Note du test 7/10En conclusion :

Ultracore est le jeu qui rend bipolaire, au mieux, schizophrène au pire. D’une part, nous apprécions ce retour dans la culture qui nous charmait de ses délices en 2D. De l’autre, chimérique est la pensée qu’il puisse faire l’unanimité. La cause ? Le public insensible à ce genre de production ne s’y penchera pas, ou seulement par curiosité si quelqu’un tend à lui faire découvrir. Deuxièmement, il reste en rupture avec d’autres (nombreuses) petites productions qui ont tant cherché d’améliorations en tout genre. Et pourtant… se relancer dans l’aventure est plaisant, d’autant plus que certains compromis sont efficients, comme une jouabilité assurément caduque qui se pare néanmoins d’atouts modernes pour améliorer l’expérience. Et il serait irrévérencieux de dire que ce n’est pas le cas, malgré un héritage parfois lourd de parts d’ombre. Ce serait jeter l'opprobre sur un projet de passionnés ayant su rendre l’inimaginable à portée des pads, sans dénaturer ce qui constitue les expériences d’une ère qui, à son tour, sera contestée pour de multiples raisons. Injustes ou non. Reste un produit hors du temps, loin des standards et qui ne pourra obtenir la majorité absolue. Un jeu qui peut se terminer rapidement lorsque les rouages sont imprimés. Sauf que cela met 3 plombes à arriver avec un système à rallonge dépendant de votre appétence, votre skill et parfois… votre chance ! Cependant, en cette période de remise en question éternelle, Ultracore apparaît comme le petit énergumène qui, autrefois, constituait la norme. Le rang. La ligne directrice. Diantre ! Que l’industrie a changé. Mais comme les challengers reviennent à tour de bras, alors réjouissons de l’apparition d’Ultracore. Une idée pour Starcraft Ghost ?

Les plus

L’OST élégante
Le respect du matériau de l’époque
Toujours rythmé
Fun
Un gameplay efficace…

Les moins

… un peu obsolète
Les codes de save de l’enfer
Quelques phases de plateforme abusives
Les Boss au rabais

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Ultracore
    Genre : Action
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 07 juillet 2020
    Trophées : Oui
    Support

    Disponible aussi sur : vita

    Test Ultracore

    Publié le mardi 28 juillet 2020 à 19h26 par NoBloodyKnows
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    Ce qui fait la différence entre ceux qui produisent et ceux qui consomment est la compréhension. Rien de plus à notre sens. Quel rapport avec Ultracore ? Nous y venons ! Car finalement, comment expliquer ces coups de sang qui opposent certains joueurs déçus (et parfois franchement barjots) et des développeurs qui vont jusqu’au bout de leur démarche ? Même si parfois cela tourne au pugilat malaisant, cela n’est pas d’aujourd’hui que les joutes font transpirer le baroudeur du jeu vidéo. L’échelle est seulement différente en raison de réseaux sociaux en froid avec les limitations du passé. Mais alors pourquoi nous racontons tout cela ? Certainement pas pour pointer du doigt les conflits entre pro-machin et pro-truc ; non, la rigueur demande d’aller au-delà de ce type de considération. En revanche, en 1994, alors que ce qui était dénommé Hardcore s’apprête à sortir sur Genesis, Mega-CD et aussi sur Amiga, l’éditeur arrête tout. Quand bien même il serait, paraît-il, terminé à 99%. Tant d’investissement pour rien ? Tant d’argent jeté allègrement par la fenêtre ? Pas tout à fait ! La société Psygnosis, désignée pour la publication du jeu, est englobée par Sony. Donc un Run'N'Gun en 2D prévu pour les supports annoncés, autant dire que cela ne pouvait être au cœur des plans de la firme. Mort et enterré, le petit frère de Metal Slug ou Contra, avec toute la nuance qui s’impose, devait rester un vaporware. Point à la ligne. Puis vint Strictly Limited Games : ci-gît Hardcore. Néanmoins, sous sa nouvelle appellation surgit Ultracore ! Un nom qui annonce la couleur et qui, petite curiosité, connaît une adaptation sur la 16-bits de Sega. Fichtre ! Et, le hasard étant filou, il revient d’entre les morts, qui seront très nombreuses au passage, pour se pavaner sur PS4 (et Vita !). L’occasion de montrer les muscles face aux productions qui se revendiquent de l’héritage des anciens ? Cela reste possible…

     

    Rétro de fer


    Ultracore peut se résumer si facilement pour le rédacteur fainéant : ça tire et c’est dur. Puis on meurt. Souvent. Tout le temps. Y’en a marre ! Puis on vous plie ça dans un article mal monté, on vous met 3 images et basta, un (mauvais) test emballé. Sauf que non, il n’y a ni lieu d’éviter la confrontation et même si cela peut paraître archaïque de prime abord, nous n’effectuons pas un récit d’un jeu de 25 piges.

    Si effectivement nous nous doutons que Ultracore conserve les bienfaits et les vices de l’époque, il faut savoir qu’une partie est retapée et reprogrammée. Comme un hommage, clairement annoncé d’entrée de jeu, envers l’équipe d’origine dont on imagine la déception lorsque le couperet est tombé. Cependant point de larmes, si ce n’est de bonheur finalement, lors des retrouvailles avec ce vieil ami que l’on pensait perdu.

    Ce qui saute à la face, c’est ce syndrome paradoxal qui nous hante durant tout un run et qui plane au-dessus de nos impressions. Puisque factuellement, toute trouvaille connaît ici son némésis, celui qui mettra l’oeuvre sur le champ de bataille d’un débat interminable et parfois bien complexe. En tant que Run’N’Gun à l’ancienne, oui le soft est particulièrement difficile, gratifiant et frustrant pour des éléments acceptables à l’époque. Beaucoup moins aujourd’hui, tandis que le réconfort de certaines coutumes nous aspire.

    Tout d’abord, l’impact est sonore. Vous serez accueilli par un écran qui rappelle des souvenirs aux sales gosses que nous étions. Sobre, limite kitsch. Avec une puissance de l’OST qui perdure jusqu’au terminus ! En plus d’un choix judicieux qui est proposé (qui change, en gros, le côté “ancien” de la chose) proposant 2 partitions pertinentes, le sound-design n’est pas en reste. Qu’il est bon de se “ah oui c’est comme untel ou untel !”. Le reflet de ce qui n’est plus. Tout en ayant apporté sa pierre à l’édifice.

    C’est probablement cela qui mettra tout le monde d’accord : Ultracore bénéficie d’une musique qui caresse votre nostalgie et qui claque, tout simplement. Si vous nous permettez l’expression ! Les boucles semblent répétitives ? Cela est plutôt à mettre sur le compte de la longueur des niveaux et des échecs répétés, mais nous y reviendrons.

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    Vous en passerez du temps à vous enfuir !

    Ultracore de brume


    Visuellement, 2 possibilités : ou l’œil est flatté par ce qui colle au mieux à l’essence même de la gen lointaine ou ce sera un léger rejet. Bien sûr, nous faisons référence à l’indé qui aura bombardé tout le pixel-art de la Terre, et ce jusqu’à en boire le calice jusqu’à la lie. Certes, les “reprogrammeurs” ne sont pas responsables de cet état de fait ; toujours est-il que des productions bien modestes ont expérimenté d’autres territoires. Et que cela a fait mouche !

    Le navire est donc touché par l’évolution qui mine le vétéran tout en s’inspirant de ses exploits antérieurs. Comme un goût de soufre alors que nous voyons bien que des efforts ont été faits, sans déloger l’authenticité. Ainsi, et même si certaines choses paraissent rigides, certains ajouts (notamment graphiques) font irruption. Ce qui n’était pas forcément possible à l’époque est affiché aujourd’hui avec la volonté de coller à la direction artistique initiale. Puis Ultracore n’est pas Paprium : il ménage finement ses ambitions.

    Cela se traduit aussi par un choix de couleurs parfois trop similaires sans être agressives pour notre petit regard affectueux. Nous réitérons : il est essentiel de comprendre que le titre s’adresse à ceux qui ont connu, ou cherchent à connaître, le feeling d’une époque révolue. Et les codes inhérents de cet âge pas encore préhistorique seront à assimiler. Pas de scénario. Enfin si, mais difficile de le définir comme tel. Pas de traduction. Sauf qu’il est difficile de se perdre dans un anglais (oui hors contexte…) si évident. Et encore moins d’accueil : à vous de comprendre les mécanismes proposés par Ultracore.

    Que tout le monde se rassure ! Nul besoin d’être un grand stratège…

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    Une image qui vaut mieux qu'un long discours.

    Ultracore au pied


    Le HUD reste épuré et pertinent entre la vie, le score ou autres munitions par exemple, à l’instar du gameplay. Rien de transcendant. Tout est efficace si on accepte quelques particularités rebutantes pour une frange de joueurs. Et il y en aura ! Néanmoins, impossible de les blâmer à cause d’un changement qui a bonifié la recette au fil des années.

    8 directions de tirs avec votre arme, interchangeable et upgradable sans vous prendre la tête, et des ennemis qui vous foncent sur la tronche. Littéralement. Sans vergogne et...sans tactique. L’IA est limitée et pire : certains patterns sont très prévisibles ou répétitifs, à l’image des Boss pas toujours inspirés qui se contentent de résister physiquement. En outre si le bestiaire, assez commun, n’étonne pas, il reste cohérent et adapté.

    Bien sûr vous pesterez souvent contre cette difficulté punitive, et pas forcément pour les bonnes raisons. Tout est simple : les adversaires sont dangereux grâce à leur trajectoire parfois surprenante ou leur placement, mais aussi et surtout grâce à leur nombre. Il y a du monde à shooter et la diversité des unités, un bon point cela dit, vous fait face à chaque instant.

    En clair : il faut souvent faire parler la pétoire ! Pas n’importe comment, évidemment, et nous ne pouvons que féliciter le studio de son choix cornélien : le risque du “gameplay moderne”. Nous appelons cela un “risque” au sens où il est possible de jouer avec le combo multidirectionnel/boutons ou le "Twin Stick" pour le tir. Le changement est radical.

    Si vous optez pour le premier choix, pas de problème mais sachez que vous restez statique lors d’un départ de feu. Sauf si vous effectuez une petite course devant avant de vous replier ; cela reste anecdotique. Car il est bien plus aisé de se référer au stick droit pour faire parler la poudre, histoire de bouger plus aisément en canardant.

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    Une carte cradingue mais... authentique !

    Bad et rétro


    Enfin pas tout à fait, puisque Ultracore possède une version assez rigide du demi tour. En effet, si vous ne tirez pas, votre personnage se retourne. S’il est en action de feu, ce dernier se contente de reculer. Alors à vous de bien jauger l’environnement et de ne pas aller trop vite, histoire d’analyser. Une éventuelle erreur de gameplay, en surplus du manque cruel de dash, ou un coup à prendre. Et vos vieux briscards penchent pour la seconde option !

    Quid de l’opposition ? Ultracore la rend parfois factice voire carrément virtuelle. Oui Mesdames et Messieurs ! Cela tient plus souvent de la surprise qu’autre chose. Alors ok, il n’y a qu’à apprendre, enchaîner et tenter à nouveau. Pas de problème.

    Mais quand cela se joue au pixel près, cela devient une autre histoire. Voir à l’occasion son personnage passer à travers une plateforme (mouvante ou non) fait enrager, comme le ferait un célèbre homme aux sandales et à la chemise jaune.

    Si les sauts gardent une inertie permissive, nous voyons bien que ces phases n’ont qu’un objectif : vous faire perdre des vies. Tout simplement. Casser votre progression, jusqu’à en bouffer vos “continues”, limités évidemment. Point de sauvegarde les amis. Non. Juste un hideux système de password à rallonge (et c’est un euphémisme) et totalement caduque qui sera octroyé en fin de stage. Et qui conserve votre progression, donc les vies perdues. Conséquence : il vous faut prendre en compte que redémarrer à zéro est une possibilité. Oui, le game over définitif pourrait se pointer...

    Quelques items sont bien à ramasser pour se restaurer ou reprendre du temps (oui il y a un chrono !), et cela reste rare. Des” coins” seront aussi de la partie pour acheter, à l’occasion, quelques bricoles. Sans parler des sacro-saintes grenades qui vont vous sortir de la panade plusieurs fois. Une denrée rare, vous l’aurez compris.

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    Les petits bonus cachés et... salvateurs !

     

    Jusqu’à qu’Ultracore ne m’use


    Ainsi, si le level-design peut sembler plat et froid, ceci est un leurre. Les pièces cachées foisonnent (un intérêt pour la rejouabilité) et obtenir un bonus demande de prendre des risques. C’est un fait : en plus des dégâts de chute, le sadisme prévoit parfois le one-shot en se cassant la binette. Cruel ? Assurément ! En prenant en compte, bien sûr, qu’une touche adversaire vous fait reculer. Appréciable lorsque nous sommes sur un bout de métal bien petit...

    Le but est donc de pousser le joueur dans ses retranchements, et Ultracore le fait bien, avec la satisfaction première de terminer puis de s’améliorer. Le tout en composant avec un gameplay dépassé par le travail actuel, un manque de lisibilité occasionnel ou un système d’avancée décourageant, en dépit d’un respawn généreux. Jusqu’à voir son nom trôner en haut du tableau de scoring !

    Vous aurez besoin de patience durant les 5 niveaux offerts. En garde toutefois ! Ceux-ci sont longs et en voir le bout relève de la gageure, surtout que faire un aller-retour devient quasi instinctif à force. Ultracore joue sur un système de clés d’accès et d’interrupteurs pour casser la linéarité et c’est plutôt bien vu.

    De quoi donner la motivation pour se surpasser, pardonner les défauts et tout recommencer...afin d’atteindre ce finish peu brillant, mais amplement mérité ! Le jeu est certes vieillot sur son corps ; en outre, il est peu évident de le lui reprocher. Quant à se demander si finalement “tout était mieux avant” ? L’indépendant est là pour vous répondre.

    Dans un sens comme dans l’autre.

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    Petite originalité somme toute sympathique.

     




    Test Ultracore - 8 minutes de lecture