Note du test 5.5/10En conclusion :

Cela nous agace profondément mais à l’instar de nombreux retours actuels, le pari est potentiellement perdu. Astérix et Obélix XXL 3: le Menhir de Cristal soulevait attentes et inquiétudes, il aura renforcé ces dernières. Loin d’être une catastrophe industrielle, le jeu suinte de bonnes intentions mais l’archaïsme de certaines mécaniques le condamne jusque dans ses retranchements. Pas un mauvais moment, loin de là, mais quelques frustrations face à un produit qui ne décolle jamais vraiment et qui a du mal à porter les promesses d’un second opus, si lointain déjà… Comme si le fait d’attendre entre 2 épisodes est un objectif bien trop friable pour être mené à son terme et il est évident que le jeu évite tout risque en se montrant bien trop prudent, ce qui finit par se retourner contre lui. Comme si la séquelle du menhir sur la tête n’avait jamais vraiment disparu et que le temps aura eu raison de notre vieux druide, désormais plus prompt à servir la tisane qu’à préparer la potion magique. Que Toutatis et Belenos nous entendent!

Les plus

L’ergonomie
La coop’
Les phases de puzzle
Quelques doublages savoureux…

Les moins

Quelques doublages foireux…
Les combats répétitifs
La mise en scène défaillante
Très daté dans son concept

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Asterix & Obelix XXL 3
    Editeur : Microids
    Développeur : Anuman Interactive
    Genre : Action | Aventure
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 21 novembre 2019
    Trophées : Oui
    Support


    Test Asterix & Obelix XXL 3

    Publié le jeudi 05 décembre 2019 à 21h41 par NoBloodyKnows - 399 / 0
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    Si on part dans les symboles (voire même les clichés de notre beau Pays), la bande dessinée devenue Légende Astérix et Obélix surpasse l’hégémonie de la baguette et du camembert! Albert Uderzo et le regretté René Goscinny ont tout simplement donné naissance à un mythe mélangeant humour bourré d’anachronismes, baffes et tendres jeux de mots où nos Gaulois favoris affrontent les Romains à travers le Monde, où tous les traits des différentes cultures sont grossis sans tomber dans la grossièreté malvenue ou l’insulte gratuite. Un hymne à la réunion entre les peuples qui résistent encore et toujours à l’envahisseur, face à l'expansionnisme de ce qui deviendra un puissant empire. Cependant, c’est peu dire que la série fut malmenée à travers des films au mieux ratés ou des albums à 1000 lieues de ce que nous avions connus, à l’exception des coups de génie du sieur Chabat, du duo Ferri/Conrad et, dans une moindre mesure, des compères Astier et Clichy. Pour le village vidéoludique, à l’exception de l’excellent Beat’em Up de 1992 sur Arcade issu de la maison Konami, ce ne fut pas la panacée. Par chance, l’opus XXL2: Mission Las Vegum avait su imposer son style en renouant avec l’esprit complètement barré de la licence en déployant des parodies toutes aussi loufoques les unes que les autres. C’était...il y a 14 ans! Jamais nous n’aurions imaginé une suite, même si la conversion HD du second opus nous avait mis la puce à l’oreille: c’est entre craintes et stupeur que nous avons posé nos mimines sur le dernier volet de la trilogie. Que le ciel ne nous tombe pas sur la tête!

     

    Thulé voit venir


    Brassage de mythologies, histoire et vannes hors du temps, voilà le pitch de ce XXL3 et c’est peu dire que le jeu se prend les caligae dans le tapis! Oui l’humour reste omniprésent mais il tombe à plat à de multiples reprises en raison d’une mise en scène inexistante aux accents passéistes, où les animations sont très sommaires et les plans fixes. L’écriture des dialogues est parfois limite, là où celle des quêtes est carrément paresseuse par moments, et l’ensemble ne prend jamais vraiment forme allant jusqu’à zapper l’empathie habituelle que nous éprouvons pour Obélix.

    Vous trouverez aussi plein de clins d’oeil à notre culture populaire, jusque dans les trophées où le “Gaulois réfractaires” nous aura fait marrer. Mais le manque global de vie nous empêche d’esquisser ne serait-ce qu’un léger rictus face aux situations qui traînent en longueur ou au contraire s’enchaînent trop rapidement dans une épopée visant à récupérer les fragments d’un menhir magique. Aucun signe de réelle émotion pour nous car trop de choses paraissent alambiquées.

    En effet, le doublage inégal couplé à des textes pas toujours inspirés cassent l’immersion. Pourtant il y a d’excellentes choses à souligner comme le coutumier fantastique Benoît Allemane en brillant narrateur qui nous gratifie d’une performance hors-norme ou encore Jean-Claude Donda qui abat un gros boulot pour remplacer avec brio Roger Carel dans le rôle d’Astérix. Moins de chance pour Guillaume Briat qui double notre brave livreur de menhirs en lieu et place du défunt Pierre Tornade car ses dialogues ne lui permettent de briller qu’en de trop rares occasions en dépit d’immenses efforts déployés. Mais le scénario loupe la perception de son personnage, le faisant passer de gentil au grand coeur parfois un peu benêt à nigaud sympathique. Une nuance subtile mais perceptible!

    Ce même constat sied aux autres personnages, parfois brillamment interprétés ou trop faiblards. En revanche, aucun signe de protestation n’est possible concernant les bruitages: les coups et cris des Romains sont rigolos, les aboiements d’Idéfix sont justes et rien n’est jamais trop surchargé pour nos tympans. Nous n’en dirons pas autant des musiques, pas foncièrement mauvaises mais avec une âme éloignée de ce que nous attendons d’un délire auditif de nos compères.

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    "Laissez-les moi!!!"

    Lepasséressurgix


    Un désagréable paradoxe qui se manifeste également visuellement: si les textures semblent un peu simples, la charte graphique est dans le ton de la bande dessinée. Mieux, certains jeux de lumière sont subtils, à l’instar du niveau de Tyr qui manie avec justesse l’assemblage de couleurs chaudes, donnant un cachet unique à la zone surtout lors des quelques énigmes où il faudra savoir se jouer de l’obscurité.

    Et même si certains endroits paraissent plus générix, le sentiment de voyage n’est pas en reste grâce à la pluralité des environnements proposés. De la neige aux forêts en passant par les lieux croulant sous le poids de la chaleur, il y a suffisamment de mets pour assurer un beau banquet. A contrario, la modélisation des protagonistes ne nous a absolument pas convaincu.

    D’accord, on reconnaît aisément qui est qui et même si le design est respecté, cela ne nous empêche pas de penser que la représentation possède une génération de retard en se maintenant bien loin des standards de nos dernières années. In-game, cela ne choque pas mais quand les visages sont incrustés lors des conversations, le temps se gâte et nous rappelle que la simplicité est bonne si celle-ci est efficiente. Or ici…

    Autre grief: si la vue du dessus est une bonne idée pour envoyer des mandales à tout-va, certaines caméras prêtent à confusion, ce qui est fort dommage car la plupart des angles, fixes, nous présentent l’action correctement. Mais certaines bastons nous perdent complètement et l’absence de carte ou de possibilité de changer d’angle ne nous donnent pas l’envie de découvrir les bonus cachés. On finit par tracer sa route pour aller d’un point A au point B en suivant l’indicateur qui nous empêche de trop nous paumer, les secteurs ayant tout de même une taille respectable.

    On pestera aussi face au choix de ne pas effectuer de split de l’écran si les 2 héros se séparent, pénalisant fatalement le joueur 2 en coop’ qui, trop éloigné, sera automatiquement téléporté sur le “tableau” du player 1. Rageant lorsque l’un maîtrise plus la situation que l’autre, devant tout se retaper alors qu’il avait côtoyé le succès.

    Cela ne paraît pas être grand-chose et nous l’admettons. En effet, ce XXL3 ne commet jamais d’énormes bourdes. C’est bien plutôt l’accumulation de petites erreurs qui plombent le soft.

    Des pénalités qu’on retrouve tout au long de l’aventure.

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    Malheureusement un peu vide...

    Limitesystémix


    Au niveau du gameplay, le jeu dispose de 2 phases bien distinctes: les combats et les énigmes. Sachez d’abord que si vous comptez jouer en solo, vous alternez entre Astérix et Obélix à tout moment, ceux-ci ayant des caractéristiques complètement différentes. Le problème est que vous perdez le sel essentiel à XXL3: ne pas jouer en coopération est une rude hérésie car l’intérêt se trouve là.
    Il y aura même moyen de switcher entre solo et coop’ en poursuivant l’aventure, ce qui ne pénalise pas votre avancée si votre partenaire est absent.

    Le déroulement est simple: vous suivez les objectifs simples d’une quête principale (aller ici, chercher un objet) où se mêlent parfois des quêtes secondaires liées aux PNJ, pas très approfondies dans l’écriture mais donnant lieu à quelques mini-jeux parfois intéressants, comme la lutte contre un timer pour atteindre une destination ou le lancer de Romains pour bazarder du matériel ennemi sur une galère.

    Vous traverserez souvent des camps pour poursuivre votre histoire et bien que cela devienne forcément très répétitif sur la durée, nous pouvons souligner les efforts des développeurs sur de nombreux points. Tout d’abord, les unités sont différentes et une petite dimension stratégique sera à apprécier lorsqu’il s’agira de choisir entre dégommer le fantassin de base, le trompettiste qui rameute la foule ou le centurion qui booste ses troupes. Sachant que certains ennemis bien protégés nécessitent un coup spécial dans la gamelle pour ensuite être tabassés, on se dit que la palette de nos protagonistes se doit d’être un minimum travaillée!

    Et c’est le cas. En plus des baffes habituelles, les héros disposent de 4 coups spéciaux, qui dépendent d’une jauge à faire remonter en cognant normalement ou en collectant des items, identiques et à utiliser avec parcimonie. Uppercuts, chopes et lancers ou encore tartasses en “hélicoptère”, il y a de quoi s’amuser en essayant de varier les pralines. Tout est upgradable, comme l’allongement de votre combo ou l’efficacité de certaines attaques.

    Là où Astérix et Obélix se distinguent, en sus d’une résistance, agilité ou capacité à se faufiler différentes, c’est par leur bonus respectif: le petit blondinet boit une potion magique qui le rend rapide et quasi-invincible, enchaînant les parpaings qui pourraient vous sauver de plus d’une situation; tandis que “celui qui n’est pas gros” pourra compter sur son fidèle Idéfix pour mordre les fesses des adversaires, sujet à un cooldown pour éviter une trop grande facilité d’utilisation.

    Et il faudra vous apprendre à jongler entre tout cela car si le jeu dispose d’un mode facile, les coeurs fondent à vitesse grand V si personne ne fait attention en normal. Un bon sanglier, déjà préparé ou à chasser, et ça repart mais si le jeu ne dépasse pas les 8h, il est parfois bien tenace.

    Quoi? On ne vous a pas encore parlé de l’intérêt du menhir?

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    La bagarre!

    Tombédedansétantpetix


    Rapidement introduit par le scénario, cette lourde pierre magique sera portée par Obélix pour l’ensemble de l’aventure. Au-delà de son intérêt scénaristique, des pouvoirs se greffent au fur et à mesure de votre avancée. De la simple démolition, pratique pour faire tomber un soldat qui vous canarde depuis sa tour, au feu en passant par la glace ou le magnétisme, cela a un intérêt pour ouvrir des possibilités environnementales. Il est aussi possible d’utiliser ces attributs contre les ennemis et leurs réactions sont souvent drôles notamment quand on leur brûle l’arrière-train!

    Cela donne un charme particulier poussant à jouer Obélix, plus intéressant à notre sens, et choisir le bon pouvoir est vraiment une chouette trouvaille en prenant en compte que, à l’image du reste du gameplay, la prise en pad est rapide et l’ergonomie fluide...à l’inverse du framerate qui parfois nous joue des tours.

    Mais comme nous vous le disions, les séquences de puzzle sont souvent pertinentes. Trop peu nombreuses, elles reposent sur l'utilisation et la collaboration entre nos 2 guerriers pour ouvrir certains passages. Lesdits pouvoirs du menhir sont ici exploités pour faire émerger la solution et il n’y a pas à redire: cela fonctionne bien. On regrette quelques éléments archaïx, comme les sempiternels pics ou ponts à débloquer, mais point de doute le plaisir est là malgré le côté bien vieillot.

    La vétusté est ailleurs: l’IA de votre compagnon déraille et transpire de passivité, ne vous aidant qu’en de trop rares occasions quand elle ne va pas s'empaler seule dans les ronces. Pour remédier à ce problème, la survie de votre camarade en solo ne sera pas à gérer puisque la barre de vie est commune. Par contre les adversaires sont parfois encore plus bêtes que nécessaire, avec l’aggro trop timide vous permettant d’éclater leurs collègues sans qu’ils ne s’en rendent compte. C’est encore plus flagrant lors de cette infiltration où contourner les rondes relève du jeu d’enfant.

    Le nombre sera cependant là pour compenser cet écueil mais même si nous n’avons jamais l’impression de prendre une tannée, les mécaniques paraissent d’une autre époque. On tape, ramasse des casques (la monnaie du jeu) pour acheter des améliorations, on casse tout puis on passe à la suite. Sans jamais vraiment varier la recette qui en aurait parfois bien besoin! De fait, on se désintéresse plus ou moins de la note de fin de mission qui relate vos exploits pour se contenter d’aller au bout d’une oeuvre qui déborde d’envie de bien faire mais qui se loupe en raison de sa volonté de réunir toute la famille.

    Comme si la volonté de nous hypnotiser avait quelque peu échoué. Par Osiris et par Apis, regarde moi bien!

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    Des énigmes qui passent bien!

     

     

     



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