Note du test 6/10En conclusion :

Ni innovant, ni irritant, Battle Planet se pose en jeu apéricube, celui que l’on sort entre 2 mastodontes. Ennuyeux pour le gamer isolé, le soft prend une autre dimension si un compagnon vous accompagne. Résolument axé pour ceux qui aiment faire gonfler leurs performances et les fans du 100%, le jeu ne saura mettre tout le monde de concert, souffrant de la comparaison avec des ténors du genre qui ne se sont pas fait prier pour marquer les foules. Une petite sauterie à apprécier avec modération, et qui pose la question du choix de son support. Peut-être que le train ou le métro auraient été de meilleurs environnements pour le découpage de l’expérience. On ne saurait répondre avec exactitude mais nous imaginons la possibilité. Preuve que le potentiel ne se cache pas.

Les plus

Nerveux
Pas désagréable en coop’
Pensé pour le scoring
Montée en puissance sympathique

Les moins

Répétitif
Sound-design à revoir
Pas toujours lisible
Une DA en berne

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Battle Planet
    Editeur : Wild River
    Développeur : THREAKS
    Genre : Action | Tir
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 17 octobre 2019
    Trophées : Oui
    Support


    version éditeur

    Test Battle Planet

    Publié le mardi 15 octobre 2019 à 20h39 par NoBloodyKnows
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    L’avantage lorsqu’on flirte avec vous, lecteurs au regard perçant, c’est que nous devons redoubler de précision pour éviter de bêler des âneries. Ainsi, comprendre le genre que nous présentons est primordial et aujourd’hui, nous opposons méticuleusement Rogue-like et Rogue-lite. La première catégorie nous vient tout droit du début des 80’s, basé sur le jeu Rogue (avouez, cela rend baba!). Les niveaux sont générés aléatoirement, la mort est permanente et l’exploration se fait au tour par tour. La seconde est juste une descendance naturelle qui peut revêtir la forme de plateformer, stratégie ou action tout en gardant la particularité procédurale et en optant pour un game-over non définitif où vous conserverez au moins une partie de vos acquis en revenant sur un run. Pourquoi ces précisions? Notre test du jour est un top-down-shooter-rogue-lite (ouf!). Une vue isométrique, des ennemis à pulvériser à grands coups de pétoires et des parties qui ne se ressemblent pas en raison de la conception suivant des algorithmes variés, pour faire “simple”. Un programme ambitieux et curieux mais, vous le savez, seule la grandeur des sensations fait office de dogme.

     

    Marque à mille


    S’il fallait se frotter aux rouages de la comparaison, alors il conviendrait de dire que Battle Planet est un mélange entre Dead Nation, Resogun et Rogue Legacy. Vous vous déplacez avec le stick gauche, vous shootez avec le droit, vous effectuez un dash et vous sortez un coup spécial, avec la nécessité de remplir une jauge particulière pour ces 2 dernières modalités. Rien de nouveau sous le soleil de l’espace, le cadre du jeu, mais quelques subtilités répondent à l’appel en démontrant leur utilité: murs pour se prémunir des tirs adverses, crevasses de lave qui réduisent aussi votre vie et zones de saut, bien pratiques pour s’extirper des voies sans issue dans lesquelles vous vous retrouverez coincés.

    Dans les faits cela fonctionne et la promesse de nervosité est relativement bien tenue. C’est speed, les ennemis déboulent de partout (que ce soit au càc ou à distance) quitte à vouloir vous faire exploser des trucs en pleine poire, précédés d’un indice visuel pour vous permettre de vous extirper à temps. Et en mode circulaire qu’il présente, vous ferez le tour de la surface de la planète générée “au pif” avec toutes les caractéristiques que cela implique puisque dans le jeu, à l’instar d’un mouvement perpétuel, la rotation est infinie. Cela vous permet de vous déplacer sous plusieurs angles et en dépit d’un flagrant manque de visibilité lorsque beaucoup de troupes vous assaillent, les pièges et restrictions tiennent la barre. Dommage qu’en solo, la taille des mondes est bien trop réduite. C’est facile: près de 50% de l’écran ne sert à rien…

    Belle trouvaille du soft, les niveaux sont découpés en plusieurs phases. Et dans certaines d’entre elles, il s’agira de désamorcer les bombes qui explosent et réduisent l’espace de terrain de jeu tout en abaissant votre note (la “prime”) de fin d’étape car oui, Battle Planet est pensé pour le scoring. Dommage que, et c’est le vrai gros couac de la création, cette dernière opte pour une structure bipolaire: la génération procédurale permet en effet de bigarrer le level-design mais pourquoi diable les objectifs se ressemblent autant? On rend inoffensives les charges, on survit face à des vagues d’ennemis en surnombre, on extermine pour aller jusqu’au boss synonyme de dernier arrêt du chemin et dont la diversité tranche avec le reste.

    Par bonheur, beaucoup de qualités sont suffisamment costaudes, sans quoi le qualificatif de “jeu pour téléphone portable” aurait été mentionné…

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    Un exemple-type de situation du jeu.

    Termine à tort


    Car des griefs, il y en a . Malgré un univers coloré et une fluidité sans fausse note, le chara-design reste moyen. Pas catastrophique mais sans véritable génie ni joyau, l’ensemble graphique déçoit un peu et propose un filtre rosâtre so “eighties”, cliché de surcroît. Si cela tenait de la parodie, à l’instar d’un Far Cry Blood Dragon résolument crétin et réussi, nous n’aurions rien dit. Sauf qu’ici, tout est trop criard jusqu’à oser la saturation, du vert pétant au rouge vif qui dégouline.

    Même le sound-design nous joue des tours: la musique n’est pas cradingue, elle est juste en boucle. En revanche si le doublage surjoué s’adapte au genre, entendre les râles de son avatar qui en prend une devient vite lassant, jusqu’à taper sur le système. Heureusement, l’option est désactivable et on vous le conseille franchement car le dosage est excessif comme un piment bien trop fort, prévu pour celui dont le goût est dégoté par l’ego.

    Point de vue scénario, même constat: il n’y en a pas. Enfin pas vraiment. Vous incarnez un bandit prisonnier d’un vaisseau qui subit le crash des familles. La galaxie vous recherche, les bestioles locales veulent vous bouffer et vous êtes à la poursuite...de votre survie. Bon d’accord, finalement cela ne dessert pas le genre mais au regard de toutes les sorties plus ou moins récentes, nous sommes en droit d’attendre mieux. Binding of Isaac ne s'encombre pas d’une grosse narration, cependant chaque run est une pièce s’ajoutant au puzzle.

    Dans les cordes, Battle Planet trouve son salut dans la coop’ locale. Un écran splitté, paradoxalement plus lisible qu’en solitaire, et il est temps pour le duo de joueurs d’imposer les règles en gérant l’aggro et en se couvrant mutuellement. L’intérêt est décuplé et le risque nouveau, entre choisir qui ramassera la potion de soin qui apparaît après anéantissement des antagonistes ou qui se frotte à ce foutu trash-mob...sachant que relever son camarade tombé au combat présente aussi le risque de sombrer dans le néant à son tour. La dimension stratégique est totalement revue.

    Pas de débat: à 2, c’est vraiment mieux!

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    Une certaine vision de l'exotisme!

    Gangster mythe


    Enfin, c’est cette touche RPG qui maintient une vivacité de l’intérêt. L’argent que vous ramassez au fil du temps vous permettra maintes améliorations concernant votre barre de PV, votre arme, votre jetpack ou encore votre vitesse de rechargement. Idem, il y a une sensation de déjà-vu mais up un personnage prendra un certain temps, sachant que le premier sera suivi de 2 autres déblocables, l’équivalent de classe à choisir en somme. Et si chaque protagoniste progresse selon votre utilisation, il va sans dire que certains passages passeront mieux avec une puissance de feu accrue là où une résistance développée sera votre lueur d’espoir.

    La difficulté est donc bien dosée et même si vous mordez la poussière de manière régulière, ces moments doivent être considérés comme des apprentissages. Sachez-le: si vous trépassez, vous reprenez au tout début. Mais comme vous conservez votre XP, vous reviendrez avec un hors-la-loi plus affuté, en admettant que vous ayez considéré la faiblesse ayant entraîné sa chute. C’est comme cela que vous passez un gap l’un après l’autre, jusqu’à atteindre le bout une première fois avant de vriller vers la collectionnite qui vous poussera à atteindre la complétion sans faille.

    Des avantages temporaires seront aussi à votre disposition en fonction de votre progression, vous permettant de définir votre manière de procéder. Entre des flingues plus meurtriers ou une exécution plus véloce de déminage, à vous de trancher. Sachant que cela peut vous sortir de situations préoccupantes surtout quand il s’agit de tenir une zone difficile tout en étant encerclé de combattants hostiles dont l’IA refuse de vous lâcher les basques!

    Les armes éphémères seront autant d’odes salutaires, comme ce bon vieux pompe qui déblaie la route. A vous de gérer la portée, ce qui s’avère difficile dans la panique parfois bordélique des mêlées. Cependant n’arrêtez jamais de canarder car le mutisme de vos carabines peuvent vite vous attirer vers le silence.

    Nous attendrons également un peu pour observer les classements des autres gamers, cette fonction n’étant pas encore disponible au moment de nos essais. Une chose est en outre certaine: cet appel aux confins de l’arcade risque de trouver des aficionados.

    Et des frimeurs faiseurs de scores.

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    Des planètes différentes pour des séquences qui se ressemblent.

     

     




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