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    NoBloodyKnows


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    Mutant Year Zero: Road to Eden
    Editeur : Funcom
    Développeur : The Bearded Ladies
    Genre : Action | Tactique
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 04 décembre 2018
    Trophées : Oui
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    test de Mutant Year Zero: Road to Eden

    Version Éditeur

    Test Mutant Year Zero: Road to Eden

    Publié le mardi 11 décembre 2018 à 15h49 par NoBloodyKnows - 1180

    1998. Une bien belle année charnière, même pour les réfractaires du ballon rond. De Parasite Eve à Xenogears, en passant par Half-Life (c’est quand vous voulez au fait…) et Metal Gear Solid, la liste est fournie et aura permis d’enchanter chaque gamer quel que soit son style de prédilection.

    Mais il serait tellement injuste d’oublier un jeu de stratégie en temps réel qui a depuis influencé le genre : En juin de cette année-là, Commandos pointe le bout de son béret et se pose comme un savoureux mélange entre tactique et infiltration. Dur, exigeant et punitif. Il y a eu un avant et un après sauf que 20 ans plus tard, la stratégie a de nouveau franchi un cap : XCOM 2, implacable et indéboulonnable. Exit le temps réel, le titre rattrape aisément ses défauts par des mécaniques et un plaisir de jeu de haut-rang et en cela la création de 2K avait décidé de frapper fort et juste.

    Mais voilà qu’en cette fin d’année 2018, Mutant Year Zero : Road to Eden se décide à jouer les trouble-fêtes, à mi-chemin entre les 2 ténors.

    Inspiré d’un jeu de rôle papier, concocté par le studio suédois The bearded ladies consulting et édité par Funcom, Mutant Year Zero (on se contentera de le nommer Mutant…pour le reste du test) s’apparente à un jeu d’aventure tactique, qualifié de XCOM-like afin d’entrevoir son concept dès les premiers trailers.

    Mais dire que le soft n’était pas attendu serait médire. Les cinématiques d’annonce extraordinaires nous ont ainsi mis en contact avec Bormin et Dux, un sanglier et un canard tous deux charismatiques (oui, oui !). De fait, les lignes du Tactical sont-elles prêtes à bouger ?

     

    Aîné Jacquet

    Si Mutant… brille de 100 feux depuis son annonce, c’est en grande partie grâce à l’identité de son univers. Le jeu justifie les combats qu’il met en scène par la survie du reste de l’Humanité, regroupée en petit nombre dans l’Arche, votre quartier général. C’est de là que sont envoyés les mutants/traqueurs afin d’explorer la Zone, c’est-à-dire la Terre désormais sinistrée et peuplée d’infectés nommés Goules pour y trouver de précieuses ressources.

    Que l’on ne s’y trompe pas : La représentation du monde en décrépitude est sublimée. Doté d’une direction artistique mélangeant post-apocalyptique et cyberpunk, Mutant…se permet le luxe d’être agréable pour la rétine.

    Le chara-design est inspiré pour les mutants, malheureusement moins pour les humains ou ceux qui pourraient y ressembler, leur proférant un style unique renforcé par des doublages percutants. A ce propos on offrira volontiers une mention spéciale au voice acting de l’Aîné, de Bormin et de Dux. Toujours dans le ton, chaque ligne de dialogue nous en apprend un peu plus sur le caractère flamboyant et parfois franchement dérangé des protagonistes. Si cela reste cependant inégal pour la team des 5 mutants, Selma et Magnus étant quelque peu en retrait, on retrouve en toute simplicité un véritable attachement aux personnages. Même la petite dernière, Farrow , expédie certes rapidement ses « ambitions » mais le fait de manière efficace. Et plutôt que de se perdre en interminables cinématiques, Mutant…fait le choix d’épaissir son background par les éléments du jeu et ses conversations qui lui confèrent un cachet unique.

    A cela s’ajoutent les petits détails qui agrémentent l’univers à l’instar du choix des couleurs et la gestion divine de la lumière. Les environnements sont diversifiés et il est clair que Mutant…maîtrise la vision du chaos. A l’instar d’un certain jeu de Naughty Dog, pour mieux illustrer le propos.

    Les thématiques abordées sont également en ébullition. Et si certaines d’entre elles sont tout juste effleurées, il va sans dire que le soft porte un regard amusé et cynique sur notre monde contemporain et que désormais nous ne sommes plus que des Anciens…

    De facto, nous avons droit à un bien bel habillage pour un genre parfois austère. Bonne pioche.

    test de Mutant Year Zero: Road to Eden

     

    Un esprit sain dans un porcin (Beyond Good and Evil)

    Demandez à Crysis 3 : Un emballage magnifique ne permet pas d’assurer la profondeur d’un jeu. D’autant plus que pour un Tactical, cela ne pardonnerait pas.

    Mutant…est un savant mélange entre l’action en temps réel et tour par tour saupoudré d’exploration, qui reste toutefois sommaire et dédiée à la collecte de ressources. Ainsi, l’aventure se décompose en 3 phases : La découverte de la carte où il s’agira avant tout, en sus de la trouvaille de ferraille (la monnaie de ce monde) de repérer les abris servant à se protéger et découvrir la configuration des lieux. En espérant trouver une maison à étage(s) car Mutant…dispose d’un intérêt de la verticalité dans son level-design. 2 modes de déplacement, en solo ou en équipe, seront disponibles : Celui où vous vaquerez la lampe à la main afin de traverser l’endroit plus rapidement et le mode furtif afin d’échapper à la vigilance des ennemis.

    Le jeu se découpe en petites zones à visiter, séparées par des temps de chargement, et à parcourir sans nécessairement engager le combat. Et c’est cet aspect de découverte en milieu hostile qui diffère avec XCOM au sens où l’on enchaîne les niveaux sans subir le traditionnel morcellement par mission.

    Mais le point culminant de Mutant…est l’infiltration en temps réel. Clairement indispensable, engager le combat sans avoir ôté quelques « âmes » étant le plus souvent synonyme de défaite cuisante. Les mobs font mal, et ce dès le premier palier de difficulté, et vos personnages sont peu résistants surtout en début d’aventure. Même Bormin, le meilleur cochon du jeu vidéo depuis Pey’J, est un tank qui ne peut se permettre d’encaisser plus de 3/4 coups ce qui incitera le joueur à faire preuve de prudence. Dans les faits, vous essaierez d’attaquer une unité isolée, qu’elle soit statique ou en patrouille, en essayant de l’éliminer discrètement afin de ne pas attirer l’attention de ses camarades prompts à vous démolir rapidement. En pratique, un cercle lumineux s’épaississant en se teintant de rouge dès que vous approcherez de votre cible vous indiquera sa vision. Vous pourrez choisir de rester à distance, vous cacher derrière un abri pour que votre groupe ne soit pas repéré ou encore déclencher le combat, en usant et abusant dans ce cas des armes et compétences silencieuses si vous ne souhaitez pas plus d’invités à la fusillade. On regrettera tout de même l’omniscience de l’adversaire qui même s’il est pris de dos avec toute la discrétion ninja-esque pourra vous surprendre et appeler du renfort, ruinant toute une stratégie planifiée.

    Cet aspect furtif, finalement peu profond dans sa mécanique car répétitif et un brin simpliste, permet néanmoins de mettre en avant la diversité des unités adverses. Éliminer en priorité un Chaman capable de rameuter des ennemis supplémentaires est bien plus bénéfique que de se frotter à un mob dont le sort peut être réglé rapidement. En parlant de classe il en va de même pour notre équipe de 5 compagnons, allant du bourrin au psychique en passant par le sniper : Du grand classique.

    Il y a par contre de fortes chances que vers la fin du jeu vous ne changiez pas la constitution de votre trio actif, car oui seules 3 de vos unités peuvent être emmenées au front. Enfin ce constat est valable uniquement pour le mode normal, premier du jeu car un mode facile n’a pas sa place ici, où votre vie sera entièrement restaurée et vos compétences réinitialisées, limitant la nécessité de turn-over. Il en sera tout autre si vous optez pour le mode difficile (ou le supérieur pour les plus dingues !), qu’on vous conseillera aisément si vous êtes un adepte du genre, où seulement 50% de votre barre de vie vous sera rendue et où les compétences ne seront récupérables que par le nombre de victimes que vous engendrez. Heureusement, la sauvegarde sera disponible à tout moment vous permettant de recharger une partie à chaque grossière erreur (et vous en ferez !), sauf si vous faîtes partie de la caste des Grands, en sélectionnant dès le menu-titre l’option « mutant d’acier » où la mort des personnages est permanente et la sauvegarde contrainte.

    Le jeu semble vous laisser totalement libre dans la préparation des affrontements même si foncer tête baissé vous conduira tout droit à l’échec. Et si beaucoup de zones permettent d’être traversées sans contact, se priver du loot durement acquis sur les ennemis serait un non-sens, tant pour la prise d’expérience que pour les divers achats que vous aurez à effectuer (et la fin du monde, c’est cher).

    test de Mutant Year Zero: Road to Eden

     

    Ma tactique c’est l’attaque (air connu)

    Avant d’aborder les éléments RPG du jeu (enfin si vous le voulez bien !), passons sur un autre gros morceau de gameplay : Les combats.

    Nous en parlions précédemment ; lorsque l’adversaire est engagé le temps réel laisse sa place au sacro-saint tour par tour inhérent au genre. Chaque personnage dispose de 2 points d’action pendant lesquels il pourra se déplacer, user d’une  compétence, tirer , se mettre à couvert, recharger, se soigner ou encore se mettre en veille pour faire feu sur l’ennemi si celui-ci entre dans son champ de vision lors du tour de l’IA. Chaque action coûte un point, excepté lors des déplacements en sprint qui consomment l’intégralité des 2 barres, fuite salvatrice lorsqu’un de nos traqueurs s’est trop approché d’un nid de goules en éruption.

    L’IA du camp d’en face ne se révélera pas miraculeuse mais fera ce qu’il faut pour vous encercler, se replier, se mettre en attente ou se surélever pour vous mettre en difficulté. Sans parler de l’emploi d’une compétence sortie de nulle part histoire de pimenter le tout. Car Mutant…veut vous surprendre, en plus d’être un Tactical où le challenge est bien présent (sans être insurmontable). Cela vous conduira à quelques affrontements épiques et quelques suées, ce qui vous donnera une gratification de vos sentiments lors de votre victoire.

    Il faudra également penser à ne pas rester sans couverture en optant pour des planques vous protégeant complètement ou partiellement afin d’éviter de se faire balayer. Si le combat est correctement préparé, vous aurez votre chance. Faute d’anticipation, vous ne serez que des proies. Occire l’adversaire nécessitera également de prendre en compte sa position, les probabilités d’impact (affichées en pourcentage) dépendant de la distance et du camouflage des adversaires. On pestera toutefois contre le côté parfois aléatoire des tirs, surtout lorsqu’en 10 essais nous avons plus fait mouche avec des probabilités à 50% qu’avec celles de 75%. Surtout que l’adversaire, lui, ne manque que très rarement sa cible. On s’agacera aussi d’une certaine paresse des hitboxes, un pied de bureau renversé pouvant devenir un abri efficace de protection, baissant les chances de toucher le mob vaguement planqué.

    La lisibilité des déplacements sera aussi remise en cause lors de la présence de plusieurs étages, vous trompant à quelques reprises sur l’exécution de vos intentions.

    test de Mutant Year Zero: Road to Eden

    Et là le renard qui tue

    Ces mêmes défauts se retrouvent dans d’autres productions mais pour cela, Mutant… ne se place pas en maître des lieux. On notera aussi quelques coquilles, comme l’Arche qui apparaît comme sublime visuellement mais qui se contentera d’être seulement un menu, non visitable de surcroît. Une tare regrettable au sens où le lieu donne envie de s’y perdre afin de ressentir la chaleur bienfaisante du foyer entre 2 massacres. Concrètement, le hub vous servira à acheter des outils et à améliorer vos armes grâce à la découverte de trésors. En cela, le jeu vous permet de customiser vos personnages par le biais de votre équipement et vos compétences (appelées « mutations »), upgradables en passant par un arbre simple et dirigiste mais suffisant, présentant les données actives et passives.

     

    Mutant…fourmille en cela de bonnes idées, avec des spécificités de groupe que vous débloquerez si vous avez fait preuve de curiosité en mettant la main sur de précieux artefacts. Nous aurions toutefois aimé que le jeu se montre plus lisible pour les potentielles découvertes, en surbrillance mais pas toujours décelables.

    Un temps sera également à consacrer pour bien saisir l’utilité des menus, pas forcément vicieux mais dont une courte explication aurait suffi pour une meilleure appréhension.

    Un effort aurait pu être condensé sur les sous-titres, bien trop petits et qui pourraient empêcher le joueur d’apprécier l’excellente traduction que la localisation nous offre. Pourtant l’exercice était compliqué étant donné la finesse et l’humour ravageur du titre (cette blague sur Police !) mais la retranscription est quasiment un sans-faute.

    En ce qui concerne la technique pure, force est de constater que Mutant…connaît son lot de bugs, notamment sonores. Si au fil des jours notre version fut rafistolée par des patchs correctifs, le son se coupe de manière abrupte, nous cassant le plaisir que nous procure une OST pertinente. Nous ne cacherons pas non plus les divers ralentissements et freezes temporaires que nous avons subis, en plus de 2 crashs lors de nos sessions. Un souci de finition qui devrait sûrement être atténué prochainement, les problèmes apparaissant après une action ou un chargement de zone, mais qui aurait pu être évité en attendant encore quelques temps avant la sortie.

    Rien de rédhibitoire cependant d’autant plus que le tour par tour permet quelques largesses mais l’agacement peut surgir à la longue surtout lors du rechargement de partie suite à l’horreur d’un combat mal préparé et perdu d’avance. Mais à en écouter les développeurs sur Twitter, ces désagréments pourraient appartenir au passé par des correctifs établis en fonction des retours de joueurs. Autant vous dire que nous croisons sérieusement les doigts.

    Note du test 7.5/10En conclusion :

    Un excellent Tactical et une très bonne production. Mais si Mutant Year Zero : Road to Eden avait emmené sa mécanique d’infiltration plus loin, tout en s’émancipant de quelques statistiques parfois hasardeuses et en adoptant une fluidité plus soignée, la note aurait pu largement être augmentée d’1 point. A ne pas mettre forcément dans les mains des moins patients d’entre nous, Mutant Year Zero : Road to Eden fait partie des jeux dont il est difficile de s’extirper tant pour l’addiction qu’il provoque que pour son challenge corsé. Un très bel essai pour le studio suédois, dont les créations précédentes relevaient de l’obscurantisme, et une aventure solide même si la rejouabilité n’est pas innée. En plus des tentatives d’innovations Mutant Year Zero : Road to Eden séduit par son univers et sa représentation d’un monde dévasté d’une rare justesse. Si le cœur vous dit de passer outre quelques maladresses, le soft a de sérieux atouts pour vous surprendre en cette fin d’année. Et à défaut de mettre XCOM par terre, il représente une parfaite alternative.

    Les plus

    Un univers incroyable
    Des combats endiablés
    Les dialogues acides
    Les doublages inspirés
    Le mutant-design
    L'humour corrosif
    Les victoires gratifiantes

    Les moins

    Freezes et bugs sonores bien présents
    Sous-titres petits
    Mécanisme d'infiltration sympathique mais limitée
    Quelques absurdités des données statistiques

    En résumé


    Mutant Year Zero: Road to Eden par Rating: 7.5 / 10


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