Note du test 8/10En conclusion :

On a beau regarder les employés d’Atlus droit dans les yeux et leur dire que c’est impossible, ils se contenteront d’esquisser un rictus avant de se mettre au travail. Inestimable, Catherine: Full Body fusionne l’improbable pour aboutir à un résultat aguichant et marquant. Quelques défauts sont de la partie mais ils sont semblables à ce petit grain de beauté que nous aurions bien imaginé sur une autre partie du corps: c’est imparfait sans être répugnant. Bien sûr, il s’agit d’accepter que la belle est une oeuvre à part qui ne peut enivrer qu’une partie d’entre nous. Sans chercher l’unanimité, Catherine: Full Body dépoussière intelligemment le puzzle-game en y annexant des prothèses qui gonflent son anatomie. Perturbant, le jeu n’outrepasse jamais la limite du mauvais goût et traite son sujet avec respect. En succulente pionnière, Catherine nous avait déjà ébranlé aux débuts des années 2010. Jamais nous ne l’avions oubliée. Et quand nous l’avons revue, il a fallu que nous y retournions. Fragiles êtres que nous sommes.

Les plus

Barré et efficace
Un concept pertinent
La patte d’Atlus
Peu commun
Rejouabilité énorme
Suggestif sans être lourd

Les moins

Parfois un peu long
Caméra pénible
Réservé à un public averti

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Catherine Full Body
    Editeur et Developpeur : Atlus
    Genre : Réflexion
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 03 septembre 2019
    Trophées : Oui
    Support


    Test Catherine Full Body

    Publié le jeudi 05 septembre 2019 à 21h31 par NoBloodyKnows - 390 / 0
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    C’est extrêmement délicat d’en parler. Pire encore, de l’avouer. Le quotidien, le ronron, le train-train, le déjà-vu...nous fûmes tous impactés un jour d’une manière ou d’une autre. Rongés par ce qui en devient notre damnation quotidienne, nous avons vu divers horizons fantasmés se manifester, qu’ils se soient concrétisés ou non. Parmi ceux-ci se trouve l’adultère. Exécrable, inexcusable, compréhensible, soudain, abject: les qualitatifs et autres quolibets sont en surnombre. Quoi qu’il en soit, la tromperie débarque toujours au moment où certaines décisions étonnamment effrayantes nous submergent. C’est de cette étape dont il s’agit dans Catherine: Full Body, version améliorée de Catherine, sortie sur nos PS3 en 2012 pour nous autres, retardataires européens. Un thème brutal plus propice à une adaptation cinématographique (In the Mood for Love chers amis!) mais il serait indécent de douter des capacités d’Atlus, digne représentant d’un style underground à l’identité prononcée. Quid de notre voyeurisme érotique au royaume pixelisé? Un voyage hors du commun, évidemment.

     

    Un plan à Cath’


    Pour s’extirper de suite de la fameuse interrogation des vétérans, il s’agit d’aborder la problématique sous un autre angle. Ainsi, pour ceux qui ont caressé la création d’origine, faut-il craquer à nouveau? Nous serions tentés de répondre par l’affirmative à condition que ces éléments soient pris en compte: Full Body n’est ni un remaster ni un remake au sens propre (ce qui peut paraître normal pour un jeu évoquant la sexualité et...euh...non passons). Il s’agit plutôt d’une version plus complète aux ajouts concrets et sujette à une relecture du matériau de base.

    Catherine: Full Body vient d’ailleurs. Vous incarnez Vincent, trentenaire, et suivez son hésitation dans toute sa splendeur lorsqu’il s’agit de s’engager avec sa compagne, la jolie Katherine. Si seulement Catherine la tentatrice ne s’en était pas mêlée, notre héros ne serait qu’un parfait crétin incapable de prendre une décision. Seulement, il aura fallu qu’il commette l’irréparable en craquant pour la vicieuse séductrice et se retrouve à jongler entre 2 relations tout en cherchant une issue. Comme si cela n’était pas suffisant voilà que Rin, nouvelle venue spécialement pour cet opus PS4, débarque dans la vie de notre infidèle.

    Avant d’aborder les mécaniques, attardons sur l’histoire en elle-même sans trop en dévoiler, notre honneur étant en jeu. Si quelques clichés sont redondants et que finalement nous tripotons plus le sensuel que le sexuel, l’audace et la pertinence de la narration sont de l’ordre de l’éminence. Les personnages sont bien écrits et même si Vincent pourra parfois nous agacer, nous nous sommes pris de tendresse pour cet être couard, alcoolique à ses heures, indécis et un brin pervers. “C’est un homme comme les autres enfin!” nous rétorquerons quelques femmes un peu aigries. Bon on va se mettre à table: il y a un peu de vrai.

    Katherine est la figure féminine qui souhaite désormais bâtir sa vie sur les fondations de son couple tandis que Catherine représente un malsain “carpe diem”, amenant du piquant dans une réalité sans surprise. C’est là qu’entre en scène Rin, dont l’annonce avait de quoi faire peur. Intégrer un personnage important au sein d’un récit déjà abouti est un pari dangereux. Sans s’en tirer haut-la-main, Atlus parvient cependant à faire passer la pilule même si on regrette quelques séquences qui semblent un peu forcées. Comme quoi, il faut savoir recourir à quelques cajoleries si on veut que ça passe…

    Toutefois ne boudons pas notre plaisir: Rin amène une fraîcheur incontestable afin de sortir du diptyque Katherine/Catherine et permet de nouveaux embranchements scénaristiques, car vous vous doutez bien qu’il ne peut y avoir une seule et unique fin au milieu de ce bordel.

    Et il y en a du monde là-dedans!

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    L’antagonisme en une seule image!

    It’s so Body Full


    Présenter le concept de Catherine: Full Body est paradoxal au sens où ce dernier est à la fois formidable et sommaire. Le jeu se divise en 2 parties totalement distinctes destinées à se répondre, ce qu’elles font avec brio d’ailleurs. Nous alternons entre phases de jour et de nuit pour 2 typologies de gameplay totalement différentes.

    Lorsque Vincent est réveillé, le jeu enchaîne bon nombre de cinématiques à rallonge, ce qui ne manquera pas de lasser les plus hermétiques de ce procédé, avant de vous retrouver au bar pour interagir avec les personnages de ce conte dévêtu. Le rythme est relativement lent mais chaque action sera déterminante pour la suite des événements. A vous de décider de dialoguer ou non avec les autres, de répondre aux sms de votre portable et de décrocher si le coeur vous en dit lors d’un appel. Vous pourrez même vous saoûler comme un cochon, en découvrant par là de sympathiques anecdotes sur l’alcool que vous buvez, ce qui vous octroie d’ailleurs un bonus pour l’autre partie du jeu. Moralité: rentrer c’est OK mais le mieux c’est de rentrer bourré! Retenez seulement que vos actions auront fatalement un impact sur le déroulement du scénario.

    Tout s’assemble correctement, soutenu par une traduction française qui malheureusement se permet quelques oublis et fautes regrettables (notamment en ce qui concerne la conjugaison) sans que cela ne nuise à la compréhension. Cependant, si vous vous êtes essuyés sur la production d’origine, cela devrait vous faire “tilt”. Le jeu de lumière a changé et l’ambiance poisseuse a désormais disparue. Cela pourrait contrarier les puristes mais nous pensons que cette décision est justifiée et efficiente car elle met encore plus en exergue le fossé avec l’autre pan du jeu. Ici, on baigne plutôt dans une phase proche du visual-novel, où les déplacements sont limités au chemin à parcourir entre 2 protagonistes. Ah si! Il y a un mini-jeu sympathique mais anecdotique. La mise en scène rigolote de celui-ci et l’aspect rétro de chez rétro vous laissera quand même de bons souvenirs en essayant de sauver la blonde à la grande tresse.

    Enfin n’allez pas croire que ces phases sont de tout repos. Les toilettes anxiogènes seront là pour vous rappeler et qu’il est l’heure de rentrer. Pour un sommeil relaxant? Absolument pas.

    Il est temps d’affronter vos cauchemars.

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    D'affreux cauchemars. Il va falloir grimper...

    Hentai la route


    La nuit vous place dans les fameux rêves de Vincent et vous expliquer cela va relever de la gageure. Si nous voulions bâcler le travail, nous vous aurions juste précisé que nous retrouvons notre héros en calbut avec son oreiller, orné d’une paire de...cornes et qui doit grimper des cubes au milieu de moutons avant que tout s’effondre.

    En soi, ce n’est pas inexact mais c’est d’une cartoonesque imprécision. Il s’agit en fait d’un puzzle-game dont le concept est simple à assimiler malgré une adaptation nécessaire pour maîtriser la panoplie. Vous devez grimper, pousser des blocs et les escalader pour vous frayer un chemin en hauteur car sinon, ce sera la chute vous menant à la mort. La pression est constante et le timing est symbolisé par cet écroulement de ce que vous venez de franchir quelques secondes auparavant. De plus, il vous faudra comprendre l’intérêt de pousser les blocs, car Vincent ne peut en franchir qu’un à la fois, jusqu’à former un escalier pour atteindre le sommet.

    Cela semble un peu sommaire mais les casses-têtes vont se complexifier au fur et à mesure. Aux cubes immuables et normaux s’ajouteront des blocs piégés, explosifs, en mauvais état et nous en passons. Une brillante manière de renouveler l’intérêt et de maintenir la cadence. D’un rythme frénétique, ces moments se démarquent totalement des phases de jour même si les paliers vous permettront de souffler un peu, le temps de discuter avec des moutons, autres damnés qui comme vous n’ont d’autre option que de monter pour échapper au trépas.

    Leur évolution est d’ailleurs notable et appréciable, lesdits paliers étant une représentation de chaque étape de sa propre introspection. Les dialogues en deviennent de plus en plus touchants et ces moments sont de véritables “tronches de vie”. Un confessionnal vous attendra aussi au bout de ses temps d’accalmie. Choisissez bien vos réponses, le cheminement de l’aventure en dépend également.: la jauge affublée de rouge et de bleu sera d’ailleurs là pour vous aiguiller sur le sens de vos réactions.

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    Les soirées de beuverie. En attendant la nuit...

    Atlus verra tu verras


    L’aspect puzzle n’est pas seulement annexé pour progresser. Il est d’ailleurs possible de choisir entre les 4 difficultés du jeu, la première étant le “sans-risque”, empêchant tout game-over et enlevant tout le sel de l’oeuvre. Si nous admettons que le mode “facile” (le second du jeu) retire le poids de l’effondrement, ce qui vous permet d’avoir le temps de résoudre les énigmes, il est incompréhensible de ne pas transpirer dans le premier mode d’autant plus qu’il est possible de laisser la console jouer à notre place pour gravir les obstacles. La dernière fois que cela nous avait choqué, c’était pour Donkey Kong Country Returns et bon sang que c’est agaçant! Surtout que les checkpoints sont suffisamment bien placés après tout.
    Nous ne vous ferons pas l’affront de vous conseiller de ne pas recourir à cette option: nous sommes entre gamers après tout.

    On vous laissera vous frotter à l'expérience en “normal”, corsée mais juste dès que tout est bien intégré. D’autant plus que le “undo”, possibilité de retourner une action en arrière, sera bien utile en cas de couac. D’un nombre limité à 3 dans cette difficulté, il vous faudra remplir le réservoir en bougeant des blocs, voire même d’augmenter les utilisations en trouvant des…”oreillers mystiques”. Ils sont vraiment barrés.

    D’autres objets seront utilisables afin de vous faciliter l’ascension, comme la potion permettant de grimper 2 blocs ou encore le grimoire qui élimine les (rares) méchants moutons qui se mettront en travers de votre route. Néanmoins cela abaissera votre note, un petit côté Devil May Cry que nous affectionnons. Et dans les faits plus vous êtes de la caste des rapides, meilleure sera la récompense: en plus de l’argent obtenu pour acheter des items au marchand du palier, votre réussite vous poussera à vous améliorer pour vous adonner aux joies du scoring.

    Oui de l’arcade. Dans un jeu sensuel.

    Si vous êtes un vieux briscard, alors foncez en “difficile” et vous pourrez apprécier le choix entre “classique”, fidèle (ah, ah) à la version PS3 et “arrange”, pas révolutionnaire mais qui apporte de chouettes subtilités en modifiant certains passages et aspects assurant une replay-value appréciable.

    Car ce ne sont pas les 12 heures de votre premier run qui feront de vous quelqu’un d’endurant. Comme nous l’avions dit, plusieurs embranchements et fins sont disponibles et une fois ceux-ci sont achevés, il y en a encore. Le titre de “bête à plaisir”, ça se mérite!

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    Vous y passez du temps en calbar!

     

    A quoi ça Rin?


    Une fois le joueur rôdé, il sera possible de se frotter à l’option “Babel”, qui porte merveilleusement bien son nom, en dehors de l’histoire et jouable seul ou à 2 sur le même canapé pour relever des défis de plus en plus exigeants. En fan de versus-fighting, le jeu vous offre “colosseum” et “arène en ligne” pour vous défier en local ou multi dans une course à la grimpette et là pas de pitié: tous les coups sont permis et tant pis s’il faut se résoudre à faire tomber l’adversaire!

    Complet, doté d’un humour suffisant afin de contrebalancer la noirceur de son propos, Catherine: Full Body dispose d’atouts non négligeables dont le décolleté est seulement entaché d’un vin de moins bonne qualité.

    Ainsi, on regrettera la caméra de l’ascension qui aurait gagné à être plus souple et moins stricte. Cela aurait évité des loupés aussi rageants que frustrants, générés plus par manque de lisibilité que de dextérité. Nous nous étonnons aussi de la distillation des “techniques” (les astuces pour effectuer des montées), énoncées si tard qu’elles semblent enfoncer des portes ouvertes. Tout comme ce 4ème mur, parfaitement brisé excepté en fin de jeu où l’explication est superflue. A l’instar du métrage The Dead Don’t Die, le jeu fait l’erreur de nous exposer ce qui est suggéré au point de donner un surplus d’informations dispensables.

    Toutefois si le finish est un brin longuet, son côté quasi-épique lui offre une intensité époustouflante en dépit d’une grande séquence de non-jeu, que vous accepterez ou non (tout dépend de votre camp lors du débat concernant Metal Gear Solid 4). Si le boss final est un poil décevant en comparaison avec ceux proposés antérieurement, la réussite du monster-design s’allie à la pertinence de la peur représentée par ces colosses.

    La Direction Artistique est quant à elle sublimement morbide et attrayante, fortifiée par une OST juste incroyable qui vous offrira quelques mélodies bien connues de tous. D’accord, il y a quelques errances graphiques sur certains visages lors de certains plans mais l’ensemble reste une flatterie sobre et séduisante pour nos rétines. Ajoutons à cela un doublage japonais et anglais de très bonne facture pour enjoliver le délice auditif et nous voilà envoûtés.

    Qu’il est excitant de deviner la forme avant de la toucher.

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    Un aperçu de la version collector, histoire de bien cerner le produit!

     



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