Battleborn

 

L'univers est mal barré, il n'y a plus d'étoiles à l'exception d'une seule qui déchaîne les envies de tout le monde, et un grand vilain méchant veut tout faire sauter ! Voilà en gros le contexte de Battleborn, dernier né du studio Gearbox, connu notamment pour les deux Borderlands. Que vaut donc ce nouveau FPS? On ne va pas se mentir, c'est un peu décevant, et voici pourquoi.

Histoire ? Quelle histoire ?

Mot d'ordre du jour : tout exploser !

Commençons par le commencement avec le mode Histoire. On ne va pas trop s'étendre sur le scénario, qui se limite à ce que j'ai dit plus haut. Parlons plutôt du fait qu'il propose huit missions, qui durent facilement près d'une heure chacune. En soi, c'est assez beau, ça promet une certaine durée de vie. Sauf que les problèmes commencent déjà en partie ici : l'intro est une cinématique de cinq minutes, sans dialogues, avec juste du rap, et impossible à passer. L'animation 2D est belle, ça envoie bien, mais c'est vite très pénible.

Ajoutez à cela un certain manque de rythme et des armes qui manquent de punch, et vous obtenez une série de missions qui suintent rapidement l'ennui. Le jeu en multi relance l'intérêt, mais ne change rien aux problèmes de rythme et de punch. Il reste bien l'univers barré et l'humour bien crétin, mais le manque d'approfondissement n'aidera pas à s'investir non plus.
Pour résumer, l'histoire est présentée comme une série, chaque mission étant un épisode, avec le générique qui se lance à chaque fois (oui, oui !). Mais ces missions ne sont pas reliées entre elles, ne sont qu'un vague prétexte à s'unir contre le grand méchant et, surtout, n'expliquent RIEN de l'univers ! Qu'est-ce que la LLC ? Les Varelsis ? Les différentes factions ? Hé bien, on ne sait pas, ce sera à vous de l'interpréter. Et c'est fort dommage.

Allons combattre à plusieurs !

Un mode multi rachitique

Côté multijoueurs, le constat du rythme est bien plus sympathique. Les parties multi se déroulent en effet sur des cartes resserrées, à cinq contre cinq, et promettent des moments de folie furieuse et peu de répit. De plus, les différents modes sont intéressants et mélangent allègrement divers concepts multi exploités dans d'autres jeux. Fusion vous demande d'escorter vos sbires jusqu'à un broyeur de l'autre côté de la carte, mais attention aux adversaires, qui n'hésiteront pas à tirer sur eux en plus de vous. La Conquête propose de capturer et contrôler des bases. Et enfin, l'Incursion vous demande de protéger votre base contre les sbires ennemis, tout en tentant évidemment d'envoyer les vôtres détruire la leur.

 

Bref, des concepts sympathiques, pour des parties assez endiablées. Problème : vous n'avez que ces trois modes, répartsis sur deux cartes chacun. Autant dire pas grand chose.

Heureusement, la multitude de défis et les 25 (30 plus tard) personnages jouables garantissent une grosse durée de vie si vous accrochez malgré tout à ces problèmes de contenu. Chacun a en effet ses propres caractéristiques et compétences, et assure donc un rôle différent, ainsi qu'une façon de jouer différente. Voilà qui est une idée séduisante et qui demandera en multi d'avoir appréhendé chacun d'eux, aucune équipe ne pouvant disposer deux fois du même personnage. Donc, apprenez à les maîtriser tous.

Boderlands-like ?

Un peu de RPG pour assaisonner ?

Chaque mission/match multi réussi vous rapportera de l'expérience, ainsi qu'au personnage que vous avez joué, améliorant ainsi votre rang de commandement et son rang de personnage. Plus ces deux rangs avancent, plus vous disposez de personnages, tenues, provocations...
Mais vous pouvez aussi gagner des niveaux durant ces missions et matches. Toutefois, deux choses sont à savoir : d'abord, vous ne pouvez atteindre que le niveau 10, et ensuite, cela ne dure que le temps de la mission concernée. Dès la partie suivante, votre personnage revient au niveau 1 et vous devrez recommencer sa progression. Frustrant.

Certes, cela permet de garder un minimum de défi dans le mode Histoire, et permet de se réadapter à chaque partie en multi, mais on ne peut pas s'empêcher de se dire que cette évolution n'a pas servi à grand chose, à la fin.
Bref, l'aspect RPG reste assez anecdotique.

Donc, à la fin, que reste-t-il de Battleborn ? Un concept sympathique, hélas desservi par un certain nombre de lourdeurs. L'univers et l'humour ne font pas tout (surtout si le premier n'est pas développé), tout comme le nombre de personnages jouables. On sent la marque de Borderlands sur Battleborn, mais sans la maîtrise ni la folie furieuse sur tous les aspects. Il ne reste qu'à espérer que les futurs ajouts réhaussent l'intérêt.

Trailer de lancement