Note du test 8/10En conclusion :

S’il est vrai que le genre a grandement évolué depuis des années, en atteste le récent Hardcore Mecha qui se pose en véritable melting pot brillant, Mega Man ne semble jamais accuser le poids des années. Il est aussi juste de reconnaître que si certains épisodes antérieurs de la série furent condamnés à l’obscurité, nul doute que les arcs Zero et ZX seront en mesure de relancer l’intérêt. En appliquant la recette avec majestuosité tout en ajustant quelques ingrédients pour rendre la sauce bien digeste, cette compilation nous prouve à quel point Capcom a l’arcade dans le sang et combien ses studios sont de véritables générateurs de plaisir. Pas vieillots pour un sou, les jeux se laissent parcourir avec émerveillement et comble du comble: Capcom réussit à réunir tout le monde. Si le nouveau-venu se sentira accueilli par un abaissement salvateur de la difficulté, le puriste y trouvera son compte en performant encore et encore...jusqu’à défier le reste de la communauté avec style et vitesse. Choisissant de contrebalancer la vision des titres en y ajoutant une addition (et addiction!) au speedrun, l’éditeur nous propose une incroyable ressource de gaming où les heures pourraient bien se multiplier, assurant une progression certaine dans la manière d’aborder la remasterisation. Si certaines compilations ont pu nous faire râler de temps à autre en raison de leur fonction opportuniste, Mega Man Zero/ZX Legacy Collection nous prouve qu’avec un concept intelligent et quelques petits bonus, il y a toujours la possibilité de relancer l’intérêt. Et de faire perdurer le récit de ses héros qui, dans nos rétines, se dressent en tant que vieux copains.

Les plus

Le mode Z Chaser!
6 titres pour un prix raisonnable
La progression entre les titres
Les features sympathiques
Un gameplay toujours aussi enchanteur
Une histoire curieusement prenante

Les moins

En anglais seulement pour la série Zero
Gros pixels en plein écran
Un genre qui peut rebuter

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Mega Man Zero/ZX Legacy Collection
    Editeur et Developpeur : Capcom
    Genre : Action | Plates-formes
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 25 février 2020
    Trophées : Oui
    Support


    version éditeur

    Test Mega Man Zero/ZX Legacy Collection

    Publié le lundi 24 février 2020 à 17h00 par NoBloodyKnows
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    Il y a des séries mythiques dont la simple prononciation évoque immédiatement la nature du produit, quand bien même le récepteur ne l’aurait pas effleuré. Si nous vous parlons à titre d’exemple de Saint Seiya: combien d’entre nous sont de fieffés assidus? Et pourtant, il suffit que quelqu’un énonce l’affreuse traduction française en murmurant “en fait, ce sont les Chevaliers du Zodiaque” pour que les images défilent dans l’esprit de chacun, avec une bonne dose de Bernard Minet en prime. Pour ce qui concerne le jeu vidéo, la donne est en tout point identique: si vous évoquez un Mario ou un Sonic, tout le monde aura le code pour visualiser les sujets tant ceux-ci sont devenus une norme de la Pop Culture. Un constat élégant qui se marie avec la licence Mega Man (ou Rockman pour les ultras du Japon), désormais installée dans l’imaginaire collectif. Ce qui est en revanche moins connu est la pluralité des cycles s’étalant sur des périodes bien distinctes en amenant son lot de héros et d’antagonistes aux motivations diverses pour une légende qui s’est curieusement étoffée au fil des épisodes. Après les compilations de ce que nous nommerons “la première génération” et de l’arc scénaristique “X”, il fallait que les visages des récits Zero et ZX sortent à leur tour de l’ombre, histoire de prouver à la concurrence qu’atteindre cette qualité est un tour de force. On se souvient de Mighty No.9, soutenu pourtant par un certain Keiji Inafune, qui en a fait les frais malgré l’attente autour du projet. Ici, point de nouvel opus mais une compilation de 6 jeux prévus à la base sur consoles portables, obstruant leur visibilité auprès d’une certaine partie du public. Cela est désormais de l’histoire ancienne. Avec une réussite incontestable? C’est ce que nous allons découvrir à travers ces lignes. Enfilez vos combinaisons, réglez vos canons et plongez dans le début des années 2000 avec nous!

     

    Wily The Kid


    C’est tout le dilemme de tester une remasterisation puisqu’il faut disséquer le titre en dissociant l’ossature du ou des jeux d’origine et l’intérêt du portage, en prenant en compte sa pertinence et ses ajouts. Et comme nous vous le précisions en introduction, 6 titres sont à compléter, que ce soit en version anglaise et japonaise pour Zero et avec beaucoup plus de choix pour ZX. Pour la déconne, nous avons essayé de nous frotter à Mega Man en allemand et même si nous n’avons rien compris, nous nous sommes dits que l’expérience fut enrichissante!

    Plaisanteries un peu nazes à part, sachez que vous trouverez donc les 4 épisodes sortis sur Game Boy Advance, Mega Man Zero 1 à 4 (oui, oui!) et les 2 productions DS, Mega Man ZX et ZX Advent. Un bon panel pour (re)découvrir des concepts moins popularisés auprès d’une frange de public, non sans être moins efficaces. Car oui effectivement, en se fiant à ce que vous verrez, vous découvrirez (ou retournerez) dans un antre bien différent où la licence a bien évolué, ne se limitant plus au classique action/plateformer en 2D qui a pourtant fait sa réputation.

    Attention, point de précipitation! Nous restons dans le même état d’esprit, où la difficulté ne se fait pas prier pour vous rentrer dedans, sans prévenir parfois! Enfin surtout en ce qui concerne les Boss qui maîtrisent parfaitement l’art de la guerre pour vous pulvériser rapidement. Vraiment classes, ceux-ci disposent de patterns millimétrés ainsi que des points faibles, s’acharner contre une carcasse bien trop solide n’étant en aucun cas la solution. Et si les arènes pourraient tomber dans le piège de la similitude, les éléments qui les composent parviennent à modifier les sensations et siéent au gardien de fin de stage.

    Ce sont d’ailleurs eux qui vous feront hurler parfois tant ils sont vicieux, rapides et costauds pour la plupart. Votre panache sera mis à l’épreuve à l’instar de vos nerfs lorsque vous vous rendrez compte que le checkpoint n’est pas à côté mais c’est aussi ce qui fait le charme de la série, d’autant plus qu’une option est prévue pour adoucir ce constat (nous en reparlerons). Car en se fiant aux niveaux que vous allez affronter, nous nous disons que cela est plus accessible que les versions antérieures de Mega Man. Certes, le tout reste un challenge relevé et certaines associations de mobs font vraiment mal, vous obligeant à apprendre la gestion de vos espaces pour prétendre au triomphe. Néanmoins, comme nous l’évoquions, ce ne sera que du menu fretin en comparaison de ce qui vous attend face aux affrontements de fin de level!

    L’autre changement notable provient de la structure: les épisodes Zero ouvrent la voie, vous octroyant un QG et diverses manières d’appréhender l’aventure tandis que ZX va bien plus loin en appliquant une architecture proche du Metroidvania, sans que cela ne soit totalement le cas au sens strict du terme. Cependant, nous perdons cette sensation de choisir un endroit où se castagner pour mieux relier la progression entre les temps calmes, ceux de narration et ceux où l’action pétarade.

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    Trognon? Difficile oui!

    Patiente, Zero!


    Oui, et cela paraît toujours surprenant pour le jeune explorateur: la mise en scène et le scénario sont de vrais points forts, surtout pour les 3 premiers softs de l’arc Zero. On regrettera amèrement que les anglophobes seront exclus en raison d’une traduction inexistante en français, là où ZX fait cet effort. Rien de bien malheureux toutefois puisque les textes, s’ils sont particulièrement nombreux afin de dévoiler la trame, ne vous demandent pas une connaissance poussée de la langue, juste un bagage suffisant pour ne pas se noyer dans le flot de palabres.

    Cela a pour effet de hacher un peu le rythme car les 6 épisodes sont bavards, très bavards. Si cela ne choque finalement pas trop pour la première trilogie, le 4ème annonce une transition et un changement de ton qui a obtenu moins d’impact sur nous, même si le tout se laisse suivre sans aucun souci. La traduction fera son office et cela vous apportera une aide pour ZX mais la globalité nous semble moins percutante que Zero, où l’héritage de X se fait bien plus sentir.
    En outre, la Direction Artistique de grande qualité reste inattaquable, en dépit de quelques erreurs de couleurs à l’occasion sans que cela ne soit trop récurrent. Cela reste de haute volée...pour des portables. En effet, si vous optez pour le plein écran sur votre télévision, il y a de fortes chances que le pixel vous fatigue rapidement les yeux, en plus d’un honneur quasi-nul pour le travail des concepteurs. Afin de palier à cet écueil, la compilation prévoit les traditionnels changements de taille d’affichage et des filtres bienvenus permettent d’adoucir la note. Forcément, on ne saurait que trop vous orienter vers la taille de type 2 pour Zero et de type 3 pour ZX, le tout en optant pour l’image la plus lisse afin d’optimiser votre expérience.

    En effet, il serait dommage de ne pas profiter d’un design du plus bel effet et d’une variété de méchas en tout genre en raison de vilains pixels un peu cradingues. Surtout que la mise en scène est vraiment inspirée et si les capacités des machines nomades sont bien utilisées, il va sans dire que la claque est bien amoindrie sur nos puissantes PS4, vendeuse de 2D du plus bel effet à de nombreux reprises. Qu’importe car nous sommes face à un remaster et non un remake et que finalement, Capcom ne s’est pas contenté d’un portage tout bête, se doutant que la transition ne serait que bien trop douloureuse.

    Sachant également que le travail artistique sera mis en valeur puisque vous aurez la possibilité de collectionner des illustrations qui en jettent et qui démontrent toute la cohérence de l’univers et sa magnificence. Un bonus de cette compilation qui peut paraître un tantinet gadget mais qui trouve son utilité pour le collectionneur convulsif dont le souhait est de tout retourner dans les moindres recoins. Et comme ce n’est pas le seul ajout, ce ne sont pas vos serviteurs qui viendront s’en plaindre!

    Nous pesterons en revanche contre une OST inégale, notamment pour le 4ème épisode de l’arc Zero, qui cumule pistes entraînantes et celles qui vous désarçonnent ou, pire, qui ne demandent qu’à sortir de votre tête. Pas de sujet concernant le sound-design qui se révèle particulièrement efficace sans engendrer une grande révolution. Cela rend hommage au côté arcade et cela nous suffit amplement!
     

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    La classe de ceux à qui nous avons pris la forme!

    Aïe Robot


    Si au niveau du gameplay, il ne faut pas s’attendre à des changements, c’est parce que ce dernier tenait déjà largement la route à l’époque. Les remises à plat du système ont eu lieu à plusieurs reprises, tout comme certaines stagnations: cela est d’autant plus flagrant lorsque vous enchaînez les jeux à la suite. Si le fond ne change pas vraiment des prémices, nous nous retrouvons avec des features et mécaniques vraiment efficientes qui ajoutent de la profondeur sans lourdeur.

    Ainsi pour la partie Zero, qui nous permettra d’alterner entre tir et càc, la liberté de progression et la contextualisation du QG apporte un vent de fraîcheur que nous pourrions croire sorti du J-RPG même si évidemment, la direction prise n’emprunte pas la voie de la complexité. Vous pourrez en tout cas discuter avec plusieurs PNJ dont certains sont bien utiles, comme celui qui collecte vos données. De plus, vous pourrez équiper des “Cyber Elves”, sortes d’animaux mécaniques prompts à vous allouer des pouvoirs spéciaux comme une hausse de la vita, de la vitesse ou de la baisse de résistance des ennemis. Cela paraît simple et in-game, il est véridique de dire que le système est loin d’être inabordable. A vous d’”élever” vos soutiens pour que ceux-ci progressent et à vous de les utiliser avec intelligence. L’utilisation répétitive des armes les fera progresser également, en augmentant par exemple le nombre de combos disponibles avec ce sabre jouissif et efficace.

    Ces principes connaîtront des évolutions au fil des 4 épisodes mais resteront toujours dans la même optique. Si d’ores et déjà vous appréciez l’univers, nul doute que vous serez l’homme/la femme le (la) plus heureux (-euse) en constatant les possibilités croissantes comme le renvoi de tir, le grappin, l’apparition de mondes parallèles ou encore la quintessence du 4ème opus: le vol d’éléments offensifs qui met inconditionnellement en valeur le choix des armes, entre celles à munitions illimitées et moins puissantes et les mastodontes à usage restreint, le tout à balancer à la volée. Nous évoquerons aussi le sacro-saint dash, disponible dans chaque épisode, qu’il faudra apprendre à maîtriser pour vous extirper de mauvais pas en vous permettant l’esquive de dernière minute, la possibilité de s’accroupir ne nous étant toujours pas allouée...

    Bien sûr, il ne faudra pas au fur et à mesure oublier de pimper son armure via des cuirasses pour obtenir un Mega Man toujours différent, usant aussi selon le titre auquel vous jouez de capacités spéciales de Boss, un procédé bien connu des aficionados! Sans parler de la note de fin de niveau, un dogme “made in Capcom” qui pourrait avoir une certaine importance dans le gameplay… (nous vous laissons évidemment le plaisir de la découverte).

    ZX, en tant que transformation naturelle, fera le choix de virer le symbole du héros iconique pour vous présenter des inconnus destinés à devenir des Mega Men grâce aux différents modèles de Biometal. Et là il y a de quoi pavoiser! Loin d’être une norme cosmétique, vous changerez vos équipements pour modifier vos pouvoirs et vos armures auront des capacités propres vous permettant de voler ou de connaître de fulgurantes accélérations et bon sang! Que cela change la manière d’aborder un stage, tout en prônant l’alchimie métallique.

    Le dernier-né, ZX Advent, ira encore plus loin en faisant découvrir de nouvelles formes, vous faisant incarner des ennemis vaincus pour passer certaines séquences grâce à des compétences singulières inhérentes au passage du piège annoncé, une coutume de la série. Qu’il semble loin le petit bonhomme bleu qui affrontait le Dr Wily!

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    Oui en plein écran, cela pique un peu malheureusement...

    Fous l’métal à Denise


    Evidemment, il nous est impossible de détailler tous les points de chaque jeu, sous peine de créer un article à la longueur indigeste. Cependant, il convient de vous évoquer un peu plus précisément l’intérêt de la compilation. Et...tout simplement, il s’agit de vous offrir des expériences sur une même galette pour un prix raisonnable sachant que celles-ci dépendaient de leurs supports.

    D’une fluidité totale, et nous n’en attendions pas moins, cette collection s’enorgueillit de compléments via des mini-jeux pas forcément indispensables mais qui amènent un vrai plus, en variant du jeu de puzzle, réflexes ou discrétion. Sans compter que pour ceux ayant l’angoisse de surmonter la difficulté, l’épopée est visitable via un mode facile qui en plus d’être moins sévère concernant les dégâts subis amène un nombre de checkpoints plus conséquent et des saves plus souples dans leur utilisation. Une méthode pour découvrir, s’imprégner du genre afin de progresser à son rythme sans se casser les dents à longueur de temps, ce qui aurait pour don d’irriter les moins patients.

    Toutefois, il faut garder à l’esprit que le challenge est une composante de Mega Man et de Capcom en général, origines issues de l’arcade pure oblige. Et si ce remaster ouvre les portes à ceux qui voudraient se lancer, il n’en oublie certainement pas les acharnés du scoring, ceux pour qui l’accumulation des points représente le vrai sens du jeu vidéo.

    En ce sens, et c’est là le principal intérêt de la collection, le mode Z Chaser nous fera rêver pour un long moment! Face à un bot, un ami en local ou face au monde entier, il s’agira de parcourir des niveaux en mode “contre-la-montre”, une façon de palper sa progression et son envie de se surpasser pour aboutir à l’autre forme de gaming actuelle qui passionne les foules: le speedrun. En véritable lettre d’amour à la discipline, ce shoot made in Capcom transforme l’intérêt des jeux qu’il présente en nous permettant de les contempler sous un autre angle et c’est finalement le tour de force demandé, même si le concept est si simple...mais tellement plaisant!

    Enfin, il sera possible de “relier” les jeux entre eux pour obtenir des affrontements supplémentaires et nul doute que chacun connaîtra la tentation de terminer le jeu en mode de difficulté plus élevée, tout en profitant des voix remasterisées ou originales et en désactivant les sauvegardes assistées, histoire de montrer qui est le vrai roi du old-school.

    En attendant que nous finissions notre entraînement, jeunes apprentis que nous sommes.

     

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    Une Direction Artistique qui a bien évolué!

     

     

     




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