Note du test 8/10En conclusion :

Impossible de conclure ce test sans justifier une note qui, à l’instar de nos impressions, se révèle paradoxale. D’un côté, nous avons un city-builder monstrueux, qui ne cesse de s’améliorer et qui dispense des ajouts sans nous les jeter à la tronche et cela est un véritable tour de force! D’autant plus que la durée de vie se retrouve décuplée et que l’immensité rime avec diversité tant le plaisir est multiplié à chaque avancée, si bien que tout scénario ne semble pas nécessaire. Avec ce double aspect profond misant sur la construction/gestion, nous aurions pu craindre une complexité effarante pour un public non aguerri: ce serait une grave erreur car une fois la logique acquise, le bonheur d’évoluer se fait sentir et nous nous surprenons à regarder nos créations comme un gamin qui aurait bâti son château LEGO sans avoir consulté la notice, à force de tenter jusqu’à en sublimer la substance de l’originalité. Cependant, impossible de faire l’impasse sur le système économique de Cities Skylines qui se présente telle une plateforme de base où s’ajoute au fur et à mesure du contenu payant. 2 firmes s’affronteront alors au sein des gamers: ceux qui loueront le suivi du produit et les nombreuses possibilités qui s’offrent aux chalands transformant la solidité du temps nécessaire pour tout découvrir en expérience tout simplement délirante et presque infinie; tandis que pour les autres, cela ne passera pas. Voir des parties grisées leur laissera un goût amer et le fait de devoir effectuer un choix pour définir quelle branche explorer finira par les laisser de côté. Une nouvelle fois, à vous d’emprunter ou non le sentier proposé. Et si vous basculez, vous constaterez à quel point Cities Skylines Parklife Edition brise la nuque de la mode du DLC pour revenir aux origines: ce que nous appelions par bonheur “extension”...

Les plus

Immense!
L’évolution de sa ville en mégalopole
Le système de ressources pas contraignant pour un sou
Les ajouts de Parklife bien adaptés au produit
Des heures de jeu en perspective
Pas de superflu
Loin d’être inaccessible
Une ergonomie finalement bien pensée pour le pad...

Les moins

...qui nécessite un temps d’adaptation
Quelques erreurs de pathfinding
Un sound-design pauvre
Un modèle économique qui peut rebuter

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Cities Skylines Parklife Edition
    Editeur : Paradox Interactive
    Genre : Gestion
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 12 novembre 2019
    Trophées : Oui
    Support


    version éditeur

    Test Cities Skylines Parklife Edition

    Publié le mardi 14 avril 2020 à 19h14 par NoBloodyKnows
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    Nous ignorons si cela est le fruit de cette période qui nous pousse à envisager de telles choses mais à force de rester entre 4 murs, nous avons des envies de gigantisme, de constructions et de prolongements jusqu’à perte de vue. “SimCity est votre sujet du jour?” nous demanderiez-vous, plein de compassion face à notre désir d’étancher notre soif de béton. L’idée est en effet pertinente excepté qu’aujourd’hui, le city-builder possède un autre visage, celui qui défraie la concurrence tout en maintenant sa boulimie de nouveaux contenus en évoluant sur plusieurs fronts jusqu’à titiller les ténors de chaque discipline. Pendant longtemps ce luxe fut le bien de la caste des propriétaires de computers toujours plus puissants, estampillant même le genre comme partie intégrante de l’ADN de ces machines. Les saisons et les temps changent et désormais nos consoles se dotent aussi de productions similaires, souvent sous forme de portage(s) néanmoins. Peut-être que l’architecture (jeu de mots un peu chiche oui!) plus proche des lointains cousins a été le déclencheur de ce revirement, allez savoir...toujours est-il que Cities Skylines est désormais bien installé sur nos PS4 et il était temps de vous en reparler tout en présentant l’extension Parklife. Car vous comprendrez bien assez tôt que le jeu est désormais un générateur où il faudra faire un choix concernant l’aventure que vous voulez vivre, en acceptant les règles du marché. Qu’est-ce donc que tout cela? Pas d’inquiétude, la lanterne de PSMag vous accompagne afin de vous éclairer!

     

    Planche maçon!


    Pour mieux saisir la chose, il s’agit de la redéfinir: si vous achetez Cities Skylines, vous aurez accès à du contenu qui a le bon goût de vous occuper un moment. Toutefois, à l’instar d’un Williams Painball, si vous souhaitez prolonger le plaisir avec de nouveaux espaces voire vivre une campagne bénéficiant d’un pitch/script, il faudra mettre la main à la poche pour en profiter. Et à coup sûr, ce procédé divise largement: d’aucuns pourraient crier au scandale en pointant du doigt une méthode qui peut vite faire flamber le portefeuille tandis que le disciple appréciera que sa pépite s’étoffe de contenus toujours plus ambitieux et complets qui feront exploser la durée de vie d’un titre déjà pantagruélique à la base.

    Cela modifie le nombre de cartes disponibles et certains ajouts proposent des scénarii en complément. Nous y reviendrons plus tard mais sachez une chose: des 12 maps proposées sur la galette, 5 s’ajoutent avec Parklife. Pour un scénario? Nous repasserons car il n’y a pas d’option de ce genre avec cet élargissement. Un point à ne pas négliger même si l’intérêt n’est pas là.

    Avant de pénétrer dans le vif du sujet de Parklife, un petit rappel des mécanismes serait de bon goût histoire de bien comprendre de quoi il en retourne. Seule l’option “nouvelle partie” vous sera proposée: vous choisirez une carte où se déroulera la sortie du sol de vos bâtisses. Chacune d’entre elles aura ses propres spécificités, comme le relief (vous préférez les montagnes ou les plaines?), ou encore la météo dynamique et le cycle jour/nuit.

    En outre, l’essentiel n’est pas dans ces considérations: chaque endroit connaît sa propre harmonie avec sa réserve de ressources, comme l’eau ou le pétrole, qui diffère d’un lieu à l’autre ainsi que le pourcentage des zones constructibles. Un aperçu initial qui semble anodin mais qui a son importance en dévoilant les premières esquisses de la plénitude dont faire preuve l’oeuvre.
    Vous pourrez aussi choisir d’activer la “triche”, mode idéal pour ceux qui ne voudraient pas se confronter à une limitation de budget entre autres. Attention toutefois à la désactivation des trophées en optant pour ce chemin même si cela démontre une ouverture des développeurs auprès des gamers qui voudraient “la jouer cool” ou tout simplement découvrir les rouages inhérents à la typologie du city-builder sans contrainte.

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    Une image vaut mieux que 1000 mots...

    Spleen city?


    Seconde claque au compteur: la taille des maps. C’est tout bonnement immense et nous nous en rendons compte très rapidement! L’étroitesse est un écueil habilement esquivé, ce que n’avait pas su faire SimCity.
    Et si votre espace de build est limité au départ, vous aurez la possibilité de vous étendre et bon sang que cela impressionne! Surtout que vous partez... de rien. Absolument rien. Du riennisme. Et de cette jachère s’élèveront de petits hameaux qui mutent en mégalopoles toujours plus larges...et toujours plus hautes!

    De la maisonnette au gratte-ciel, il n’y a qu’un pas; cependant veillez à ne pas vous montrer gourmand. Si Cities Skylines vous demande effectivement de construire encore et encore, il dispose d’une partie de gestion à ne pas négliger pour bâtir son empire sans précipitation et de manière réfléchie et évolutive. Oui regarder de plus près son bébé citadin est grisant, mais si cela vous empêche d’éviter l’exode de la population…c’est mieux!

    Il s’agira donc de prendre votre temps et de découvrir afin de tout saisir. Or, pour le néophyte comme pour l’endurci, un temps d’adaptation sera nécessaire. Si l’ergonomie est somme toute bien pensée, elle n’est pas réellement intuitive et vous serez enclin à faire des erreurs qui relèvent bien plus de la maladresse que du manque de réflexion, surtout lors des prémices. Rien de bien dramatique mais si des didacticiels sont à votre disposition, tout n’est pas clair malgré une traduction qui fait le taf tout comme cet enrobage humoristique où l’on retrouve un gazouilleur rigolo (et personnalisable) qui vous donnera plein d’informations, comme les réactions des habitants déclinées sous forme de hashtags qui brisent l’ascétisme.

    Il vous faudra alors “peindre” certaines de vos constructions comme les routes: cela signifie effectuer des tracés avec les courbes et les inclinaisons qui vont bien. Cela semble rude au début et à force de pratiquer, nous comprenons enfin comment tout mettre en place efficacement. D’autant plus que l’ensemble reste assez facile: d’ailleurs le challenge n’est pas non plus atroce puisque le nombre de bâtiments est limité. Enfin le constat sied à celui qui le prend comme tel; il y a aussi la possibilité de considérer que le jeu retire le superflu en se concentrant sur l’essentiel. Et attention à ne pas imaginer 3 pauvres édifices! Il y a de quoi faire sans tomber dans l’excès des possibilités dont l’utilité est moindre au mieux, médiocre dans le pire des cas.

    Un sens de l’équilibre à saluer!

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    L'écologie s'allie au superbe!

    Saga cities


    N’allons pas divaguer dans une brume de superlatifs obscurcis et rongés par la rouille: le classicisme sera la norme entre résidences, centres commerciaux ou encore industriels. Idem pour l’utilisation des ressources, sobre sans être sommaire. Cela fonctionne étonnamment bien: vous pompez de l’eau près...d’un point d’eau pour alimenter votre ville tout en assurant l’évacuation la flotte usée. De même pour l’électricité (à quelques nuances près!): une éolienne, si vous êtes tendance écolo, ou une centrale à charbon si vous vous en moquez éperdument, un raccord via des lignes haute tension et le tour est joué!

    Cities Skylines n’est jamais pénible en misant sur un système solide et simple comme bonjour qui ne découragera pas celui qui s’y adonne, et surtout celui qui a envie de prospérer sans devoir se poser 1000 questions pas toujours heureuses, ce qui fut déjà constaté dans d’autres productions confondant complexité et lourdeur. Un très bon point qui vous laisse préparer le terrain pour ensuite grandir.

    Pour cela, et c’est ainsi que nous abordons un peu plus la gestion, il vous appartient d’obtenir la satisfaction des êtres qui s’installent dans votre cité. En ce sens, à vous de bien organiser les services de la ville, notamment ceux qui relèvent du public car vous devez répondre à des attentes: la santé, l’éducation ou encore la sécurité sont des concepts qui se doivent d’être omniprésents. Les impôts ou encore les transports par exemple devront faire partie des priorités mais nous prenons vite les bonnes habitudes pour qu’aucun grain de sable ne dérègle l’horloge, d’où l'importance de partir sur de (très) bonnes bases. Nous l’avons déjà énuméré précédemment mais sans fondations solides, c’est toute la maison qui s’écroule: cela est valable pour votre vision urbaine!

    Les options politiques seront aussi essentielles et ce sera à vous de les valider ou invalider selon les quartiers. Pas de tabac dans les lieux ouverts à tous? Pas de problème, il faudra seulement décider dans quels quartiers cela s’applique car oui, ces derniers sont la subdivision de la cité sachant qu’ils peuvent être aussi industriels ou agricoles. Laissez votre imagination se déchaîner et vous n’aurez aucun vrai obstacle qui ne peut se résoudre.

    Car là se situe le vrai génie du soft qui ne vous met que rarement face à des situations irréversibles. Si une difficulté vous fait face, vous aurez largement les arguments pour lui tenir tête jusqu’à l’éradiquer. Et vous verrez qu’au fil des parties, l’empirisme des erreurs passées vous sera favorable et garder un oeil sur les statistiques de contentement de la population vous paraîtra naturel même si vous serez en mesure d’anticiper quel acte engendre telle ou telle réaction.

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    Il vous en faudra du temps pour cela...mais ça vaut l'coup!

    Skylines up


    Vous l’aurez saisi: tout se juxtapose et voir le fruit de ses essais pousser jusqu’à atteindre des tailles hallucinantes a de quoi faire tourner les têtes. Tout juste regrette-t-on un sound-design moyen et une OST à poil. Rien de bien méchant puisque le genre ne mise pas sur ces aspects mais il est toujours bon de faire le rappel.
    Cela ne manquera pas de vous sauter aux yeux mais le jeu est plutôt joli avec quelques effets bien sentis et la fluidité ne prend pas vraiment d’énormes coups dans le beignet malgré l’ensemble des animations. Quelques erreurs d’IA lors du pathfinding sont à déplorer mais comme ce n’est pas la norme: nous ne pouvons ainsi réellement fustiger ce point.

    Et s’il n’y a pas, pour les maps testées, de scénario, le système de paliers à franchir fait son office en vous proposant de nouvelles infrastructures pour vous étendre. C’est dans cette logique incontestable que débarque Parklife qui, à l’inverse d’autres thèmes, ne débloque pas de campagne narrative mais ajoute quelques subtilités au gameplay sans hurler au grand chamboulement.

    Ici, vous aurez accès à 4 types de parcs dont le déblocage ne sera pas bien dur: les attractions, réserves naturelles, zoos et urbains. Vous vous en doutez, chacun possède ses spécificités et ses besoins et ce sera à vous de définir taille et éléments à placer. Si nous n’avons pas fait le compte exact, nous pouvons dire que la liste desdits éléments inédits est longue comme le bras et à vous le grand huit, les aires pour enfants, les cafét’ et bien d’autres choses. Si la masse numérique des bâtiments n’est pas exponentielle, le lot d’améliorations est appréciable (comme les arbres) et la proportion du DLC pour changer la donne est très convenable.

    L’interface prévoit le tourisme, le leitmotiv ici, et le fait avec aisance et brio! La philosophie change quelque peu, sans modifier ce qui est entrepris dans le jeu de base. Cependant, des modifications extrêmements réussies jalonnent le paysage, comme ces bus qui doivent relier le chemin de manière efficiente pour que les visiteurs voient tout ce qui est proposé par vos soins: diablement efficace! Sachant que l’option des randonnées payantes est aussi accessible...ainsi, le soft ne cherche pas à partir dans des directions trop floues mais se concentre sur l’essentiel afin d’éviter de bouder la cohérence.

    Il vous faudra donc promouvoir vos espaces et bien travailler en amont pour rendre les vagabondages agréables, sous peine de se retrouver avec une note dégueu de la part de la clientèle qui ne se fera pas prier pour déserter les lieux si le compte n’y est pas. La publicité sera ainsi essentielle et de nouvelles politiques seront en votre possession pour maximiser le rendement. Empêcher la maltraitance animale nous paraît de fait d’une logique implacable lorsque nous installons un parc à animaux…

    Si tout ne saute pas aux yeux d’entrée de jeu, il va sans dire que les découvertes, qui se font parfois par tâtonnement et au fur et à mesure, sont agréables et prolongent bien ce que fait Cities Skylines tout en rendant hommage à la thématique en se permettant d’aller sur les plates-bandes des simulations destinées à cet univers. Cela n’est pas aussi avide de complétion mais rien ne choque dans la fusion avec le caractère d’origine en dépit d’un abandon parfois logique des parcs lorsque ceux-ci dérangent par leur taille.

    Point de révolution à l’horizon mais un complément qui évite une intrusion trop brusque en se fondant dans le coeur du projet. Le city-builder était déjà solide: il se retrouve magnifié!

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    De sublimes horizons!

     

     

     




    Test Cities Skylines Parklife Edition - 9 minutes de lecture