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    rédacteur
    Lonewolf


  • ps4

    Shenmue I & II
    Editeur et Developpeur : Sega
    Genre : Action | Aventure
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 21 août 2018
    Trophées : Oui
    Support


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    test de Shenmue I & II

    Version Éditeur

    Test Shenmue I & II

    Publié le mercredi 29 août 2018 à 22h08 par Lonewolf - 1009

    Après des années d'espoir, d'attentes, de teasing de la part de SEGA, de douches froides par les déclarations de la société ou celles de Yû Suzuki, l'ère des miracles est enfin arrivée ! D'abord, l'E3 2015 voit l'annonce de Shenmue III (lequel est depuis annoncé pour le 27 août 2019, soit quasiment un an jour pour jour quand je tape ces lignes), et ce bel été 2018 voit débarquer rien de moins qu'une compilation des deux premiers épisodes sur les consoles actuelles ! Mais ça vaut quoi, après tout ce temps ?



    Un meurtre, une vengeance, une relique...

    Novembre 1986. Ryô Hazuki, 18 ans, rentre tranquillement chez lui pour découvrir le dojo familial attaqué par des hommes en noir inconnus, menés par un certain Lan Di. Celui-ci affronte Iwao, le père de Ryô, et finit par le tuer. Ryô Hazuki jure alors de le retrouver et de se venger, quoi qu'il en coûte. C'est sur ce pitch "légèrement" cliché que débute Shenmue, l'une des aventures les plus marquantes et fondatrices du jeu vidéo. Pour résumer la chose simplement : le jeu vidéo tel que vous le connaissez aujourd'hui n'existerait sans doute pas sans l'œuvre de Yû Suzuki (et Yakuza encore moins que le reste). Avant de rentrer dans ce genre de détails, voyons un peu ce que vaut ce portage côté technique et son.

    Hé bien, sans grande surprise : ça a vieilli ! À l'heure où on a du Red Dead Redemption 2, Yakuza 6, et autres GTA V, l'aspect technique de Shenmue paraît évidemment aujourd'hui bien vieillot. Ce sont des jeux du début des années 2000, après tout. Pourtant, malgré l'âge et les textures peu détaillées de l'époque, il reste encore un vrai charme visuel dans Shenmue : celui de restituer l'ambiance d'une petite ville japonaise de la seconde moitié des années 80, loin des fastes de grands noms comme Tokyô, Osaka, ou l'archipel d'Okinawa. Notez que Shenmue II, lui, nous envoie à Hong Kong, qui est évidemment une ville autrement plus animée et vivante. Là où les deux jeux sont encore bluffants visuellement, c'est sur la modélisation des visages, leurs traits et expressions étant encore aujourd'hui parfaitement transcrits, quoique un peu rigides (une force que l'on retrouvera quelques années plus tard dans Yakuza). Notez que vous pouvez activer ou non le filtre HD (je n'ai pas vu de grande différence...) et choisir entre plusieurs résolutions (le plein écran restant le plus immersif, tout de même).
    Si le côté visuel a donc vieilli mais reste encore très agréable à l'œil, on ne sera pas aussi élogieux sur la partie sonore... Pour faire simple, oubliez toute idée de remastérisation du son, on se contentera de la bonne vieille stéréo bien old school ! C'est assez difficile à digérer sur une télévisoin actuelle, notamment pour les doublages. Si les musiques restent de belle facture, les doublages, eux, sont régulièrment proches de l'inaudible... Et il y en a ! Notamment de la part de Ryô, qui ponctue régulièrement ses conversations d'un "I see..."/"Soka" bien long. C'est très vite pénible, quand même.

    test de Shenmue I & II
    Souci du détail : on peut parfaitement lire le menu et les tarifs !


    Enquête, exploration, vie quotidienne, et combats

    Le quotidien de Ryô, du fait de sa quête, devient vite mouvementé. S'il n'a pas trop à s'en faire côté argent dans le 1er épisode, la gouvernante de la famille lui laissant 500 yens tous les matins (on peut toujours en regagner en allant jouer à la salle de jeux ou en trouvant un boulot, son petit exil à Hong Kong dans le second lui impose rapidement de trouver un travail et de se tenir à ses horaires, ce qui amène fatalement moins de liberté dans l'enquête qui le mène vers Lan Di, d'autant plus que les deux jeux ont un cycle nocturne court et nous renvoient d'office à la maison à 23 heures tapantes ! Il s'agit donc de bien optimiser son temps et la recherche du 100% ne sera pas de tout repos. Cela dit, optimiser son temps est vite très difficile tant le côté old school du jeu se fait vite ressentir. Vous êtes des habitués des mondes ouverts modernes ? Préparez-vous à souffrir. Vous êtes un vieux briscard qui a déjà pas mal d'années derrière lui côté jeu vidéo (comme votre serviteur, quoi...) ? Vous allez vite réapprendre à faire fonctionner un peu votre tête (et après des années à nous mâcher le boulot à coups de tutos, cartes, destinations indiquées, et autres petites choses, ça va demander un peu d'adaptation).

    Dans le monde de Shenmue, pas de carte, pas de FedEx, pas d'aides en tout genre, juste quelques indices récupérés à force de questionner les gens et fouiller les lieux. C'est comme ça qu'on avance : en cherchant. Autant dire que ça bouscule bien des habitudes modernes et que vous allez consacrer une bonne partie de votre temps à repérer l'agencement des villes, au début. Bon, ce portage permet d'aller directement dans le quartier voulu à la seconde où on quitte la maison, mais ce sera le seul petit aménagement. Pour le reste, fiez-vous à votre tête (je sais, c'est pas gagné pour tout le monde...) et au journal de Ryô, accessible à tout moment, et qui compile toutes les informations obtenues. Et surtout, méfiez-vous des nouvelles rencontres.
    En effet, les provocations ne sont pas rares dans ces jeux. Parfois, ça se finit à coups de QTE (et attention, ça va vite. Pas aussi vite qu'un Dragon's Lair original, certes, mais quand même salement plus vite que les QTE de Yakuza ou de chez Quantic Dream...) et, parfois, il faut jouer des pieds et des poings. Par chance, Ryô n'est pas un manche dès qu'il s'agit de donner dans les arts martiaux, d'autant que le gameplay est inspiré de Virtua Fighter (Suzuki faisait partie de l'équipe de développement) et est assez simple à assimiler : une touche pour les poings, une pour les pieds, une troisième pour les projections, et la dernière pour l'esquive. Simple, clair, précis, il ne vous reste plus qu'à vous entraîner un peu pour maîtriser les divers mouvements et les combinaisons de touches (parfois complexes) qui vont avec.

    test de Shenmue I & II
    Ryô n'hésite pas à passer en mode Virtua Fighter si on le cherche un peu trop !


    Le chemin vers la maîtrise sera long, petit scarabée...

    Les arts martiaux, justement, parlons-en un peu plus, au-delà du gameplay. Si Ryô débute l'aventure avec un beau panel de techniques, il lui est toujours possible d'en apprendre plus, en croisant des maîtres ou en achetant des parchemins (notez que votre progression et votre arsenal de techniques reste sauvegardé entre les deux jeux). Là encore, c'est cryptique : les maîtres vous donnent des indices assez clairs sur les touches à utiliser, nettement moins sur le timing ou sur quelles touches à utiliser en même temps. Conclusion : faites confiance à votre intuition et vos tâtonnements, et n'hésitez pas à recommencer encore et encore jusqu'à ce que vous parveniez à maîtriser. Ce n'est pas toujours facile, mais ça représente assez bien l'apprentissage réel, non ? Et vous n'aurez pas que ça à faire.

    À eux deux, les Shenmue regorgent en effet de mini-jeux en vrac : casinos, salles d'arcade, petits boulots, courses de chariots élévateurs (non, ce n'est pas une blague !), pachinko dans les rues de Hong Kong, et encore bieeeeeeeeeeeeen d'autres moyens de passer le temps vous attendent. On en oublierait presque Lan Di et notre quête de réponses et de vengeance, tant on procrastine là-dedans (comme dans Yakuza, me dire-vous... Oui, c'est encore cité, et, non, ce n'est pas par hasard).
    Au bout du compte, si Shenmue n'est plus révolutionnaire tant tous ses éléments sont désormais vus et revus ailleurs, la saga reste néanmoins très moderne, bien remplie, et toujours aussi pertinente.

    test de Shenmue I & II
    C'est moi ou ça sent la séquence d'action façon HK Movie ?


    L'excellence, ça ne vieillit pas vraiment.

    Y a-t-il des défauts à ces jeux, demanderez-vous ? De base, pas vraiment. Aujourd'hui, si, quand même. Déjà, sachez que les sauvegardes ont parfois des problèmes et que vous pourrez sauvegarder à un moment et retrouver un fichier corrompu vingt minutes après (ce qui vient justement de m'arriver...). On remercie les empalcements multiples d'exister. Côté jouabilité, si les nouvelles commandes fluidifient bien l'ensemble et que pouvoir jouer au joystick est un réel plaisir, la fonction pour interagir avec son environnement est juste une horreur (et c'était sûrement déjà le cas à l'époque de la sortie originelle) qui nie l'existence même du principe d'ergonomie ! Si, pour parler à quelqu'un, vous avez juste à vous appprocher de lui et appuyer sur la touche Croix une fois devant, interagir avec un objet vous demandera d'abord de passer en vue subjective en maintenant L2, puis de regarder l'objet concerné (un zoom aura lieu) et, ENFIN, vous pourrez appuyer sur Croix et utiliser l'objet directement. Essayez donc avec la lampe dans votre chambre, par exemple...

    Mais au-delà de ça et du côté technique forcément vieilli, ce qui était une saga excellente et révolutionnaire est aujourd'hui une saga toujours très bonne et agréable à jouer. S'il faut un petit temps de (ré)adaptation aux principes de gameplay, c'est avec un réel plaisir qu'on parcourt l'univers de Shenmue presque 20 ans après, tant ses idées restent modernes (logique quand on a littéralement défini le jeu vidéo moderne) et intéressantes. Une pièce maîtresse de retrogaming, un monument de l'action/aventure, et deux jeux toujours aussi agréables à (re)découvrir, surtout avec la traduction française (pas toujours au top, notamment avec Ryô et Nozomi qui s'appellent par leurs noms de famille dans le doublage et par leurs prénoms dans le texte, mais de belle facture) et les voix japonaises, en attendant de voir enfin arriver le prochain chapitre de l'histoire de Ryô et son face-à-face avec Lan Di après tant d'années...

    Note du test 8/10En conclusion :

    Si Shenmue I et II ont évidemment vieilli aujourd'hui côté technique, filtre HD ou pas, et que le côté avant-gardiste a bien disparu, tant ils ont influencé des titres, leur pertinence n'est plus à prouver et ils tiennent encore très largement la route côté gameplay, histoire, et contenu. On déconseillera juste aux plus jeunes et/ou impatients de se lancer sans réfléchir, parce que l'aventure de Ryô ne fait pas de cadeau et pousse le joueur à chercher lui-même informations et lieux pour avancer, bien loin de ce qui se fait aujourd'hui. Du jeu à l'ancienne avec les principes d'aujourd'hui : voilà à quoi mène d'être en avance sur son temps.

    Les plus

    Shenmue I/II en HD sur PS4 !
    Textes français
    Doublages anglais ou japonais au choix
    Commandes classsiques ou modernes
    Choix de la résolution

    Les moins

    Les voix en stéréo quasiment inaudibles
    Les soucis de sauvegarde (il peut arriver que votre ficher se retrouve corrompu entre deux sauvegardes d'une même session, comme ça...) -Interagir avec l'environnement est d'une pénibilité sans nom

    En résumé


    Shenmue I & II par Rating: 8 / 10


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