En conclusion : RIN: The Last Child est un Metroidvania sincère, porté par une vraie ambition artistique et un système de sorts qui a le mérite de sortir des sentiers battus. Mais le studio Space Fox Games, à son coup d'essai dans le genre, n'a pas toujours eu les moyens techniques de ses idées : la lecture de la carte, la variété du bestiaire et la difficulté des affrontements laissent un goût d'inachevé. Mais dans un genre aussi encombré, où les gros noms comme Silksong ou des sorties concurrentes se disputent l'attention des mêmes joueurs, RIN risque avant tout de passer inaperçu. En l'état, il s'adresse surtout aux amateurs déjà convaincus par le genre et curieux d'une expérience narrative originale, plus qu'à ceux qui cherchent une référence technique du Metroidvania.
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Sorti d'abord sur PC fin 2023 avant de rejoindre les consoles, RIN: The Last Child est le fruit du studio indépendant polonais Space Fox Games. Fondée en 2014 sous le nom de World-Loom Games, la structure s'est rebaptisée Space Fox Games fin 2021 après des années passées à collaborer avec des éditeurs spécialisés dans le jeu casual comme iWin, Big Fish Games ou Artifex Mundi. RIN marque donc pour elle un vrai tournant : son premier grand projet d'action-aventure en Metroidvania.
L'enfant du conteur d'histoire
Le jeu nous place dans la peau de RIN, sixième et dernière enfant du Créateur (le « Conteur d'Histoires »), envoyée affronter ses propres frères et sœurs devenus des créatures hostiles après avoir échoué à sauver un monde mystique en décomposition. Le scénario puise ouvertement dans le mythe antique de Cronos dévorant ses enfants, pour bâtir un conte sombre où la magie a totalement remplacé la présence humaine. Après une sortie PC, Xbox, Switch et PS4 en 2024, c'est au tour de la PlayStation 5 d'accueillir le jeu, une arrivée très récente (10 septembre 2026) portée par Ultimate Games S.A. pour le travail d'adaptation console.

Une direction artistique plutôt réussie
Exploration et système de magie
RIN: The Last Child mise tout sur son système de sorts. Le titre propose 18 sorts élémentaires répartis en trois catégories (attaque, défense, utilité), que l'on peut combiner à l'aide de runes mineures, de grandes runes et d'améliorations : les développeurs annoncent plusieurs milliers de variantes possibles. Le joueur peut assigner trois sorts à la fois dans un emplacement rapide et permuter des ensembles selon la situation. Cette liberté de personnalisation constitue clairement l'identité du jeu, qui se veut assez original, notamment la possibilité de faire des choix narratifs entre l'obéissance au père et l'affirmation de sa propre volonté.
Visuellement, le titre adopte une 2D dessinée à la main, dans une veine assez proche d'un certain Ori and the Blind Forest (en plus modeste tout de même), avec des décors qui savent se montrer soignés, même si certaines textures paraissent parfois moins abouties. Le revers de la médaille se trouve du côté de l'exploration à proprement parler. Le titre revendique une structure Metroidvania classique, mais la lisibilité de la carte pose régulièrement problème : plusieurs cavernes s'affichent d'un coup dans toutes les directions, sans repère de progression clair ni indicateur de complétion par zone, ce qui complique la mémorisation de ce qui a déjà été visité. Le bestiaire souffre également d'un manque de variété, avec des ennemis qui reviennent d'une zone à l'autre sous forme de simples reskins, et une intelligence artificielle peu inventive.
Les combats de boss, censés être les temps forts du jeu, sont unanimement jugés trop prévisibles et peu exigeants une fois les schémas d'attaque identifiés. À cela s'ajoute un ressenti manette parfois imprécis, avec un léger décalage entre l'appui sur les touches et la prise en compte des coups.

Une structure Metroidvania classique
Un marché saturé
Reste la question du timing, qui ne joue clairement pas en faveur de RIN. Le Metroidvania est devenu l'un des genres indépendants les plus prolifiques de ces dernières années, porté par des références devenues incontournables comme Hollow Knight, Ori and the Blind Forest ou Blasphemous, et l'année 2026 ne fait qu'accentuer ce phénomène : le tant attendu Hollow Knight: Silksong a relancé l'intérêt général pour le genre, et d'autres productions se bousculent au même moment, comme Well Dweller (du créateur de Crypt Custodian et Islets), attendu sur PS5 le 22 septembre seulement quelques jours après RIN, ou encore des titres comme Never Grave: The Witch and The Curse déjà sortis dans l'année. Dans un calendrier aussi chargé, un Metroidvania au concept honnête mais aux défauts techniques persistants aura toutes les peines du monde à se faire une place, surtout face à des concurrents plus aboutis ou bénéficiant d'une bien plus grande visibilité.

Des effets de lumière sympathiques