Note du test 6/10En conclusion :

Loin de nous l’idée d’enfoncer Rock Ages 3 au plus profond de la Terre mais impossible de l’aduler. Sorte de création cosmique complètement déjantée dans l’esprit, le jeu ne parvient pas à injecter la même essence dans son gameplay. Si la justesse de certaines options, comme la panoplie de boules, est appréciable, impossible d’en dire autant des phases de Tower defense, trop simplistes et mal agencées. Ce qui est d’ailleurs dommage au sens où nous aurions vraiment voulu que l’alchimie soit efficiente pour sublimer la formule. Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’affection pour l’univers est présente. Sauf que la colline semble trop haute et la banquise en perdition. Bien sûr, nul doute que Rock Ages 3 saura trouver son public mais il semble compliqué de séduire les gamers dont le support est la console, surtout en cette période où la firme Sony sort ses dernières cartouches. Si la curiosité vous prend par les sentiments et que vous êtes dans la capacité de passer outre les approximations citées, alors vous pourrez passer quelques bons moments. Dans le cas contraire, l’arcade dispose d’autres atouts à dénicher. Comme quoi, la fin d’une ère est toujours remplie d’éblouissements.

Les plus

L’humour absurde
Le multi local
Mécaniques simples
La diversité des boules
La durée de vie

Les moins

Beaucoup de pièges non exploités
La maniabilité imprécise
L’IA aux fraises
Répétitif

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Rock of Ages 3: Make & Break
    Editeur : Modus Games
    Développeur : ACE Team, Giant Monkey Robot
    Genre : Action
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 21 juillet 2020
    Trophées : Oui
    Support


    Test Rock of Ages 3: Make & Break

    Publié le vendredi 07 août 2020 à 10h14 par NoBloodyKnows
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    L’ennui lorsque nous voyons un OVNI est de savoir le présenter devant une foule incrédule. Forcément, personne ne daigne nous croire. Qui plus est, certains petits malins s’amusent à nous décrire comme étant des illuminés. Ici, la situation est presque identique lorsque Pilou a réparti le test de Rock Ages 3 ! Une curiosité indescriptible, affublée d’une extension de titre, “Make & Break”, qui annonce la couleur. Et les développeurs venus du Chili, ACE Team, n’en sont pas à leur premier coup d’essai ! Seul l’éditeur change, la licence passant des mains de Atlus à celle de Modus. Une bizarrerie de plus dans le monde du jeu vidéo, tant sur le fond que sur la forme. L’espace d’un instant, cloné à de multiples reprises, nous nous sommes vraiment demandés sous quel angle aborder le sujet. Comment vous le transposer sans tomber dans les méandres de la complexité grossière. En effet, le soft est aussi curieux que simple dans ses mécanismes. Alors jetons nous à la flotte pour vous raconter tout cela, quand bien même serions-nous pris pour des dingues !

     

    The Golden Age of Rockest !


    S’il fallait résumer le genre de Rock Ages 3, nous serions bien embêtés. Sorte de mélange entre Tower Defense (un peu) et d’arcade à base de boules (oui…), le titre est de la catégorie dite de niche. Sans toutefois transcender la profondeur mais nous y reviendrons plus tard.

    Tout d’abord, au milieu de ce concept un poil austère et fermé se cache un univers déjanté, absurde et...fun. A moins d’être totalement allergique à cet humour, vous aurez quelques moments de rires francs ! Ainsi, le récit s’inspire énormément des loufoqueries des Monthy Python, référence brandie maintes fois par les créateurs. Toutefois, n’allons pas crier au pastiche honteux : Rock Ages 3 sait aussi faire preuve de caractère et user de ses propres pitreries pour faire mouche.

    En dépit de quelques instants de lassitude dues à quelques répétitions, dont l’usage du running gag à l’occasion maladroit, l’ensemble est cocasse et nous suivons les pérégrinations de notre groupe de loosers avec délice. Pas de scénario à proprement parler ; juste un voyage qui vous fera traverser les époques à bord de votre bateau pour y affronter des personnalités historiques. Et voir un Jules César parfaitement crétin, cela fait son petit effet !

    En ce sens, les époques sont suffisamment variées pour donner l’illusion de diversité, effective dans les changements de couleurs mais pas si folle en terme de construction. Cependant, un soin particulier est apporté pour la mise en scène, entre transitions animées et fixes, bruitages succulents et montage pertinent. Seules les musiques, uniques pour chaque monde traversé, finiront pas taper un peu sur le système. Heureusement, au bout d’un moment, nous ne les entendons même plus.

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    Rock Ages 3 ressemble à quoi ? A cela les copains !

    Boules’n’ghosts


    Le jeu est compartimenté entre plusieurs modes, dont les 2 principaux sont la création et la destruction. Pour le second nommé, vous aurez le choix entre l’histoire et les niveaux de la communauté, comprendre par là que la fonction en ligne est bien présente. Et cela représente le premier indice, vérifié, qui interpelle. Le contenu de Rock Ages 3 peut se montrer extrêmement riche si les gamers entrent dans le trip et poursuivent le délire.

    Bien sûr, personne ne sera jeté dans la fosse aux lions sans explication. De fait, un didacticiel sera là pour vous éclairer et vous donner les bases d’un système accessible et parfois, malheureusement, peu profond. En clair, nous vous parlions de mélange entre le Tower Defense et l’arcade. C’est exactement le déroulé du soft qui vous amènera à poser toute sorte de pièges et constructions pour empêcher l’adversaire de démolir la porte de votre château avec sa boule de pierre...ou de vaches, moutons et autres joyeusetés !

    A contrario, quand votre propre boulet sera prêt, à vous de lui envoyer sur la gamelle en esquivant tous les ralentisseurs qui pourraient vous balancer dans le vide ou, pire, vider la “barre de vie” de votre sphère rocailleuse. Vous alternez donc entre une vue du dessus dédiée à la stratégie et une seconde où la caméra est placée derrière le globe.

    Rien de bien difficile comme vous pouvez le constater et force est de reconnaître que le gameplay ne cherche pas à vous embrouiller dans des tonnes de subtilités qui n’auraient, de toute façon, par leur place ici. D’autant plus que vous pouvez vous mettre sur la tronche en local, en prenant en compte qu’en ligne, peu de personnes sont présentes…
     

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    Barré et cohérent... mince !

    Le boulet Rock !


    Et c’est ici que les premières zones d’ombre se dessinent. Certes, Rock Ages 3 jouit d’un bon nombre d’items à utiliser pour la défense, dont des animaux tarés qui prêtent à sourire. En outre, l’ensemble est mal équilibré : le combo, disponible dès le début, “moulinet/tour/catapulte” fait des ravages, et ce sur toutes les cartes. Celles-ci sont un peu trop longues d’ailleurs. Empêcher l’autre de démolir son château n’est pas bien compliqué, surtout si vous affrontez l’IA.

    Pas bien maligne, cette dernière se contente de reproduire inlassablement le même schéma et le même trajet. Vous voulez passer crème ? Observez les déplacements, rebootez la carte et placer les éléments à peu près où il faut, sachant que les constructions ne sont pas pérennes et peuvent évidemment être détruites. Il ne sera pas non plus possible de tout reconstruire au même endroit et ériger des bâtiments, cela coûte de l’or.

    Plusieurs solutions s’offrent à vous, comme la traditionnelle récolte à bien protéger pour ne pas être à sec, ce qui est plutôt bien vu. Des sacs débarqueront sur la carte de temps à autre mais pour les prendre à la manette, c’est une calamité. Malgré la possibilité de zoom/dezoom, nous sentons que Rock Ages 3 est avant tout pensé pour le PC. Les imprécisions sont de sortie et si vous pouvez choisir le sens de vos pièges, un véritable jeu d’enfant, vous aurez plus de mal à les placer à l’endroit exact.

    Les contacts se montrent aussi décevants entre le manque de peps des impacts et une inertie pas toujours heureuse. Toutefois, en ce qui concerne cette deuxième constatation, ce n’est pas un dogme. Il arrive bien souvent que la physique fasse le taf. C’est juste une question de “coup à prendre”. Une fois cela établi, il va sans dire que le plaisir est décuplé !

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    "Situation normale" dirions-nous...

    Ra’s al Boule !


    L’autre face du jeu est cette descente de votre pierre pour aller démolir le siège de l’autre ! Sur le papier, cela fonctionne plutôt bien et peu de ralentissements sont à signaler. Il s’agit donc d’esquiver les obstacles adverses, tout en évitant de tomber dans le vide même si cela n’est pas trop punitif, excepté lors des épreuves de course contre un autre boulet.

    Pour les phases “en solo”, rien de bien complexe puisqu’il s’agit de se déplacer, sauter, freiner ou accélérer. Pas de fioriture donc et c’est tant mieux ! Néanmoins, un constat s’impose : tout est bien trop imprécis pour faire lever les foules. Le contrôle frôle parfois la savonnette et une certaine rigidité des déplacements est à prendre en compte. Cela est sans doute un choix du studio et en un sens, c’est logique. Mais quel est l’intérêt de briser le courant de l’amusement ?

    Puisque nous paraissons un peu dur dans notre propos, il s’agit de le nuancer car tout n’est pas négatif, loin de là ! Plusieurs types de boules sont disponibles, possédant des caractéristiques bien précises, changeant la manière d’évoluer. Et pour le confort, celle de base ou la vache permettent de mieux gérer ! Oui, avant que vous soyez en train de fuir, il y a bien un roster de rocs à débloquer. Un aspect scoring est aussi de la partie, arcade oblige, encore faut-il avoir l’envie de ressortir Rock Ages 3 après l’avoir terminé.

    Et si les tares sont indéniables, on se marre bien (et même un peu bêtement) durant la partie scénarisée. En consommant le tout par petites doses, le moment n’est pas désagréable, qui plus est si vous vous passez le pad. Surtout pour le contre-la-montre !

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    Une vue plus... stratégique.

     

    Rock’n’Ball


    Un éditeur de niveaux est à votre disposition mais il est assez peu ragoûtant. Il est plus aisé de se jeter sur un level monté par une personne de la communauté, probablement animée d’un certain sadisme ! Cet état de fait permet à Rock Ages 3 de bénéficier d’une durée de vie hors-norme. Enfin comme nous vous le disions : si tout le monde s’y met…

    Techniquement, rien de bien grandiloquent. Les cinématiques ne sont pas désagréables et si nous avons constaté quelques bugs mineurs (comme le défaut d’apparition des protagonistes avant de se lancer dans la bataille), peu de ratures souillent la copie. Les phases d’arcade ne sont pas affreuses sans décrocher la rétine, mais l’intérêt n’est pas là.

    En revanche, la partie Tower est tout simplement laide. Si cela n’est pas dans nos habitudes d’aborder les graphismes, cela est indispensable ici tant tout est sommaire. La vue est bien lointaine et les modèles minimalistes, ce qui est loin de rendre hommage à la Direction Artistique aperçue dans les phases narratives.

    Enfin, l’interface est un peu lourdingue, sans être adaptée aux besoins d’une console. Et c’est un fait : Rock Ages 3 est bien mieux pensé pour le PC dans son concept. Si nous ne pouvons indéniablement pas râler devant des adaptations autrefois exclusives à l’ordinateur, nous restons convaincus que tout ne peut pas se porter sans encombre.

    La preuve en est avec un jeu pas mauvais dans l’absolu mais oubliable. A moins d’être happé par la proposition, ce qui ne sera pas le cas de tous. Surtout qu’un certain Super Monkey Ball, bien plus vertical, traîne dans les parages...

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    En écran partagé, c'est bien aussi !




    Test Rock of Ages 3: Make & Break - 7 minutes de lecture