Note du test 5/10En conclusion :

Cela partait d’un bon sentiment mais comme on dit “gentil, ce n’est pas un métier”. A Knight’s Quest, à force de vouloir exposer sa filiation Zelda-esque, en oublie de renforcer ses mécanismes. Déjà pris à défaut à cause d’une charte visuelle rebutante, le jeu met également du temps pour se découvrir. Encore faudra-t-il vouloir aller jusque là mais une fois le premier donjon effectué, on s’aperçoit que la qualité des puzzles sauve les meubles. Le préjudice reste toutefois de marbre et s’invite tout au long de l’aventure, matérialisé par une répétition maladive des fights et des sauts qui rappellent parfois l’horreur des débuts de la 3D. En outre, il vous faudra gratter le vernis pour découvrir ce que le titre a à offrir, quelques idées rendant certains moments sympathiques sans tutoyer l’ivresse. Nous nous en contenterons pour une première.

Les plus

L’exploration
Les combats de boss
Long
Les puzzles

Les moins

Techniquement en deçà
Un ersatz bien moins brillant que l’original
Les affrontements contre les mobs démodés
L’imprécision des phases de plateforme

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    A Knight’s Quest
    Editeur et Developpeur : Sky9 Games
    Genre : Action | RPG
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 10 octobre 2019
    Trophées : Oui
    Prix de lancement : 24,99 €
    Support


    version éditeur

    Test A Knight’s Quest

    Publié le dimanche 27 octobre 2019 à 20h50 par NoBloodyKnows
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    Certes nous avons une fibre commerciale assez limitée. Pas que nous soyons totalement idiots (encore que…) mais les études de marché, les planifications, merchandising ou packaging, termes génériques et consensuels, cela nous dépasse selon un niveau au mieux stratosphérique, au pire infini. On ne va pas cependant se mettre au pilori puisque parfois, votre duo du NBK a des éclairs de lucidité et dans ceux-ci une règle se détache: on ne peut pas vendre un produit en disant qu’il y a mieux ailleurs. C’est un peu le souci de la production du studio Sky9 Games, fraîchement débarqué pour se déployer sur les machines actuelles. Et en rendant hommage à son maître-étalon, peut-être que l’essentiel est perdu: citer c’est bien. S’émanciper, c’est beaucoup mieux. Une intro en forme de conclusion? Que nenni chers amis: un constat qui nous a hanté durant toute notre expédition. Journal de bord, page kose: ce qui suit est notre histoire.

     

    Sky net?


    A Knight’s Quest se présente comme un Zelda-like (pré-Breath of the Wild), teinté de Metroidvania puisque certains endroits sont inaccessibles en début de partie. Tout transpire en ce sens et nous nous abstiendrons de parler de plagiat pour évoquer naïvement les clins d’oeil appuyés, au point d’arracher l’ensemble du globe oculaire. La nouveauté est loin d’être souveraine mais n’oublions pas qu’un melting-pot de valeurs sûres peut s’avérer alléchant si l’identité est affirmée.

    Sur ce point pas de doute: le jeu possède un certain cachet qui se révèle...être une tare. Techniquement déjà, le budget serré montre sa dentition partielle avec du clipping, de l'aliasing et des textures pauvres, le tout contrebalancé par une profondeur de champ très correcte et des environnements plutôt vastes. Nous sommes bien loin d’un open-world mais il faut reconnaître que le travail sur la profondeur et sur la verticalité est de qualité. Cela représente même un fer de lance du soft qui tient la dragée haute à son modèle sur ce terrain.

    “Quid de la Direction Artistique? Dis-nous tout PSMag!”. Avec plaisir jeunes gens. Celle-ci est parfois navrante. D’accord certains lieux sont très chouettes et parfois, les jeux de lumière sont dosés avec aisance. Tout l’inverse du chara-design atroce, à commencer par notre héros qui ne ressemble à rien. Ajoutons à cela une animation (notamment faciale) aux poires et une absence de doublage qui fait mauvais genre. A l’instar des épopées de Link, nous avons droit à des onomatopés dont la moitié sont très irritantes, tandis que d’autres sont farfelues et exaltantes à la fois. On pense notamment à ce premier boss dont le charisme loufoque fait mouche et on en vient à regretter que ce relevé ne soit que périodique tant l’humour peut tomber à plat. Parce que oui, le storytelling est déficient au point de nous révéler une histoire fade et transparente, à 1000 lieues de ce que nous sommes en droit d’attendre.

    Et ce n’est pas cette introduction catastrophique qui nous fera dire le contraire. Chaque reproche adressé à la production s’y retrouve et pour apprécier un minimum notre sujet du jour, il faudra creuser et se montrer persévérant. Car n’ayons pas peur de dire ce qui est: les 3 premières heures sont chiantes comme la pluie. Par bonheur, les suivantes montrent l’amour des développeurs pour le genre.

    Comme quoi derrière une couche d’acné peut se trouver un beau visage.

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    Quelques sucreries pour tenter de diversifier l'ensemble.

    Bande d’accros Link!


    Pourtant, le gameplay est assez basique: coup d’épée, esquive, lock, magie, saut… rien de bien transcendant mais cela suffit si le patient coopère. Et dans les grandes lignes, A Knight’s Quest se loupe là-dessus! Redondant, le système de combat revient à spammer la touche d’attaque pour venir à bout d’un ennemi, qui s’avère bien plus résistant en raison de sa barre de vie que de son IA, peu dangereuse. Rien n’est bien difficile, sauf lorsqu’on se retrouve face à un paquet d’adversaires qui peuvent vous envoyer des tartasses en réduisant votre santé à néant rapidement.

    Une fois ce précepte saisi, il faudra se contenter de reculer pour éviter de se manger la foudre, sans spécialement analyser l’entourage. De toute façon ce lock lâche et se montre bien trop vieillot pour être fluide, et nous avons appris à nous en passer pour ne pas devenir orduriers dans nos propos.

    Et quel dommage, quel dommage chers lecteurs! L’idée de la parade est bonne, en sachant que la fenêtre est large pour ne pas que la mécanique soit laborieuse. On privilégie aisément cette riposte auprès des ennemis de moyenne portée en leur rebalançant leurs projectiles, une technique qui a fait ses preuves dans les manifestations. Pour les belliqueux du càc, parer permettra d’étourdir et d’enchaîner le gredin avec un temps d’avance.

    Si le tout devient vite lassant, les quelques boss qui scrutent le parvis se révèlent bien meilleurs. Facilement mis à mort, ces derniers disposent néanmoins de patterns variés et de plusieurs phases vraiment prenantes. Ce n’est pas forcément mémorable mais il est certain que nous passons un agréable moment durant ces affrontements qui cassent la monotonie des joutes précédentes.

    On en redemande. Le cuisinier nous dit juste qu’il n’y a plus de rab.

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    Un bestiaire plus réussi que le héros mais bien trop pauvre!

    Va linker ta mère!


    Le système de raccourcis fonctionne à merveille et l’ergonomie est bien posée. On se soigne ou on balance des effets sans souci et la caméra, qui se fait la malle à l’occasion, se situe à distance adéquate. D’ailleurs les menus sont loin d’être des modèles, mais il serait affreux de les condamner: aucun ajustement n’est essentiel et le pad est utilisé à bon escient.
    Ce n’est pas vraiment la manière de jouer qui fait défaut, ce sont plutôt les situations proposées. Ok bonhomme, tu peux courir sur les murs et te déplacer de plateforme en plateforme, cela n’empêche pas un certain prince de Perse de faire plus précis que toi.

    Car des phases de saut, vous allez en bouffer. Elles ne sont pas complètement ignobles mais ce n’est pas une réussite: l’inertie du jump est particulière et peu commode, alors quand il faut atteindre le socle suivant, on s’énerve un tantinet. Ce n’est pas que la mort soit punitive, cependant les sauvegardes sont automatiques et pas toujours fréquentes. Autant dire que si vous n’avez pas le temps, passez à autre chose.

    Pour les dégâts, certains seront permanents pour tronquer votre jauge et certains items permettent d’y remédier: en 2019 cela n’est pas encore une norme, même pour les blockbusters. Notre petit cœur d’indé en frétille.

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    Un premier boss fun et rafraîchissant!

    Calling to the Knight


    “Qu’est-ce qui ne va pas alors?”. Le rythme. Mal conçu, mal foutu, mal perçu et plein d’adjectifs en “-u” tant celui-ci ne trouve pas sa croisière. Au bout des 23 heures qu’il nous a fallu dépenser pour voir le bout, jamais nous n’avons eu le sentiment de décollage. On vous donne cette durée de vie, déjà conséquente, sans vous parler du 100% qui demandera un peu plus de temps, A Knight’s Quest alternant entre le principal et l’annexe. Ce serait formidable si les quêtes n’étaient pas aussi mal écrites et il faut se trouver une âme de collectionneurs pour s’accrocher.

    L’exploration demeure plaisante sans émerveillement. Idem, les places ne sont pas dégueulasses néanmoins aucune fois nous ne fûmes ne serait-ce que légèrement surpris. L’impression de “déjà-vu”, sans suprématie. Les équipes de Nintendo ont déjà sublimé chaque Zelda, et l’ébahissement n’est plus envisageable.

    Sauf qu’il ne faut pas oublier que calquer n’est pas créer et que les gros traits ressortent. Ces mêmes ficelles qui sont usées, là où Darksiders premier du nom s’inspirait des pérégrinations de Link et il s’en sortait largement. C’était en 2010…
    Puis ce n’est pas le sound-design qui va nous aider, entre bruitages inextinguibles et pesants en plus d’une OST qui fait office de cas d’école.

    Tantôt symphonique, et dans ces cas cela claque vraiment, tantôt robotique, et là nous sommes plus proches d’un “David Ghetto”, l’inégalité de la musique perturbe autant qu’elle enchante ou agace. C’est un vrai bordel tellement l’électrocardiogramme chancelle et se montre irrégulier. Ce n’est pas coutume mais bon sang (de bonsoir) l’hétérogénéité est ici un vice, un malus, une erreur. Nous n’aimons pas pointer du doigt mais...comment faire autrement?

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    L'exemple de puzzle-game.

     

    Bar, biture, Link


    A Knight’s Quest les accumule. Et s’il fallait lui donner un qualificatif, une nouvelle fois ce serait Harvey Dent. Tout ce qui fonctionne possède son némésis. A titre d’exemple, le puzzle-game est une vraie chance. Aucune prise de tête, il faudra réfléchir un peu pour s’en sortir, souvent en choisissant le sort qui correspond pour faire bouger les lignes. Si seulement la dextérité était de mise...

    Ces moments sont euphoriques et brisent le fil un peu fade et pas folichon de l’ensemble. Car purée! Qu’il est possible de s’ennuyer et s’extasier rapidement, le tout en 5 minutes. Résoudre ne pose pas d’obstacle, si les culbutes n’étaient pas aussi approximatives. Nous savons comment passer. C’est juste que le commodore omniscient a décidé que cela ne se passerait pas comme ça.

    Au rayon “tout doit disparaître”, nous prions pour un patch salvateur empêchant de se mesurer à un crash ou à un blocage de l’avatar. L’indé peut se permettre quelques manques, mais pas celui-ci. Les Puissants seraient trop contents.

    Enfin, on ne va pas se voiler la face, le système de bonus de combos ou de faiblesses élémentaires, c’est une réussite qui ne lorgne pas le triomphe. Pourquoi alors favoriser ces canevas trop rarement? A force de suivre le major, il est possible d’en oublier le décor.
     

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    On navigue en terrain connu!

     

     




    Test A Knight’s Quest - 7 minutes de lecture