Note du test 5.5/10En conclusion :

A Tale of Paper est comme une première fois : c’est court et à la fois prometteur. Loin de ce que nous avions imaginé, tout en laissant une touche paradoxalement inconnue et familière qui vous pousse au fantasme du rêve, sans que la jonction ne se fasse réellement. Loin d’être un banni des grands classiques, le jeu ne peut se targuer de la cour, et encore moins de la couronne en raison d’erreurs fatales. Sans virer dans l’immondice, loin de là, la représentation paie son manque d’audace ainsi que ses incertitudes. Cependant, comment oser condamner l’effort et l’affection de lignes de codes si minutieusement choyées, fussent-elles à l’occasion sous assistance respiratoire ? Bien trop bref et malhabile, A Tale of Paper est comme cet enfant trop frêle qui annonce des jours meilleurs. Pas uniquement pour lui. Mais pour l’ensemble des adeptes. Que le futur nous accompagne.

Les plus

Beau comme un conte
Une Direction Artistique souvent inspirée
Idyllique à ses heures
Parfois touchant...

Les moins

...parfois si prévisible
Imprécis
Court et scolaire

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    A Tale of Paper
    Développeur : Open House Games
    Genre : Aventure
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 11 novembre 2020
    Trophées : Oui
    Support


    Test A Tale of Paper

    Publié le jeudi 19 novembre 2020 à 21h57 par NoBloodyKnows
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    La même rengaine, encore et toujours. Impossible de laisser une caste injuste définir arbitrairement la nature du jeu vidéo. Sinon, il serait trop facile de mettre A Tale of Paper dans la case “petit jeu” et plus besoin de se préoccuper de rien. Mais de tout temps, l’underground a gardé son esprit, sans forcément chercher l’opposition avec le blockbuster. Aucune illusion, aucune arnaque possible : le cartel à l’origine de la création, Open House Studio, débarque dans le milieu de l’indé. Et bien sûr, avec tous les risques que cela induit. Beaucoup de perles ont déjà émergé et lors de notre premier contact, l’indéniable se mêle au pragmatisme. Plateforme, poésie et expérience seront des parts constituantes du plat qui nous sera servi. Reste à savoir si les chefs ont misé sur le simple mimétisme ou si l’originalité est du voyage. Un questionnement qui risque de nous enivrer, ensemble…

     

    Tale épris qui croyait prendre


    N’y allons pas par 4 chemins aux croisement tortueux : A Tale of Paper suit la voie de ses pairs ! Unravel, Braid, Inside, Brothers: A Tale of Two Sons utilisent une mécanique similaire. Alors d’accord, les identités diffèrent et c’est probablement la plus grande force de ces productions depuis de nombreuses années. La liste n’est évidemment pas exhaustive et se faire une place dans ce panthéon enfoui représente un rude défi.

    Et s’il fallait rassurer sur un point essentiel : oui, la Direction Artistique est, globalement, à tomber. Visuellement, ça envoie du lourd ! Chaque plan est pensé, qu’il soit épuré ou plus chargé. Le choix des couleurs est pertinent et le jeu de lumière somptueux, donnant au jeu un certain cachet, quand bien même ce procédé semble avoir été utilisé 1000 fois ailleurs. Un fond commun pour une forme singulière, ce qui est déjà énorme ! La mélancolie est bien présente, tout comme les moments plus oppressants, même si un premier bémol apparaît bien rapidement.

    Ainsi, même si les histoires inhérentes au genre se basent sur le ressenti et l’absence de parole, une mise en abîme est toujours bienvenue. Dans le cas de A Tale of Paper, celle-ci est bien trop sobre. Et si l’aspect suggestif réussit de temps à autre à faire mouche, il se noie dans le prévisible. En témoigne cette course-poursuite, déjà vue par tellement de rétines, et finalement banale. A l’instar de tant d’autres scènes, qui en plus se parent d’une visibilité si réduite, nuisible aux mécaniques.

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    Un jeu de lumière classique et efficace.

    Paper de l’autre


    Et cela demeure bien trop scolaire dans l’opacité, tout en se montrant vibrant parfois. Mince ! Nous sommes entraînés dans un paradoxe où l’illumination se confond avec le Die and Retry. En ce sens, la précision doit être de mise et malheureusement...nous en sommes loin ! LA tare de A Tale of Paper ? Ce n’est même plus une certitude mais un dogme. Inaltérable.

    D'une part, l’aspect plateforme reste agréable, en dépit d’une inertie qui dépend d’un certain apprentissage. De plus, oser le jeu en 2D, qui n’en est pas réellement une grâce à l’utilisation de la profondeur, est de bon aloi. Toutefois, foirer la perspective tout comme la précision des sauts a de quoi agacer jusqu’à engendrer de la frustration. Et pas qu’un peu ! Se planter plusieurs fois alors que la solution était là, devant nous, sans être totalement lisible, casse le rythme du jeu. A croire que cela est fait pour rallonger une durée de vie rachitique. En effet, vous serez plus proche des 1H30 que des 2H et cela nous dérange. D’autant plus que la replay-value est loin d’être reine...

    Certes, et à titre de comparaison, Braid n’est pas très long non plus. The Cave un peu plus. Mais tous les 2 ont un développement avec un rythme cohérent, là où A Tale of Paper laisse ce sentiment de trop peu. Une fin jolie ? C’est sans contestation. Seulement, il y a ce sentiment d'ellipses à répétition, et ces morts multiples nous sortent du trip. Elles ne sont heureusement pas punitives, le respawn étant souvent généreux.

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    Du déjà vu ? Assurément.

    Autant Tale Cule


    Enfin, faut-il condamner ce gameplay sans aller dans ses profondeurs ? Cela ira vite, tant celui-ci est volontairement épuré et finalement habile dans sa conception. Une feuille de papier possède plusieurs formes et sauter plus haut, planer ou se faufiler sont les possibilités qui n’attendent que vous pour être exploitées.

    Et dans l’idée, cela fonctionne. Il faudra alterner entre toutes lesdites formes (pour surmonter l’épreuve d’énigmes pas bien complexes), servies par une ergonomie sans faille afin de braver les obstacles. Nul besoin de réflexes d’un Jedi en perdition : la fenêtre d’exécution est large et nous ne pouvons pester contre un quelconque manque de transition. Seulement...cela ne dure qu’un temps et la partie finale, inspirée dans le récit mais beaucoup moins dans le plaisir de jeu, aura tôt fait de vous ramener à la réalité. A Tale of Paper est un produit brut, un vrai. Celui qui vous en met plein la tronche autant qu’il vous dépite. Trop facile à l’occasion, un peu pénible également, pas toujours en osmose avec son sujet.

    Peu d’ennemis, d’ailleurs sans âme, feront guise d’opposition. Un bilan négatif ? Un sarcasme créatif ? Un embryon dont le développement est faussé ? Cela va bien plus loin. D’où notre immense regret.

    Néanmoins, et vous nous connaissez suffisamment sur ce point, impossible de finir sur une appréciation négative ! A Tale of Paper dispose d’une OST fine, mixée avec amour et toujours juste. Un délice qui fait oublier maintes et maintes fois les tracas qui nous font occulter le fait que la production est issue d’un amour incommensurable. Celui qui vous rapproche du miracle fantasmé, confronté à cette saloperie de réalité.

    Ainsi soit-il.

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    Joli et paradoxalement moins plaisant.

     




    Test A Tale of Paper - 4 minutes de lecture