Note du test 7.5/10En conclusion :

Sparklite a tout du “premier de la classe”: scolaire sur pas mal de points, innovant dans son rythme, la production nous donne envie de s’y replonger encore et encore jusqu’à triompher du puissant lourdaud qui nous résiste depuis si longtemps. Avant d’enchaîner sur le suivant qui nous renverra à nos gammes. Loin d’être injuste, Sparklite offre une expérience old-school qui batifole avec les codes en vogue de nos jours. L’alchimie fonctionne et qu’on ne laisse pas tromper par la gaieté visuelle: le soft saura vous remettre en question et se renouveler pour que notre âme de gamer se sente piquée en cas de déboires successifs. Transpirant d’envie de la part de Red Blue Games, l’oeuvre est déjà très aboutie pour un saut dans la cour des grands et se place dans le haut du panier de l’indé, sans encore pouvoir espérer de suite déloger les champions du podium. Mais la recherche est prometteuse et n’oublions jamais que si l’art, le cinéma, la philosophie et la peinture nous ont bien appris une chose, c’est qu’à tout moment “l’élève peut dépasser le maître”. Excepté si le petit bonhomme au fort potentiel bascule du côté obscur...

Les plus

Gameplay solide
Concept maîtrisé
Difficulté juste
Diverses manières d’aborder le jeu
Une ambiance efficace

Les moins

Scénario en berne
Procédural limité
Rejouabilité transparente

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Sparklite
    Genre : Roguelike
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 14 novembre 2019
    Trophées : Oui
    Prix de lancement : 24,99 €
    Support


    Test Sparklite

    Publié le jeudi 21 novembre 2019 à 21h58 par NoBloodyKnows - 314 / 0
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    Quand on débarque sur les plateformes “mastodontes” en tant que nouveaux-venus, il convient d’éviter les sentiers battus pour “se démarquer”, “sortir du lot” et “faire un coup d’éclat” comme le conseillent les dictons qu’on sort de manière aléatoire quand on a pas trop d’arguments. Mais il est indéniable que lorsque la carte de visite montre des origines venant des jeux mobiles, le gamer affûté a de quoi être méfiant et, à notre humble avis, cela semble parfois légitime. Et en se pointant avec une charte graphique mille fois usitée dans le milieu de l’indé avec un concept déjà vu, le tout assemblé à une fenêtre de lancement suicidaire au beau milieu de 3 jeux attendus depuis des lustres (dont l’un s’apparente au miracle), le tout petit studio Red Blue Games a intérêt à être sûr de sa force et de son produit pour fédérer les spécialistes d’une part, et convertir les autres de l’autre. Aucune conclusion hâtive sur PSMag (comme d’hab!) et à nous d’avoir l’honneur de nous pencher sur cet outsider qui a plusieurs bottes secrètes pour se glisser dans votre ludothèque, ne serait-ce que pour observer le savoir-faire qui s’en dégage. Venez avec nous les amis, nous partons en croisière vers une terre aussi familière que paradoxale!

     

    Lite Action Hero


    Tout d’abord, et on se répète encore et encore mais nous détestons laisser planer le doute: nous ne sommes pas confrontés à un essai inspiré des Souls, même si la mort se pointe souvent, ni à un Roguelike. Le titre est éloquent: Spark est un Roguelite teinté de Zelda (première génération). Nous reviendrons sur ces notions et même si nous n’aimons pas ce côté “on la joue didactique”, cela évite des confusions qui biaisent l’angle sous lequel observer la bête.

    Ce qui saute d’entrée sur nos charmantes rétines est bien ce petit cliché inhérent au jeu indépendant tel qu’il est perçu par ceux qui s’y intéressent le moins: encore du pixel-art, une vue du dessus et des personnages tout petits à l’air gentillet…pour la forme, impossible de contredire ce point de vue et ce n’est pas un reproche car Sparklite s’assume et ne nous conduit jamais à une infâme faute de mauvais goût.

    Nous retrouvons aussi l’habituelle narration classique formée de bulles de dialogue à la police douteuse mais ne soyons pas ingrats! Non, nous ne le pouvons au sens où nous disposons d’une traduction française et celle-ci permet de bien comprendre enjeux, objectifs et scénario. Pour un budget moindre, l’effort est louable.

    D’accord, l’histoire n’est pas non plus celle qui vous fera lever (ou tomber) de vos chaises et ce n’est clairement pas ce qui nous poussera à explorer le monde de Geodia en proie aux ambitions ténébreuses d’un baron machiavélique qui détourne les ressources naturelles, mettant en péril la faune et la flore locales. Et c’est à vous, la vaillante Ada, de mettre un terme à tout cela et...c’est à peu près tout. On apprécie le message écolo derrière la simplicité apparente mais nous n’irons pas plus loin dans la réflexion.

    Nous n’attendons donc pas plus de la mise en scène ou du récit mais la Direction Artistique, quoique classique, fait le taf avec une palette de couleurs très cohérente en dépit de sa diversité et d’un bestiaire composite, joli, rigolo...et redoutable.

    C’est là l’ambivalence du jeu qui derrière une plastique toute lisse et mignonne cache une identité qui recèle de belles trouvailles et de tartasses qui vous feront perdre quelques cheveux.

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    De l'humour et une ambiance qui nous rappellent tant de jeux...de pirates!

    Spark lit


    On vous le disait, quelques connotations voire hommages appuyés sont disséminés çà et là, notamment pour Zelda. Si cela peut nuire (A Knight’s Quest, on t’a vu!), tout est représenté avec minimalisme pour que rien ne soit trop flagrant. De plus, ce procédé permet de nous livrer une création “à l’ancienne” saupoudrée de mécaniques propres aux productions du milieu de l’underground.

    Concrètement, l’oeuvre se veut fidèle au genre dont il est l’un des fantassins: pour faire court, vous vous promenez sur plusieurs tableaux d’une carte, un brin réduite à notre avis, pour collecter de la Sparklite, la monnaie de l’univers. Cela vous permettra de monter en puissance et de vous renforcer afin d’affronter les 5 Titans... sans parler de la bataille finale.

    Avant cela, il vous faudra mordre la poussière régulièrement. Et c’est là que réside l’astuce: si le trépas vous enveloppe, vous retournerez à votre HUB (un vaisseau volant) où vous pourrez discuter avec des PNJ, acheter ou placer vos “patchs” qui améliorent certaines de vos capacités comme l’attaque, la vie ou encore le dévoilement des environnements. Tout cela a un prix et tout coûte relativement cher. Surtout que vos petits sous servent pour l’ensemble des marchandises!

    Il vous faudra passer par de nombreuses morts qui seront à vos côtés tout au long du périple. Si les chutes dans le vide ne sont pas trop pénalisantes, les parpaings des mobs font mal, très mal, trop mal peut-être. Vous vous faites déboîter en un battement de cil et à chaque nouvel essai, la carte a changé. Pas tant que cela finalement et on ne peut dire que nous sommes dans la génération procédurale pure. Non dans les faits, les tableaux sont mélangés et les chemins sont différents mais quand vous verrez chaque “carré”, vous serez en terrain connu.

    En outre les stages sont bien conçus et ne se ressemblent pas du tout, dégageant une ambiance particulière et le changement de trajectoire permet de diversifier les runs quand vous retournez au charbon, tout comme ces changements d’items. Et claquez-les dès que vous en ressentez le besoin! Point de nécessité de radinisme malvenu: si vous passez l’arme à gauche, vous ne les emportez pas avec vous. Ils seront perdus, point barre. Pas de récup’ de loot.

    D’accord c’est bien joli ce jeu, mais même une belle cravache peut regorger de sang!
     

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    Et vous la verrez cette salle!

    Yo man, sans t’y perdre!


    Et ces mêmes consommables (les “dispositifs”) seront vos alliés de la dernière chance à de multiples reprises: si vous cognez d’un coup simple avec votre clé à molette (qui ressemble plus à une épée) ou d’un coup chargé (changeant l’arme en marteau), quelques mines ou bombes pourraient vous sortir de la mélasse, tout comme des items de soin limités. Et dans ces cas-là, nous sommes bien contents de les avoir, surtout si vous possédez également le dispositif “de la seconde chance” qui vous relève une fois en cas de défaite.

    Toutefois, il faudra faire avec un temps de chargement pour les utiliser. L’équilibrage est donc de mise, sans cheat. Et ces objets se trouveront sur le terrain ou dans le commerce du HUB, qui sera développable comme son petit frère: l’atelier.

    L’atelier... un lieu béni où vous fabriquez des armes à distance succinctes et différentes, toujours efficaces (avec une petite appétence de vos testeurs pour les missiles!). Ce sera d’ailleurs un choix cornélien car les patrons se trouvent durant l’exploration dans des temples où vous choisirez soit de garder votre pétoire le temps du run, quitte à le perdre si la mort vous frôle, soit de le graver dans le marbre pour le créer plus tard, vous dispensant de son utilisation immédiate.

    C’est aussi la double-face de Sparklite qui vous offre la possibilité de parcourir le soft rapidement pour casser la tête des boss ou au contraire de se promener pour tout découvrir, ce qui augmentera la durée de vie du jeu un peu chiche (comptez 6h environ si vous ne cherchez pas tout, échecs compris). C’est d’ailleurs un des gros points noirs puisque la rejouabilité n’a que peu d’intérêt et ce n’est pas le mode 2 joueurs un peu cheap qui vous poussera à recommencer. Celui-ci consiste d’ailleurs à incarner le robot qui accompagne Ada mais ses fonctions sont limitées. En clair, le compagnon métallique creuse pour trouver des objets ou atteint des zones inaccessibles pour débloquer le passage. Ce que vous pouvez très bien faire en solo, en passant d’un perso à l’autre.

    Pas forcément passionnant pour le joueur 2!

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    La chenille dehors, la chenille dehors!

    Spark d'attractions


    Bon on chipote un peu car le gameplay est l’atout majeur du produit avec des combats intéressants et des petites quêtes à suivre de temps en temps qui concernent des PNJ que vous reverrez par la suite. Encore une fois, à vous de voir si vous voulez y passer du temps mais cela donne une plus-value en terme de défi. Car si vous perdez, votre périple annexe est réinitialisé. Ca ne rigole pas!

    Que dire aussi de ces affrontements de Boss? Si la disposition des mobs est efficiente durant la traversée des niveaux, les affrontements contre les Titans sont tous réussis et mémorables. Ceux-ci disposent d’un design classieux et si on regrette des arènes peu inspirées, les fights nécessitent une bonne observation des patterns pour esquiver avec sagesse et réflexe. Utiliser le dash ou non, à vous de voir en prenant en compte le léger temps de recovery qui évitera tout abus trompeur d’ennemi.

    Après plusieurs probables essais infructueux, vous mettrez en oeuvre les bonnes techniques pour en venir à bout et savourer votre facétieuse revanche. Et pour une justice totale, vous ne serez jamais surpris par “un taquet-qui-sort-de-on-ne-sait-où”. C’est intégré, vous exécutez et ça passe! Mis à part le dernier challenger, les vilains ne tardent pas à tomber sous vos taloches dès le timing assimilé et cela fonctionne à merveille.

    L’humour omniprésent et le sound-design poussent à répéter les mêmes actions de collecte qui vous rendent la vie un peu moins rude, tout en brisant la monotonie passagère. D’ailleurs, la courbe de difficulté est bien adaptée, vous mettant face à des lutteurs de plus en plus vicieux et des pièges qui limiteront l’espace de vos déplacements. Sauf que désormais, le joueur est rôdé, sans s’en apercevoir car tout se fait naturellement.

    Un peu comme le reflet de l’OST: timide et peu entraînante au départ; elle recèle de compositions vraiment inspirées qui font oublier l’aspect générique de certaines autres pistes, loin d’être inaudibles cependant.

    Une sorte de reflet de Sparklite qui cumule banalités et coups de génies, avec un appétit de géant pour ces derniers.

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    Des boss bien énervés!

     

     

     



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