Note du test 7/10En conclusion :

S’il est assurément difficile de vous conter ce qu’est une expérience vidéoludique, vous narrer les rouages d’une simulation est encore plus occulte. Kerbal Space Program est très prenant une fois son concept acquis mais la randonnée n’est pas de tout repos. Il faudra essayer, comprendre tout en dominant une multitude de menus, aussi utiles que mal agencés. Ne délaissant pas son leitmotiv basé sur l’exigence et la précision, KSP sait amener sa jauge de fun grâce à une lecture de son propos humoristique, véritable joyau dont l’éclat fait oublier un rigorisme qui, dans un autre contexte, se serait révélé bien trop repoussant. Parti pour vous occuper pendant des heures et des heures si l’astronaute qui est en vous se sent happé par l’appel de la découverte, le soft laissera de côté une frange de joueurs qui ne peuvent concevoir un rythme si lent dénué de toute forme de crescendo. Sauf que l’intensité n’est pas de ce bord, et on comprend mieux le stress dû à un décollage et le soulagement soudé à la joie lorsque le succès pointe un bout de scaphandre. Comme une fascination exaltante de l’inconnu en somme.

Les plus

Riche
Gameplay en béton
Ambiance soutenue par l’OST
Addictif

Les moins

Rebutant pour certains
Frustrant au premier abord
Une ergonomie à revoir

  • Image personnalisée de votre compte
    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Kerbal Space Program Enhanced Edition
    Editeur : Private Division
    Genre : Simulation
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 16 janvier 2018
    Trophées : Oui
    Support


    Test Kerbal Space Program Enhanced Edition

    Publié le samedi 14 décembre 2019 à 10h20 par NoBloodyKnows - 355 / 0
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    Notre coeur a toujours été taillé pour les consoles. Non pas par dénigrement du computer, loin de là, mais le dyptique clavier/souris, même si on reconnaît que cela est plus efficient pour les FPS, très peu pour nous. Alors forcément, nos yeux s'écarquillent lorsque nous voyons débarquer des genres avec lesquelles nous sommes moins familiers et nous nous demandons vraiment si les conversions sont prévues pour le pad. Stellaris et Frostpunk ont eu le bonheur de l’emporter avec les félicitations du jury mais le contexte est bien différent: ici, on parle de simulation. Au premier sens du terme. Ainsi, Kerbal Space Program vous propose de mettre en orbite des navettes et ce, du sol jusque dans les airs. Cela paraît dingue dit comme cela...c’est pourtant vrai. De la simu spatiale portée sur nos PS4, il fallait oser! Et les développeurs de Squad soutenus par l’éditeur Private Division ne se sont pas posés de question et ont répondu par l’affirmative. Au tour de votre duo du NBK de s’envoyer en l’air et de préparer la conquête de l’espace! En admettant que cette foutue machine veuille bien s’élever à plus de 20 mètres…

     

    All my love in Space


    Par quoi commencer? KSP est si dense et complexe à la fois que tout vous résumer s’apparenterait à un charabia aux frontières de la grossièreté. Dans les faits, il s’agira de construire un engin, de la simple navette jusqu’à la station, puis de le faire décoller afin d’explorer, revenir ou tout simplement alunir sur Mün, le premier astre à découvrir.

    Mais avant cela, il faudra tester. Beaucoup. Et se crasher tout autant! C’est simple, vous allez vous arracher les cheveux les premiers temps ne serait-ce que pour entrer dans l’atmosphère! Parfois cela vous fera rire, parfois vraiment pas. De facto, vous devrez assembler les pièces de votre création, jusqu’à la plus fantasque, et c’est à ce moment-là qu’on saisit que KSP ne fait pas les choses sans aller jusqu’au bout: sous ses airs rigolos, vous allez vous confronter au réalisme le plus profond.

    Oui l’air parfaitement crétin des personnages et l’humour omniprésent sont le vecteur permettant de faire passer la pilule d’une certaine austérité, ou tout du moins d’une mécanique froide et implacable. Un léger déséquilibre dans votre fabrication? Vous comprendrez dès l’envol que vous n’irez pas bien loin, observant le fruit de votre labeur s’écraser à quelques mètres de là.

    Attendez ne vous sauvez pas! Vous devrez aussi être en mesure de connaître rapidement l’utilité de chaque pièce à assembler car un réacteur mal placé, c’est une gamelle assurée! A vous de bien gérer propulseurs ou autres réservoirs pour ne pas se retrouver à court de carburant car en dépit d’une superbe entrée dans l’atmosphère, la rupture de fuel en plein espace rendra votre navire fantôme, condamné à la dérive…

    On ne pourra pas nier que le tout est très addictif et peut donner le tournis, mais c’est cette opulence qui expose toute la quintessence et la finition du jeu, qui ne se contente pas d’approximations fâcheuses qui sont de toute façon sévèrement sanctionnées ici. Vous apprendrez par l’échec mais toute réussite donne un furieux sentiment de fierté, matérialisé par un poing qui se lève!

    Mais que le chemin est laborieux.

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    Un petit côté "Moon"...pour les connaisseurs!

    Kerbal au centre


    De une, et c’est vraiment dommageable, le titre n’est disponible qu’en anglais malgré la traduction fr active pour le PC. C’est un coup assez dur pour celui qui n’est pas suffisamment à l’aise dans la langue de Shakespeare tant les subtilités sont nombreuses et les informations abondantes. Alors oui, il existe des pages d’aide sur internet disponibles en français et elles sont très bien faites. Cependant, le plaisir est bien plus intense en découvrant les choses tout seul et en tâtonnant! Toutefois, au regard du suivi du jeu, il serait bien possible de voir atterrir (ah, ah!) un patch de traduction salvateur.

    Il vous faudra aussi composer avec les menus et même si on sent qu’un effort est fait pour que cela reste à peu près lisible et instinctif, l’ergonomie reste en berne et il faudra un temps pour automatiser les commandes. Ce n’est pas forcément une question de mapping de touches mais… il est nécessaire de prendre en considération le fait que ce type de production est pensée en amont pour le PC, d’où la nécessité de s’adapter tant bien que mal.Cela rebutera certains d’entre nous d’entrée car en plus de certaines frustrations initiales en cas de débandades régulières, quelques erreurs de manipulation viendront nous casser les reins.

    Même si vous comprenez comment construire intelligemment, cela ne sera qu’une étape. Ce n’est pas parce que votre aérodynamisme et votre poussée sont bien calés qu’il faudra zapper le poids de votre engin (ce qui vous fera consommer plus d’énergie), la gravité ou l’attraction. Et encore! La planification de votre trajectoire sera capitale pour éviter de faire foirer la stabilité de votre vaisseau. C’est comme cela que vous pourrez découvrir peu à peu les autres astres (avec une mention spéciale à Duna et Moho) dans ce système solaire fortement similaire au nôtre!

    L’étude et l’anticipation seront donc vos atouts car il est toujours agaçant d’échouer si près du but surtout que les phases de mises en orbite sont parfois un peu longues et mollassonnes à observer. C’est certes le genre qui le souhaite, tout comme ce faux-rythme inhérent à la simulation, mais un peu de dynamisme aurait été accueilli chaleureusement.

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    Découvrir...et rechercher!

    Kerbal life


    D’autres dilemmes se dresseront face à vous: la gestion en 2 temps de la construction au décollage, l’affectation du personnel ou le choix de votre avancée. Le lancement est réussi, allez vous rentrer par sécurité ou explorer encore un peu? Car le but est de faire revenir vos adorables Kerbals (les habitants de ce monde) en vie pour repartir sur un nouvel objectif.

    Cela vous semble bien nébuleux tout ça, non? Passez donc impérativement par la case “tutorial”, bien conçu et vous guidant pas à pas pour saisir l’essence de l’ensemble avant de vous concentrer sur des constructions improbables. Il serait en effet suicidaire de se lancer à l’aveugle dans une partie (même si cela nous a fait marrer avec le Joueur du Grenier!) mais chacun se sentira vite enseveli sous la tonne de menus qui ont une logique à intégrer avant de se prendre pour un conquérant!

    Les modes sont aussi intéressants et permettent à chacun d’y trouver son compte. Sur PSMag, nous avons une tendresse particulière pour la “carrière” qui en plus de la création de bicoques volantes vous demandera de gérer avec parcimonie votre argent, réputation et recherches.

    Vous débutez de peu afin de devenir une vraie plaque tournante du développement spatial en effectuant des contrats tout en récoltant des points de science nécessaires pour débloquer des pièces indispensables à l’élaboration de vos fusées. Pour cela, il faudra explorer des cratères ou encore étudier les astres pour que le taux grimpe en flèche. Facile et efficace, vous risquez d’y laisser de nombreuses heures si le trip vous prend aux tri...au ventre.

    Si ce côté de gestion vous laisse pantois, rien ne vous empêche de vous essayer aux sections science ou bac à sable, où la gestion des ressources ne posent pas de problème (surtout pour la seconde catégorie), tout en essayant des missions “scénarisées” où les objectifs à remplir sont nombreux.

    Il n’y a pas à dire, l’ensemble est gargantuesque même à l’échelle d’un jeu de simulation!

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    Simple? Si vous saviez...

    Kerbal, ô prisonnier!


    Preuve du suivi régulier des concepteurs, le jeu comporte le DLC Breaking Ground Expansion qui enrichit encore l’expérience. Collecte de données scientifiques, recherches plus approfondies, la liste de choses à faire s’allonge encore, ce qui ne manquera pas de faire frissonner les aficionados. Clou du spectacle: de nouvelles pièces, comme les pistons, font leur apparition afin d’accroître les possibilités d’élaboration des vaisseaux et on ne peut nier que les ajouts font leur petit effet. Peu perceptibles pour celui qui fera ses premières gammes mais cela ne fait qu’accentuer l’intégration parfaite des nouvelles possibilités au détriment de gadgets superflus. Mention spéciale aux “particularités de surface” qui vous boufferont votre équilibre social si vous souhaitez tout scanner!

    Vous l’aurez compris, l’ensemble est aussi complet qu’exigeant...du coup, quel bonheur de retrouver un brin de second degré! On le conçoit, graphiquement cela reste austère mais rappelons nous que le jeu n’est pas tout récent. Les textures sont simples et pas vraiment détaillées, même si les engins s’en tirent bien mieux.

    Les promenades dans l’espace sont aussi charmantes et l’ambiance est bien rendue, histoire de vous faire oublier le manque de concession du gameplay. On prend parfois plaisir, quand nous sommes tout là-haut, à tourner la caméra pour observer l’immensité avec le contraste de couleurs et les jeux de lumière.

    On sent clairement l’infini et le vide, et l’impression d’être séparé de sa base nous donne une idée de tout ce chemin parcouru, rendant toutes ces galères qui nous ont empêché d’atteindre notre but bien lointaines. Ce coup-ci, la vitesse fut bien gérée et le largage du compartiment inférieur a été effectué au bon moment! Nous voilà au centre de notre galaxie, prêts à découvrir tout ce qu’elle a à nous offrir.

    Tout cela ne serait rien sans une OST magique qui s’adapte à chaque situation, nous faisant vraiment ressentir ce qu’est une odyssée de l’espace. Un coup de maître qui accompagne vos réussites surtout lorsque vous franchissez une étape, passant de la relaxation à une forme épique parfaitement adaptée.

    Le sound design force aussi le respect, entre ouvriers qui s’affairent et bruitages de votre armada qui vous donne la tonalité et un effet réaliste qui diffère tellement avec le visuel et la trogne des Kerbals.

    Un mariage assurément réussi.

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    L'émotion de la découverte!

     

     

     



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    Test Kerbal Space Program Enhanced Edition - 7 minutes de lecture