Un peu d'Histoire...

Doom 3 est sorti 11 ans après le premier épisode. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a bouleversé en profondeur le monde de son illustre aîné. En effet, qui ne connait pas Doom ? Sur console, son arrivée s'est faite plus tardivement que sur PC. Car c'est sur PC qu'est né ce qui est considéré encore aujourd'hui (avec Wolfenstein 3D) comme le fer de lance des FPS (Firt-Person Shooting ou encore jeu en vue subjective).

A l'époque, Doom était beau, violent, un gameplay d'une simplicité déconcertante et une ambiance qui reste un must dans le monde du jeu vidéo. J'entends déjà les rires dans l'assemblée. Oui, oui, rigolez, mais Doom est pour beaucoup encore un des meilleurs jeux et passionne toujours bien des joueurs. C'est de la culture. C'est de l'Histoire.

Mais bref, revenons à nos petits diablotins. Bethesda a décidé de ressortir, un peu discrètement avouons le, Doom 3 accompagné de deux contenus additionnels. Resurrection Of Evil, sorti en 2005 et Lost Mission, inédit à ce jour. Le disque permettra également de rejouer à Doom et Doom 2.

Avec l'âge...

... tout ne se bonifie pas. Hélas, triste constat que nous sommes obligés de faire, graphiquement, même si à l'époque, beaucoup de configs ont capitulé face à la "Bête", force est de constater qu'aujourd'hui, elle a perdu de sa superbe. La faute peut-être à un manque de travail pour cette réédition. Bethesda et id Software se sont contentés apparemment de juste rehausser le tout pour la compatibilité HD mais pas plus.

Dommage, car même si à l'époque, la gestion de la lumière était à la pointe, aujourd'hui, à côté des grosses productions actuelles, on frissonne un peu moins. Par contre,  du côté des noirs, jamais un jeu n'a égalé cette noirceur, cet abîme prêt à dévorer tout courage, toute bravoure de la part du joueur. Cela reste un élément fort de ce jeu.

L'ambiance est même d'ailleurs le meilleur atout de ce volet. A la base, le jeu ne pousse pas non plus à l'exubérance pour le level-design. Tout cela se passe sur Mars, dans un complexe militaro-scientifique, normal au final de se retrouver avec des environnements assez similaires. Des couloirs, en voici en voilà, du métal, du verre, des lumières crues ou des lieux sous éclairés, voire dans le noir complet. Pour ce qui est de la modélisation et les textures des personnages, le temps a fait son œuvre.

 

 

 

Armé de sa...

… lampe et de son fusil à pompe, notre héros devra traverser la base en long et en large pour empêcher des démons, de trouver un moyen de tout annihiler. Voilà pour le scénario. Malgré les journaux audio que le joueur ramassera, ou les vidéo-logs dispos dans le pda du joueur qui sont là pour donner de la substance et une profondeur au scénario, l'histoire ne passionnera pas les foules. Mais dans ce volet de la saga Doom, celle-ci prend le dessus sur le frag. Fini le nombre incalculable d'ennemis à l'écran, les situations de stress dues à la gestion des munitions et des trop rares médikit. Doom 3 est lent, dispense à très faibles doses son bestiaire, certes toujours aussi flippant, mais hélas trop rare dans cet épisode. 

Verdict ? A sa sortie, le jeu n'avait pas eu les faveurs des fans, notamment aussi à cause de la gestion de la lampe torche. Le joueur s'éclairait ou tirait mais ne faisait pas les deux en même temps. Drôle de sensation que de se retrouver à tirer dans un noir complet et de voir son ennemi s'approcher à la lueur des détonations. Alors certes, ça a été détesté, mais aujourd'hui, Bethesda et id Software, ont "corrigé" ce problème en séparant la lampe du menu des armes. Désormais, elle peut rester allumée même lorsque le joueur tire. On peut l'éteindre quand même, et elle dispose aussi d'une toute petite batterie qui fera que l'on se retrouvera des fois bel et bien dans le noir, mais cela fini par gâcher l'expérience de jeu. On ne ressent plus cette peur viscérale, cette crainte d'être repéré et de ne pas avoir le temps de prendre le fusil pour abattre le monstre qui surgit en face. Bref, un correctif, mais était-ce nécessaire ?
A cela s'ajoute l'apport des sauvegardes automatiques ralentissant grandement la progression, freezant complétement le jeu alors qu'on est en train d'avancer. Et les temps de chargements entre les niveaux font mal au bide. Quelle lenteur. De nos jours, il est même quasi inconcevable que cela soit aussi long (presque 2 minutes).

En bref...

Doom 3 BFG Edition ne rajeunit pas la licence et c'est bien dommage. Il aurait mérité un travail  plus important et l'ajout des contenus additionnels (qui se finissent hélas en quelques heures) n'empêche pas ce volet d'être le moins passionnant de la saga, la faute à un rythme trop lent et trop peu de bestioles.
On pourra rejouer aux deux premiers volets, accompagnés eux aussi de leurs extensions originelles et d'un mode multi (jusqu'à 4 joueurs). Les fans de la première heure vont crier au scandale en apprenant par contre que les niveaux secrets ont pour certains disparu et d'autres ont été censurés (les portraits nazis du niveau secret Wolfenstein n'existent plus). Par contre, rien à dire sur le plaisir que procurent ces deux premiers épisodes.