Note du test 7.5/10En conclusion :

Il serait bien fallacieux de critiquer un manque d’innovation car celle-ci n’est en aucun une assurance de qualité et un concept mal maîtrisé peut se représenter tel un sale naufrage. Ash of Gods: Redemption ne réinvente certes pas la roue mais ce qu’il fait, il le réalise bien. Sans défaut majeur, le jeu parvient à maîtriser toutes ses mécaniques même si celles-ci peuvent parfois rebuter en faisant preuve d’un manque de peps sur la forme, ce qui ne s’avère pas juste sur le fond. Plongé dans l’ombre d’une trilogie qui aura eu l’avantage de la surprise, le nourrisson de AurumDust ne démérite jamais et essaye tant bien que mal de maintenir le cap tout en variant les plaisirs, en grande partie dus à la multiplication des points de vue qui favorisent l’équation tout en la brouillant à l’occasion. En outre, nous serions loin d’une parfaite rectitude si nous en tenions rigueur à l’ensemble: Ash of Gods prend peu de risques mais n’hésite pas à montrer sa méticulosité pour faire taire les sceptiques et ce constat ne peut que se révéler louable. Tranche et tronche de l’Apocalypse, l’oeuvre assure ses arrières pour vous présenter une vision morbide, sans trop d’espoir mais parfaitement justifiée. En refusant le compromis, les créateurs ont probablement trouvé le remède constant face à l’adversité et cela représente leur caractère. Un peu comme nous qui, face à un vent contraire, attendons les retombées de la plommée, impassibles...

Les plus

La Direction Artistique générale
Dont une OST surpuissante!
Un système de combat efficace
Un lore bien opulent
Les choix et les conséquences
En français!

Les moins

Un rythme parfois bien lent
Les arcs narratifs inégaux
Austère sur certains aspects
L’ergonomie peu instinctive

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Ash of Gods: Redemption
    Genre : RPG
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 31 janvier 2020
    Trophées : Oui
    Support


    version éditeur

    Test Ash of Gods: Redemption

    Publié le lundi 17 février 2020 à 16h30 par NoBloodyKnows
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    Vous savez les amis, nous ne surprenons plus personne en expliquant que la politique, le mysticisme, le conflit et la trahison sont des pièces du champ lexical du jeu vidéo, notamment dans le genre RPG. Chaque fantaisie se veut différente, à l’instar des écarts entre créations japonaises et occidentales et le sujet est devenu de nos jours un terrain glissant tant le renouvellement semble essentiel pour assurer une qualité intrinsèque aux créations tout en évitant des balbutiements lassants et parfois trop familiers. Forcément lorsque nous voyons arriver sur nos PS4 Ash of Gods: Redemption, un petit frisson de panique s’empare de nous au sens où cela sent le leitmotiv à plein nez. Ben oui, la (merveilleuse) trilogie The Banner Saga est passée par là, emportant tout sur son passage entre fascination, efficacité et cohérence. Un terrain complexe et ardu sur lequel il faudra livrer bataille, en montrant les muscles pour ne pas finir sous l’affreuse appellation: “ersatz”. Même si l’horizon peut être favorable, cela ressemble au tout début d’une relation amoureuse: il n’y a rien de plus détestable d’être comparé(e) à celui ou celle qui fut présent(e) avant. Ainsi, à nous de prendre notre objectivité dans nos pognes afin de vous livrer le récit de notre voyage, fut-il parsemé de larmes, de sang et finalement d’une identité qui s’affirme petit à petit. Soyez courageux guerriers. Les temps sont sombres. Très sombres…

     

    Thorn est l’étalon


    Si la pluie, le froid et l’obscurité vous donnent le bourdon, sachez que nous y plongeons allègrement dans Ash of Gods. Après une introduction qui révèle toute sa classe et où nous sommes plus sublimés qu’en pleine compréhension de ce qu’il se passe, nous assimilons le fait que le Fauchage est un fléau qui s’est abattu et fut vaincu autrefois mais qu’il revient de nouveau hanter la terre des hommes. Comment? Pourquoi? C’est ce que vous serez tous amenés à comprendre au fil de l’aventure qui dispose d’une narration singulière.

    Tout d’abord, et cela constitue une excellente idée, 3 points de vue distincts seront à votre disposition pour 3 personnages principaux aux motivations diverses et à la force variable. Un choix très intéressant qui vous permettra de mieux digérer la tonne d’informations concernant le lore du jeu ô combien complet et riche. De fait, nous n’avons pas le sentiment d’être acculés sous une épaisse couche de gras, le titre prenant le temps de développer son sujet même si parfois le propos nous semble flou. Pas de panique: tout trouvera une explication par la suite, quand bien même l’évidence n’est pas celle qui saute aux yeux.

    Cependant et paradoxalement, ce système impose quelques limites au sens où certains arcs sont bien mieux construits que d’autres. En première ligne se tient celui de Thorn qui a tellement de choses à nous raconter qu’il expédie les événements trop rapidement à notre goût, entre ellipses et phases fugaces qui ne rendent pas justice à la profondeur de l’ensemble. Heureusement, les 2 autres histoires s’en sortent bien mieux en gérant rythme et opacité, tout en prenant le temps d’installer les enjeux et en présentant ses personnages sans excitation, là où la fable incriminée déborde de personnalités et d’anecdotes que nous ne sommes pas en mesure d’appréhender en raison d’une mise en scène favorisant le sprint.

    Autre anicroche: si changer de groupe permet un renouvellement du gameplay et des ennemis (ce que nous vous détaillerons par la suite), un certain déséquilibre peut se faire ressentir: en effet, là où les galères vont se multiplier pour certaines troupes, d’autres vont littéralement tout péter sans sourciller et avec une aisance qui nous donne une opposition sur courant alternatif. A la rigueur, cela pourrait être perçu comme une volonté du studio afin d’alimenter efficacement son scénario (et nous n’irons pas plus loin par volonté d’éviter tout spoil) mais cela se fait au détriment de la courbe de difficulté.

    Qui sera d’ailleurs parfois bien présente...pour notre plus grand plaisir!

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    Clair...et classe!

    L’Ash de glace


    Oui, 3 modes seront proposés pour déterminer si vous voulez vous frotter à du challenge ou au contraire si vous préférez être comme des bons pépères pour suivre les pérégrinations de nos protagonistes. Vous pouvez activer une possibilité où les combats sont automatiques et si cela peut sembler tentant pour certains affrontements (tout peut se modifier à chaque instant dans le menu), sachez qu’en choisissant cette option vous perdrez parfois de précieux alliés...ou vous perdrez tout court (véridique, nous avons essayé!). Bon ce ne sera pas non plus monnaie courante mais un homme averti en vaut toujours 2.

    Alors on se jettera corps et âme sur le mode classique où ce sera à vous de bien gérer les rixes et de temps à autre, celles-ci sont bien tendues au point de devoir les recommencer du début. Point d’inquiétude, le jeu vous remet directement à l’aube de l’affrontement sans vous renvoyer 3 plombes en arrière. Et pour les plus furieux? La catégorie “homme de fer” où seule la dernière save est dispo et où vous ne pouvez pour ainsi dire jamais revenir en arrière: le stress de perdre un compagnon est plus intense et chaque mouvement devra être millimétré et rudement réfléchi. Sinon…

    Mais en quoi consiste alors ce fameux gameplay? En étant schématique et pragmatique, nous pouvons affirmer qu’il se divise en 3 morceaux qui sont interdépendants. D’une, vous aurez les dialogues, très nombreux et intenses mais dont le vocabulaire est riche et chaque intervention trouve son utilité à un moment ou à un autre. Ces pans se la jouent un peu “visual novel”, ou “livre dont vous êtes le héros” et il vous faudra prendre des décisions qui auront de réelles conséquences, comme la mort de personnages ou simplement leur désertion. C’est qu’à travers votre attitude, vous devrez gérer la loyauté de vos comparses et si cela semble assez simple dans les premiers temps, le vent de la complexité se lèvera, vous forçant à tenter “le moins pire”. En admettant que cela soit possible.
    Puis viendront les phases d’exploration. Attention, ne vous y méprenez pas! Si nous sommes bien dans un jeu fortement orienté RPG, ne vous attendez pas à arpenter des plaines infinies ou découvrir des secrets bien cachés. Non ici lorsque vous arriverez en ville, vous choisirez le lieu ou la personne que vous désirez voir puis vous ouvrirez des tableaux qui contiennent dialogues ou actions à effectuer.

    Sur la carte du monde, il vous sera demandé de choisir quel chemin arpenter, que celui-ci soit fréquenté ou non, avec quelques événements à la clé. En ce sens, soyez judicieux dans votre progression puisque le système de Strixes, des pierres précieuses et vitales, vous imposera de veiller sur la quantité de votre stock. En effet si vous en manquez, cela handicape votre groupe, incapable de se régénérer. Or si vous accumulez trop de blessures, un des membres pourrait mourir. Et lorsque celui-ci est important, que ce soit dans le scénar’ ou in-game, cela pique un peu. Sur notre premier run, nous avons perdu un grand costaud...résultat? Des combats bien plus compliqués par la suite…la cinématique rendant un hommage ne nous le rappelle que trop bien.

    Pensez aussi au repos des troupes, l’occasion d’échanger entre guerriers, et découvrez par la suite les effets néfastes de la contamination...nous vous laissons déceler comment cela rend la tâche moins évidente.

    Saloperie de Fauchage!

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    Vous en verrez des phases comme celle-ci. Mais en français!

    Et on fait: Thorn et les serviettes


    Puis vient le temps de se foutre sur la couenne et sur ce point, Ash of Gods assure sans miser sur l’expérience transcendantale. Cela fait le job, que vous trouvez sur chaque combattant entre le guerrier, moine, lancier ou archer et les composantes sont essentielles. A vous de préparer votre team en amont, en décidant qui laisser au repos et qui emmener sur le champ de bataille, en essayant d’avoir une formation hétérogène à placer judicieusement en début de combat.

    Concrètement, vous serez face à du tour par tour sur une arène quadrillée, symbole de la limite de vos déplacements sauf si vous usez de votre deuxième jauge. Oui il y aura 2 barres, celle concernant votre santé et l’autre votre énergie. Pas de surprise pour la première, alors que la seconde servira pour certaines actions et indirectement fera office de bouclier, puisqu’une frappe bien placée doublera les dégâts de PV si le reliquat d’énergie est à néant. Cela donne une dimension stratégique à ne pas négliger!

    De plus, les créateurs ont ajouté des cartes à usage unique durant les battles, octroyant des bonus et malus et qui, bien utilisées, modifient les tournants et l’approche. A vous de piocher correctement dans le deck et de sortir la parade au bon moment afin d’éviter d’être pris de court ou tout simplement de regretter d’avoir agi un tantinet trop tôt, ce qui la fout mal lorsque l’ennemi prend un certain avantage.

    Buffs et actions autres que la pure attaque seront à placer avec parcimonie et parfois ce ne sera pas de trop d’attendre le bon moment pour défourailler. Et finalement, Ash of Gods remplit amplement la charte des combats réussis. Néanmoins, il faudra faire avec une IA correcte mais pas surprenante pour un sou et une certaine lassitude peut se faire ressentir au bout d’un moment, le jeu possédant une durée de vie non négligeable.

    Soit! Mais l’option permettant d’accélérer les animations durant chaque fight est disponible. Nous ne saurons que trop vous conseiller le X2 afin de garder la lisibilité sans être pris sous un joug empreint de béatitude. Retenez également que l’ergonomie à la manette n’est pas forcément instinctive et il vous faudra un temps d’adaptation pour ne pas faire n’importe quoi.

    Le système de level-up, assez lent et progressif finalement, vous permettra d’améliorer vos performances ou encore de découvrir de nouvelles compétences et l’équipement, dont les places sont différentes selon le perso, pourrait bien être un facteur déterminant pour éviter le trépas...et penser à la contre-attaque!

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    Le déroulement des batailles.

    God gît là


    Effectivement le faux rythme peut perturber mais l’enrobage assure. En plus d’un chara-design de haute volée, nul doute que l’aspect graphique en version bande dessinée/fait main charmera le joueur en dépit d’un aspect un peu figé des choses et des regards un peu bovins pour certains bellicistes. Et si les conversations semblent austères, leur richesse compense le tout et coup de bol: tout est désormais traduit en français. D’accord, la police d’écriture est petite mais nous ne pouvons bouder notre plaisir tant cela facilite la compréhension de chaque mécanisme.

    Un sound-design qui ne s’embarrasse pas de superflu, des doublages synonymes de pertinence et surtout une OST qui se veut majestueuse. Tantôt discrète, tantôt puissante, cette dernière est un modèle de justesse, participant énormément à l’ambiance cinglante et mortuaire.

    Nous pourrions encore en parler des heures en vous exposant les choix moraux (on pille ou on les enterre ces cadavres?) ou encore l’évolution des baroudeurs, mais ce serait vous gâcher l’expérience. Ash of Gods fait les choses à sa manière et se trompe rarement.

    Cependant, il est impossible de parler de pure innovation. Nous l’évoquions en introduction et il est vrai que le jeu a du mal à s’émanciper de son modèle The Banner Saga qui réussissait à construire sa légende à travers 3 épisodes. Mais ne crachons pas dans le bon bouillon: l’opus a le mérite de ne pas rusher sa conclusion et réussit en bon élève à élever son niveau de jeu lorsque cela est nécessaire, loupant de peu l'appellation qui englobe les génies.

    Un modèle d’excellence et de combativité, c’est un fait. Ce qui est déjà énorme.

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    Oui, l'exploration de la carte du monde se déroule ainsi.

     

     

     




    Test Ash of Gods: Redemption - 8 minutes de lecture