Note du test 7/10En conclusion :

Quand les développeurs prennent la peine d’écouter, cela donne une “Enhanced Edition” intelligente. A l’instar d’un Death’s Gambit (testé récemment sur PSMag), le soft a été repensé en profondeur. Une remise en question plus tard et Redeemer mute en jeu d’action de qualité. Si la marche est encore trop haute pour que l’épitaphe “culte” lui soit décernée, le jeu fait honneur à ses origines tout en maintenant une partition juste sans trop de bémols. Perfectible sur certains aspects, le studio prouve que David peut regarder Goliath droit dans les mirettes sans trembler: un leitmotiv que nous chérissons depuis longtemps. Mixant shoot, tartasses et un zeste de stratégie, Redeemer ne nous trompe jamais sur le contrat. D’accord, nous retrouvons quelques ratures mais jamais l’encre n’a dégouliné. Mieux encore: dans sa grande mansuétude, la bande de créateurs ne nous met aucune clause contraignante, scellant un pacte bercé de confiance. Une oeuvre pleine de potentiel qui nous promet une descendance glorieuse. Jusqu’au jour où l’érudit dira “c’est comme cela que tout a commencé”.

Les plus

Viscéral et défoulant
Le système de progression
Les actions contextuelles
Bien rythmé
Le mode 2 joueurs

Les moins

Direction artistique disparate
L’ergonomie des menus
Les Boss à côté de la plaque

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Redeemer Enhanced Edition
    Editeur : Ravenscourt
    Développeur : Buka Entertainement
    Genre : Action
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 19 juillet 2019
    Trophées : Oui
    Support


    Test Redeemer Enhanced Edition

    Publié le vendredi 26 juillet 2019 à 15h51 par NoBloodyKnows - 613 / 0
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    On ne peut pas dissimuler la vérité: dans toute création, la finition est une étape lente et capitale. Pas uniquement pour le coup de polish, non. Dans le jeu vidéo on évoque bien plus l’équilibrage, la planification du système et l’utilisation des mécaniques qui lui sont allouées. Ce constat sied parfaitement à notre objet du jour qui, sorti trop tôt et un peu difforme, a essuyé pas mal de critiques quant à sa redondance et son manque de profondeur. Par chance le petit studio venu de l’Est a entendu les doléances et a planché pour nous fournir un produit revu et corrigé. Mettons également fin à un débat stérile: Redeemer, hack and slash ou beat’em up? Un peu des 2 en fait, même si les sensations seront plus proches d’un God of War que d’un Diablo, avec une vue du dessus un brin fallacieuse. Ce seront loin d’être les seules références... une chose est en outre certaine: l’action est survitaminée et désormais le soft a des fondations solides pour briller au sein de la bagarre de récré bien que les grands sont toujours ceux qui partent avec un avantage quasi-définitif. Trêve de prosopopée. Détendez vos cervicales, faites craquer vos doigts, affûtez vos sens et lancez votre regard le plus noir: nous allons ensemble vers le sang, les os brisés et les corps en charpie.

     

    Redeemer fit


    Pourtant, le dogme est un grand cliché et il faut croire que beaucoup de personnages de fiction sont ignorants. Ou candides. On n’échappe pas à son passé, et tout porte à croire qu’un jour il faut se résoudre à le regarder dans les yeux avant l’affrontement. C’est le cas de notre protagoniste, Vasily, qui pensait que la retraite au sein des moines guerriers l’éloignerait de ses antécédents troubles et tumultueux. Un effacement de son ancienne vie.. qui a décidé de refaire surface. Un trame simple et directe, qui ne s’embarrasse pas d’explication complémentaire. Comme beaucoup de jeux d’action, le scénario est un prétexte pour coller des baffes à des opposants plus ou moins costauds, le tout en se défoulant.

    Et sur ce point précis, l’objectif est largement atteint: Redeemer est fun dès ses premiers instants, facile à prendre en main et globalement bien pensé. Coups portés avec les poings ou les pieds, ramassage d’armes de càc ou à distance, et les 2 se combinent très bien, notre barbare a de quoi se défendre. Et c’est la première chose qui frappe (un humour décapant!) dans la production: Vasily dispose de 2 classes qu’il faudra développer pour monter en puissance.

    Moine pour les claques, soldat pour les pétoires. Malgré une ergonomie des menus repoussante, le système de up est simple et cohérent. Plus vous utiliserez vos mains et plus la barre d’XP augmentera, jusqu’à passer un palier qui vous octroie une compétence appelée ici “atout”. Pareil pour les guns: si vous faites parler les fusils en priorité, c’est ce domaine qui connaîtra une évolution au détriment des mitraillettes par exemple. Ainsi le jeu prend en compte votre façon de jouer mais attention! Si vous commencez à poil, les objets que vous ramassez ne sont pas éternels. Les pelles, marteaux et autres couteaux ont un degré d’usure indiqué en pourcentage et les cartouches de l’artillerie sont en quantité limitée.

    Si votre progression est calquée sur vos appétences, vous dépendez tout de même des items mis à votre disposition, histoire de varier les plaisirs, même si les outils de càc sont sous la même bannière de level-up. Cependant, chaque moveset change et ce sera à vous d’anticiper pour déboîter l’ennemi en premier. Une belle obligation d’apprendre à jongler entre votre attirail tenu en main droite ou en main gauche.

    Plusieurs façons d’en finir seront envisageables, dont la passion pour le finish classe engendrant le gros plan et le petit ralenti qui font plaisir. Mieux encore, Redeemer pousse le vice pour être viscéral car pour regagner de la vie, il vous faudra tuer. Encore et encore, selon des critères précis qui dépendent de l’évolution de votre personnage.

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    Pas besoin d'en dire plus!

    No moine’s land


    Ôter la vie est quasiment un art dans la diégèse de Redeemer et notre camarade Vasily a le sens de la pluralité. Vous remarquerez de suite que vous pouvez décaler la caméra pour mieux observer et ce n’est pas anodin (rien à voir avec la mythologie scandinave!). Vous pouvez de fait vous infiltrer pour éliminer discrètement certaines cibles en un seul coup, histoire de faire le ménage avant d’entamer de longs combats où les antagonistes se foutent du code d’honneur en vous attaquant en surnombre.

    N’allez cependant pas croire que ces phases sont parfaitement léchées: le mode furtif n’en a que le nom et reste relativement simpliste. Nul besoin de se planquer dans l’ombre ou de transformer ses pas en plumes. En gros, si vous n’apparaissez pas dans le champ de vision d’un belligérant, vous aurez l’occasion de lui casser le cou ou de le trancher si vous possédez une lame, voire carrément lui éclater la couenne si une masse se trouve entre vos pognes!

    Une dimension stratégique agréable, augmentée par des actions contextuelles. Fours, pics, scies circulaires...plusieurs zones vous permettent de dégommer le badaud en une seule action, à condition de l’y emmener suffisamment près. C’est brutal, certes, mais cela fonctionne rudement bien. Ajoutez à cela une esquive qui, bien perfectionnée, peut se transformer en safe-roll et un contre efficient, dont l’indice visuel fait penser à un certain Batou, et nous tenons là un gameplay solide et sans fioriture.

    Le produit est largement adapté au genre qu’il représente et assez complet pour faire face au bestiaire qu’il nous propose, aux patterns spécifiques, pertinent à défaut d’être diversifié. Cela fait le café à l’inverse des Boss que nous allons rencontrer, peu nombreux et surtout peu excitants en terme de challenge. Une véritable déception pour le coup tant les trash-mobs vous donneront bien plus de sueurs froides.

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    Discrétion...et brutalité!

    The true moine show


    Si la difficulté représente pour vous comme pour nous au NBK une valeur sûre, alors commencez l’aventure directement en “éprouvante” histoire de caler de temps à autre. En effet en mode normal, il sera assez rare de mordre la poussière et les checkpoints sont assez bien dispatchés pour éviter de tout se retaper, un reproche qui fut fait à la version originale.

    D’autant que plus notre personnage prendra de compétences, plus l’épopée paraîtra simple. Un léger problème de dosage, le dernier tiers étant une promenade de santé comparé au second. En sus de l’évolution du héros, vous gagnerez en assurance, gérant parfaitement l’aggro des adversaires pour ne pas être submergé en les laissant parfois le temps de se battre entre eux pour uniquement finir le travail.

    Il est toutefois dommage de constater qu’en milieu de game, beaucoup de vos attributs seront déjà au max, vous offrant une voie royale sur le chemin de la victoire. Mais ne boudons pas notre plaisir: varier les combos et alterner entre coups secs et chargés reste jouissif. Le plaisir sera décuplé avec vos nouveaux pouvoirs et si quelques passages sont bien moins inspirés, la recette est délicieuse la plupart du temps. Quelques bonus seront aussi cachés (les fameux manuscrits et tablettes, véritables raccourcis pour up chacune de vos classes) afin de vous inciter à découvrir l’ensemble des stages dont la direction artistique souffle, hélas, le chaud et le froid en plus d’être indécise.

    Si graphiquement l’ensemble est propre sans être époustouflant, les premiers environnements sont prometteurs, les couleurs et la lumière étant subtilement distillés et parfaitement mis en valeur. Les choses se gâteront néanmoins par la suite, avec un labo bien trop long et peu enthousiasmant visuellement, la faute à un ensemble générique et contraire à l’innovation. Cela s’améliore par la suite mais jamais nous ne retrouvons l’embellie du début.

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    Perturbant. Mais cogneur!

    Jeune pada-moine


    Rien de repoussant, l’essentiel demeurant dans les sensations transmises en tenant le pad mais en ajoutant quelques sautes d’humeur du framerate, heureusement assez rares, l’excellence est étroitement prise à défaut.

    Ce n’est pas si grave mais le cumul de petits couacs empêchent Redeemer d’être le hit intemporel, titre qu’il manque d’un chouïa. Il n’en reste pas moins efficace, procurant la dose d’adrénaline nécessaire à l’action, en transposant le meilleur de Dead Nation et du beat classique (sans épiloguer sur Prince of Persia 3 pour le côté furtif) pour se forger une propre identité.

    C’est violent et assumé, porté par un personnage badass soutenu par un doublage qui va dans ce sens, plus impressionnant en anglais qu’en russe d’ailleurs même si l’option est vraiment chouette. Le sound-design est également seyant car les cris, râles et impacts contribuent à un punch qui offre de belles impressions, notamment pour les calibres qui ont un rendu plus que correct, loin des engins en coton qui font “pouêt-pouêt”!

    L’OST fait également son boulot, sans être transcendante. Discrète, quelques soubresauts lui donnent de l’importance avant de retomber dans son rôle mineur.

    Le système de progression, évoqué plus haut, est fluide distribuant compétences actives et passives, activées généralement au bon moment du voyage. Ce n’est pas limpide dans les rétines, c’est clair, mais une fois ce cap franchi l’ascendance devient convenable.

    Enfin, un mode 2 joueurs en local est implanté pour augmenter la durée de vie. Si forcément cela est considérable pour les vieux briscards, rappelant le souvenir des mercredis après-midi entre copains/copines passés sur un canapé jusqu’à en griller à moitié nos consoles devenus rétros, quelques soucis de visibilité pointent le bout de leur museau. Il s’agira de bien connaître votre partenaire pour que cela ne devienne pas un foutoir total, d’autant plus que certains éléments du décor gênent parfois.

    Mais si l’avatar du second player ne ressemble vraiment à rien, la coop’ demeure percutante et laisse le champ libre à la replay-value, limitée en amont par le manque de scoring. Un mode arène compense fébrilement, nécessitant de survivre à des vagues d’acharnés assoiffés de votre plasma. Toutefois, une extension est fondamentalement une belle intention.

    Ou comment casser la monotonie, étouffée ici par un concept qui ne cherche pas l’audace mais la justesse.

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    Le reflet de l'hémoglobine...

     

     

     



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