En conclusion : Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties modifie en profondeur son œuvre originale. Selon l’importance que vous accordez au respect du matériau de base, il pourrait être perçu comme un remake discutable. Une chose est sûre, cependant : il s’agit d’un très bon jeu vidéo. Le ton de ce troisième épisode dénote du reste de la licence et s’avère particulièrement touchant à bien des égards. La nouvelle aventure Dark Ties, bien que courte, permet d’approfondir un antagoniste très charismatique. Le contenu annexe propose également de belles réussites, notamment à travers la gestion de l’orphelinat et le mode Bad Boy Dragon. À l’inverse, certaines activités se révèlent absentes ou trop répétitives pour maintenir l’intérêt sur la durée. Le tout repose sur un moteur graphique qu’il serait temps de faire évoluer, tant le rendu hors cinématiques peine désormais à convaincre. Malgré ces réserves, nous ne pouvons que vous recommander de donner sa chance à ce titre, surtout si vous ne connaissez pas encore la licence : la trilogie des Kiwami constitue une porte d’entrée idéale pour (re)découvrir l’une des plus grandes sagas du jeu vidéo.
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Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties est sorti ce 12 février 2026. Il s’agit du remake du troisième opus de la saga, auquel s’ajoute une aventure totalement inédite : Dark Ties, un préquel permettant de contrôler et d’en apprendre davantage sur l’antagoniste principal. Ce n’est pas le seul ajout du titre, qui modifie de nombreux éléments par rapport au volet original. Mais ce jeu est-il une réécriture satisfaisante de sa version PS3 ? La rédaction vous donne son avis.
Retraite du Dragon de Dojima à Okinawa
Suite aux événements de Yakuza 2 et à la montée de Daigo Dojima à la tête du clan Tojo, Kiryu Kazuma souhaite définitivement mettre de côté son passé de yakuza. Il part alors à Okinawa pour s’occuper de l’orphelinat où il a grandi : le Morning Glory, offrant par la même occasion un cadre de vie agréable à sa fille adoptive, Haruka. Après quelques premiers mois paisibles, l’orphelinat reçoit plusieurs avis d’expulsion. Kiryu comprend alors que le terrain est convoité par des politiciens ainsi que par certains gangs de yakuza locaux. Une fois de plus, le Dragon de Dojima va devoir se dépasser pour protéger les siens.

Quel plaisir de retrouver Kiryu
Deux styles de combats aboutis
Comme pour les précédents épisodes Kiwami, ce troisième remake revoit en profondeur le gameplay de l’original, pour un résultat convaincant. Kiryu dispose de deux styles de combat : le Dragon de Dojima, son style emblématique, particulièrement nerveux et agréable à jouer dans cet opus ou l’on enchaîne attaques rapides, lourdes, prises, esquives et parades. Et le Ryukyu, un style qu’il apprend auprès d’un maître d’Okinawa, lui permettant notamment de manier différentes armes, utiles pour gérer des groupes d’ennemis.
Vous pourrez apprendre de nouvelles techniques en passant des examens auprès de votre maître. Comme toujours, il est possible de changer de style à volonté et de développer ses capacités via un arbre de compétences (force, vitalité, nouveaux combos). Les actions Ferveur, permettant d’effectuer des attaques spéciales en fonction de l’environnement et de l’état des ennemis, sont bien entendu de retour. Soit un système de combat réussi qui préfère capitaliser sur les acquis de la licence en sublimant les points forts d’autres opus, tant dans les techniques proposées que dans la mise en scène associée.

Le Dragon de Dojima est toujours aussi redoutable
Un contenu annexe important et remanié
L’épisode bonus Dark Ties n’est pas le seul ajout du titre, qui propose de nouvelles activités annexes, plus ou moins inspirées. Deux d’entre elles ressortent particulièrement :
Le Morning Glory
La gestion de l’orphelinat a été largement approfondie. Vous pourrez prendre soin des enfants en les aidant à faire leurs devoirs, à coudre (probablement l’un des mini-jeux les plus drôles du jeu), en cuisinant ou encore en vous occupant des animaux. Ces activités renforcent vos liens avec les enfants et augmentent votre « rang de papounet ». Une idée amusante et rapidement addictive.
Le Bad Boy Dragon
Autre bel ajout, bien qu’il rappelle fortement le système d’équipage de Like a Dragon: Pirate Yakuza in Hawaii : vous prenez la tête d’un gang de bikers féminin souhaitant renverser les autres gangs de la ville. Il faudra recruter des membres, les répartir en groupes selon leur niveau et leur spécialité (DPS, tank, heal), puis affronter les gangs rivaux dans des combats de grande ampleur. Un ajout convaincant, même s’il se révèle répétitif.
Le jeu reprend également certaines idées des épisodes précédents, comme un système de primes, « Les Faucheurs », demandant de défier et de vaincre des criminels locaux. Il intègre également une fonctionnalité rappelant le réseau social « Aloha Links » apparu dans Like a Dragon: Infinite Wealth, pour échanger vos coordonnées avec les habitants d’Okinawa. Un contenu sympathique, mais déjà vu dans les jeux précédents et un peu rébarbatif sur la longueur. Les histoires annexes sont également de retour comme dans la version PS3, avec une qualité d’écriture variable : parfois très drôles, parfois anecdotiques, et parfois… absentes. En effet, beaucoup d’entre elles ont été supprimées dans ce remake.

Certains mini-jeux sont vraiment drôles
Une réécriture assumée
Si le contenu annexe est important, c’est bien entendu Dark Ties qui constitue l’ajout majeur de ce titre. Vous y incarnez l’antagoniste principal, Yoshitaka Mine, dans une véritable seconde aventure servant de préquel. On y suit son ascension dans le milieu des yakuza. Sans trop en dévoiler, son style de combat se veut plus vif que celui de Kiryu. L’écriture est globalement plus sombre et propose également ses propres quêtes secondaires : « Les SKandales à étouffer ».
Dans l’ensemble, cette aventure inédite est bienvenue, mais reste très courte comparée à l’histoire principale (4 à 5 heures). Elle est clairement pensée pour être jouée après le jeu de base, surtout si vous n’avez jamais fait le Yakuza 3 original.
Le jeu principal bénéficie lui aussi de nouvelles cinématiques et de dialogues supplémentaires bienvenus. Le titre surprend même en modifiant le déroulement d’un événement clé de l’histoire. Un choix osé, mais potentiellement risqué pour la continuité et la cohérence de la série. Nous espérons que ces changements seront explicités dans les prochains épisodes afin de préserver l’unité de la saga.
Une chose est certaine : l’écriture de ce volet n’a pas à rougir et se montre de grande qualité, à l’image de sa licence, avec un casting impeccable et un ton qui sait toujours aussi bien passer du léger au sombre. L’histoire de ce troisième opus s’avère particulièrement touchante.

Yoshitaka Mine, un très bon antagoniste
Techniquement moyen
Yakuza Kiwami 3 utilise le Dragon Engine, comme ses prédécesseurs, pour un résultat contrasté. Côté cinématiques, le rendu est très bon : elles n’ont jamais été aussi agréables à regarder et mettent parfaitement en valeur des personnages toujours aussi géniaux.
En revanche, en jeu, le moteur continue de montrer ses limites. Le rendu est en dessous des standards actuels et n’a que peu évolué depuis les précédents opus. La mise en scène des combats, bien que réussie, reste dans la continuité des épisodes précédents. Une évolution du Dragon Engine serait la bienvenue. On prend malgré tout plaisir à (re)parcourir Kamurocho, le quartier iconique de la licence, et à découvrir la région (pas si) paisible d'Okinawa.

Le Bad Boy Dragon, l’une des belles nouveautés de ce remake