Note du test 6/10En conclusion :

Nul besoin de vendre des songes mensongers : Shing! ne rentrera pas dans la Légende du Beat Them Up, en dépit de qualités qu’il serait inconcevable d’ignorer. Reprenant les codes du genre, le jeu tente d’apposer sa patte avec certaines réussites, insuffisantes pour masquer quelques points noirs pénibles sans se montrer rebutants. Clairement pensé pour être joué à plusieurs, Shing! prendra encore du galon lors de l’apport de la coopération en ligne, encore inexistante ce jour. Cela poussera encore plus au scoring et à l’envie d’améliorer (et de comparer) ses performances. En attendant, la faiblesse de l’intérêt en solo perturbe un peu l’ordre des choses, la longueur de certaines séquences lors du lâcher de mobs n’aidant pas. A l’inverse, si vous vous retrouvez à plusieurs devant le même écran, le plaisir du combo tout en utilisant la panoplie des mouvements proposés avec le stick droit ne sauront que vous satisfaire. Quelques affrontements font aussi office de garants de l’excellence, aussi regrettons-nous les loupés d’autres rixes, bien moins excitantes. En l’état, nous sommes face à un soft qui attire notre sympathie avec quelques fulgurances, comme cette alchimie environnements/OST qui donne le tempo tout en l’affublant d’un charme discret. Malheureusement, le pendant négatif est aussi de sortie, comme ce gloubi-boulga de narration douloureuse. Néanmoins, pas besoin d’accabler plus que de raison Shing! qui fait tout de même son office sans chercher à vous emmener vers l’expérience ultime. Peu importe le flacon...

Les plus

Le gameplay réussi
La Direction Artistique des environnements
L’excellente OST
Les combos
Le dynamisme du multi...

Les moins

Qui contraste avec l’intérêt moindre du solo
Le chara-design
Répétitif
Dialogues et doublages agaçants

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Shing!
    Développeur : Mass Creation
    Genre : Beat'em all
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 28 août 2020
    Trophées : Oui
    Support


    Test Shing!

    Publié le vendredi 11 septembre 2020 à 21h13 par NoBloodyKnows
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    Toutes ces années à renforcer nos connaissances vidéoludiques. Sauf qu’à la fin, nous revenons toujours au bercail. Toujours. Shing! n’aura pas le droit à l’erreur, tant le Beat Them Up est notre espace. Surtout que la concurrence fait rage sur nos consoles, avec quelques coups de génie incontestables. Les jeux en 2D (sans oublier la 3D, évidemment) montrent de jour en jour leur immortalité ! D’autant plus que la coopération est vraiment efficiente sur ce genre. Vous ne trouverez ici aucune exception à la règle : le code est respecté malgré la volonté d’innover. Alors, sumo du milieu ou gringalet hagard (jeu de mots empli de référence les amis !) ? Difficile à définir tant le jeu nous aura autant emportés que déçus sur de nombreux points. Certes, il faudra sortir de notre bulle de “fans du style” pour passer en revue tous les éléments incrustés. Après tout, c’est notre travail, non ? Alors évadons-nous au pays de la baffe, savourons le bruit du contact d’une lame sur les corps et tremblons devant la puissance sans équivoque de l’ennemi ! Voilà que nous repartons dans nos délires de vieux briscards de la castagne : il faudra cependant se faire une raison. Bandelettes autour des doigts, bandeau sur le front et katana dans les pognes, apportons notre jugement en mettant en valeur notre panoplie, fruit d’années d’entraînement et de méditation. Hajime !

     

    Shing Chtar


    Se pointer après Streets of Rage 4, Fight’N’Rage ou encore Mother Russia Bleeds (entre autres), il fallait oser ! Le monde du BTU en 2D possède en effet un listing d’échappés avec un sacré temps d’avance. Shing! débarque en cette étrange année 2020 pour se mêler à la bagarre afin de se détacher du peloton, histoire de jouer les poursuivants. Avec succès ? Partiellement.
    Pourtant, cela démarre sur les chapeaux de roue ! La cinématique d’introduction en met plein les mirettes, et pas qu’un peu. Tout est vif, merveilleusement chorégraphié et superbe ! La Direction Artistique redonne les lettres de noblesse à la magnificence et à cet instant précis, on se demande bien ce qui pourrait arriver.

    La réponse est simple : in-game, on déchante autant qu'on y trouve satisfaction. Les décors sont juste fabuleux avec des effets qui envoient du steak au poivre bien fort. Surtout lorsque des effets de particule s’ajoutent ! C’est splendide et dynamique. Et la représentation honore la vision assez libre d’un Japon fantasmé et interprété sans souci de réalisme à outrance. Rien à redire sur ce point : les niveaux parcourus sont variés et représentés avec intelligence.
    Là où le bât blesse ? Dans le chara-design des personnages juste...affreux. Difformes, sans expression, on les croirait tout droit sortis d’un programme mal agencé pour les mômes. Idem concernant le bestiaire, pas folichon et spécialiste du recyclage de skins, à l’exception des boss cependant. Suffisant pour faire passer la pilule ? Dans l’absolu, nous serions tentés de répondre par la négative.

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    Des petites énigmes appréciables !

    La brute Shing


    Le constat est certes d’apparence sévère mais il faut aussi réaliser que certains éléments ne plaident pas en faveur de Shing! Soyons honnêtes, puisque nous sommes entre nous (et aussi parce que on vous aime bien) : le scénario n’est clairement pas intéressant. En plus d’être expédié maladroitement, le récit joue la carte de l’humour qui n’est pas une réussite. Les dialogues tombent à plat et les vannes ne percutent jamais. S’il fallait juger le jeu uniquement sur ce point, nous ne pourrions qu’être catégoriques : on s’ennuie ferme.
    D’autant plus que les doublages font passer la purge pour un moment d’extase. C’est dire.
    Ce n’est pas tant une question d’interprétation mais plutôt d’une direction d’acteur qui force le surjeu prenant le gamer pour un truffe. Au lieu de miser sur la subtilité, les expressions de répliques malhabiles navrent.

    En outre, il n’est toujours pas question de démolir gratuitement une production. Dans un BTU, en général, l’histoire passe au second plan. En gardant la tradition de manier l’euphémisme avec bonheur. Si le doublage est agaçant, Shing! a plus d’un as dans sa manchette. D’une, les bruitages font largement l’affaire en évitant le piège de la mollesse.
    De deux, l’OST fait un boulot tout bonnement incroyable. Chaque mélodie est un délice qui ajuste la ligne de mire pour rendre chaque situation sublimée, au bas mot. Un mélange qui nous envoie au tapis et ne le nions pas : une partition, dans un beat, c’est essentiel. Cela contribue à l’ambiance qui, du coup, rattrape amplement le manque d’intérêt que nous éprouvons pour la trame. Assurément la petite douceur qui ravira l’esthète encore bercé par des essais particulièrement inspirés en ce moment.

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    Des combinaisons de mobs inspirés !

    La muraille de Shing!


    “Venons-en au fait” seriez-vous tentés de dire, vils filous que vous êtes. Sauf qu’une nouvelle fois, impossible de ne pas écouter vos doléances ! Dans un BTU, le centre névralgique reste le gameplay. Vous pouvez avoir toutes les qualités du monde dans le genre, si celui-ci n’assure pas, il renverra le jeu au plus profond des entrailles de la terre. Comme un certain E.T d’Atari, mais nous nous égarons ! Force est de reconnaître que Shing! ne se plante absolument pas. D’accord rien de transcendant. En outre, pas de quoi hurler avec une meute infâme en criant au scandale.
    Vos Ninjas, confrontés à des saligauds de Yokais/Orques, se déplacent de manière très classique, effectuent des sauts, esquives, parades et des contres particulièrement jouissifs et meurtriers. Le principe est archi-connu : bloquer selon le bon timing vous offre une fenêtre de tir assez souple pour déboîter le cochon décidé à vous faire suer. Aucun doute n’est permis : pas de révolution à l’horizon mais un savoir-faire indéniable.

    L’originalité vient surtout du fait qu’il n’est pas nécessaire de marteler un bouton pour cogner. Ici, vous effectuez vos attaques grâce au stick droit. Si cela perturbe au début, il faut avouer que le système fonctionne. Il faudra un certain temps d’adaptation, qui fut assez long pour nous, pour éviter de faire n’importe quoi et se trouver dos à l’ennemi en se battant avec le vent. L’idée est de donner une direction à vos lames en effectuant des gestes précis, comme des fameux quarts de cercle ou touches verticales et horizontales. Cela permet de balancer l’adversaire en l’air, le trancher et d’effectuer des combos, base de votre score de fin.
    Bien foutu, le concept vous permet de frapper des ennemis à des endroits bien précis du corps pour contourner le problème de leurs protections. Un vrai bazar à manier lors des premiers pas. Toutefois, le tout s’avère pertinent et addictif, en dépit d’une certaine répétitivité de l’ensemble, inhérente à des niveaux assez longs à parcourir et des ennemis qui mettent 3 plombes pour mordre la poussière.

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    Des décors formidables !

    Shing vous plaît


    Il faudra aussi apprendre à vous déplacer verticalement sur plusieurs plans tout en appréhendant votre environnement. En effet, tout peut aller très vite et il est possible de se retrouver acculé, en train de vivre un véritable calvaire en ayant du mal à se relever. C’est aussi factuel : si vous disposez de 4 niveaux de difficulté, “normal” est déjà un bon challenge. D’ailleurs, les néophytes basculeront rapidement en “facile” tandis que les plus acharnés se frotteront au “démentiel” qui porte parfaitement son nom.
    Renvoyer les projectiles ou diversifier ses approches selon le type de belligérants, telle est la voie du guerrier. Et il faut souligner les combinaisons parfaites de mobs, ce qui vous posera quelques soucis lorsque celui à éliminer en premier se trouve à l’autre bout de l’écran ! Seul bémol : la tentative de spam gâchera quelques niveaux.

    Pour parvenir au triomphe, vous pouvez jouer en multi, pour le moment local même si les développeurs ont prévu des possibilités en ligne pour plus tard, ou en solo. Pour celui-ci, vous switchez entre les 4 héros, qui se contrôlent de la même manière avec des différences consécutives à leurs armes. Il faudra bien retenir les méthodes à utiliser pour éviter que la mort soit une coutume. Remarque : les respawns restent, heureusement, généreux. Cependant, jouer seul ne présente que très peu d’intérêt. Vraiment.
    Ainsi, jouer à plusieurs (de 2 à 4) augmente la dimension stratégique et la prévision de combos dévastateurs. C’est ici que Shing! prend ton son sens ! Vous tirerez profit des arènes assez grandes, utiliserez à bon escient ce coup de pied salvateur tout en misant votre survie auprès de votre ou vos partenaires, prompt(s) à dézinguer un ennemi un peu trop collant.

    C’est à cet instant que vous aurez envie de débloquer des skins ou encore de participer à des défis, en dehors de l’histoire principale, qui vous proposent d’effectuer des jongles avec des ennemis ou encore de les maintenir en l’air. En somme, l’amitié sur un canapé autour d’une bière et de chips au paprika est une composante essentielle pour apprécier le titre.

    Voilà, c’est dit.

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    Un arrière-plan de toute beauté !

     

    Ca fait Shing!


    Plusieurs nuances et attributs seront là pour vous sortir de la mouise, comme cette barre de rage à remplir qui vous permettra de trancher dans le vif selon une direction choisie ou encore ces pouvoirs offrant des bonus à votre arme. Pour les alimenter, il suffit de ramasser des orbes lâchées par les ennemis, dont la fonction est reconnaissable grâce à un code couleur. Vert pour votre barre de PV, bleu pour balancer des éclairs, jaune pour déposer des bombes dégommant la tronche des ennemis… cela reste de bon ton. Surtout que soigner un protagoniste mal en point n’a pas de prix, même si le fait de switcher sauve de temps à autre la mise. Cela renvoie au côté rétro, ce qui est loin de déplaire !
    Le dogme où le BTU n’a pas le droit à l’erreur réside dans l’armature de ses boss. C’est un point mitigé : si certains ont un côté puzzle agréable, d’autres sont génériques à souhait. Nous sentons d’ailleurs que plusieurs d’entre eux sont juste là pour passer à l’étape de trash-mobs lors de la progression, ce qui donnera des sueurs froides à beaucoup d’entre nous.

    Pour le reste ? Il est indéniable que Shing! fut vraiment pensé pour peser dans le game du beat, en proposant un univers propre et sa petite pierre à l’édifice. C’est en ce sens loin d’être un échec sans que cela ne soit totalement mémorable. Et si les différentes difficultés ou les quelques bonus à débloquer sont une bénédiction pour la replay-value, il faudra avoir envie de reprendre l’histoire du début tant certains passages sont moins inspirés. Pas faisandés, assurément. Cependant, nous aurions aimé de l’épique comme le présente l’introduction.
    Nous nous contenterons de quelque chose de correct, ce qui est déjà pas mal.

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    Des représentations parfois parfaites.




    Test Shing! - 8 minutes de lecture