Note du test 5/10En conclusion :

Nous détestons ce rôle: celui du père fouettard. Nous savons aussi à quel point le projet est casse-gueule ne serait-ce que pour l’idée de base. Impossible cependant de passer sous silence les choses qui ne fonctionnent pas, comme la gestion primaire et les bugs en cascade qui assombrissent l’expérience. Tout n’est pas à dégager, loin de là, et peut-être qu’avec un peu plus de moyens une possibilité attrayante va émerger. En l’état, ce n’est pas le fond que nous remettons en cause mais bien la forme. Avec moins de tares, nul doute que nous serions bien moins sévères. Et nous encourageons le studio à persévérer car avec un peu plus de polish et de maquillage, nul doute que nous trouverons un intérêt que nous n’aurions jamais pensé effleurer. Puis entre vous et nous, rendre service par le public est l’action la plus noble qui soit.

Les plus

Une volonté de bien retranscrire la conduite
La modélisation des bus
Surprend durant les premières heures
Maniabilité qui tient la route
L’affiche du chat pendant les temps de chargement

Les moins

La technique en multi désastreuse
La gestion calamiteuse
L’IA qui cale
Les idées sous-exploitées
L’ambiance qui broute

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Bus Simulator
    Genre : Simulation
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 17 septembre 2019
    Trophées : Oui
    Prix de lancement : 39,99 €
    Support


    version éditeur

    Test Bus Simulator

    Publié le mardi 01 octobre 2019 à 20h45 par NoBloodyKnows
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    On rêve, on s’évade, on part à l’aventure. Que l’on incarne Sora, Snake, Samus, Simon ou Sonic, quel plaisir de souffrir (sauf quand on dit “rouge”!), de s’émouvoir et de s’émanciper avec eux. A leurs côtés, le réel s’estompe au profit d’une invitation au voyage. Alors quand on recherche l’extase et l’onirisme, on répond sans hésiter...Bus Simulator. Il fallait bien comprendre le phénomène! La pêche, la ferme, les camions ont tous un public. Restreint peut-être? Pas forcément. Une véritable niche de joueurs que nous avons voulu percevoir car vous vous doutez bien que sur PSMag, on ne fait décidément rien comme les autres. Conduire et gérer, s’imprégner des itinéraires de la ville, rêver de prendre le volant sans rechercher l’excitation de la vitesse. Un vrai paradoxe au sens où nous entrons dans l’inconnu alors que le jeu prétend appliquer des codes réalistes. Prenons un ticket à plein tarif et explorons le transport en commun ensemble, de l’autre côté de la cabine. Et si dans l’assistance vous doutez de notre compétence pour analyser l’objet, nous allons vous faire une confidence: au NBK, nous avons déjà pris le car. C’est incroyable, oui. Mince, où sont les clés?

     

    Travailler plus pour gagner bus


    S’il s’agissait de décortiquer le concept, sachez de suite qu’il ne s’agit pas uniquement d’un jeu de conduite. Dans Bus Simulator, vous devez gérer votre petite entreprise pour qu’elle ne connaisse pas la crise. C’est un paramètre à prendre en compte lorsque vous allez créer votre groupe de transport où vous pouvez désactiver la faillite même si dans les faits, il faudra vraiment se comporter comme une buse pour se planter.
    Soyons sérieux l’espace d’un instant: cela suffit. La gestion est sommaire au possible. Alors d’accord, nous avons le choix entre divers véhicules de plus en plus nombreux au fur et à mesure issus de marques officielles et pour les amateurs de revues de grosses cylindrées, forcément ça en jette. Surtout que ces dernières sont bien modélisées, à l’inverse du laideron qui vous sert d’avatar en dépit de vos efforts de personnalisation.

    Dans les faits, à vous de gérer l’équilibrage entre recettes et dépenses sans parler des pénalités si vous conduisez comme un pirate aviné. Avec la possibilité de faire des investissements, en prenant en compte “qu'un crédit vous engage et doit être remboursé”. Oui, à force on retient ce que nous martèle la banque. Donc il y aura des intérêts et à vous d'engranger des revenus pour pérenniser votre firme.

    Et vous savez quoi? Si vous suivez la trajectoire de Bus Simulator pour enfin trouver votre place dans le trafic du libéralisme, autant vous avertir que ce ne sera pas suffisant. Tout est tellement binaire et superficiel qu’à aucun moment nous n’avons ressenti l’urgence et la nécessité d’être rigoureux dans notre gestion. Le compte n’y est pas, l’aspect stratégique est tout bonnement foireux. Vous allez acheter de nouveaux moyens de transport et recruter du personnel (enfin seulement des conducteurs). Cela s’arrête là.

    Enfin presque car vous allez également vous contenter d’établir des itinéraires puis de les effectuer. Puis d’en établir encore. Puis les effectuer. Encore. Et ainsi de suite jusqu’à plus soif pour gagner de l’argent. Ah si, il y a bien la possibilité de modifier quelques points d’arrêt. “Chéri(e), si on faisait ça vendredi au lieu de samedi pour changer?”. Vous avez compris l’état d’esprit.

    Pour le reste, vous allez vous atteler à des tâches ingrates comme ramasser les déchets des mal-élevés qui laissent traîner leurs gobelets ou encore gérer des incivilités, à l’instar d’un volume d’écoute de musique élevé susceptible de gêner les passagers. Comble du comble, vous pouvez aussi assurer le contrôle de la possession des titres de transport. Le filou fraudeur prendra la prune qui va bien et cela servira à augmenter les bénéfices: le réalisme est un peu poussé de ce point de vue. Dommage que cela ne concerne que les points les moins intéressants.

    Dans le même ordre, pimper son bus est vraiment cool. Mais bon sang, pourquoi ne pas pousser la simulation jusqu’à l’entretien? Une panne, réparation ou vidange, histoire de faire au moins illusion.

    Une déception. Coup de bol néanmoins: le jeu assure sur quelques sensations de conduite. Ouf.

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    C'est épuré et efficace.

    Heureusement il y a Fin-bus


    Le coeur du soft: le gameplay. Là-dessus, il y a de très bonnes choses, comme l’impression de lourdeur du bus dans les virages et la possibilité de mettre ses clignotants, d’activer ses phares ou encore d’ouvrir/fermer ses portes. Et sans plaisanter, cela fonctionne sur un laps de temps certes un peu court mais présent.

    Avec un didacticiel bien foutu, une vue à la première ou troisième personne pour contenter tout le monde, bien conduire devient un objectif à atteindre. Pas besoin de boxon à la GTA, ici on respecte au maximum le code de la route, on regarde les panneaux et les marquages au sol en faisant attention aux priorités. Non mais! Nous ne sommes pas là pour jouer les chauffards après tout et impossible de crier au scandale tant Bus Simulator poursuit son credo. En ce sens, vous avez le choix entre une conduite “simplifiée” ou “réaliste”. Une chouette idée finalement même si la seconde option implique bien plus de paramètres qui auront tendance à lasser bien des gamers.

    En revanche, la ville manque cruellement d’animation. De plus, comme dans “la vie de tous les jours”, nous passons notre temps à pester contre les autres conducteurs. L’avantage est qu’ici, la mauvaise foi peut être rangée: avec un cerveau aussi béant que celui d’un mulet, les chauffeurs font tout et surtout n’importe quoi. En raison d’une IA toute pétée, ils s’arrêteront au pif, hésiteront à s’engager alors que, selon votre serviteur masculin du NBK, “ça passe 10 fois”. Tout cela pour dire qu’on nous offre de loooooongues attentes en favorisant des situations encore plus enquiquinantes que celles du quotidien.

    Par chance, les collisions ne sont pas si pénalisantes. D’accord, rouler sur le trottoir ou rentrer dans l’arrière-train d’une voiture vous inflige un score négatif qui amoindrit vos gains de fin de mission. A part ça? Rien. Absolument rien. Pas de réparations à effectuer, pas de localisation des dégâts, peanuts, walou, macache.

    Bien des options seront à votre disposition pour gérer votre trajet entre les abris, avec un timer bien précis pour mettre un peu de piment. Vous personnalisez votre expérience en gérant le nombre de voitures, la fréquence des incivilités ou la sensation de freinage. Et pendant 1 heure ou 2, vous suivrez, surpris, cet ensemble avec passion... avant de vous ennuyer fermement.

    Et nous disons cela en appuyant sur le fait que le genre est difficile d’accès et c’est pour cette raison qu’il faut se montrer minutieux et accorder une attention particulière à ces détails qui font la différence en respectant la dose de fun nécessaire. Or, rendre la monnaie à une personne qui vous achète un billet, sans devoir fournir un effort de mémoire pour le calcul, c’est juste assommant. Par bonheur, c’est désactivable.

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    Une ambiance de nuit assez bien rendue.

    C’est mi-bus et Cortex


    L’Unreal Engine, on ne vous le présente plus. Ce serait irrespectueux de notre part car évidemment, vous le connaissez et cela donne ici naissance à quelques effets de lumière saisissants et graphiquement ce n’est pas atroce. Oui les personnages sont un peu dégueulasses et le clipping fait rage. Mais nous ne serions que de vils souillons si nous parlions d’agression visuelle. Entendons-nous: ce n’est pas magnifique. Toutefois ce n’est pas repoussant et pour de la simu, cela se défend. Les couleurs sont plutôt bien choisies et les tournées de nuits sont plutôt rassurantes pour nos rétines à défaut de les enchanter.

    Quelques intempéries sont aussi de sortie; enfin uniquement la pluie (à notre grand dam, point de neige ici) sans que cela influe sur le gameplay. Vous croyez que vous allez glisser jusqu’à faire des tonneaux en freinant comme un sagouin sur le pavé humide? Vous êtes de doux rêveurs.

    Clou du spectacle, l’ambiance sonore devient gênante par sa répétition. C’est handicapant car les doublages sont corrects et les bruitages sont amplement suffisants. Mais entendre la même rengaine 50 fois, cela fait émerger la folie. Sachant que nous partons avec un degré déjà important...

    C’est, de surcroît, sans compter sur les bugs de collision et les soucis de pathfinding des piétons qui ont l’air d’errer comme des zombies sous hypnose. Plus grave: si l’option multi est là et que les serveurs sont loin d’être déserts, dans ce mode le framerate dérape, et la technique foire son virage. Disparitions, lags...même la Matrice connaît des loupés, nous en avons ici la preuve. C’est regrettable car gérer les tournées de la boîte à plusieurs augmente l’intérêt et le désir d’être prospère.

    Pire, si pour une raison quelconque vous effectuez une sortie de route, votre bus peut être bloqué sans possibilité de se mouvoir. De (trop) nombreuses fois, nous avons ainsi “cassé le jeu”. Contraints, nous sommes retournés au menu principal pour poursuivre notre partie. Nous l’admettons, il n’est pas forcément prévu de réaliser les cascades que nous avons projetées. Cela ne retire en rien la nécessité de peaufiner son produit pour éviter ces désagréments.

    On enrage car nous en sommes persuadés: les développeurs ont voulu bien faire en rendant les choses assez prenantes au début. Sauf que sur la durée, nous sommes bel et bien face à un écran de fumée qui, une fois dissipé, nous confronte au visage du concret.

    Au moins la prise en main, déroutante de prime abord, se révèle suffisamment bien pensée pour le pad et finalement, après un temps d’adaptation, tout devient plutôt instinctif. Tout n’est donc pas à jeter, loin de là, mais pas de quoi se rouler par terre. Ce sera pour une prochaine fois.

    En attendant, nous aurions sans doute préféré que cela se passe autrement.

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    Si cela vous fait rêver...essayez!

     

     




    Test Bus Simulator - 7 minutes de lecture