Note du test 9/10En conclusion :

Que le doute et le scepticisme retournent dans les abysses de l’enfer! Streets of Rage 4 s’inscrit parfaitement dans la timeline et c’est avec une émotion non dissimulée que nous retrouvons nos héros de toute une époque, ravis de voir comment ils ont vieilli en nous ayant fait patienter durant tout ce temps. On ne lui dira pas “tu rentres bien tard dis-donc!” tellement les bras sont chargés de cadeaux, soudant nostalgie et qualité. Refusant d’ignorer son appartenance, le jeu ne fait cependant pas l’affront de zapper toute l’évolution d’un genre devenu aujourd’hui réservé à une caste particulière; mieux, les développeurs nous offrent une belle invitation pour sillonner l’univers du Beat’em Up, en martelant nos touches jusqu’à les pilonner, l’oeil vif et le gosier prompt à user de rhétorique pour expliquer à son camarade de jeu les secrets de la progression. Ainsi, la coopération est la véritable carte pour nous dévoiler le trésor composé de diamants polis avec amour et soin par des créateurs qui ont su relever le pari avec respect et passion. Sans tare majeure, l’aventure distille son rythme d’orfèvre avec effervescence sans jamais verser dans l’indigeste, tout en proposant un gameplay intelligent dans l’exigence qui ne s’encombre à aucun moment d’une complexité inutile. Incroyable dans le fond aussi bien que sur la forme, Streets of Rage 4 prouve qu’une réussite est bien souvent collective quand toutes les forces réunies s’associent pour la quintessence de la création. Plus qu’un “merci”: une marque de réel émerveillement de notre part. Chapeau bas Mesdames et Messieurs!

Les plus

Accessible et profond
Le casting parfait
La récompense de la maîtrise
Une suite digne des anciens épisodes
Superbe
Fluide
Une OST à tomber
Une Direction Artistique extraordinaire
Infini…

Les moins

...mais court pour un run unique
Quelques effets de mise en scène un peu trop prudents
Le solo moins prenant

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Streets of Rage 4
    Editeur : Dotemu
    Développeur : DotEmu
    Genre : Beat'em all
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 30 avril 2020
    Trophées : Oui
    Prix de lancement : 24,99 €
    Support


    Test Streets of Rage 4

    Publié le mardi 05 mai 2020 à 15h43 par NoBloodyKnows
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    Comment avons-nous osé? Tout cela s’est déroulé sous nos yeux et nos membres sont restés engourdis, incapables de se mouvoir pour défendre la cause. La conséquence? Une perte de cet esprit issu de l’arcade dont le Beat’em Up est un fier représentant. Autrefois genre-roi, celui-ci doit se contenter d’être désormais une composante d’autres essais stylistiques même si nous avons observé des poches de résistance, qu’elles soient partisanes de la 2D ou de la 3D. Souvent sujets de grand spectacle, les jeux à baffes misent souvent sur le grandiloquent au détriment, à notre immense regret, de la technicité. Non pas que nous réclamons un panel féroce mais trancher l’ennemi en dansant autour d’un QTE, très peu pour nous. Voilà, vous avez eu le droit à l’instant râleur qui nous fait passer pour de vieux débris incapables de suivre le mouvement et adeptes du “non mais sérieux, c’était vachement mieux avant, non?”. A titre partiel, le constat est réel; néanmoins, il serait peu ambitieux de verser dans la crise du pessimiste passéisme honteux en oubliant que l’évolution a du bon, comme en témoignent ce que les dédaigneux surnomment “les petites productions” qui ont toute notre affection en raison de l’ingéniosité dont elles font preuve pour survivre face aux mastodontes du milieu. “Paradoxal dans le cas de Streets of Rage?” nous diriez-vous plein d’entrain. Et nous ne pouvons que vous donner raison tant la série renaît, à la surprise générale, en passant du stade de poids lourd du regretté constructeur SEGA à la création moins exposée mais non pas moins efficiente. Oui il aura fallu attendre au point que nous n’osions plus y croire, noyant notre chagrin en ressortant les titres originaux ou en mettant la main sur diverses compilations où se retrouvaient nos héros tant aimés ayant tenu la dragée haute aux champions de l’école “made in Capcom”. Nous nous égarons cependant car l’histoire est changeante et cette absence est une vieille anecdote!

     

    Axel raide


    Les alchimistes de Dotemu, Lizardcube et Guard Crush ont écouté nos prières. Mieux: ils nous ont rendu notre ferveur!
    Avant une entrée totale en matière, un petit point de situation s’impose: les retours de licences anciennes nous font toujours transpirer. Nous ne parlerons pas ici de cinéma pour éviter le pugilat (Dark Fate nous fait encore trop mal) mais dans le jeu vidéo, ce n’est pas exactement mieux. Entre les tentatives de modernisations foireuses (que Altered Beast sur PS2 se dénonce!) ou l’envie de correspondre à l’original, il y a un curseur sensible. Un autre exemple? Lorsque Double Dragon 4 fut annoncé, avec le mythique Kishimoto dans le casting des développeurs, il faisait fi de tout ce qui avait pu se passer depuis tant d’années pour un résultat à 1000 lieues de ce que nous étions en droit d’espérer. Un bien triste anniversaire et les bougies furent vite éteintes, nous laissant errer la mort dans l’âme face au cadavre encore chaud d’une saga qui est parvenue à nous envoûter. A une autre époque.

    C’est en ce sens que nous avons été aussi excités que méfiants dès l’annonce de ce 4ème opus de Streets of Rage car durant son sommeil, Mother Russia Bleeds et Fight'N Rage eurent le temps d’aiguiser leurs lames pour transpercer toute concurrence en plein coeur. Sauf que...quand on te sort des maîtres capables de porter des oeuvres du temps antérieur jusqu’à en sublimer d’autres (Wonder Boy, nous t’aimons!), l’assurance est de mise. Autant confier le bébé à des parents attentionnés. Pourtant, l’aspect purement rétro du gameplay contraste avec l’abandon du pixel art: cela est contradictoire entre lenteur trompeuse et vivacité des impacts.

    Et, avouons-le, les premiers instants fichent un peu la trouille: nous serons cependant vite conscients que sous une couche de simplicité apparente, la profondeur tient son rang. Pas de paire frappe lourde/légère mais une ingéniosité directionnelle. Ainsi vous trouverez les classiques coups sur place, avancés, chargés et aériens (par écrasement ou extension) et, petite subtilité, la tartasse arrière qui vous sauvera à de multiples occasions quand vous aurez trouvé le timing.

    Car SoR4 est un disciple du dogme “accessible de suite, des années pour le maîtriser”.
     

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    Le principe résumé en une image!

    La pogne d’Adam


    Efficace tout en cherchant à contenter le novice comme le vétéran, ce qui est réussi avec brio, SoR4 se base principalement sur le second opus de la saga, le bien-aimé et ultra populaire, zappant quelques jolies avancées du 3, le maudit. Cela se constate dans le rythme du titre qui dose son armature sur l’encerclement: ainsi l’IA des ennemis, qui restent des mobs de BTU donc prévus pour en prendre plein la tronche, vous envoient en première ligne les spécialistes du càc tout en protégeant ceux destinés à vous balancer tout ce qui est possible à distance, lâchement. Mais en faisant apparaître les vilains de partout, c’est l’idée de vous déborder qui prédomine et ce sera à vous de bien connaître les membres de votre équipe pour vous en sortir efficacement.

    Ils sont 4 à la base, et Adam viendra vite compléter la bande de joyeux drilles et pas de débat possible: chacun est différent. Si les petits nouveaux Cherry et Floyd sont plus accessibles, vous ferez vite le tour de leurs possibilités. La première nommée dispose d’une course, héritée de SoR3 justement tandis que le second a une portée assez longue. Pour vous en sortir, la vitesse de l’une contraste avec le côté pataud de l’autre, plus prompt à la chope, étant capable de claquer 2 ennemis en même temps avec ce bon vieux front contre front.

    Or, la palme de la technicité revient au trio d’origine, où chaque protagoniste peut déplaire au début avant d’envoûter de son aura respective. Adam, que nous attendions depuis si longtemps, en est le meilleur reflet: à l’opposé de sa version d’origine, il vous faudra comprendre son double-pas pour passer dans le dos du félon afin de lui mettre une bonne rouste, ce qui est bien pratique quand le sagouin arbore son bouclier de traître! Blaze se veut plus aérienne dans ses attaques là où Axel, curieusement apparemment engourdi, est un produit du zoning tout en étant capable de dégager le chemin et envoyer valser l’ennemi en l’air.

    Car oui les amis, nous ne vous avons pas tout dit: en plus de la beigne classique, tous les héros disposent de frappes spéciales qui sont divisées en 2 catégories. Le premier type, qui se décline de manière défensive ou offensive, consomme un peu de vie. Néanmoins, sur le même principe de Bloodborne dans les grandes lignes, il vous sera possible de récupérer ces bouts de PV amputés en repassant sur des claques normales. Tout sera affaire de dosage et SoR4 est assez permissif sur ce point, ne vous imposant pas de restrictions exponentielles.

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    L'ascenseur: une classique réinventé!

    Streets of Blaze


    La seconde spéciale se veut quant à elle totalement différente: elle dépend d’une étoile, disponible de base en chaque début de stage ou à ramasser. Rien à voir cependant avec le (brillant) système de SoR3 où plus vous vous cartonnez avec aisance et plus vos coups seront puissants: ici cela déclenchera une offensive qui arrache la rétine et qui vous permettra de reprendre pied lorsque l’entourage sera trop gênant. Une chouette idée non cheatée puisque finalement, cela ne dégommera pas la vie des Boss qui ont une barre à rallonge.

    En évoquant ceux-ci, rien à redire: cela fait toujours plaisir d’avoir un gardien du temple à chaque fin de level en dépit d’une résistance accrue et surtout d’un cassage d’animations pas évident pour tous. Une mention spéciale est attribuée à celui du niveau 9 où nous passons finalement plus de temps à esquiver en usant de la méthode “guérilla”! Reste que nous ne trouvons pas de véritable fausse note et que les arènes tout comme la distribution de mobs présents à l’écran pour seconder les chefs sont raisonnables. En cela, oui SoR4 est assez difficile, et ce même en mode normal, et vous vous casserez un peu les dents pour en voir le bout au sens où vous disposez de 3 vies par stage et...c’est tout. Alors OK, il y a un moyen de contourner la règle, en acceptant de diviser son score final.

    Parce que cela a beau être dur, si le gamer fait l’effort d’apprentissage et de compréhension des mécanismes, la note s’adoucit et le plaisir reste intact. Et c’est une grande nouveauté du dernier-né: le combo affilié au rebond. Le principe tient largement la route: envoyer votre ennemi dans le coin le fera revenir vers vous et vous pourrez le tabasser sans état d’âme, bien avant qu’il ne touche le plancher. Et si l’inertie perturbe, elle se révèle pertinente pour enquiller les fumiers prêts à pactiser avec ce foutu malin!

    Charge à chacun de ne rien laisser au hasard et de ne laisser aucune chance aux filous de s’exprimer. Vous devrez aussi apprendre les movesets de vos compagnons pour contrer les patterns des belligérants pour encaisser un minimum tout en multipliant votre barre de combos, qui sera essentielle pour réaliser des scores impressionnants sur le tableau d’affichage!

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    Ennemis empreints de nostalgie!

    Floyd! Rends Maurice!


    Pas la peine de vous le cacher: SoR4 est affreusement court dans son mode histoire. Un run coûte la première fois 3h, en comptant les échecs et les retours, et peu à peu, en s’améliorant, vous passerez sous la barre des 2H. Cela semblera inacceptable mais sachez que la replay-value, ne serait-ce que pour ressembler à quelque chose en combattant, est gigantesque! SoR4 est là pour être parcouru à l’infini, d’autant plus que 5 modes de difficulté vous attendent et le dernier “n’est pas piqué des gaufrettes”!

    Au-delà de la clarté de votre jeu, ce sont aussi vos performances que vous verrez exploser, et ce afin de rivaliser avec les meilleurs mondiaux. Et que cela est long pour la partie quasi-parfaite! Arcade oblige, nous retrouvons la jouissance du scoring-plaisir, celui qui booste votre amour-propre quand enfin, votre note de fin de niveau est plus que respectable.

    Car se manger un “D” est toujours vexant, aussi faut-il accepter de travailler encore et encore son skill pour parvenir à une décence dans le game. Bien vu de la part des développeurs qui réussissent le tour de force de réunir sous leur bannière rookies et vieux briscards nous rappelant la douce sensation de la manette moite et des doigts flingués par une gymnastique qui sent bon le vieux plat réconfortant.

    De là à envisager de progresser seul? Ce sera peut-être là où le bât blesse car SoR4 prend son sens en coopération. Nous vous parlions des combos: quel plaisir lorsque votre/vos partenaire(s) affûtés enchaîne(nt) un ennemi balancé dans leur direction par vos soins, dynamitant votre barre de dommages commune! Pas de panique si à la maison, personne ne vous soutient: un mode en ligne est présent, palliant la solitude de celui/celle qui n’aurait pas ce plaisir en local.

    Prévu pour 1 à 4 combattants en même temps, le jeu augmente forcément les PV adverses même si le tabassage en règle est forcément plus simple, fait accentué par une grande lisibilité de l’action! Oui les sprites sont énormes, nous faisant penser aux promesses du vaporware Paprium, mais l’ensemble est suffisamment calé pour éviter une charcuterie visuelle tout en profitant d’une fluidité parfaite. Du grand art oserions-nous dire, nous plongeant dans une viscéralité qui contredit quelque peu avec le manque de violence à l’écran, ce qui n’est pas forcément une tare, le sujet ne s’y prêtant pas.

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    Chaque niveau est original.

     

    Cherry de tout mon coeur


    Ce n’est clairement pas dans l’habitude de vos serviteurs: l’enrobage n’est évoqué qu’en fin de récit! Que dire? Que la transition est habile et que l’abandon du pixel art n’est rien en comparaison avec la “proposition bande-dessinée”, où tout l’amour du “fait à la main” rayonne à chaque instant. Aucune faute de goût n’est à déplorer durant les 12 niveaux proposés, tous superbes et arborant des couleurs parfaitement sélectionnées. Le chara-design est absolument magique, avec un léger bémol concernant Adam, mais nouveaux-venus et anciens impressionnent, à l’image de la transformation en finesse de Axel.

    Le soft pêche cependant dans sa mise en scène: si personne n’attendait un grand scénario et que les cinématiques sont dans le ton, pourquoi ne pas avoir compensé le manque de doublage (compréhensible) par l’utilisation de bulles de dialogue in-game, comme cela se fait ailleurs? Cet écueil est dommageable au sens où l’aspect graphique se prête parfaitement à l’exercice à n’en point douter. Cela ne retire en rien le charisme de chacun et on sent un véritable effort pour plonger le joueur dans le coeur du sujet.

    Le second reproche effectué provient d’une prudence parfois convulsive: si SoR4 maintient le cap pour éviter le foutoir absolu à l’écran, certaines séquences auraient mérité d’être un poil plus intenses, à l’image de la scène de la prison qui se trouve être diablement plus puissante dans Mother Russia Bleeds, la comparaison étant inévitable. Elle s’avère cependant plus cohérente dans son déroulement. Ne crachons toutefois pas dans le bouillon: cela ne sort en rien du trip qui se dégage et la forme du jeu lui va à ravir.

    D’ailleurs pour ceux qui souhaiteraient encore s’enfoncer dans l’ancien temps des 90’s (oui nous exagérons un tantinet!), certains réglages vous permettent de customiser le visuel selon votre appétence, là où vous pourrez débloquer d’anciens personnages, à force de dur labeur, tout en pixels provenant des anciennes itérations et il est sympathique de voir à quel point les créateurs ont fait des efforts pour adapter leurs mouvements pour que ce soit raccord dans les stages.

    Bien joué les gars!

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    Toujours efficace!

    L’impression d’être Fiquet


    D’autres modes s’offriront également à vous au fur et à mesure, comme l’anecdotique mais toujours hilarant duel, histoire de se mettre un peu sur la gamelle sciemment, ce qui pourrait vous agacer durant l’histoire en raison du friendly-fire, désactivable toutefois. Un mode arcade mettra aussi vos nerfs à l’épreuve car terminer sans “continue” relève de la gageure, la vraie, celle qui pique un peu!

    En outre, si le fan-service est discret, cela ne l’empêche en aucun cas de nous faire un petit “coucou” en bonne et due forme. Cela se ressent jusque dans certains décors et le 3 n’est pas oublié: une compilation d’intentions nobles dont nous vous parlerions pendant des heures sauf que le spoil est passible ici d'exécution. Ne boudons pas notre plaisir de retrouver ce qui faisait le sel de la saga, sans que la sauce ne soit trop épaisse!

    Le cahier des charges est respecté pour la suite, avec des améliorations notables comme les armes que vous pourrez lâcher si vous ne vous sentez pas à l’aise et si vous avez la classe, vous pourrez les balancer sur l’adversaire et les intercepter dans la foulée, même si le gredin avait jeté l’équipement en premier. Les mets, également personnalisables, sont toujours de la partie pour vous remettre en état et merci aux studios d’avoir pensé à différencier la touche pour ramasser un objet de celle de la frappe! Tout comme le fait de nous laisser quitter la zone selon notre bon vouloir, histoire de se préparer correctement.

    Enfin, comment terminer sans évoquer l’ensemble du sound-design? Si les bruitages parviennent à convaincre en excluant le superflu, les sensations demeurent grandioses et nous les apprécions en frissonnant. Et cette OST...comment vous dire...mais quelle bande-son les amis! Quelle grâce, quel rythme, quelle compréhension de l’univers! Sieur Derivière, une nouvelle fois, nous nous inclinons.

    Et pas seulement pour ses propres compositions, déjà exceptionnelles, mais pour la cohérence de l’assemblage des travaux des autres artistes (avec ce plaisir non dissimulé de retrouver le grand Koshiro sur bon nombre de pistes). Une tracklist riche, des changements en plein stage et une compréhension parfaite de l’univers et de l’ambiance à représenter. Nous ne ferons pas dans le catalogue, mais nous invitons à la découvrir rapidement...et de vous extasier comme nous sur la performance toujours singulière de dame Shimomura, parfaite pour le thème d’un personnage emblématique.

    Bon sang!

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    L'environnement avec vous!

     

     




    Test Streets of Rage 4 - 11 minutes de lecture