Note du test 5/10En conclusion :

Vous le savez : nous détestons mettre au pilori les petites productions pleines de bonnes intentions. Malgré notre bienveillance, impossible de passer à côté des défauts de 1971 Project Helios qui combine trouvailles et ratages liés à un manque de complexité. Parce qu’à vouloir démystifier l’approche Tactical pour la rendre accessible, le jeu perd en profondeur et se retrouve à réitérer les mêmes choses durant son récit. Pas franchement engageant également pour son scénario et sa mise en scène, le soft ne brille pas non plus par la possibilité d’évolution de ses personnages. Si certains exploits sauvent les meubles, comme la retranscription de l’ambiance particulièrement habile et un sound-design de feu, d’autres tâches assombrissent le tableau. Entre exploration quasi-vaine, préparation tactique des affrontements absente ou dévaluation de ses mécaniques, 1971 Project Helios peine. Loin derrière les classiques, le titre ne parvient pas à équilibrer ses idées, prisonnier de ses propres choix. Sans être une catastrophe industrielle, cette vision du Tactical aura bien du mal à convaincre les amateurs ; de plus, les néophytes se pencheront aisément vers d’autres produits plus complets et finalement tout aussi accessibles. Reste une Direction Artistique qui brille de 1000 feux tout en nous laissant dans les griffes du paradoxe. Oui, cela aurait pu être une réussite et un défi face aux poids lourds du milieu. Oui, les regrets sont immenses. Oui, l’essai n’est pas transformé. En attendant la revanche ?

Les plus

L’atmosphère
Les différentes classes
L'esthétisme des personnages
L’ergonomie à la manette
La bande-son lors de l’exploration

Les moins

La bande-son lors des combats
L’approche de l’adversaire inexistante
L’exploration limitée
Des choix contestables et contraignants
La narration

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    1971 Project Helios
    Editeur : Meridiem
    Genre : Stratégie
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 09 juin 2020
    Trophées : Oui
    Support


    Test 1971 Project Helios

    Publié le mardi 23 juin 2020 à 20h01 par NoBloodyKnows
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    Si la dystopie doit se fondre dans un genre qui lui sied parfaitement, c’est bien le Tactical. Souvent pour le meilleur avec une teinte d’imagination rafraîchissante lorsqu’on évoque les mondes représentés. Des codes puissants, une identité souvent affiliée au post-apo ; même si la surprise est rarement la norme, notre esquisse de sourire en dit long sur la satisfaction que nous en retirons. 1971 Project Helios a donc la lourde tâche de s’imposer dans la famille constituée de fortes têtes. Conçu par les petites mains du studio Reco Technology, le jeu entre à son tour dans la cour des grands. Un pari forcément risqué tant les assises sont ancrées. Qu’importe finalement ! En bon jeu de niche, il s’agit avant tout de s’approprier le piquant de la catégorie pour contenter l’exigeant joueur. Car oui, vous l’aurez compris : une nouvelle fois, la création n’est pas destinée à tout le monde en dépit d’une ouverture qui, nous le verrons, est susceptible d’intéresser les plus réfractaires. Avec une patte graphique qu’on jurerait sortie de Frostpunk, autre mouvance testée précédemment sur notre site, l’oeuvre est-elle en mesure de bonifier son cachet ? La première impression est-elle la bonne ? Comme en amour, c’est sur la durée que se dévoile la vérité inhérente au sujet. Ce n’est donc pas anodin si plusieurs runs furent tentés pour percevoir ne serait-ce que le petit détail incompris. Entre autres ! Ainsi, rendons notre folie presque estivale pour nous plonger dans les abysses de l’hiver. Un soleil absent, un danger permanent et la nécessité de survivre au sein d’une société qui a changé… le frisson vous traverse ? Alors Mesdames et Messieurs, la chasse est ouverte !

     

    L’Helios du village


    On ne pourra pas vous donner tort si vous nous faîtes remarquer que la neige, c’est un peu le coup classique pour nous représenter un monde qui a quasiment perdu la vie. Contrer cet argument est en effet bien impossible. Cependant, il faut reconnaître à 1971 Project Helios sa capacité d’imposer immédiatement les jalons de son ambiance. La technique, pas forcément folle, reste correcte et retranscrit à merveille la voie qu’elle choisit d’emprunter. Le sound-design y est pour beaucoup également, tout comme les pistes atmosphériques de l’OST. Celles-ci sont brillantes et bénéficient d’un travail d’orfèvre de Xabi San Martín, membre du groupe La Oreja de Van Gogh. Le bât blesse en revanche lors des affrontements où l'électro soudain dessert quelque peu l’action. Ce n’est ni un vacarme ni une cacophonie honteuse, juste des essais peu adaptés au genre.

    En soit, la Direction Artistique est réussie comme en témoigne ce chara-design magnifique. Les portraits à l’aspect “peinture” rendent honneur aux personnages, bien plus que leurs lignes de dialogues, non doublées. L’écriture est parfois peu inspirée et le scénario confus. Néanmoins, il n’est pas désagréable à suivre mais Thebes, Nova ou les factions en lutte, 1971 Project Helios ne les présente pas. Ou si peu. Nous avons bien l’impression que le lore n’est pas creux mais la narration foire le tout. Ainsi, la désagréable sensation d’être face à des éléments bien installés et en outre à peine effleurés déçoit. Il est assez difficile de s’attacher à un personnage précis, si ce n’est par le charisme visuel qu’il dégage.

    Cependant, ne soyons pas non plus obtus ! Il y a tout de même des enjeux, des luttes de pouvoir et du banditisme. Rechercher un colis humain (ah, Margaret Blythe !) assure tout de suite la tonalité du titre ; encore faut-il éviter ellipses et mise en scène hâtive. Quelques documents disséminés un peu partout au sein des 9 niveaux seront là pour approfondir le tout. Mais là aussi l’équilibre n’est pas assuré : certains récits sont des tartines de texte qui dépareillent avec l’expédition des dialogues.

    Aucun doute n’est permis : ce ne seront pas les objectifs qui inciteront à progresser ! C’est plutôt dommage, car les ingrédients étaient là pour nous enchanter. Un scénario égal à l’environnement ? Cela aurait eu de la tronche. Sachez toutefois que l’histoire pourra prendre plusieurs embranchements selon les choix du joueur mais nous n’en dirons pas plus. Au moins, cette idée permet de s’impliquer un minimum !

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    Une atmosphère de suite prenante !

    Une belle grosse Thebes


    1971 Project Helios est, dans la veine de Wasteland, X-COM ou encore Mutant Year Zero, un Tactical au tour par tour. Comprendre par là que vous passerez in-game par 2 phases : l’exploration et le combat. Premier hic, et de taille : qu’importe votre approche, vos personnages seront placés automatiquement au sein de l’arène. Alors oui, le joueur sera toujours celui qui dégaine le premier mais le choix est plus que contestable. D’une, cela simplifie beaucoup trop les mécanismes du genre qui demeurent essentiels. De deux, cela rend les expéditions moins haletantes. Si nous comprenons parfaitement que les développeurs ont voulu retranscrire l’impression d’être perpétuellement pris en embuscade, l’écran de fumée ne fait que trop peu illusion.

    Pire : cela vous empêche d’élaborer une quelconque stratégie d’approche furtive, histoire d’avoir l’avantage de shooter plusieurs vilains avant de s’en prendre au reste de la bande. De plus, cela augmentera vos capacités à sortir le traditionnel “mais qu’est-ce qu’il fout là ce con?!”. Si ce choix est assumé, il plombe quelque peu le rythme qui voit les fights se suivre et pour notre grand malheur, se ressembler.

    Car oui, l’accessibilité bienvenue laisse place nette à une simplification extrême de ce qui fait la renommée du style. Point de position accroupie, point de prise en charge de la visibilité et point de verticalité. Le level-design est insuffisant, plat et les perspectives sont trompeuses. Il est déjà impossible de zoomer : vous vous contenterez de tourner la caméra sans que ce soit complètement libre. Ainsi, ce manque de visibilité est entaché par des incompréhensions, comme des balles qui passent par miracle au travers de ce que vous pensiez être une protection. Rageant.

    En ressort une répétitivité agaçante même si, heureusement, le jeu se plaît à amener doucement l’ensemble de ses subtilités. Et des bonnes idées, il y en a, tout comme des poncifs. Seulement, cela est parfois trop exigu. Ainsi, vous n’aurez que 3 possibilités dans le pourcentage de réussite de vos rafales. Hors d’attente et/ou protégé, 50% ou 100%. Aucune autre nuance, et encore moins de possibilités de dégommer un membre en particulier, histoire de ralentir le félon par exemple. Une nouvelle fois, cela est frustrant car les zones de protection sont relativement claires visuellement.

    Mince alors !

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    Pas de grosses difficultés sur cette action.

    Blythe Eastwood


    Pour résumer les possibilités de gameplay, chaque personnage possède des jauges d’action. Elles sont au nombre de 2, boost excepté, et vous pouvez tirer, vous déplacer, mettre en joue un adversaire pour l’intercepter lors de son tour ou utiliser les compétences spéciales de vos guerriers. 4 sur le terrain pour un choix de 8 au total, à définir au hub en début de mission sauf quand certains sont imposés. Un casting relativement varié dans les classes, en dépit de quelques doublons, qui permet d’étoffer sa palette. Du grenadier au sniper en passant par le tank, tout est réuni pour avoir une team bien homogène et efficace.

    Chacun dispose de ses forces et faiblesses, comme le déplacement (sur un damier) plus ou moins long ou une meilleure portée par exemple. En ce sens, les barres de vie et de résistance sont limpides et concernant les munitions, vous n’aurez pas à vous en soucier car elles sont illimitées ! Une contrainte en moins finalement qui a du mal à justifier le fait qu’aucun équipement ou consommables ne se trouvent à disposition.

    La variété de la team atténue cet écueil, d’autant que chacun dispose de compétences propres, tout comme les opposants. Mais une nouvelle fois, le parti-pris est contestable. Alors que l’arbre prévu pour débloquer des particularités, grâce notamment à la découverte d’objets durant l’exploration, est efficace et oblige à se forger un build particulier, il reste trop restreint dans son utilisation. Quoi de plus pénible de constater que son personnage est pétri de talents qu’il ne peut utiliser ensemble ? Certains restent inactifs car oui en combat, vous n’avez pas accès à tout.

    L’autre erreur provient du fait que finalement, vous n’êtes pas amené à tout utiliser. Ainsi, si la posture d’attente permet de shooter gratuitement le premier qui bouge, cela ne se produira que trop rarement. L’IA reste souvent planquée et s’amuse à vous canarder, vous laissant la plupart du temps le soin de bouger pour que cela avance. Une véritable tare qui n’incite pas à s’investir totalement dans ce que le titre a à vous offrir.

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    Un arbre de compétences sobre mais pragmatique.

    Mister Nova Nova


    Et quelle peine pour nous, tant nous éprouvons de la tendresse pour les productions de cet acabit. Cependant, cela ne peut flouter notre jugement : il y a trop de choses qui ne fonctionnent pas. Si un, et un seul, de vos personnages mord la poussière, c’est la fin. La défaite. Le game-over. Par chance, 1971 Project Helios permet le respawn rapide et à proximité de la zone de votre trépas. De fait, vous recommencez souvent car l’IA s’acharne bien souvent sur le même membre de votre groupe. Et souvent le plus faible ! Pas d’impression d’un vrai échange d’amabilités à coups de pétoires ; juste une protection et une fuite de celui qui pourrait claquer. Avec des zones si petites, cela n’est pas forcément le plus efficient...

    Heureusement la mécanique du Fulgor, une ressource quantifiable trouvable sur la carte, permet de réanimer le collègue au sol. De plus, cela vous autorise aussi à diminuer les temps de recharge de certaines compétences et à vous préserver des morsures du froid, la meilleure trouvaille du jeu. Vous serez donc plus ou moins exposé au frisquet selon le lieu et selon l’intensité de celui-ci, votre vie en pâtira de plus en plus. Cela est valable aussi pour les opposants sauf pour ceux qui, comme certains protagonistes de votre équipe, sont immunisés. Cela redimensionne les affrontements ! Malgré cette foutue vie qui remonte toute seule dès la fin des joutes...

    Et cela peut vite mal tourner ! Par bonheur, les pourcentages précédemment évoqués semblent relativement justes. Cependant, attendez-vous à une difficulté pas toujours bien dosée qui connaît des pics incompréhensibles. Rien d’infaisable ; en outre cela ne pousse pas à la progression, d’autant qu’aucun “pur” level-up n’est disponible, ni au campement ni ailleurs.
    Cela est particulièrement regrettable au sens où l’ergonomie à la manette et le mapping des touches sont incontestablement un point fort ! Le temps d’adaptation est rapide et à force, tout est intégré et automatisé. En revanche, le jeu a subi plusieurs crashs sur notre PS4 Pro ainsi que des scripts qui “oublient” de se déclencher. Si quelques mises à jour ont été déployées, nous espérons sincèrement que ces tuiles seront totalement réparées.

    Tout n’est pas à jeter, loin de là, mais il est délicat de se replonger dans un titre qui, à force de vouloir trop bien faire et de vouloir trop faciliter sa forme, se retrouve amputé.

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    Test 1971 Project Helios - 8 minutes de lecture