Note du test 9/10En conclusion :

Encore du chauvinisme? Absolument pas. Tel un petit poucet, Dark Devotion poursuit avec ses camarades de promotion son ascension vers les sommets de sa catégorie, en se différenciant comme le ferait tout sale gosse de la famille. Déterminé qu’il est à nous tirer la langue, il ne se laissera pas dompter de suite, refusant de nous révéler ses secrets. A nous de décider de les découvrir, comme nous l’avons fait il y a quelques années lorsque l’Action-RPG à la sauce Souls n’était qu’un OVNI pour nous tous. Et malgré la stupéfaction qui n’est pas à l’ordre du jour, les petits génies du laboratoire Hibernian Workshop soutenus par The Arcade Crew ont osé braver les épreuves pour trouver eux aussi leur coin de Paradis. Coup de chance, ils sont parvenus à recueillir notre sang et notre rédemption pour que nous soyons à leurs côtés, affûtés pour cette longue bataille qui nous attend. Notre cœur transpercé ne nous empêchera pas de vous en livrer un coup.

Les plus

L’alchimie Souls/Roguelite
Direction Artistique à se damner
OST envoûtante
Les combats de boss!
Un concept de personnalisation extraordinaire
Une replay-value certaine
Difficile mais bien équilibré

Les moins

Nébuleux lors de la première approche
Orientation bordélique

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Dark Devotion
    Editeur : The Arcade Crew
    Développeur : Hibernian Workshop
    Genre : Action | RPG
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 24 octobre 2019
    Trophées : Oui
    Support


    Test Dark Devotion

    Publié le mardi 05 novembre 2019 à 21h39 par NoBloodyKnows - 311 / 0
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    C’est incompréhensible, étrange voire même malsain. Reprenons ce vieil adage, en faisant une fleur à Fincher, qui nous explique qu’on fait toujours du mal à ceux qu’on aime tout en omettant qu’on aime ceux qui nous font du mal. Voilà, vous le savez: sans être de décadents pornographes alléchés par la boule rouge, la souffrance dans le jeu vidéo nous plaît tellement celle-ci est gratifiante lorsque vous la surmontez. Et en cette fin d’année sur PSMag, nous nous lacérons pour vous: Death’s Gambit, The Surge 2 ou encore Blasphemous, tel est notre agenda pissant le sang abondamment. Et le visage tuméfié, on vous regarde encore droit dans les yeux en demandant une “punition” supplémentaire. Sauf que là, on n’avait rien vu venir: un mini studio qui expose ses développeurs en chiffre, et non en nombre, exploite 2 genres peu destinés à se mélanger. Marier Souls-Like et Roguelite, il fallait oser car en plus d’éviter le naufrage il faut se résoudre à trouver un public d’ultra-niche comme auditoire, exigeant et intransigeant qui plus est. Déjà sorti sur PC, il fallait que nos PS4 soient servies au milieu de ce ring de fous, où les champions se sont déjà taillés la part du lion. Face à la turpitude s’adressent la fougue des chevaliers, la sagesse des paladins et la conscience des templiers: la lame suinte, le fil de l’arc brûle encore. Hérétiques, il est l’heure de vous repentir. Et de mourir.

     

    Devotion Capture


    S’il fallait définir Dark Devotion, nous serions disposés à faire un parallèle avec le récent Blasphemous (testé dans notre antre) pour les sujets qu’il traite: la religion et son pendant sombre, l’Inquisition. Pas directement, non, mais par le biais de PNJ et décors très évocateurs, fascinants et violents à la fois, toujours justes. Si une pointe d’inquiétude a effleuré notre foi, les doutes furent vite balayés. D’accord, l’hétérogénéité de l’exemple donné était un point fort et voir un temple grisâtre comme théâtre principal du drame qui se joue avait de quoi nous perturber.

    C’était assurément sans prendre en compte le génie de la Direction Artistique qui, en plus de nous jeter au visage une 2D en pixel art du plus bel acabit, parvient à faire ressortir des couleurs vives au milieu de l’obscurité (la dualité avec la lumière étant même une portion du gameplay), le rouge sang en premier comme vous vous en doutez. Mieux, certaines zones surprennent franchement et on ressent un réel sentiment de malaise lorsqu’il s’agit d’occire dans un paysage presque idyllique.

    Une montée en puissance qui martyrise le crescendo en lui demandant d’accélérer, jusqu’à l’éclosion du bouquet final grandiose. Avec de plus un storytelling bien arrangé, quoique fidèle au genre: cryptique et dispensable pour celui qui ne souhaitera pas s’y pencher. La narration se trouve ainsi éparpillée entre environnements évocateurs et dialogues brumeux, plus souvent impétueux pour vous suggérer les choses que vous les exposer clairement.

    C’est un choix qui comme à l’accoutumé fera débat. Ici, cela nous semble parfaitement calibré et ce afin d’instaurer une ambiance morbide, criarde, dérangeante au sens où vous ressentirez une lueur d’espoir et où la solitude est tantôt plus réconfortante que l’entourage d’une société agonisante. Ajoutez à cela un chara/monster design rugissant de douleur avec des boss qui en jettent un maximum tout en provoquant à l’occasion le dégoût. A l’exception d’un seul d’entre eux, ils sont tous magnifiques.

    On posera toutefois un petit bémol concernant le sound-design. Pas de panique: l’OST est absolument monstrueuse et Dieu sait comme vous tous combien cela est pour nous essentiel. Qu’elle serve l’ambiance, avec une justesse qui prend aux tripes, ou qu’elle soit le dévot des combats contre les gardiens de niveau, avec une expérimentation couplée à l’épique, nous sommes conquis et ébahis devant la quintessence de celle-ci. Les bruits d’armes font également honneur à leur credo, en faisant le distingo entre la taillade rapide ou l’écrasement sous le poids d’une masse lourde déchiquetant le corps du mécréant. Non, le seul regret provient des râles de certains ennemis, répétitifs et pas toujours crédibles.

    Un détail nous direz-vous? Exactement. Mais si nous sommes un brin fouettard avec le titre, c’est en souvenir de sa capacité à nous l’avoir fait.

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    Si glauque et si juste...

    Devotion peine


    Premier constat lors du démarrage: aucune personnalisation de personnage n’est à votre disposition. Vous commencez avec une héroïne toute faite (et réussie) prête à en découdre avec toutes les monstruosités du donjon. Un équipement de base, quelques vagues explications et vous voilà face à un premier boss (qu’on appellera “Gundyr-like”) pensé pour être un didacticiel vous donnant les bases.

    On se dit que cela va bien se passer jusqu’à ce qu’on se retrouve dans le Hub du jeu en enchaînant des zones sans trop comprendre ce qu’on commet comme actes. C’est bien là l’un des seuls reproches que nous énumérerons tout au long de ce test: si la volonté d’étourdir le joueur en le semant un peu est légitime, le laisser groggy face à une incompréhension du système est moins défendable. Ok, au bout d’un allongement de session vous allez “piger le truc”. Il faudra d’abord vous accrocher tant le jeu se plaît à vous prendre à contre-pied, ruinant ce que vous pensiez connaître jusqu’au bout des ongles.

    Ainsi et avant d’évoquer tout up, vous verrez une barre de vie et une jauge d’endurance. Et la première comporte 2 points. Autrement dit, 2 volées et s’en est fini de vous! Il faudra prendre le temps d’explorer un menu qui n’en est pas un au sens propre et qui se gère en temps réel pour comprendre qu’une protection vous accorde le droit d’encaisser plus de coups, selon les points affiliés cette dernière. Au début, vos PV + un haillon à 2 points vous donnent une résistance face à 4 tartasses avant de trépasser. Simples sur le papier, les débuts sont un peu chaotiques face au flou entretenu. Mais une fois le tout intégré, vous prendrez un malin plaisir à réparer votre équipement abîmé ou à en ramasser un nouveau pour repartir au combat. En admettant que le soft vous en mette sur le passage…

    C’est ici la vraie composante roguelite de Dark Devotion, où le loot est aléatoire.Nous vous évoquions en introduction ce moment où votre avatar mord la poussière: ce même trépas que vous rencontrerez encore et toujours, entaillant votre progression de son effroi. Et si vous étiez habitués à récupérer votre âme et votre XP en conservant votre attirail, oubliez de suite ce concept. En cas de mort, votre équipement est perdu et pas moyen de le récupérer en dehors de la chance de blocage de plan de l’équipement lors d’un énième loot qui sera alors disponible chez le forgeron lors du respawn.

    Vous l’aimiez bien votre épée à longue portée lors de votre run? Mais un mob vous a envoyé ad patres et vous n’aviez pas débloqué le patron de l’objet chéri… vous recommencerez alors avec ce glaive tout court qui vous semble plus être un cure-dent qu’autre chose.

    C’est dur mais c’est le principe.
     

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    Un architecture qui fascine, rassure et inquiète à la fois.

    La reine dévot


    L’arsenal meurtrier est impressionnant mais à la différence d’un Souls, il est possible que vous soyez à l’aise avec une catégorie que vous mettrez trois plombes à retrouver pour vous la forger vous-mêmes. Cela oblige à être un minimum polyvalent et à bien prendre en compte les caractéristiques de portée, dégâts, stun, parade et contre de chaque élément afin de survivre à cet enfer.

    D’autant que les consommables, judicieusement accessibles sur la croix directionnelle, sont aussi distribués au pif et se retrouver devant une armada de bestioles énervées sans la possibilité de se soigner, ça l’a fout vraiment mal. Cependant cela modifie les sensations, sachant qu’aucun run ne sera identique et que si vous êtes porteurs d’items à foison, redoublez de vivacité pour protéger vos biens car la fois d’après vous serez peut-être une protagoniste mourante et prise au dépourvu.

    Heureusement, vous pourrez aussi compter sur des bonus permanents et de zone pour espérer vous en sortir, vous buffant afin d’augmenter votre résistance ou votre vitesse par exemple. A contrario si vous souffrez d’un malus, trouvez vite le remède tellement certains d’entre eux vous rongent rapidement. Sachant que quelques objets dissiperont les effets néfastes, au prix d’une blessure… le genre de dilemme qu’on apprécie!

    Il existe néanmoins des autels prévus pour vos soins ou autres purifications, moyennant des points de foi qui augmentent à chaque cadavre d’adversaire dont vous serez la cause. D’autres fonctions leur sont attribuées, comme la découverte de raccourcis ou de leviers à activer pour ouvrir des portes, voire même en tant que lieux de téléportation pour éviter de tout se retaper. Cependant: que la carte proposée est bordélique! Mal agencée, elle ne vous sera que d’un mince recours pour vous y retrouver, et on se prend à faire parler nos vieux réflexes pour mémoriser les lieux afin de ne pas tourner en rond.

    Il est à noter également que lorsque vous reprenez un stage après une défaite, les ennemis ainsi que les coffres repartent de zéro. Pratique pour récupérer d’autres consommables et pour trouver (dans des pièces plus ou moins cachées) des caisses remplies d’attributs définitivement gagnés renforçant foi, attaque, endurance ou chance de faire un coup critique.

    Le système de personnalisation, quoiqu’un peu étrange, est basé sur cette diversité entre trouvailles et up personnalisé. Si certains précieux bijoux disponibles dans votre inventaire vous laisseront de beaux bonus, pensez à ne pas négliger l’arbre de talents. Celui-ci se divise en 5 lignes elles-mêmes constituées de 4 cases, en plus d’une à débloquer en battant le boss afférent. Une seule case sera activable par ligne mais vous pouvez choisir de toutes les débloquer et de changer quand vous le souhaitez afin de diversifier votre style de jeu, le tout en claquant les précieuses orbes violettes que vous glanez également sur les ennemis.

    Ce système nous convainc car, au-delà de son originalité, il contourne le classique choix entre les différents classes et évite de singer tout ce qui pouvait se faire auparavant. En choisissant sa propre voie, Dark Devotion parvient à instaurer une nomenclature solide permettant de donner beaucoup d’expressions étonnantes à un visage qui nous est pourtant si familier.

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    Les mobs s’agaceront. Restez sur vos gardes!

    Dévot de tête


    Evidemment, le système de combat est un fer de lance de la production. Classique et sans fioriture, il vous demandera de garder un oeil sur votre endurance afin de ne pas se retrouver sans possibilité de se mouvoir, laissant l’opportunité aux belligérants de vous démolir sur place. Un petit indice visuel est appréciable pour éviter cet écueil et vous pousse parfois à vous replier pour mieux revenir à la charge.

    Et si parer, notamment avec un bouclier, peut être une facilité à employer au début, l’apprentissage de la roulade et de ses frames d’invincibilité va vite devenir une nécessité tant ce n’est pas une sinécure! Rouler pour se dégager, rouler pour prendre le monstre à revers...rouler pour survivre, tout simplement. D’une animation juste, classieuse et qui évite tout bug de collision disgracieux, l’essentiel est assuré et fait gober la pilule de la lourdeur de l'héroïne, bien moins agile que certains de ses ennemis.

    C’est un choix assumé à prendre en compte et qui pousse à bien connaître notre armement, en terme de timing et de portée notamment, pour porter un coup avant d’en prendre un, les animations pouvant être cassées dans les 2 sens. Exigeant, le défi n’est jamais insurmontable même si l’énervement peut poindre de temps à autre le bout de son museau.

    Ce n’est pas une tare en soi, tant la globalité est équilibrée: la filouterie de quelques pièges, qu’on aura tôt fait d’esquiver lors de l’essai suivant (voire même de s’en servir à notre avantage), ou l'obscurité un peu abusive qui peut tromper nos sens mises à part, le soft fait appel à un don de l’observation aiguisé qui devient le vrai Salut. Prendre le temps d’analyser les patterns ou de se baisser pour atteindre une plateforme, sachant qu’aucun saut n’est prévu dans le gameplay: à vous de vous adapter et quand tout est assimilé, cela devient naturel.

    Pour les engins de mort, il y en a pour chaque goût: marteaux, épée, arc, griffes...chacun a ses spécificités modifiant la façon de jouer, avec un unique switch possible si vous souhaitez passer du bourrin à l’archer émérite ou au roublard véloce. Des tomes de magie vous permettront aussi de lancer des sorts, moyennant un temps d’incantation et des points de foi afin de molester l’ennemi à distance. C’est certes bien moins fun mais il faut parfois savoir faire état de pragmatisme.

    Enfin, même si nous vous les avons évoqués plus haut pour d’autres raisons, comment oublier les boss et leurs affrontements? Dantesques, ces combats vous fourniront des sueurs froides dans le dos jusqu’à ce que la bonne tactique soit employée. Ni trop longues ni trop brèves, ces empoignades sont d’une précision chirurgicale et démontrent bien qu’une aventure travaillée uniquement pour le solo a encore toute sa majestuosité dans un royaume vidéoludique gouverné par intermittence par le multi.

    Une croisade sanglante certes. Loin d’être vaine cependant.

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    L'un grand affrontement vous attend...

     

     

     



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