Note du test 8/10En conclusion :

Doux sentiments véhiculés par OkunoKA Madness ! Une partie de vous sera tiraillée, affaiblie voire anéantie lorsque la difficulté parfois ignoble vous aura repoussé dans vos retranchements les plus profonds. Tout cela sera contrebalancé par la joie, celle ressentie lorsque qu’il est possible de gravir un sommet qui paraissait bien trop haut pour pouvoir ne serait-ce qu’en fouler une partie. Accueillant dans la forme, le jeu n’en reste pas moins d’une exigence folle qui renvoie certaines références des années 80/90’s au rayon des enfants de chœur du challenge ! Il faudra se montrer patient et prendre en compte le fait que si OkunoKA Madness est repoussant lorsqu’il vous poutre (voire même écœurant pour certains), il est tout aussi généreux en proposant un contenu qui vous oriente vers la complétion. Une soif à étancher pour tout découvrir, quitte à devoir panser plusieurs plaies supplémentaires. Calibré pour les fous de défi(s) ou encore les compétiteurs, le titre s’apparente à un plateformer au parfum de speedrun. Recommencer, s’améliorer, apprendre, tomber et se relever : tel est le credo de la création qui se passe d’une complexité croissante pour mieux se recentrer sur son sujet, et ce avec brio. Bien sûr, rien ne garantit votre adhésion au trip qui vous laissera éventuellement de marbre ou, pire, dubitatif lorsque vous mesurez l’effort qu’il demande. Mais récompenser celui qui creuse, c’est aussi l’élever. Un paradoxe à ne pas négliger au moment de votre achat, à un prix plus que raisonnable et dont la rentabilité ne sera plus à prouver, une fois happé dans le plaisir lié à la douleur...

Les plus

Précis
Concept démentiel
Durée de vie énorme en cas d’adhésion
Plein de choses à faire et à débloquer
Direction Artistique à tomber

Les moins

Peut être frustrant
Aucun droit à l’erreur
Quelques soucis occasionnels de lisibilité

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    OkunoKA Madness
    Editeur : Ignition Publishing
    Développeur : Caracal Games
    Genre : Plates-formes
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 08 septembre 2020
    Trophées : Oui
    Prix de lancement : 14,99€
    Support


    Test OkunoKA Madness

    Publié le mardi 08 septembre 2020 à 15h00 par NoBloodyKnows
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    “ - Ah non, moi je ne peux plus. Si nous devons le faire… Non. Laisse-moi là. Je ne fais que nous ralentir ! Bon tu arrêtes tes conneries et on passe ce niveau bon sang ! Non. La vie de testeur, c’est terminé pour moi. Pour toi aussi. Viens, quittons cet endroit ! Pas le temps d’emmener les enfants avec nous. Prends le chien et… Mais on n’a même pas de chien ! Ah… bon on le reprend ce jeu, oui ?! “ Si vous vous demandez à quoi ressemble une phase de testing en duo, cet aperçu devrait être on ne peut plus clair. OkunoKA Madness rendra la population non préparée complètement folle. Aussi beau que difficile. Ninja Gaiden, Sekiro, I wanna be the guy ? Du petit lait ! Ici, nous sommes face à la bonne vieille poire à pépé, celle qui vous arrache la tronche en triturant votre jugement. Un concept épuré, et une mise à jour du jeu original sorti en 2018 sur Switch pour nous torturer sur PS4. Vous êtes déjà mort. Comment cela ? Du plagiat dans notre phrase ? C’est une certitude. Toutefois, comment vous définir les choses autrement ? Car sous ses airs trognons, le titre vous fera souffrir. Encore et encore. Est-ce donc là l’essence du jeu vidéo ? Se flageller avant le triomphe ? Au-delà de cette introduction un tantinet outrancière se cache une réelle volonté de ne pas tromper le lecteur sur le produit. OkunoKA, c’est du lourd. Pour les spécialistes, on parlera même de “masocore”. De là à sortir les clous, la cravache et la tronçonneuse ? Nous n’en sommes pas loin. Cependant, la tâche nous revient de vous présenter ce produit confectionné avec amour, qui marquera au fer rouge ceux qui auront osé franchir le pas.

     

    Le monstre du Madness


    Une fois n’est pas coutume : avant de vous parler de l’enrobage, nous attaquerons de suite l’autopsie du gameplay. Histoire de ne pas mélanger les cartes et de ne pas induire en erreur les personnes qui nous font l’honneur de nous lire. OkunoKA Madness est un plateformer très exigeant, dont le sobriquet évoque une amélioration de la création d’origine.

    Le concept est particulièrement simple : vous devez aller du point A au point B. Voilà. C’est tout ! Vous dirigez KA, une adorable bestiole bleue dotée d'une belle gueule et d’une langue bien pendue. Au bout du niveau se trouve une bébête noire, symbole de la corruption, que vous prendrez plaisir à… bouffer. Le pitch, c’est ça. Et ce ne sont pas les petites cinématiques, superbes, qui donneront plus d’épaisseur à celui-ci.

    Le didacticiel est particulièrement clair. D’un autre côté, il n’y a pas grand-chose à expliquer. Courir, sauter, s’accrocher aux murs en évitant de trop glisser, jongler entre ceux-ci et faire apparaître (ou disparaître) des plateformes selon l’utilisation de polarités, voilà ce que propose le menu concocté par les Italiens de Caracal Games. Oui, cela évoque évidemment Super Meat Boy, et il va sans dire que la création lui tient la dragée haute !

    Pas de réelle surprise : des niveaux assez courts, dont la centaine s’étale sur plusieurs mondes avec leurs spécificités. Tout est bon pour mourir, et OkunoKA vous accueille avec plusieurs modes destinés à vous faire manger votre slip, tout en découvrant les plaisirs de l’addiction. C’est également le vecteur de la durée de vie du jeu, exponentielle si la complétion est votre lubie. Mais avant tout, il faudra être capable d’en finir…

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    Des débuts ravissants...avant le début de la tourmente !

    Madness : Fury Road


    Et tout ne se déroule pas comme prévu. En effet, votre petit bonhomme n’est pas bien costaud et en une seule boulette vous redémarrez le level. Pas de checkpoint, non. En outre, il faut bien reconnaître que cela serait inutile : si vous gérez correctement, un tableau peut se passer en une dizaine de secondes, voire moins…

    Sauf qu’il faudra se casser les dents un bon moment avant d’y arriver ! Vous buterez, tout en laissant échapper des jurons que vous n’étiez pas en mesure de sortir auparavant. C’est un fait : ce jeu est un massacre ! De là à penser que certains niveaux demandant une précision extrême paraissent impossibles ? Il n’y a qu’un pas, en effet. C’est en ce sens que nous réalisons le génie des géniteurs qui ont su parfaitement doser l’expérience qui, bien que difficile, n’est jamais injuste. Jamais. Si vous échouez, ce sera en raison d’une erreur d’appréciation de votre part quand bien même cela semble abusif.

    Le droit à la faute est une chimère et il est clair que vous en payerez le prix. Cela peut paraître frustrant, et cela devrait être le cas pour une frange de joueurs non avertis. Oui, l’amusement n’est pas immédiat. Cependant, de la souffrance naît le désir puis le plaisir ! Votre priorité sera tout d’abord de finir le stage. Puis de choper les bonus annexes avant de chercher le score parfait ! Comme d’habitude les amis, une note comprise entre F et S sanctionnera votre exploit. Les progrès seront palpables et les temps seront de plus en plus réduits. De quoi se comparer, prochainement, avec les autres joueurs via un classement en ligne !

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    Une Direction Artistique juste extraordinaire...

    Madness tord Burma


    En bon jeu d’arcade, OkunoKA vous pousse donc au scoring et à l’apprentissage. Bien sûr, le côté die & retry ralentit votre épopée. Plusieurs chemins s’offriront à vous et souvent, le plus court est le plus dangereux. Vous l’aurez compris : mobs et obstacles jalonnent la route et les éviter est une part immense de l’expérience. Saluons comme il se doit le level-design, particulièrement intelligent, et les contraintes inhérentes à chaque monde, aussi agaçantes que merveilleuses. Le tout est de retenir après avoir été surpris plus d’une fois.

    C’est cela qui définit le soft, brillant sur tous ses aspects. A vous de vous acoquiner avec lui, sachant qu’il est un maître astreignant. Ce sera à vous de le comprendre, et non l’inverse. Il s’agira dans un premier temps d’appréhender les lieux en assimilant comment se dépatouiller. Avant de réaliser avec vos petits doigts ce qui était théorique ! Plus souple que The King’s Bird, la création est fluide et réactive. Pas de latence donc et une ergonomie parfaite.

    Nous vous parlions des pouvoirs : ceux-ci font apparaître des plateformes et c’est à vous de faire preuve de timing pour éviter de finir la gamelle dans le vide. Et si switcher entre 2 d’entre eux est déjà une mise à l’épreuve pour le cerveau, imaginez quand cela passe à 3 ! Une dextérité est requise mais cela s’acquiert. Hors de question pour OkunoKA de vous balancer au milieu d’un chaos sans nom. Il nous énerve, c’est un fait, tout en restant bienveillant. Après tout, le masochisme est aussi une forme d’amour…

    Mélange entre appréciation des espaces et gestion du timing, le soft jouit en général d’une bonne lisibilité, à quelques couacs près. En effet, si le jeu est magnifique, le fait d’avoir chargé parfois jusqu’à l’excès l’écran empêche de tout appréhender avec justesse. Un détail qui décourage et vous pousse à lâcher la manette quand la défaite devient trop récurrente et qu’il est peu évident de comprendre comment trouver l’accès vers la réussite.

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    Cours, cours, COURS !!!

    Ah, L’Ka t’rase !


    Nul besoin de camoufler quoi que ce soit : toutes les trouvailles sont tout bonnement pensées pour le speedrun. Si le mode histoire est déjà bien perché, le contre-la-montre prend ici tout son sens. Ainsi, il s’agira de se dépêcher pour finir un seul niveau, tous les mondes ou encore personnaliser la course face au temps. C’est complet et accessible tout en envoyant des signes clairs sur la volonté des développeurs. Du bonheur ! Résolument prévu pour la fin de game, vous prendrez conscience que le délire devient délicieux après en avoir autant pris dans le cornet.

    Bien sûr, comme nous l’évoquions précédemment, l’idée est de se mesurer aux autres et obtenir des scores classes demanderont du travail. Tout dépendra de votre appétence pour la discipline, aussi exigeante que méticuleuse. Néanmoins, il n’y a rien à redire : les cartes seront entre vos mains devenues moites !
    Et si les tripes parlent en vous, l’option “folie” vous octroie les sensations ultimes. Véritable ajout de cette version “Madness”, vous y trouverez un monde avec des passages fortement modifiés où tout est bon pour vous allumer, comme ces missiles à tête chercheuse diaboliques…

    A cet instant, vous êtes en droit de vous demander pourquoi s’infliger cela. La réponse est sans surprise : triompher provoque une explosion d’adrénaline et voir vos progrès n’a pas de prix, tout simplement. Mieux doser vos freinages, arrêter de sauter bêtement à cause de la panique, tous ces petits ingrédients font le sel du produit.
    D’autant plus que des tas de choses sont à débloquer
    , comme ce panel de personnages jouables aux capacités différentes. Et quel bonheur d’en trouver un capable, par exemple, de s’accrocher à un mur sans glissade ! Sauf que pour cela il faudra trimer et rechercher certains items cachés. Grisant et prenant tout en restant à l’occasion éprouvant ! Sachant que la vélocité est la carte de visite de OkunoKA... et pas qu’un peu. Un petit tour dans les vortexs, accessibles uniquement si aucune mort ne vous a frappé dans le stage, vous donnera une autre facette.
    La DA se veut plus sombre et non pas moins magnifique, et cette fois, c’est terminé l’immortalité ! 3 vies et en cas de loupé, c’en est fini de vous pour ces niveaux cachés. C’est qu’il faudra suer pour la complétion totale !

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    Il faudra galérer pour finir ces niveaux cachés...

     

    Nausée Ka ?


    Techniquement, il paraît complexe de développer ce test tant la simplicité se marie avec une obligation de maîtrise. Comprendre l’inertie, le faible poids du perso, la glissade, l’intérêt d’alterner petit saut et saut fort...tout est là.

    D’autres joyeusetés vous attendent, comme ces boss magnifiques qui demeurent la synthèse de ce que vous avez pu voir durant l’épopée. Nous apprécions aussi la variété des arènes ou les patterns différents à analyser, offrant une réelle plus-value de leur présence, à l’inverse de Bit Trip Runner premier du nom. Vous vous doutez que les fessées seront nombreuses et que la longueur de ces affrontements peut faire peur. Toutefois, vous vous accorderez à dire plus tard, après des tentatives infructueuses, que tout est dosé “comme il faut”. Avant de les voir, il faudra finir chaque tableau de chaque monde. Si l’un d’eux vous résiste, vous pourrez en effectuer un autre cependant. Mais il faudra tout finir pour affronter les gardiens !

    Qui plus est : le respawn est très rapide, ce qui est essentiel pour le genre afin d’éviter de balancer votre manette à travers la pièce. S’il est parfois ardu de rester calme, OkunoKA ne fait rien pour vous agacer plus que de raison. Le sound-design est agréable, tout comme l’OST malgré la répétition de ses boucles. C’est d’ailleurs cette légèreté, en harmonie avec le côté coloré de la charte graphique, qui adoucit les mœurs.

    Sur ce point, rien à redire. A l’instar d’un Rayman Legends, la griffe crayonnée et le rendu dessin animé font mouche à chaque instant. Les arrière-plans sont d’une efficacité redoutable et si, comme dit plus haut, nous pestons à l’occasion contre une densité parfois outrancière, rien ne saurait vous faire saigner des yeux. C’est tout simplement beau et bien animé, avec des mobs ou pièges toujours plus inventifs qui vous enquiquinent à cause de leurs différences d’approche ! En garde toutefois : ils seront impitoyables et les éviter nécessite une concentration de chaque instant, l’attaque étant inexistante.

    Une réalisation au top et une caméra qui suit l’action comme il se doit. Un tempo juste pour une typologie toujours surprenante, avec quelques levels conceptuels qui permettent d’ajouter encore plus d’identité à un jeu qui n’en manquait déjà pas. De là à convaincre le joueur frustré par tant d’exigence ? En partie oui. Mais en partie seulement…

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    Tout est fait pour faciliter votre mort !




    Test OkunoKA Madness - 9 minutes de lecture