d’or conséquente à chacun de ses passages dans nos murs ou encore que plus on grignote la forêt, moins de vagabonds pourront être embauchés ou encore le gibier disparaîtra.

    Apprendre encore et encore.

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    Des attaques violentes et dévastatrices.

    For All Kings


    Avec l’arrivée de Kingdom Majestic, c’est toute la gamme de Kingdom depuis New Lands. Sur le disque est présent Kingdom New Lands avec l’extension Skull Island et Kingdom Two Crowns comporte les campagnes alternatives Kingdom Shogun et Kingdom Dead Island.

    Skull Island est une île en forme... de crâne (pardi !) où la difficulté est plus élevée et où les monstres avares attaquent sans relâche et en nombre dès les premières nuits.

    Kingdom Two Crowns est boosté par quelques nouveautés comme des saisons qui varient et obligent encore plus à gérer ses stocks, ses sources de revenus et propose également la possibilité de jouer à deux, chaque joueur se partageant l’île.
    Cet épisode est accompagné de Kingdom Shogun et Kingdom Dead Island.

    Le premier, Shogun, est une transposition du jeu dans un univers médiéval japonais. Les changements sont purements esthétiques que ce soit la faune ou la flore, le chara design du roi et de sa monture.
    Le second, Dead Lands, est une version inspirée du jeu nommé Blood Stained : Ritual of the Night développé par Koji Igarashi et proposant de nombreux changements comme une ambiance plus morne, de nouvelles montures encore mais surtout des souverains différents visuellement et ayant chacun un pouvoir particulier.

    Bref, cette édition Majestic est vraiment gonflée à bloc et promet de nombreuses heures de jeu et des challenges variés.

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    A deux pour mieux régner !

     




    Test Kingdom Majestic - 7 minutes de lecture