Note du test 5.5/10En conclusion :

Quand un projet sent la naphtaline, notre attente est infime. Cependant, cela est bien plus rude à encaisser lorsque la tentation était de mise. Disintegration entre dans la seconde catégorie et cela fait mal de le dire mais il ne répond pas aux hautes attentes placées en lui. Pourtant, nous sentons qu’il y a une expertise à laquelle se joint l’empirisme dans le processus de création ; en soit, en terme de prise à la manette, aucune faute majeure n’est à signaler. En outre, Disintegration souffre énormément d’un manque flagrant de rythme qui éclabousse la campagne. Et si cette dernière n’est qu’un amuse-gueule pour les parties en ligne, alors le pari est doublement perdu puisque celui-ci ne réunit pas les foules. Autrement dit, nous sentons qu’il y a de bonnes choses à retirer du soft et qu’il n’a pas été conçu sans amour. La maîtrise visuelle et le soin apportés à certains détails en sont les meilleurs témoins ! Néanmoins cela ne suffit pas. Entre stratégie simplifiée à l’extrême, variation douteuse et longueur générale, il paraît incongru de croire que la foule scandera le nom de “Disintegration” comme référence du FPS. A une époque où même la tactique devient innée grâce aux multiples options coopératives devenues affiliées au genre, le soft ne parvient pas à nous faire ressentir la même camaraderie au sein d’une équipe que nous devrions diriger d’une poigne de fer. Pas à enterrer mais à blâmer, il est certain que l'achèvement ne comble pas notre foi. Si en toute honnêteté nous ne pouvons évoquer la sortie de route, l’Eldorado semble bien trop loin. Au point de n’être plus qu’un petit repère sur la carte.

Les plus

Le concept de base
Beau
Les doublages au top
L’optimisation
L’ergonomie
Quelques idées à creuser

Les moins

La stratégie limitée
Lent
Le level-design pauvre
Jamais épique
Répétitif
Le multi en slip

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Disintegration
    Editeur : V1 Interactive
    Développeur : Private Division
    Genre : FPS
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 16 juin 2020
    Trophées : Oui
    Prix de lancement : 49,99€
    Support


    Test Disintegration

    Publié le mardi 30 juin 2020 à 22h26 par NoBloodyKnows
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    Marcus Lehto. Si ce nom vous évoque de doux souvenirs, la hype ne peut que vous happer. Dans le cas contraire, vous serez ravi de savoir que le sieur est un grand nom du jeu vidéo ! Et pas qu’un peu… Halo est une participation créative de son cerveau. De quoi partir confiant pour Disintegration ? Assurément ! Voyez plutôt : un FPS mythique pensé pour la manette et non pour le duo clavier/souris et un succès d’estime fou. Au point d’en devenir l’un des visages de Microsoft. Bungie a bossé son sujet et malgré le passage de témoin pour la série, jamais le studio n’a flanché. Sauf que le Marcus, on ne la lui fait pas ! Un désir de travailler avec une team plus restreinte et le voilà parti sous d’autres cieux pour exprimer sa vision. Ainsi naquit notre sujet du jour, avec toutes les certitudes et interrogations que cela engendre. Quid de l'empirisme du bonhomme ? Quelles contraintes et/ou libertés inhérentes à ce nouveau procédé de développement ? L’ère d’une aube chimérique ? Avouons-le : notre scepticisme se mêle de manière régulière à notre curiosité entre excitation et crainte. La possibilité d’une belle surprise ou au contraire le couac du crash. Néanmoins, les premières annonces furent si encourageantes et l'aventure si bien amenée que nous commencions doucement à nous sentir attirés. De quoi mettre de côté, l’espace d’un instant, le Master Chief pour découvrir une autre escouade arpentant des collines différentes ? Un premier rêve, un second revers, un espoir puis une déconvenue : la recette d’un jeu qui nous a fait passer par beaucoup de stades. Notre coeur compartimenté en pleure encore ! Désormais la donne est claire et le fantasme laisse le trône au réalisme. Quand bien même celui-ci ne répond que trop partiellement à nos envies. Histoire d’une idée valeureuse qui explose en plein vol : Disintegration ou le rendez-vous manqué…

     

    Lehto m’attisait


    Dans la galaxie du FPS, énormément de challengers règnent en maîtres incontestés en se livrant une bataille sans fin. Le reste des factions doivent faire preuve de malice pour exister sans s’exposer à une cacophonie synonyme d’oubli. Un exercice périlleux qui fait appel au talent et à l’imagination ; en outre, Disintegration présente son concept en vous plaçant dans la peau d’un Commandeur de bataillon allant jusqu’à 4 fantassins pour fondre sur le triomphe. Seul, cela ressemble à du suicide maquillé. Un aspect de gestion et de stratégie qui mixe le genre avec une donnée désireuse de s’amouracher du RTS.

    Mais avant toute analyse de l’objet, revenons sur le pitch du titre, alléchant sur le papier. Une humanité aux abois, comme souvent, et la possibilité de transférer son âme dans une enveloppe métallique. Et au milieu de tout cela ? Les mal-intentionnés sanguinaires, la résistance et votre groupe un peu paumé. Vous incarnez Romer Shoal, le leader de la folle compagnie de robots.

    Même si nous vous le narrons avec quelques raccourcis, l’intrigue pose des bases intéressantes avant de s'effondrer par la suite. Voilà qui est dit. Point de germination de la réflexion, point d’interrogations existentielles. Cela renvoie à un ensemble un peu creux en raison notamment d’un casting un peu fauché, en dépit de la magnificence du mecha-design. Si les plans et les mouvements de la caméra font le job, la longueur des cinématiques et la platitude des enjeux ne permettent pas de réellement s’impliquer et encore plus de s’émouvoir.

    La mise en scène frôle de temps à autre la catastrophe et les dialogues sont plutôt génériques. De plus, l’humour ne fait jamais mouche, révélant le poncif pénible du “petit rigolo qui se bat bien”, expert de la drague en bois. Forcément à l’opposé, vous trouverez l’élément féminin objet de la convoitise qui repousse les avances tout en continuant à rester proche du lourdingue (logique) ainsi que le grand costaud qui râle. Au milieu de tous ces joyeux drilles se trouve le perso incarné qui relève aussi du cliché. Et ainsi de suite ! Dommage, surtout lorsque nous nous rendons compte que les doublages sont aussi pertinents que suaves et que l’OST, bien que discrète, ne perturbe en rien les événements.

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    Une situation qui se répète...

    Lehto d’abstention


    En restant limpides, puisqu’il cela est gravé dans notre éthique de gamers, nous avançons néanmoins que le background est un bonus mais en aucun l’argument prioritaire. Cela est vrai et vérifiable. Le gameplay a donc la lourde tâche de porter le poids qualitatif de Disintegration avec les réussites et, à notre grand regret, les tares qui lui collent à l’armure.

    Le didacticiel posera les jalons ; vous y apprendrez à maîtriser les bases de votre gravicycle, la moto sur lequel le fessier de chef du protagoniste principal est posé. L’ensemble répond bien et l’ergonomie de la manette est tout à fait efficiente. Pas de réelle surprise et vous prenez rapidement conscience de l'importance de l’altitude, votre engin pouvant vous envoyer jusqu’à 16 mètres du sol. L’occasion de mieux observer le terrain, effectuer des scans afin de repérer objets et ennemis pour s’octroyer un rôle d’éclaireur. Un boost, imprégné de cooldown, est à votre disposition pour fuir ou foncer mais sachez qu’il sera évocateur de la suite. Partir au carton tout seul, c’est prendre le risque de revenir sur une seule patte !

    Bien vite vous comprendrez que les alliés sous votre commandement sont la clé du succès. Il vous faudra gérer leurs déplacements, car de base ils restent à proximité de vous, et savoir leur imposer la retraite ou la planque derrière un abri. L’utilisation de leurs compétences respectives, également sujettes à des temps de recharge, sera utile. Enfin en théorie. En effet, si le tout s’articule plutôt bien, nous nous rendons vite à l’évidence. Les pouvoirs des équipiers ne sont pas fous et souvent, la grenade qui fait vaciller perfore plus facilement les défenses.

    L’impact stratégique est également très modeste. Oui les ennemis tirent avec précision et vos comparses également. Mais aucun ordre ne peut être donné individuellement ; en ce sens, même si chacun possède une classe, le faible n’hésitera pas à charger avec le tank au risque de voir sa vie fondre comme neige au soleil. Frustrant car finalement, on se retrouve à observer nos troupes faire le travail en les soignant en cas de besoin et...c’est tout.
    Bien sûr, notre intervention est aussi possible ; toutefois la quantité d’opposants est exponentielle et vous en prendrez vite pour votre grade. Car si un de vos potes est au sol trop longtemps après avoir ramassé ou que vous-même soyez mis à défaut, c’est la fin de partie. Par bonheur, chaque point de respawn n’est pas bien loin et le jeu propose 4 niveaux de difficulté qui changent les dégâts ou l’importance de votre commandement.

    Intelligent mais insuffisant.

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    Quelques plans impressionnent !

    Marcus et son orchestre


    Le rythme est assez peu engageant et le level-design demeure bien trop plat. Cela est bien simple : en dépit d’une relative ouverture des arènes, le manque de verticalité fait tâche. Et encore, quand nous parlons d’ouverture, Disintegration nous fait l’affront de faire échouer la mission si vous quittez la zone prévue à cet effet ! Une tactique obsolète en somme…

    De plus, la destruction des décors mise en avant durant les trailers s’avère extrêmement décevante. Oui les murs s’ouvrent et les protections sautent, mais jamais vous ne ferez tomber un bâtiment. Pire : jamais vous n’utiliserez l’environnement pour piéger l’adversaire ! Or rappelons que sur PS2, un certain Black (de Criterion Software) maintenait une plus haute ambition. Cela nous peine vraiment ; en tout état de cause, nous ne pouvons vous le cacher. Le résultat est très répétitif, ennuyeux parfois et aucun souffle épique ne vient égayer les rixes.

    Même si nous retrouvons des unités adverses, volantes ou terrestres, variées, l’ensemble ne prend pas. Disintegration vous pousse à vous retrancher, revenir, tirer et élaborer une stratégie simpliste. Heureusement le rendu des armes est correct, sans qu’il y n'ait de transcendance. Et que dire de cette lenteur ? La vivacité est prise en grippe de nombreuses fois et parvient à nous sortir du contexte. Une embuscade ? Oui et alors ?

    Les combats s’en trouvent allongés inutilement et sans certains pouvoirs mal équilibrés, les PV auront du mal à descendre. De plus, les routines du camp belliqueux sont souvent identiques. A ce titre, seuls les escadrons hors-sol pourront poser quelques soucis grâce à leur capacité surprenante. Niveau objectifs, constat similaire : on avance pour péter des trucs ou shooter toute la smala et basta !

    Cela est trop peu. La pilule passe mieux grâce à quelques décors qui changent du tout au tout et à la délicieuse utilisation de la lumière pour s’émerveiller durant un court laps de temps. Ce n’est pas exactement ce que nous attendions. La chute n’en est que plus rude ! On retiendra toutefois une optimisation qui évite de faire surchauffer la console, preuve que les développeurs ont peaufiné leur soft.

    Cependant Disintegration ne parvient pas, dans son essence, à rejoindre sa vertu formelle.

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    Des décors inspirés.

    Disin La Peste


    Que reste-t-il ? L’aspect RPG qui permet d’upgrader tout ce beau monde afin d’entrevoir de nouvelles possibilités. Cela se fait d’une façon très instinctive et si aucune révolution n’est à proclamer, force est de constater que cela fonctionne. Mais attention ! Il ne s’agit pas de dégommer tout ce qui bouge pour espérer effectuer du level-up.! L’affaire est légèrement plus complexe et offre une dose de panache à un titre qui en manque cruellement.

    En effet, il s’agit de collecter des débris et des puces pour se renforcer. Les premiers déterminent votre jauge d’XP, indispensable pour monter en niveau. Ils se trouvent généralement sur des ennemis abattus mais aussi en explorant et en cherchant des coffres de ressources, repérables grâce à votre fameux scanner. Cela vous demande de regarder autour de vous lors des temps d’accalmie pour ne pas zapper ce que la zone a à offrir. Problème : le monde manque cruellement de vie et l’impression du vide prédomine.

    Pour lesdites puces, celles-ci ont pour fonction d’augmenter les barres affiliées à chaque combattant, augmentant par exemple la vita ou les dégâts engrangés ainsi que les temps de récupération. Tout sera à dispatcher et rien n’est véritablement difficile ou pénible. Pas d’arbre de possibilités à rallonge et mal foutu : ici tout est épuré et parfaitement lisible. Les paliers de level feront juste office de limite dans la progression, histoire d’éviter le cheat.

    Nous ne nous en plaindrons pas ! En revanche, impossible de passer sous silence l’impossibilité de customiser le gravicycle et Disintegration échoue également dans la gestion des équipements, absente. D’ailleurs, lors de vos débuts de mission, ce que porte votre héros principal est imposé ! Pas de choix pour vous d’emmener soit des guns soit un fusil, grenade de soin ou pétoire prévue pour cela… nada. A croire que la campagne est établie pour préparer aux différentes facettes du multi…

    Les développeurs ont pensé toutefois à mettre du piment au plat par le biais de récompenses. Ainsi, avant de partir en mission, tailler une bavette avec quelques personnages vous permet de débloquer des défis. 3 au maximum par niveau, ceux-ci vous imposent des contraintes, comme utiliser x fois telle compétence ou encore éviter de se faire toucher par une attaque spéciale. Cela ravive un peu la flamme et les gains d’expérience poussent au respect de ces dogmes. Une bonne idée qui extirpe Disintegration de la morosité ambiante.
     

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    Un protagoniste classe mais malheureusement sous-utilisé !

     

    Shoal, Shoal, Shoal : choc au “là”


    Il est dommage de constater que le hub mis en place afin de parfaire son équipe soit si classe. Et si vide finalement. La vue passe en TPS et quelques lignes de texte viennent étoffer, vite fait, le lore. De beaux instants de rien vous permettant de souffler un peu en dépit d’une intensité déjà peu impressionnante.

    “Et le multi dans tout ça, vils coquins !” nous diriez-vous plein d’entrain. Paradoxal. S’il dispose de 3 modes relativement classiques, à savoir le contrôle de zone, le collectionneur ou la récupération, ceux-ci sont génériques et leurs noms évocateurs. Mention bien toutefois au second qui exploite finalement le mieux le concept, entre pétarades et recherche de ressources. Rien de bien transcendant mais cela fonctionne.

    Et si nous pouvions avoir peur d’une certaine mollesse évoquée en solo, que nenni ici ! C’est le foutoir, le boxon, un foutu bordel. Et en ce sens, c’est là où le jeu tire le plus son épingle… euh du jeu ? Cela part de partout, l’aspect stratégique ne ressemble plus à grand-chose et on passe plus de temps à vouloir dézinguer le félon humain à moto qu’autre chose ! Cela change de l’IA ; toutefois, pas la peine de crier au génie. Il y a un peu plus de fun et cela s’arrête là.

    Pour ce qui est de la custom, celle-ci sera esthétique et globalement rien à redire : ça pète la classe ! Plusieurs options sont à choisir et il y aura également un effet sur les statistiques, comme la vitesse ou la résistance. Cela permet de varier un peu les plaisirs et nous nous doutons que des mises à jour devraient arriver pour trouver une harmonie parfaite. En admettant que le titre soit suivi !

    De fait, il fut parfois extrêmement difficile de trouver des compagnons en ligne et il aura fallu même faire preuve de persévérance. A de multiples reprises, cela fut le désert de Gobi. Pas d’autres joueurs. Peanuts. D’autres fois, il aura fallu attendre 1 heure (!) pour faire des rencontres, sachant qu’une recherche doit être relancée toutes les 10 minutes.

    On en finit par sélectionner les “parties rapides” sans opter pour le mode qui nous ferait plaisir. Comme à l’image de l’oeuvre : nous prenons ce qui nous vient. Sans être réellement convaincus en dépit du potentiel ludique.

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    Sans eux, la débâcle est assurée !




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