Note du test 9/10En conclusion :

Nous nous connaissons suffisamment bien pour tout s’avouer en toute transparence: si parfois nous aimons être très autoritaires en ce qui concerne le jugement des produits issus de Kickstarter, Hardcore Mecha nous réduit au silence...pour notre plus grand plaisir! Une expérience vidéoludique en 2D qui rend un hommage parfait au genre auquel il appartient en apposant sa propre pierre à l’édifice... et que celle-ci est bien taillée! Résolument déterminés à faire autant plaisir aux fans qu’aux néophytes, les développeurs ont tout particulièrement soigné leur sens du rythme qui ne faiblit jamais sans nous provoquer une indigestion d’action. Si les explosions sont nombreuses, elles ne sont pas pour autant permanentes et RocketPunch sait mesurer le tempo en proposant des alternatives grandioses et aussi jouissives que tout autre phase de jeu. Résolument bien nerveux, le soft mérite sa place dans les classiques de la 2D et il faudrait vraiment détester de base les concepts mis en place pour ne pas adhérer au projet. Mais si vous y êtes sensibles ou tout simplement curieux de découvrir la proposition, nul doute que la surprise sera monumentale comme elle le fut pour nous. Une grande oeuvre qui ouvre les portes de 2020 et qui, on l’espère, en appellera bien d’autres! En attendant, nous retournons nous exercer pour un jour accrocher notre tableau de scoring à un endroit de la maison bien visible, histoire d’essayer de faire croire que nous avons de l’or dans les doigts. En nous mettant à rêver d’un autre produit de cette trempe prochainement ou même d’une annonce, sortie des abysses, de Zone Of The Enders 3...

Les plus

Superbe
Fun à chaque instant
Concept en or maîtrisé
Un gameplay fin et millimétré
Les Boss!
L’histoire qui fait le job
Sublime le genre

Les moins

Pas de VF
Multi pas si fou

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Hardcore Mecha
    Développeur : RocketPunch Games
    Genre : Plates-formes
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 14 janvier 2020
    Trophées : Oui
    Support


    version éditeur

    Test Hardcore Mecha

    Publié le mardi 14 janvier 2020 à 22h30 par NoBloodyKnows
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    Chaque année, il nous fait la même. Cela est tellement récurrent qu’en plus de devenir une habitude, cela pourrait s’apparenter désormais à une tradition. Il le faut le voir nous dire “je sais que c’est impossible mais je veux y croire!” tel un Fox Mulder acharné. Et comme tous les 365 jours, non Zone Of The Enders 3 n’est pas annoncé à l’E3. Cruel certes, mais prévisible. Dorénavant, si Tonton Sidera devait choisir une épitaphe, ce serait “oui d’accord mais on ne sait jamais!”. On essaie de le consoler vous savez. Toutefois cela prend tellement de temps...un exemple simple cela dit et criant de vérité: qu’une personne soit fan ou non du trip japonais pour les mechas, il faut reconnaître que le genre est bourré de réalisations cultes, et pas seulement dans le jeu vidéo. Que les Mazinger Z, Goldorak ou Neon Genesis Evangelion se lèvent pour couronner nos dires et nous montrent à quel point l’idée de base fut toujours renouvelée entre mechs, super-mechs, real-mechs, post-apo-mechs...à boire et à manger mais surtout de quoi fantasmer. Une plausible explication du succès Kickstarter de notre sujet, Hardcore Mecha, qui nous propose une aventure explosive en 2D au design aguicheur, comme si Gundam/Super Robot Wars/Metal Slug voire Firepower s’étaient synthétisés. Un lourd programme à assumer mais quand des développeurs choisissent avec brio le nom de studio RocketPunch, nous ne pouvons qu’être rassurés par l’engouement qu’ils pourraient provoquer. Plus d’informations dans ces quelques lignes et accrochons-nous ensemble car nous sommes face à un mastodonte de réussite.

     

    Mechaphile dans ta chambre!


    Autant éviter de se voiler la face pour éviter toute confusion: Hardcore Mecha pourra très bien accueillir ceux pour qui le concept n’est qu’un “étrange étranger” (on te pique la référence Jacques!) mais il rebutera certainement les allergiques, réfractaires ou autres hostiles à l’essence même de ce type de production, ne serait-ce qu’en raison de l’écriture, pourtant réussie et dans le ton de ce que nous pouvons attendre. D’ailleurs la première scène, sorte de didacticiel particulièrement clair, fera fuir les moins convaincus tant elle regorge de poncifs et ce jusqu’au narrateur qui en fait de trop. Classique finalement sauf que le jeu parvient à aplanir les choses pour nous offrir une campagne où l’histoire se laisse suivre sans broncher avec ses moments de bravoure entre complots, terrorisme, trahisons et mercenariat.

    Les cinématiques font leur office avec plein de petits effets qui prouvent que oui, ça pète de partout sans lésiner sur le split de l’écran pour renforcer l’impression d’engager les duels et le combat. Entre-temps, vous aurez droit à des discussions où les visages sont figés ou vecteurs d’une expression lorsque cela est nécessaire. Un procédé qui ne choquera pas les habitués, comme les joueurs de la série Tales of par exemple (la sortie du thème est volontaire). La mise en scène in-game n’est pas non plus en reste avec la sensation de plus en plus vive de participer à des batailles d’une guerre qui sera difficile et surtout sans merci.

    Alors oui, nous n’échappons pas au chara-design habituel, dont le fameux perso balafré au cache-oeil et qui transpire la classe par tous les pores, mais ce n’est en aucun cas un reproche tant celui-ci est un triomphe! Les protagonistes en jettent un max même si on en entend qui hurleront face à des implants mammaires exubérants avec notamment une blonde à lunettes très jolie que chacun a vu 1000 fois. Qu’importe! Aucune réelle marque de mauvais goût car Hardcore Mecha évite d’en faire des caisses, avec une subtilité lors de la montée en puissance du conflit jusqu’à l'apothéose du final qui nous aura collé une vraie baffe, celle que nous aimons bien...celle du plaisir en somme!

    Et que dire des mechas les amis! Que dire? Comme lors de toute belle réunion de famille, “ils sont tous là”. Parfois énormes, parfois très humanoïdes, parfois très japonais ou baignés de design occidental, parfois réalistes, ils sont absolument tous réussis. D’autant plus que nous sommes gâtés car, si nous verrons cela en fin de test, le mode multi permet d’incarner et de se rincer l’oeil avec 40 robots, là où la story principale ne vous en propose qu’un seul.

    Unique d’accord, mais dans tous les sens du terme!

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    Notre compagnon de fortune!

    Super Mecha Ball


    En revanche pour pouvoir nous enflammer comme nous le faisons, il vous faut savoir que le jeu est en japonais avec des sous-titres en anglais. Pas de quoi paniquer tant les phrases sont assez limpides à comprendre même pour ceux qui ne seraient pas bilingues mais pour la frange de gamers qui n’en comprennent pas un mot, les événements resteront abscons malheureusement. Cela ne saurait être un frein pour apprécier les phases de gameplay; cependant agir dans le contexte a toujours plus d’impact sur les sens.

    Et se passer de compréhension alors que les doublages se donnent énormément de mal pour servir le propos serait dommage. Oui le jeu des acteurs est convaincant et même si nous pourrions trouver cela un zeste convenu, la magie ne manque pas d’opérer à chaque instant. Puis entendre parfois crier lors d’un affrontement, cela est une catharsis de dingue! Le tout est saupoudré d’une OST qui sait se montrer discrète ou épique lors des moments-clés, notamment lorsque vous sauverez à de maintes reprises vos alliés empêtrés dans des bourbiers. Puis si on vous dit qu’il y a même Kageyama qui participe au générique, il y a de quoi être à fond, non?

    Au fait, où avions nous la tête bon sang?! Nous vous rabâchons plein de choses, notamment sur la beauté des effets ou des robots mais à aucun moment nous n’avons évoqué les environnements ou le style graphique. Et cet oubli ferait de nous de piètres filous sans âme! Crayonné, Hardcore Mecha est une bénédiction pour nos yeux surtout qu’il se montre bien prompt à nous faire évoluer dans beaucoup de décors qui ne se ressemblent pas, évitant le vil recyclage. Tout est cohérent et Mars, ça a de l’allure! Les jeux de lumière et couleurs sont vêtus de leurs plus belles robes et rien n’est surchargé pour laisser place à une grande lisibilité. Ajoutons à ce constat des sprites qui se révèlent à l’occasion énormissimes et notre petit palpitant de gamer vacille et jubile.

    Une Direction Artistique qui s’extirpe du confus et parvient à tirer son épingle du jeu en évitant d’être uniquement générique ou trop timide. L’hommage au clan est incroyable car les prises de risques sont présentes, sans excès et la magnificence est un leitmotiv qui ne s’égare jamais. Le temps défile (un peu moins de 10 heures seront nécessaires si vous comptez la jouer “en ligne droite”) et l’envie de continuer ne nous lâche pas d’une semelle.

    Une nouvelle preuve incontestable qu’un nombre restreint de personnel et grandeur ne sont pas incompatibles!

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    Une idée des phases de torgnoles à plusieurs!

    Hardcore et âme


    “Et sinon comme d’hab: vous comptez nous parler du gameplay duo taquin du NBK?”. A l’instant lecteur chevronné! Passons au fond des choses et la certitude tout comme la confiance sont de sortie: tout est aussi maîtrisé que la forme. Ni plus ni moins! Vrai bonheur dans la manière de se comporter, l’ergonomie perturbe légèrement en début de run jusqu’à devenir automatique et cohérente dans notre esprit.

    Il faut dire que beaucoup de touches sont à utiliser et pour s’assurer du bon fonctionnement, il faut que le mapping soit à la hauteur! Bien sûr, au regard de notre enthousiasme débordant, vous vous doutez que c’est le cas. D’autant qu’aucune action n’est un gadget placé vite fait sans que le concept ne soit bien défini: défense, attaques au càc ou à distance avec une possibilité secondaire à chaque fois, saut, esquive, garde...sans oublier le dash qu’il vous sera essentiel de bien utiliser en raison du fait qu’il ne se contente pas d’être uniquement horizontal. Non, toutes les directions sont imaginables et il est bien trop dangereux de rester trop statique ou dans une zone de confort limitant les déplacements à droite ou à gauche.

    S’envoler, se maintenir dans les airs, dasher en lévitation, tout ceci est un art à intégrer car Hardcore Mecha joue beaucoup sur la gestion de son espace afin de savoir quand éviter un shoot ou quand l’encaisser. Mener une attaque sans se prendre une pluie d’obus est essentiel car tout est pensé pour vous démolir: vous trouverez mines, missiles, tirs simples ou grands coups à courte/moyenne distance...mais rassurez-vous: vous disposez aussi d’items préparés entre 2 missions, car le titre est découpé en 8 chapitres comprenant plusieurs d’entre elles, ou ramassés sur le tas. Alors la petite bombe qui va bien, le drone accompagnateur ou encore la tourelle qui dézingue tout ce qui a le malheur de s’approcher de trop près font leur petit effet! En plus de soulager!

    Attention cependant: si Metal Slug ou même certaines productions de Beat’em Up ou Shoot pourraient être des éléments comparatifs, Hardcore Mecha utilise pour chaque action la stratégie du cooldown que ce soit pour un rechargement, la remontée de sa jauge de défense ou encore la barre de dash. Ainsi, aucun moyen de bourriner comme pas possible sauf si vous avez opté pour le mode facile, ce que nous vous déconseillons si vous voulez un peu de challenge. A ce propos, certains passages seront un peu tendus et nécessitent votre entière concentration tout comme une implication sans faille. On pense à certains endroits empreints de plateforme ou certains boss, majestueux et parfois bien énervés qui pourraient vous faire mordre la poussière plusieurs fois avant de comprendre qui est le patron. Un vrai plus néanmoins car les joutes contre ces derniers sont très agréables et bien pensées, tout comme la mise en scène d’arrivée de ces gardiens de niveau.

    A l’image de la castagne avec les mobs qui ont tous leurs attributs et utilité, voire pour quelques-uns des points faibles, et une manière bien précise d’être appréhendés. Qu’ils soient humains, mécaniques, petits ou énormes, leurs réactions et patterns sont bien offensifs, vous traquant sans relâche et leur placement dans un level relève du génie. En effet, ils seront toujours à un poste qui permet d’exploiter leurs capacités et il faudra savoir les déloger sans trop de bobos. Leur équilibrage est aussi sans faille mais à vous d’observer certains éléments du décor qui pourraient vous être favorables...ou non. Car entre niveau aquatique ou stage avec un vent qui vous ralentit, ce n’est clairement pas une invitation au process répétitif!

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    Il y a des attaques à esquiver absolument!

    L’alpha et l’autre mecha


    Il va sans dire que le lien robot/humain est parfaitement exploité, la couverture métallique étant le reflet de la personnalité de celui qui tient les commandes. Pour aller plus loin, certaines séquences se jouent avec le pilote à l’extérieur du mecha et c’est là encore un vrai bonheur. S’apparentant à du shoot en 2D plus classique, vous aurez droit à de l’infiltration ou du combat destiné à pirater un ordinateur afin de vous ouvrir le passage. Cela est fichtrement bien foutu, délaissant la peur de devoir se taper quelque chose que nous ne voulons pas faire.

    Mieux encore! Vous aurez à un moment donné la possibilité de parcourir un level entièrement pensé tel un shmup en 2D et...wouah! On se dit alors que tout ce qu’entreprend Hardcore Mecha, il le réussit. Et sans vous hyper plus que de raison, ce constat est quasi-totalement absolu! Avec son framerate solide, sauf à de très rares instants, la nervosité prend son sens avec des impacts que nous sentons bien à l’exception, et c’est le seul gros défaut de la campagne, d’une erreur récurrente de collision lorsque nous tirons sur un ennemi en étant collé à lui. Pas une cruelle déconvenue au sens où d’autres possibilités parviennent à résoudre le problème mais il aurait été injuste de vous le cacher.

    L’aspect RPG se révèle agréable sans se prélasser dans les méandres de la complexité. A chaque mission, vous ramassez de l’argent à injecter dans des arbres de composants vous donnant accès à des améliorations de vos attaques, meilleures capacités de chargeurs, armes ou items à utiliser en mission. Le must intervient quand vous débloquerez des frappes ultimes, les “ultimate skills” qui, en plus d’en jeter visuellement, sont de véritables bénédictions salvatrices lors de certaines situations mal engagées! Mais pour faire monter la barre, il vous faudra vous acharner sur vos adversaires.

    Enfin il ne faudra guère oublier que la monnaie se collecte autrement, notamment par le biais de votre score de fin de mission où une lettre classique (et obtenir un “A” ou un “C” par exemple, cela change tout!) viendra récompenser vos efforts en tenant compte de vos dégâts infligés et subis, votre nombre d’échecs ou le temps passé à accomplir vos objectifs, dont les secondaires qui se déclenchent en cours de jeu via des PNJ... et leur apport est considérable! Un côté “arcade” qui nous pousse à revenir encore et encore sur ces missions moins réussies par notre avatar et que nous comptons bien dompter.

    Préparer vos runs sera en tout cas une étape à ne pas négliger. Choisissez entre du matériel de soin ou de la puissance de feu, sachant qu’il est bien sûr possible de switcher entre plusieurs items (comme avec les guns), et partez à l’assaut du niveau! Comme nous le disions précédemment: rien de bien compliqué et vous trouverez rapidement vos affinités, notamment avec les pétoires principales, pour vous en sortir. Ici le pompe, lasers et roquettes ont fait des miracles!

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    Oui sortir peut avoir son intérêt.

     

    Hardcore moi une minute!


    Et ce multi alors? Pour le moment, à l’heure où nous écrivons ce test, les serveurs ne sont pas bien remplis et cela est parfaitement normal puisque le jeu n’était pas encore sorti lors de nos essais. En tout cas, le principe est basé sur du PvP, allant jusqu’à 4 joueurs que ce soit en ligne et, ça c’est cool, en local! Pas de quoi sauter au plafond sur le mode en lui-même mais avoir le choix entre plein de mechas venus d’horizons différents ben...ça claque comme tout!. Oui cela reste un peu bourrin même si nous avons apprécié le 1 contre 1 chronométré où vous devez détruire votre rival le plus de fois possible selon un temps imparti.

    Non le seul regret provient du fait qu’un mode 2 players lors de la campagne aurait été un bel atout, les situations pouvant s’y prêter notamment lors de rixes où le héros est entouré d’alliés. Pas une vraie tare en soi, cette absence laisse tout de même penser que si le multi est sympathique, il n’est pas la raison pour laquelle le jeu réussit à être aussi addictif. La motivation pour reprendre l’histoire prend le dessus sur les duels entre joueurs en dépit de la possibilité de custom qui nous est offerte et un niveau d’XP.

    Un mode survie sera à débloquer également, appréciable mais pas indispensable, lorsque vous aurez vu le générique mettant un terme à l’épopée. Le petit plus qui vous rappelle que cela vous démange de recommencer l’aventure proposée tant celle-ci vous laissera des marques. Mais plutôt que de se perdre dans la possibilité “training”, rien de tel que de se confronter à autre chose pour progresser!

    Une norme qui sied à Hardcore Mecha puisque même quand ce sera le terminus, vous aurez l’impression qu’il reste encore des choses à tenter. De là à parler de fougue complétionniste? Assurément!

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    En fâcheuse posture...

     

     




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