En conclusion : Dark Arisen ne change pas l'ADN de Dragon’s Dogma 2. Il n'en avait pas besoin. Il reprend ce qui fonctionnait déjà et le pousse simplement plus loin. Norgan est magnifique à parcourir, son environnement glacial apporte une vraie personnalité à l'extension et j'ai trouvé son level design plus réussi. La nouvelle progression autour du loot fonctionne très bien, tout comme les Obélisques et les Flammes spirituelles qui donnent encore davantage d'intérêt à l'exploration. Et surtout, j'ai davantage accroché à son histoire. Il reste évidemment quelques défauts. Le bestiaire aurait mérité davantage de variété et la répétitivité de certains affrontements est toujours présente. Mais ce que je retiens surtout, c'est le chemin parcouru par Dragon’s Dogma 2 depuis 2024. Les performances sont meilleures, les déplacements moins contraignants, les Pions ont gagné de nouvelles possibilités et les six compétences disponibles apportent davantage de liberté dans les combats. Les joueurs de la première heure devraient adorer retrouver Dragon’s Dogma 2 dans ces conditions. Et pour ceux qui, comme moi, n'avaient pas totalement accroché à la proposition initiale en 2024, Dark Arisen pourrait bien être l'occasion de revoir leur jugement. C'est en tout cas ce qui s'est passé pour moi. À 30 euros pour 20 à 30 heures supplémentaires, avec une région aussi travaillée et toutes les améliorations apportées au jeu depuis sa sortie, je n'ai finalement pas grand-chose à reprocher à son tarif. Dragon’s Dogma 2 n'a jamais été aussi bon, et Dark Arisen est aujourd'hui pour moi la meilleure manière de le découvrir ou de le redécouvrir.
Les plus
Les moins


Sorti en mars 2024, Dragon’s Dogma 2 nous plongeait dans un vaste monde ouvert où l'exploration occupait une place centrale.
Pas question de simplement courir d'un objectif à l'autre : le jeu poussait à sortir des sentiers battus, à explorer et surtout à se préparer avant chaque expédition. Son originalité venait également de son système de Pions, véritable multijoueur asynchrone permettant de partager ses compagnons avec d'autres joueurs. Le tout était accompagné d'affrontements face à des créatures parfois gigantesques qu'il était possible d'escalader pour atteindre leurs points faibles. Et forcément, dès qu'un jeu me met des dragons sur ma route, il marque déjà quelques points avec moi.
J'adore ces bestioles, et Dragon’s Dogma 2 porte plutôt bien son nom de ce côté-là.
À sa sortie, malgré ses qualités évidentes, Dragon’s Dogma 2 ne m'avait pas forcément convaincu au premier abord. Certains choix étaient assez contraignants et les performances faisaient notamment partie des points qui m'avaient gêné lors de mon test.
Deux ans plus tard, Capcom revient avec Dark Arisen, une extension qui nous emmène découvrir Norgan, une nouvelle région enneigée aussi magnifique qu'inhospitalière.
Mais avant d'y arriver, j'ai dû faire face à un petit imprévu.
Retour à la case départ
J'avais tout simplement perdu ma sauvegarde de Dragon’s Dogma 2. De mon fait, je précise. Résultat : obligé de repartir de zéro.
J'avoue que l'idée de devoir refaire une partie du jeu de base avant de découvrir Dark Arisen ne m'enchantait pas forcément. Mais finalement, ce retour à la case départ aura eu un avantage : me permettre de voir directement tout ce qui avait changé depuis 2024.
Et mine de rien, il y a eu du travail.
La téléportation est désormais beaucoup moins contraignante puisqu'il est possible de l'utiliser à l'infini sans devoir systématiquement acheter de quoi voyager. De nouveaux points de téléportation ont aussi fait leur apparition et les chars à bœufs disposent maintenant d'escales.
Le stock a également été revu, même si la gestion du poids reste toujours importante. On continue donc de répartir son équipement entre son personnage et ses Pions pour éviter de se retrouver chargé comme une mule au beau milieu d'une expédition.
Les Pions ont eux aussi gagné quelques possibilités avec de nouvelles commandes comme Check et Explore, qui permettent de les laisser chercher des ressources ou explorer les alentours.
Et j'ai particulièrement apprécié l'ajout de deux emplacements supplémentaires de compétences, portant leur nombre à six selon la classe choisie. Ça paraît presque anodin présenté comme ça, mais en jeu, avoir davantage de possibilités directement accessibles change pas mal de choses.
Les performances ont également été améliorées. C'était l'un des points qui m'avait vraiment gêné en 2024 et la différence se ressent aujourd'hui.
Finalement, perdre ma sauvegarde n'aura pas eu que des mauvais côtés.

Avant Norgan, quelques détours
Recommencer m'a aussi permis de découvrir certaines nouveautés directement intégrées au jeu de base.
On trouve désormais douze nouveaux donjons appelés Rites oubliés. Ils permettent notamment de récupérer du loot et des Flammes spirituelles, une ressource qui prendra tout son sens une fois arrivé dans Dark Arisen.
Tous ne se terminent d'ailleurs pas de la même manière. Certains demandent de remplir des conditions particulières, voire de revenir avec une classe spécifique.
Et c'est typiquement ce que j'aime dans Dragon’s Dogma : tomber sur quelque chose, comprendre que l'on ne peut pas forcément tout faire immédiatement et garder l'endroit dans un coin de sa tête pour y revenir plus tard.
Mais après quelques détours, il était quand même temps d'aller voir ce que Dark Arisen avait réellement dans le ventre.

Bienvenue à Norgan
Pour accéder à l'extension, il faut rejoindre Vernworth et aller parler au capitaine Brant dans la taverne pendant la nuit.
Dark Arisen reste accessible assez tôt dans l'aventure, mais attention tout de même : Norgan est conseillé à partir du niveau 40.
On peut y accéder en reprenant une sauvegarde existante, à condition de ne pas avoir dépassé le Monde laissé pour compte, commencer une nouvelle partie ou repartir en Nouvelle Partie +.
Et surtout, une fois arrivé à Norgan, vous n'êtes pas bloqué sur place. On peut retourner quand on le souhaite dans les régions du jeu de base.
Une liberté appréciable, surtout quand on découvre ce qui nous attend là-bas.
Parce que Norgan ne plaisante pas vraiment.

Magnifique, mais pas franchement accueillante
Dès mes premiers pas, j'ai retrouvé ce que j'aimais déjà beaucoup dans Dragon’s Dogma 2 : sa direction artistique. Norgan est superbe.
Cette nouvelle région mélange paysages enneigés, ruines et végétation rude avec une vraie cohérence. Tout semble froid, dangereux et abandonné depuis bien trop longtemps. Même le bestiaire rencontré colle parfaitement à cette ambiance.
Et cette fois, le froid n'est pas uniquement là pour décorer.
Il faut réellement apprendre à composer avec les températures glaciales de Norgan et utiliser notamment des pierres de chaleur pour éviter d'en subir les conséquences.
Ça peut sembler être une contrainte de plus, mais ici elle participe vraiment à l'ambiance. On n'est pas simplement dans « la zone enneigée du DLC », on ressent davantage le côté hostile de cette région.
La bande-son m'a également davantage marqué que dans le jeu de base et accompagne particulièrement bien les longues phases d'exploration.
Et de l'exploration, il va y en avoir.
Explorer, encore et toujours
C'est probablement là que Dark Arisen fonctionne le mieux.
Le level design m'a paru plus travaillé et Norgan donne constamment envie de quitter le chemin prévu pour aller voir ce qui se trouve un peu plus loin.
Une ruine au loin, un passage qui semble mener quelque part, un détour qui ne ressemble justement pas vraiment à un détour…
Dragon’s Dogma 2 reste excellent quand il nous laisse simplement partir à l'aventure.
On peut commencer avec une quête précise en tête et finir bien plus tard dans un endroit qui n'avait absolument rien à voir avec notre objectif initial.
Dark Arisen conserve totalement cette philosophie tout en proposant une structure que j'ai trouvée plus intéressante.
Et heureusement, parce que la difficulté a clairement été revue à la hausse.

Norgan ne fait pas de cadeaux
Dark Arisen est plus difficile que le jeu de base.
Les combats demandent davantage de préparation et une rencontre qui semblait parfaitement gérable peut rapidement tourner au carnage si l'on arrive mal équipé ou que l'on gère mal son groupe de Pions.
Cette difficulté fonctionne plutôt bien avec Norgan. On apprend rapidement à ne pas considérer chaque déplacement comme une simple promenade entre deux objectifs.
Mais surtout, elle donne davantage d'intérêt au nouveau système de progression basé sur le loot.
Encore un coffre… juste un dernier
C'est l'une des grosses nouveautés de Dark Arisen.
Le butin récupéré est désormais réparti sur cinq niveaux et certains équipements disposent de passifs aléatoires capables d'améliorer notre personnage.
Forcément, quand on commence à trouver du meilleur équipement, l'envie d'aller ouvrir « juste ce coffre là-bas » devient rapidement difficile à contrôler.
Et pour nous aider dans notre chasse au loot, Dark Arisen introduit Freki, un compagnon canin capable de nous guider vers certaines ressources.
Les Flammes spirituelles récupérées pendant l'exploration ou dans les Rites oubliés trouvent également leur utilité auprès des Obélisques, où elles permettent d'améliorer notre personnage en fonction de sa classe.
Entre les compétences, l'équipement, les passifs et ces nouvelles améliorations, la progression devient beaucoup plus intéressante sans transformer Dragon’s Dogma 2 en loot game.
L'équilibre fonctionne bien et donne surtout une raison supplémentaire de fouiller Norgan de fond en comble.

Une histoire que j'ai davantage suivie
Autre bonne surprise : j'ai trouvé l'histoire de Dark Arisen plus intéressante que celle du jeu de base.
L'aventure nous amène notamment à enquêter sur le nouvel Insurgé de la région et à rencontrer de nouveaux personnages comme Eir, une femme à la recherche du Dragon Déchu.
Il y a tout simplement davantage de narration.
Cela ne veut pas dire que Dark Arisen devient soudainement un jeu ultra narratif. L'exploration reste clairement au premier plan et c'est très bien comme ça.
Mais cette fois, j'avais davantage envie de suivre ce qui se passait et de comprendre où l'histoire voulait m'emmener.
Les quêtes principales et secondaires fonctionnent aussi très bien avec Norgan et donnent régulièrement une excuse pour aller découvrir une nouvelle partie de la région.
Tout n'a pas disparu sous la neige
J'ai beaucoup aimé Dark Arisen, mais certains défauts de Dragon’s Dogma 2 sont toujours là.
À commencer par une certaine répétitivité.
Explorer reste un plaisir, combattre aussi, mais l'enchaînement de certaines rencontres peut finir par donner une impression de déjà-vu.
Et même si Norgan apporte ses propres créatures, j'aurais aimé davantage de variété dans le bestiaire.
C'est probablement ce qui m'a le plus manqué pendant l'extension. Dans un jeu où l'exploration et les affrontements occupent autant de place, rencontrer plus régulièrement quelque chose de complètement inattendu aurait encore renforcé l'expérience.
Ça ne m'a pas empêché de prendre énormément de plaisir à parcourir Norgan, mais c'est difficile de ne pas le remarquer après plusieurs dizaines d'heures.
20 à 30 heures de plus… normalement
Dark Arisen ajoute environ 20 à 30 heures de contenu à Dragon’s Dogma 2.
C'est déjà conséquent pour une extension vendue 30 euros.
Dans mon cas, évidemment, l'addition est légèrement différente puisque ma sauvegarde disparue m'a obligé à reprendre l'aventure depuis le début.
Mais avec le recul, je ne le regrette presque pas.
Recommencer Dragon’s Dogma 2 m'a permis de redécouvrir le jeu, de mieux me replonger dans son univers et surtout de voir le chemin parcouru depuis 2024.
Et arrivé au bout de Dark Arisen, mon avis sur le jeu a clairement évolué.
