Note du test 5/10En conclusion :

Nous en ressortons plus frustrés que déçus. L’affiche était alléchante mais le combat n’a pas vraiment eu lieu. Plombé par une accumulation de soucis qui prennent parfois le pas sur les qualités, Monkey King: Hero is Back manque sa cible, incapable de l’identifier. Nous sommes loin de l’infamie toutefois mais force est de constater que les espoirs ont pris un sacré coup dans le caisson. Agréable au commencement, lassant sur le long terme, Monkey King se déguste à petite dose si vous souhaitez apprécier le soft. Ni mauvais ni exceptionnel, la création ne tutoie aucun de ces 2 extrêmes. Paradoxal sans être bipolaire, l’oeuvre pourrait cependant servir de support à de futures productions, plus abouties. Et quelque chose nous dit que, tapie dans l’ombre, une dynastie n’attend que ça.

Les plus

Accessible
Coloré
Certaines animations réussies
Quelques sensations funs

Les moins

Vieillot dans ses mécaniques
Bestiaire rachitique
Profondeur mal exploitée
Doublages en vrac
Étranglez ce gosse!

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Monkey King : Hero is Back
    Editeur : THQ Nordic
    Genre : Action | Aventure
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 17 octobre 2019
    Trophées : Oui
    Prix de lancement : 39,99 €
    Support


    version éditeur

    Test Monkey King : Hero is Back

    Publié le mardi 22 octobre 2019 à 11h41 par NoBloodyKnows
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    Entre le 7ème art et le jeu vidéo on le sait bien: c’est l’amour vache. On ne parlera pas par politesse des adaptations sur grand écran de mastodontes vidéoludiques, histoire de ne pas se fâcher même si dans l’autre sens, le constat est moins amer en dépit de grotesques loupés. C’est dans ce contexte que débarque Monkey King: Hero is back, tiré du film d’animation chinois de 2015. Oui 4 piges. Si vous tremblez, c’est que vous vous sentez encore traumatisés par l’adaptation de Fight Club sur la deuxième console de Sony, publiée bien après la sortie du cultissime joyau de l’ami Fincher. Un vrai désastre! Ici, cela s’annonce sous de meilleurs auspices et les trailers nous ont promis un chouette spectacle. Bandeau sur le front, shurikens aiguisés et clichés apparents, faufilons nous dans les espaces de notre sujet du jour. Gardons le silence! Il nous semble avoir détecté quelque chose...

     

    C’est parti Monkey King!


    Un nuage, un bâton, un singe? Si cela vous dit quelque chose, c’est que vous fûtes bercés par une série popularisée dans notre beau pays par un club bien sympathique. Ah, La Pérégrination vers l’Ouest! Peu de monde peut se targuer de l’avoir lu mais de nombreuses itérations furent proposées au fil du temps. Et subjectivement, nous restons ultra-fans de la vision de Ninja Theory émise dans Enslaved. Contestable? Oui. Mais très défendable.

    Soyons honnêtes: si nous sommes bien loin du ruissellement de contrastes et de la saveur des couleurs de la production cinématographique, la charte graphique de Monkey King est agréable au premier coup d’oeil. Ce n’est pas non plus le grand soir, cependant les filtres sont réussis et quelques effets de lumière sont très flatteurs pour nos rétines. D’accord, certaines textures sont un peu floues et nos PS4 sont capables de bien mieux mais le chara-design, fidèle à l’oeuvre originale, est cohérent tandis que les animations sont élégantes. Certaines se permettent le luxe de “dépoter comme pas possible”.

    Et heureusement finalement car les downloads sont très fréquents et pénibles. On se retrouve des années en arrière sachant que certaines zones sont très petites et à l’heure de l’open-world, ça la fout mal. Nous concevons parfaitement que le budget n’est pas comparable mais bon sang! Même sur Pro, que les temps de chargement sont poussifs! Certes l’anim’ présentée durant l’attente est rigolote et mignonne sauf qu’au bout de la 15ème fois, on en a peut-être un peu marre.

    Côté sound-design, la pilule passe beaucoup moins. C’est sans appel: ça coince. D’une part, l’OST se plante sur toute la ligne. Si les premières compositions laissent une agréable sensation, l’ensemble se résume vite à des musiques dont la boucle est bien trop courte, planifiant un sentiment mutant de la lassitude à l’agacement au point de baisser le volume.

    Ce n’est rien à côté des doublages! Si le choix multiple de langues (dont celle de Molière) est un atout de taille, que le ciel vous protège pour que vous ne deveniez pas tous fous. Entre l’enfant qui hurle “mooooooooonstres” à chaque rencontre et le cochon qui se met à couiner à son tour, votre seul salut sera la voix du personnage principal, correcte. Un conseil: si vous souhaitez diminuer cet écueil, optez pour le mandarin dont les extrêmes paraissent plus doux.

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    Un finish rigolo et bien foutu. Répétitif cependant...

    J’en ai macaque!


    Quid de la mise en scène? Sachez que si vous ne connaissez pas le métrage, cela a peu d’importance. Ne suivant pas le film à la trace, la direction artistique reste fidèle avec un bestiaire aussi réussi que limité et nous suivons la montée en puissance du roi déchu. Enfin sur le papier du moins car entre les ellipses, les images fixes, les saynètes qui polluent le rythme du jeu et les dialogues creux, rien ne parvient à nous intéresser tant la narration est mollassonne et peu inspirée.

    On finira même par se désintéresser totalement des enjeux d’une histoire qui ne décolle jamais, en dépit d’un humour qui finit lui aussi par s’oxyder. De plus, le reproche fait à l’oeuvre sur écran large prend ici tout son sens. Pris entre 2 feux, le jeu ne tranche pas vraiment dans le vif: trop simpliste pour les vétérans, complexe pour les p’tits bouchons.

    S’il fallait résumer la structure, retournons 2 générations en arrière pour retrouver les délices de l’action/aventures sur nos PS2. Et si à l’époque Beyond Good and Evil ou encore Jak and Daxter nous avaient régalés, le loisir a changé en faisant évoluer ses propres codes. En revanche, la linéarité ne nous a posé aucun problème, avec quelques petits chemins annexes à découvrir pour s’octroyer des bonus. Néanmoins l’absence de mini-map nous oblige à toucher maintes fois le pavé tactile pour se repérer: fastidieux. L’enchantement de l’arrière-plan s’estompera également lorsque, pour la énième fois, vous ferez face à un mur invisible, pestant aussi contre un manque de verticalité flagrant. Un comble pour un singe, non?

    Pourtant les aires de jeux, bien que balisées, sont suffisamment spacieuses et le décor varié pour tromper l’ennui. Le problème vient du fait que peu d’interactions sont prévues, si ce n’est celles commandées par le script. Concernant la caméra, celle-ci s’avère bien pensée et réactive, malgré la chute occasionnelle de quelques frames lorsqu’on la tourne et une perdition dans les milieux confinés. Nous ne blâmons personne tant le souci est inhérent au genre, et nous saluons une fluidité globale et une stabilité qui font plaisir à voir.

    C’est aussi important car Mesdames et Messieurs, il est l’heure de parler de gameplay.
     

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    Un boss assez facile mais qui renouvelle un peu l'expérience!

    Bane a nié


    Un système de jeu simple, permettant de varier entre coups forts et faibles, esquives et contres ravageurs. Et cela fonctionne plutôt bien, surtout au début. Car après avoir enchaîné les mêmes bestioles et les mêmes boss durant la petite dizaine d’heures qui vous ouvrent les bras, vous commencerez à percevoir quelques défauts pris en flagrant délit. D’une part, la précision est à revoir tellement certaines hitboxes sont approximatives, surtout lors des contres. Si les animations d’un finish ont de quoi rendre fiers les concepteurs, on se demande bien parfois comment elles peuvent sortir en raison de la distance qui rendait le malotru à bastonner hors de portée. Il faudra aussi gérer le timing pour frapper juste avant l’adversaire et ainsi déclencher une praline salutaire (ou un face-à-face faisant l’objet d’un ralenti et d’un plan rapproché proposant la part belle aux QTE) qui le séchera certainement, en prenant en compte que la fenêtre reste assez large! Encore faut-il que l’IA soit motivée pour tenter de vous en claquer une tellement celle-ci fait parfois preuve de passivité, se contentant de vous tourner autour...

    Les trash-mobs et autres boss sont plus agressifs et c’est avec soulagement que nous constatons que leurs patterns, quoique prévisibles, sont bien pensés et nécessitent une technique particulière pour ne pas trop en encaisser. C’est un fait: si le jeu n’est pas bien dur, sans doute pour ne pas faire fuir les plus jeunes, la barre de vie pourrait fondre comme neige au soleil si vous êtes trop peu attentionnés sachant que les belligérants peuvent se montrer résistants. Mieux, certaines parties de leur corps sont insensibles et il sera parfois obligatoire de leur passer dans le dos pour les atteindre. Un bon point donc. Toutefois, un lock aurait été agréable pour éviter les patates dans le vent mais cela relève du détail.

    Certaines armes éphémères apporteront un plus pour varier les plaisirs, comme les bancs de feu, les bâtons ou encore la bonne vieille caillasse à balancer dans la poire avec une visée maniable en dépit de quelques sautes d’humeur. Il sera tout de même légitime de pester contre un aspect un peu balourd amenant à une latence entre l’appui et la réalisation d’un mouvement, une séquence commencée ne pouvant être annulée.

    Accessible sans faire preuve de réelle profondeur, Monkey King assume en outre son credo pour les échanges de tartasses. Mais pour la partie RPG, le temps se gâte…
     

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    Des animations qui valent parfois franchement le coup d’œil!

    Kong de mimes!


    Classique, le système d’évolution est relativement mal amené. Dans les faits, il vous suffit de ramasser des orbes de feu lorsque chaque ennemi est vaincu (les vertes servant au soin immédiat) et vous les échangez contre une amélioration de vos pouvoirs. Problème: si ceux-ci sont classieux, ils sont plus que dispensables. Tellement secondaires que voir votre jauge de magie à sec ne vous inquiétera pas. Ils sont disponibles, upgradables et font le café pour écourter les commodités mais...c’est tout! Pour les maximiser, il faudra revisiter les lieux déjà parcourus, le jeu vous proposant cette option au bout d’un moment. En admettant avoir la motivation et vraiment l’intention de le faire car aucun stage ne nous aura laissé un souvenir impérissable. Parce que oui, si certains aspects des combats suintent de coolitude, les phases de plateformes par exemple nous ont laissé de marbre…

    L’autre méthode pour se renforcer, plus compliquée et intéressante, consiste à repérer des petits vieux cachés un peu partout, répondant au nom de “dieux”, et de les libérer pour enfin accroître son attaque, sa résistance ou la puissance des ses sorts. Rien de bien transcendant mais cela reste plus efficient que l’arbre des attaques spéciales peu accueillant, et pléthorique. Et puis franchement, qui a envie en 2019 de sortir une grosse baffe en passant par un bouton qui met l’action en pause? L’usage de la croix directionnelle aurait été salutaire. Idem pour les objets, curatifs ou offensifs; nous sommes obligés de passer par un menu pas mal foutu mais beaucoup trop obligatoire.

    Là où tout part en cacahuète (cacahuète...singe...m’voyez?!), c’est quand le jeu vous pond de nombreux textes que l’on collectionne et dont certains comportent des astuces, qu’on finit par ne plus lire en raison de la lourdeur du procédé. Même chose pour les matériaux à échanger auprès de la marchande pour obtenir divers remèdes ou autres: il y en a beaucoup trop pour qu’on se penche idéalement sur la mécanique, à l’instar de l’obligation d’exécuter un quick time event contre les gros monstres pour en soutirer une amulette, vecteur de carnage. Ce n’est pas compliqué: tout cela, on s’en passe très bien. Tout comme ces PNJ qui vous suivent, vous gênent parfois et qui ne servent à rien, à part vous regarder en pleine bagarre et brailler comme des ânes.

    La recette était bonne dans le grimoire, mais la soupe trop épaisse et le pain trop sec.

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    Lorsqu'on a entendu sa voix, on se dit que le sauvetage était peut-être une mauvaise idée!

     

     

     




    Test Monkey King : Hero is Back - 8 minutes de lecture