Note du test 10/10En conclusion :

Là où The Last of Us s'arrêtait, The Last of Us Part 2 continue une incursion dans cet univers en proposant une suite inoubliable, un monument du jeu vidéo comme le premier épisode l’a été il y a sept ans. Naughty Dog nous a concocté un requiem où la narration splendide est au coeur du jeu, le tout magnifié par une technique d’orfèvres. Reprenant les bases d’un Survival Horror narratif poignant où l’exploration et la violence s'entremêlent avec des sentiments opposés comme l’amour et la vengeance. Déjà très violent dans ces nombreux trailers, The Last Of Us Part 2 n’est pas à mettre entre toutes les mains et affirme son côté très adulte. Et cette Bande Originale les amis ! Gustavo Santaolalla n’a pas perdu de son talent, bien au contraire ! Bravo à Naughty Dog et Neil Druckmann pour cette prouesse. L’ère de la PlayStation 4 se termine en grande pompe !

Les plus

La narration
La réalisation, une prouesse
Les personnages et leur interprétation
Les ajouts du gameplay
Un univers plus approfondi
La durée de vie délectable
L'exploration récompensée
Le souci du détail

Les moins

La console décolle
Un peu trop linéaire
Manque un système de lock

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    rédacteur
    Pilou


  • ps4

    The Last of Us : Part 2
    Editeur : Sony
    Développeur : Naughty Dog
    Genre : Action | Aventure
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 19 juin 2020
    Trophées : Oui
    Prix de lancement : 59,99 €
    Support


    Test The Last of Us : Part 2

    Publié le lundi 29 juin 2020 à 17h42 par Pilou
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    Pour certains joueurs mais également des membres du staff PSMag, The Last of Us aurait dû s’arrêter à la fin du premier il y a sept ans… C’est un point de vue respectable surtout lorsqu’une suite peut être synonyme d’échec. Mais n’avez vous jamais eu le sentiment qu’un film, une série ou un jeu vidéo se sont terminés trop rapidement ? Pourquoi n’est-il plus possible de replonger dans cet univers imaginé et construit par une équipe pendant de longues années ? C’est toujours une affaire de point de vue : oui, The Last of Us aurait pu s’arrêter sur PlayStation 3 lorsque l'innocence d’Ellie du haut de ses quatorze ans était ébranlée par les horreurs d’un monde ravagé. Oui... mais mon envie d’en découvrir plus, de replonger dans ce monde post-apocalyptique réduit à néant par un champignon transformant les humains en créatures sanguinaires a pris les devants. Place à la partie II de The Last of Us, Naughty Dog n’en a pas fini avec son univers. On vous en parle mais, évidemment, sans spoiler !

     

    Le dernier d’entre nous


    Il est bien évidemment conseillé de faire le premier épisode avant de se lancer dans ce second opus. Offert en octobre dernier dans les jeux du PlayStation Plus ou en version PlayStation Hits à un tarif avantageux, The Last of Us Remastered proposait une quinzaine d’heures d’une grande intensité.
    Le jeu raconte l’histoire de Joel et Ellie, deux survivants en proie à un monde détruit par le Cordyceps, un champignon meurtrier transformant les humains en infectés. Véritable Road Movie, The Last of Us narre la rencontre émouvante entre ces deux personnages. Joel doit en effet faire traverser notre adolescente, immunisée contre ce mal, à travers les Etats Unis pour la confier aux Lucioles, un groupuscule militaire qui tente de trouver un remède. Relation père/fille, horreur, survie, amour... beaucoup de thèmes y sont abordés. La simple livraison du début de l'aventure devient rapidement bien autre chose...

    Si vous pensez à un changement radical entre les deux épisodes, détrompez-vous : The Last of Us Part 2 reprend les concepts et les préceptes du premier.
    Part 2 est avant tout un jeu d’aventure avec une forte connotation Survival Horror où l’infiltration, l’exploration et le crafting sont au coeur du gameplay. Gameplay servant à une narration splendide et construite intelligemment.

    L’aventure de The Last of Us Part 2 prend place quatre années plus tard, Ellie est une jeune femme et elle vit à Jackson, la ville qu’elle rejoint avec Joël à la fin de The Last of Us.
    On arrête ici pour le scénario. Un conseil : vivez votre aventure loin des spoils et à votre rythme. Trente heures environ vous attendent afin de boucler l’aventure et la narration aux petits oignons est habilement construite. Tout comme le développement des anciens et nouveaux personnages.
    L'écriture est un point fort tenant le joueur en haleine de bout en bout. Chaque chose a son utilité et les questions qu'on se pose au fil du jeu trouvent des réponses. Un seul mot : divin.

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    Jackson, havre de paix?

    Ellie casse-cou


    The Last of Us Part II ne dépayse pas le joueur qui avait aimé le premier opus. Le jeu en garde l’essence mais en l’améliorant. Narration, scènes poignantes, il n'y a pas que du popcorn dans The Last of Us Part 2 et il faut mettre la main à la pâte. Notre donzelle se fraye un chemin dans des zones de tailles et designs différents. Concept déjà initié dans Uncharted The Lost Legacy, des secteurs assez vastes sont proposés. Certains sont optionnels et permettent d'en apprendre plus sur l'univers mais surtout de faire le plein de munitions et éléments de confection. D’autres servent à trouver des armes fortement utiles pour la suite. Jalonnée de quelques petites énigmes, l'exploration est toujours récompensée et offre de belles découvertes.

    Les affrontements ne sont pas en reste. Il y a souvent des ennemis dans ces zones à fouiller. En escouades, The Last of Us Part 2 nous permet de découvrir deux factions : les Wolfs et les Scars mais comme toujours on laisse le joueur les découvrir.
    On parle juste des chiens utilisés par les Wolfs pour débusquer Ellie. Le mode écoute comme dans le premier opus permet de visualiser les ennemis à travers les obstacles. Lorsqu'un chien est présent, ce mode montre également la trainée olfactive laissée par Ellie. Il faut donc adapter sa technique et souvent se débarrasser avant tout du canidé.

    Il est également recommandé d'éviter les affrontements directs et jouer sur l'infiltration, ce qui permet ainsi d'économiser les précieuses munitions et éviter de rameuter tous les hostiles du coin. Éliminations furtives, silencieux sur l'arme de poing sont là pour faire le job.
    L'IA a subi un coup de polish et se met à couvert, contourne pour mieux surprendre le joueur. Les zones sur plusieurs niveaux fourmillent de recoins et de passages pour surprendre ou éviter les ennemis. Il n'est pas nécessaire d'éliminer tous les sbires d'une zone pour avancer mais on jubile lorsqu’on y arrive. Utiliser les infectés pour éradiquer ou affaiblir un groupe d’ennemis est grisant.

    L'affrontement direct est parfois inévitable. Pour cela, Naughty Dog propose un système d'esquives qui dynamise ces combats et utilise l'environnement. Petit bémol, il peut arriver que le manque de système de lock de l'ennemi rende la chose un peu arbitraire.
    L'arsenal est bien fourni et les établis permettent d'améliorer son attirail. Attention ! Le temps n'est pas figé lorsqu'on améliore une arme. Vous voilà prévenu.

    Les infectés ont également la part belle et leurs multiples évolutions varient le gameplay. Encore une fois, on vous laisse les découvrir mais The Last of Us Part 2 propose de superbes séquences en compagnie de ces monstruosités dignes de grands films d'horreur.

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    Ellie et Tommy, le frère de Joël

    Tout est dans le sac


    Comme dans The Last of Us, le crafting est un élément primordial.
    Bouteille d’alcool, morceau de tissu, ciseaux, agent explosif, bouteille vide, chaque élément est employé dans la construction de trousses de soins, grenades, surins. Les armes au corps à corps peuvent être renforcées pour augmenter leur durabilité.
    Les matériaux très rares servent à l’amélioration des armes dans les établis. Une lunette grossissante, un chargeur modifié, une augmentation de la cadence de tir, il faut choisir avec parcimonie ses upgrades.

    Les pilules s’emploient (comme dans le premier opus) à l'amélioration des statistiques. Barre de vie augmentée, stabilité de tir, mode de vision offrant une forme plus claire des ennemis derrières les obstacles, il faut trouver des livres d'entraînements pour débloquer de nouveaux arbres de compétences.
    Les holsters et autres sangles donnent un accès rapide aux armes de poings et principales.
    Les coffres permettent de trouver de précieuses ressources et le code pour le déverrouiller est la réponse à une petite énigme.

    Sauter, nager, utiliser un bateau, explorer des niveaux dont la verticalité surprend... il faudra plusieurs runs pour les fans afin de dégoter tous les éléments cachés comme les cartes de collection ou les pièces de monnaie.

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    Joël et Ellie en pleine discussion

    Abby buildée


    La réalisation est au coeur du jeu. Tout comme il y a sept ans, le travail de Naughty Dog est une référence du genre. Véritable prouesse technique, le moteur maison du studio propose une immersion et des décors qui frôlent le photoréalisme. Déjà très avancée dans Uncharted 4, la réalisation The Last of Us Part 2 nous émerveille à chaque zone de jeu.
    Variées, les trente heures de jeu proposent de nombreux biomes donnant une profondeur au titre.
    Des caves exiguës, humides et sombres à une marina en passant par des rues à l’abandon depuis des décennies ou encore des lieux envahis par le Cordyceps, le jeu nous flatte la rétine et chaque chapitre est une découverte, un émerveillement.

    La motion capture et les visages sont assez bluffants : colère, peur, joie... on partage ces instants avec les personnages. Taches de rousseur, cicatrices et blessures, veines qui ressortent, les protagonistes sont magnifiquement retranscrits. La frontière entre les scènes in game et les cinématiques est invisible. Même nos chers infectés sont magnifiquement monstrueux.
    Pas de bugs notoires rencontrés. Le seul vrai reproche est le manque de skins différents des infectés et des troupes ennemies.

    Le souci du détail du studio force le respect : lancer une bouteille au visage d'un ennemi lui crible sa jolie frimousse d’éclats de verre. Marcher dans une mare de sang laisse nos empreintes de pas.
    The Last of Us Part 2 gère aussi la localisation des dégâts. Tirer au fusil à lunette et arracher le bras d’un ennemi et l'entendre hurler avant son trépas est monnaie courante. Même chose, les flèches se plantent et doivent être enlevées sous peine de voir sa barre de vie se vider par palier.
    Même les consommables à ramasser se trouvent à des endroits cohérents et ne sont pas déposés là sans aucune logique. Une bouteille d’alcool ? Fouillez le bar du coin !

    C'est toutes ces petites choses qui font de The Last of Us Part 2 une grande pépite du jeu vidéo.

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    Cela fait beaucoup d'infectés à tuer, mieux vaut fuir

     

    Que ta vie soit longue et ta mort rapide


    Le côté cinématographique est également pour beaucoup. La construction des séquences, les plans, le cadrage et les effets de lumière, on sent toute la maîtrise du studio dans la mise en scène.
    La version française est excellente et tous les à-côtés comme les clins d’oeil apportent un liant formidable. A certains moments, un personnage est marqué d’une icône pour discuter avec lui. Facultatifs, ces petits arrêts sur image, tout comme les lettres trouvées permettent d'approfondir l’univers.

    On le répète : tout a une logique.

    L’ambiance, les claqueurs, les bâtiments qui craquent en raison de la vétusté, un orage, des tirs au loin... la bande son est magnifique et le jeu au casque est recommandé pour appréhender au mieux le travail de Naughty Dog. Le casque couvre aussi le bruit très important de la console (testé sur une PlayStation 4 Pro première génération).
    Très discrète, les musiques jalonnent l’aventure et sont toujours l’oeuvre de Gustavo Santaolalla. Rien que le titre Unbroken prend aux tripes et reflète l’ambiance du jeu. La guitare a une place très importante dans The Last of Us Part 2, à découvrir également !

    Côté chargement, la chose a été optimisée et comme dans le premier, il y en a un seul au lancement et les autres sont invisibles et se glissent lors de cut scenes. En cas de mort, le respawn est très rapide. Quand on sait que la PlayStation 5 va évincer cet aspect, on peut dire que Naughty Dog a déjà optimisé au mieux son jeu sur PlayStation 4 !
    Chapeau bas également pour l’accessibilité offerte à tous les joueurs. On peut paramétrer, après les cinq niveaux de difficulté, chaque aspect du jeu : précision des ennemis, quantité de ressources… beaucoup d’éléments sont modifiables. Jouer avec ou sans réticule pour un maximum de réalisme, c’est possible. Ralentir le temps, utiliser la synthèse vocale, passer des énigmes, l’assistance pour les personnes en situation de handicap… tout cela est disponible.

    On termine avec le mode Photo qui est de la partie depuis le patch Day One, occasion de réaliser de biens beaux clichés !

     

    ​L’avis du No Bloody Knows
     

    “Une suite ? Pour en faire quoi ?”

    Le concept de prolongement d’un univers est souvent à double-tranchant. D’une part, nous savourons les retrouvailles avec des personnages devenus si familiers. De l’autre, la peur d’une désacralisation de l’oeuvre d’origine inquiète.

    C’est en ce sens qu’ici, au NBK, notre avis diverge. Point de hype concernant cette Partie 2 tant le matériau de base se révélait complet et composé d’une fin poignante, touchante et suffisante. Au point de considérer la chose comme un pur stand-alone. Dès lors, de notre point de vue, aucune nécessité de poursuivre les pérégrinations de Joel et Ellie. Les conséquences des actes du premier ne nous intéressent pas réellement, et notre choix se porte sur le fantasme plutôt que la résolution.

    Bien sûr, une création appartient à ses géniteurs. Dans l’absolu, ces derniers ont préparé le public en évoquant des perspectives osées qui allaient assurément diviser. Une direction assumée, quelque peu ternie par un développement chaotique ! Retards, leaks, accusations de crunch...le post-apo trouve tout son sens durant le processus.

    Mais n’est-ce pas l’esprit d’une grande composition ? Être aimée ou détestée tout en étant marquante ?

    S’il nous semble incontestable que The Last of Us Part.II est un hit, était-il nécessaire ? Ce sera à vous de vous forger votre propre opinion, au milieu de la tempête d’un débat qui risque de hanter longtemps la Toile... .

     

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    L'entrée de Seattle




    Test The Last of Us : Part 2 - 8 minutes de lecture