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Test de Vane

Ca part d’un truc bête, mais vraiment bête. A cause d’une news. Une fois la lecture faite, on se dit, go, je veux le tester, l’avoir entre les mains et me plonger dans une aventure prometteuse. Après tout, c’est que ça donne envie quand on voit le résumé des gars de Friend & Foe. Les gars ont bossé sur des titres comme Battlefield 3, The Last Guardian ou bien encore Killzone !! Ils ont monté leur petit studio basé à Tokyo et se dédient entièrement désormais au jeu indépendant.

Le ReleaseForBurial, RFB pour les intimes, il aime ça. Des gars qui s’échappent des productions AAA pour faire des jeux indépendants et qui crient révolte !! Ni une ni deux, chez PSMag, lorsque le jeu est arrivé, il a sauté dessus, armé de sa fourche et de ses cris de rage pour se l’approprier. Révolte !!!!

 

Récit d’une journée Vane et sans profit

Nous voilà donc un vendredi matin avec un des membres du duo NoBloodyKnows (NBK), manette en main, prêt à nous lancer dans cette aventure dont finalement, on ne sait peu…

Le jeu est lancé et… il faut l’avouer, l’intro fait le boulot. Une tempête cataclysmique s’abat sur une sorte de cité gigantesque alors que nous contrôlons ce qui semble être un jeune garçon qui tente de se réfugier dans ladite cité alors que ses portes ferment. Rejeté, le jeune homme disparaît dans la tempête. L’écran titre apparaît alors. Un corbeau perché sur une branche d’arbre… C’est parti, on prend son envol… Une prise en main un peu raide, un peu gauche même oserais-je dire. Difficile de se poser ou prendre de la vitesse. On martèle le bouton , c’est bruyant, ce qui gâche un peu le plaisir d’un décor épuré et qui laisse rêveur… Un désert dans lequel se niche quelques oasis et des perchoirs.

Malgré un aliasing très prononcé et un clipping dès la moindre paroi rencontrée, on se laisse embarquer. L’ambiance prend le dessus. Des défauts techniques, tous les jeux en ont et chez les indés, c’est presque pardonnable.

Sauf que là, même pas 20 minutes de jeu que l’on se voit contraint de quitter le jeu par la force. Et oui, il s’avère que l’on a trouvé la suite du jeu en passant à travers la paroi d’une grotte et là, badaboum, plus moyen de s’en sortir… Redémarrage avec une sauvegarde loin en arrière. Le RFB s’énerve pas, vol avec ce corbeau et fait le bon trajet cette fois-ci, et débloque les bonnes étapes et se transforme en petit garçon pour le véritable lancement du jeu. Celui-ci va nous faire alterner entre une forme humaine et celle du volatile tout du long…


 

Vane tentative ...

NBK et moi-même alternons ces phases sans grande difficulté, les premiers puzzles aisément détectables et solvables. La prise en main du gamin est raide, mais convenable, rappelant la rigidité d’ailleurs des créations de la Team Ico. Perfectible donc. Passer en forme animale en sautant dans le vide est plutôt sympa, surtout que cela évite le game over. Se poser sur les supports des appareils qu’active le corbeau relève déjà un peu du jeu de patience. Cela pourrait le faire malgré tout mais, parce qu’il y en a un, voilà que l’on se retrouve à nouveau à passer à travers le sol et à disparaître hors décor… Bloqué, frustré, forcé de relancer le jeu, encore !! Et ce ne sera pas la dernière des bévues. Et les sauvegardes ne se produisant que rarement, NBK et moi-même reprendrons le jeu à multiples reprises en arrière. L’un rage, l’autre aussi un peu moins, mais quand même. Soyons patients, le jeu se livrera peut-être… Vraiment… Peut-être… Espérons-le… En fait… Non…


 

Nous voilà Vane(r) ...

Le jeu s’enchaîne pour nous en un peu plus de trois heures avec les relancements, les bugs etc… Nous en voyons la fin et ce petit jeu découpé en trois actes prend peut-être enfin son sens lors des dernières minutes, vers une conclusion à la “voyage initiatique”, sacrifice pour prévenir d’un cataclysme, les interprétations sont libres. Un final sur une musique sublime (la bande son est d’ailleurs le seul département faisant sans faute ici) clôturant un voyage inconfortable.

Malgré tout, cette touche finale ne peut enlever les quelques heures de routes précédentes, chaotiques.

L’heure du bilan arrive. Un échange moins houleux que prévu entre NBK et moi amène à des conclusions convergentes.

Tout d’abord, parlons de l’histoire. Le jeu indé se permet d’innover régulièrement sur la narration, pouvant se montrer minimaliste, déroutante, en faisant souvent appel à des indices visuels plus ou moins explicites, ou bien en rendant son personnage muet ainsi que les PNJ, ce qui est le cas ici. Il faudra attendre ici les dernières minutes du dernier acte pour comprendre qu’il s’agissait d’une sorte d'initiation, le jeu bouclant la boucle, notre jeune enfant se transformant en figure longiligne drapée et masquée de la même manière que les protagonistes verrouillant la cité au début du jeu. Ok, ça se tient… Les autres interprétations sont libres et surtout la vérité appartiendra à celui qui le veut.

Ensuite, parlons direction artistique. Une touche de Journey par ci, une de The Last Guardian par là, ou encore un décor à la Shadow Of The Colossus, on sent les inspirations et c’est pas mal. Tout au long, à part la fin du second acte (vraiment pas beau, je ne trouve pas d’autres moyens de le dire), il y a de belles idées. Par contre, les défauts techniques empêchent la sauce de vraiment prendre. Aliasing, clipping, framerate inconstant, bref, ajoutons à cela une caméra catastrophique par moment, plus encore les blocages dans les décors et bim, c’est gâché.

Pour finir, le côté technique du jeu comme il est explicitement expliqué dans ces lignes empêchent Vane de réussir, même un peu. Trop de défauts, des interruptions qui font perdre l'intérêt et finit par faire rager. On veut juste en finir. Et puis, il y a ce level design raté. Passe le premier acte, mais dès le second, c’est la crise assuré. On tourne en rond, les indices visuels quasi absents et surtout, ça ne fait pas sens. La narration absente, les objectifs inconnus, on avance à tâtons, en espérant d’ailleurs ne pas faire bugger le jeu. On peste, on souffle, on veut laisser tomber… Quel dommage…


 

Vane: L’encart de JP du NBK

“     - Je peux te piquer ta connexion internet?
​Attends je pique déjà une crise!.  “

Par ce dialogue concis avec Release For Burial se résume l’ensemble de mon expérience sur le jeu. L’onirisme, l’émotion et la contemplation, tout cela on s’en fout dans Vane.

Bugs de collision à foison, gameplay rachitique coincé dans un fauteuil roulant, lassitude entre 2 moments à peine inspirés, la chute est aussi rude que la déception est amère.

Car Vane était un des jeux que nous, au NBK, avons attendu énormément. Trailers aguicheurs, team de développeurs aux faits d’armes honorables, la greffe unissant Journey et Ico ne pouvait que prendre et nous subjuguer en tapotant nos petits coeurs de gamers sensibles.

Après avoir réussi à faire crasher le jeu plusieurs fois, constaté que ça doit être vachement chiant d’être un oiseau quand il s’agit de se poser, aucun moyen de retourner dans l’univers ne s’est présenté. Alors oui l’OST est canon, le style graphique efficace sans être non plus transcendant mais...c’est à peu près tout. Les maîtres tels que Shadow of the Colossus entre autres possédaient moult défauts inhérents à leur ergonomie tout en étant capables de transcender leurs sujets. Rien de tout ça ici, la magie étant étouffée par une mélasse à peine digne des balbutiements de la PS2.

Au-delà de la désillusion, nous retiendrons l’affront fait au jeu indé car un budget moindre ne justifie pas une production aussi médiocre. “All my love’s in vain”.