Note du test 6.5/10En conclusion :

Passé du stade de petite curiosité à jeu attendu pour surprendre, Maneater subit les foudres d’un gameplay imprécis. Un manque de gestion qui s’avère fatal pour les combats, au même titre que l’écriture minimaliste des quêtes qui se retrouvent infectées par la réitération. Cependant, impossible de ne pas reconnaître le plaisir malsain éprouvé lors de la montée en puissance de notre requin, couvert par un système d’évolution aussi simple qu'efficace. S’il faut du temps pour devenir un véritable traqueur, nul doute que votre satisfaction n’en sera que décuplée. Si nous ajoutons à cela une ambiance aussi peaufinée que l’excellent sound-design, nous pouvons dire que les développeurs de Tripwire Interactive ont su s’extirper du piège de l’échec. Par le biais d’un travail remarquable reprenant toutes les figures de proue du genre, Maneater peut se montrer aussi cruel que drôle en délivrant un message vraiment pertinent. L’homme et la nature sont ainsi traités sans fioriture mais avec suffisamment de malice pour que nous comprenions ce que les créateurs ont à nous dire. Propre techniquement sans chercher à éclater les mirettes, Maneater est aussi diversifié visuellement qu’il est bien trop homogène dans la construction de ses mécanismes. De quoi s’en accommoder pour se défouler, certes, sans toutefois placer le jeu au sommet de l’open-world. Un bon premier essai et une bonne représentation d’un concept qui aurait largement pu couler. Ce qui est déjà une prouesse et nous demandons évidemment à voir si le projet est une base d’un plus gros éco-système. Ou si le fleuve se contentera d’éviter le mascaret.

Les plus

Concept original
8 zones à l’ambiance unique
Le narrateur cynique au top
Les clichés assumés
Jouissif et malsain
L’aspect RPG respectable
Le message implicite

Les moins

Saleté de lock
La caméra qui s’emballe
Les objectifs répétitifs
Boss peu impressionnants
Un menu à appréhender

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Maneater
    Editeur : Koch Media
    Développeur : Tripwire Interactive
    Genre : Action | RPG
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 22 mai 2020
    Trophées : Oui
    Support


    Test Maneater

    Publié le vendredi 05 juin 2020 à 10h00 par NoBloodyKnows
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    “C’était ton anniversaire, tu voulais une batterie”. Il y a du vrai pour la face masculine du NBK sauf qu’en même temps, l’envie de vous parler de Maneater nous brûle les doigts. Enfin les dents plutôt : entendons-nous, nous sommes des sanguinaires révoltés du jv, de ceux qui râlent pour tout et un peu de rien. Sans oublier l’honnêteté toutefois car notre raison de faire, c’est notre lectorat. Oui, vous. Notre essence. Mais point de digression profonde : l’heure de vous évoquer le sujet du jour pointe. Et comme nous vous respectons, nous n’évoquerons ni Les Dents de la Mer, ni l’ensemble du genre. Oui le slasher. Oui, le génie de Spielberg. Tout cela, vous le savez. Et nous en sommes sûrs: vous en parlerez un jour bien mieux que nous. Néanmoins, voilà notre tâche : vous décrire le méconnu. Ou le moins connu. Car si celui-ci impressionne à l’occasion, il peut être surprenant, choisissant sa direction. La bonne ? Nous sommes dans l’incapacité de répondre dès que l’annonce sonne. Mais lors du jugement, que nous espérons être loin du dernier, nous faisons face aux méandres de l’objectivité. Un jeu énorme et déplaisant à notre sens ? A nous de le décortiquer pour ce qu’il représente. Une production bancale pour laquelle notre tendresse hurle ? Cela ne justifie en aucun cas l’ensemble des tares. Notre test du jour, c’est un peu des deux. Entre surprise attenante et petite déception, forcément un tantinet illégitime en se référant à l’attente inexistante. Rien n’empêchera cependant d’attiser notre curiosité : double-face du gaming et de la Pop-Culture, rien ne nous forcera à devenir prétentieux. Juste en tant que disciples de l’éclairage, au mieux, nous vous fournissons le récit d’une production qui avait tout pour elle. Mais elle savoure ses échecs relatifs, contemplant la banquise de ses réussites. Mince ! Nous n’aurions jamais pensé qu’un requin puisse évoquer tant de choses. Les temps changent. Nous aussi.

     

    Pas d’squale sevrant


    L’objet du crime ? Un Open-World, avec quelques limites toutefois, où vous incarnez...un requin. Mais pas n’importe lequel : la bête fut extirpée de sa mère, symbole de la folie des hommes. Oui, croyez-le ou non : derrière ses aspects de série triple Z, Maneater délivre un message profond qui use habilement de l’humour pour mieux dénoncer, alerter, faire face aux choses. Point de spoiler ici, mais chaque élément transpire l’Humain inconscient et néfaste envers Dame Nature. Que ce soit la pollution, l’abandon ou tout le reste… implicitement, la Mère reprend ses droits et vous en êtes le vecteur.

    Tout cela, c’est pour le message. Dans la forme, nous avons les notes d’une OST efficace, à défaut d’être marquante, qui sait se montrer adaptée dans ce qu’elle représente. Tout comme la mise en scène, aussi kitsch que réussie dans sa recherche du cliché. Alors oui, cela choquera les non-penseurs de la bienséance: vous êtes là pour tout bouffer. Pas manger. Bouffer. Et tuer par plaisir. De facto, il y aussi des chances pour qu’une partie du public n’apprécie pas la représentation des victimes humaines perdues dans la flotte, souvent obèses. Cela fait partie des poncifs habituels ; en revanche il est certain que l’adhésion ne sera pas totale pour les allergiques au second degré.
    L’ambiance est bien présente et pertinente sans chercher l’ultra-gore et sans céder à la mignonitude.

    En dépit de quelques visages terminés à la truelle, le titre demeure assez joli. Quelques textures bavent un peu et quelques vilaines traces de clipping se montrent néanmoins. Cela gicle de partout et vous remplissez des objectifs simplistes et surtout répétitifs. Autant ne rien vous cacher : il s’agit de LA grande tare du jeu qui vous demande bien souvent de croquer des espèces aquatiques précises, inlassablement. Face aux prédateurs que vous représentez, certaines ne se défendent pas et se contentent de fuir, alors que d’autres ripostent. Aucune crainte à avoir : ce n’est pas l’IA qui vous fera suer mais bien plus la résistance et le level de l’opposant.

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    L'art de la représentation !

    Squale ma gueule ?


    Il est évident que nous comprenons que ce type d’expérience ne peut rivaliser avec des mastodontes de l’OW à la GTA et que le but à atteindre ne peut connaître de réelles variations. Mais au fur et à mesure que vous progressez dans les 8 zones du jeu, chacune d’entre elles possédant son propre charme (ah, ce Bayou !), vous vous rendrez compte que vous faites les choses mécaniquement. Pourtant, la durée de vie reste honnête à condition de ne pas foncer tête baissée au risque de ne pas dépasser les 10H.

    Il y a toujours des petites choses à faire et si le menu est un peu bordélique, il devient de plus en plus maîtrisable et la carte est simple à lire. Seul souci : durant nos sessions de jeu, l’activer faisait souffler notre PS4 Pro comme jamais. Nous ne pouvons confirmer que tout le monde est concerné ou si un patch d’optimisation réglera le problème ; en outre il nous semble important de vous le signaler.

    Comme dans les classiques, vous pourrez choisir de “marquer” la quête que vous voulez suivre et le jeu ne sera pas avare en informations concernant votre avancée. L’exquis narrateur Chris Parnell sera là pour commenter les actes de façon hilarante et même anticiper certaines choses. Un plus qui égaie vraiment l’ensemble, évitant de virer dans la platitude.

    Pour ce qui concerne le gameplay de Maneater, les choses sont bien plus complexes : comprendre par là que ce dernier est bourré de bonnes idées qu’il fout en l’air par un manque de finition. Rien de bien sorcier : vous pouvez exécuter des attaques caudales ou des morsures, nager profondément ou à la surface, sauter hors de l’eau, esquiver, accélérer...entre autres. Un panel plutôt complet qui mettra votre sens du risque à rude épreuve quand il s’agira de fuir pour croquer un humain ou un poisson afin de rétablir la jauge de santé.
     

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    Un résumé en une seule image !

    Rapace tes affaires


    Le souci ? Outre le mapping des touches pas toujours heureux, le lock est capricieux. Pire : mal pensé, il vous oblige à apprendre à vous en passer. En 2020, ça la fout mal. Ajoutons à cela une caméra qui devient parfois folle en étant bloquée à la surface et vous comprendrez que les possibilités ne sont plus exploitées. Plus de réelle stratégie au bout d’un moment, juste un martelage de la touche de morsure pour en finir au plus vite.
    Et ce n’est pas les boss animaliers, les “super prédateurs”, qui vous poussent à varier vos approches. Peu de patterns pour la plupart d’entre eux, juste une résistance accrue. Heureusement que le bestiaire pluriel rattrape un peu le coup !

    Pour les hommes, même constat. Vous serez régulièrement assailli par des chasseurs sur des bateaux quand vous serez trop dangereux. Ou quand vous croiserez la patrouille ! Sorte d’équivalent de la police de GTA, ils vous traqueront et si vous dégommez un certain nombre de navires, vous ferez grimper votre “jauge d’infamie”. Et au bout d’un moment, un des chefs des chasseurs se pointera pour en finir. Une idée brillante et vraiment sympathique qui vous pousse au défi !

    Faire du zèle hors de l’eau ne sera pas sans risque, et le soft s’amuse à vous mettre en difficulté parfois. En effet, une jauge de respiration, améliorable, est à surveiller pour ne pas subir l’affront de l’asphyxie qui vous mène au game-over. Heureusement, celui-ci est loin d’être punitif et les respawns se font au sein des grottes sous-marines découvertes, lieux de save et de croissance. Car oui, l’enjeu principal est l’aspect RPG qui avait réussi à titiller notre curiosité.

    Avec bonheur ? Cela dépend de ce que vous en attendez. Pour nous, l’aspect sommaire est essentiel et bien suffisant. Votre requin grandira, allant du bébé à l’ancien, et deviendra de plus en plus inquiétant pour ses proies ! Une possibilité entrevue dans l’introduction qui vous fait jouer un adulte avant de devoir commencer de zéro, où votre puissance est minime comparée à la faune locale.

    Un peu frustrant au début, le sentiment de progression est bien là et le point culminant sera le dernier tiers de Maneater où votre selachimorpha est une machine à tuer, transformant notre prudence en sadisme. Un pari réussi sur ce point par le studio qui réussit à montrer les bienfaits de l’apprentissage !

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    Une ambiance toujours unique...

    Shark n’a rien à voir


    Pour progresser, vous aurez la classique montée des levels à force de combattre. En prendre augmente votre jauge de vie, votre défense, votre résistance...nous avons l’habitude. Vous pourrez aussi customiser le corps et les organes du requin pour augmenter en efficacité, le personnaliser et obtenir divers bonus. Entre une mâchoire électrisante, une meilleure digestion ou un sonar plus efficient, il y a de quoi faire ! Selon votre appétence, vous testerez diverses combinaisons pour personnaliser un peu votre expérience de jeu, en prenant en compte le fait que tout est améliorable et que la monnaie de Maneater correspond à un type de chair que vous croquerez.

    En clair, manger un humain n’offrira pas le même type de gain que s’en prendre à un mérou. Le concept est bon et vous pousse à faire les choses différemment. Ce qui surprend finalement lorsque nous prenons en compte ce leitmotiv des objectifs cité en amont !

    Quelques autres surprises vous attendront, entre les mauvaises (quelques chutes de framerate) et les excellentes. En plus de jouir d’une profondeur de champ plus qu’acceptable, parcourir l’univers mis en place est tout ce qu’il y a de plus plaisant. Nous aurions pu croire que nager pourrait être lassant mais les créateurs de Maneater ont été intelligents dans le level-design pour nous obliger à contourner certaines limites.

    Vous devrez également faire attention à ne pas vous faire piéger dans les espaces restreints car s’en prendre à un caïman qui a 5 niveaux de plus que vous est compliqué, alors imaginez 3… de la véritable survie ! Cependant, on ne peut reprocher une grande difficulté au jeu : en suivant l’épopée tout en effectuant quelques quêtes secondaires, cela devrait passer. Quelques trucs à casser çà et là, des choses à atteindre en sautant proprement entre 2 ponts, des coffres en guise de loot… cela peut sembler peu. Mais il est indéniable que cela brise un peu la monotonie même s’il nous semble difficile de crier au grand soir !

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    Le côté anxiogène !

     




    Test Maneater - 7 minutes de lecture