Note du test 7/10En conclusion :

De Monkey Island à The Survivalists, il y a certes un sacré delta. Toutefois, ce sont bien nos amis gratteurs de puces qui font le sel de la création. Lancé dans le bain du monde impitoyable de la survie, le jeu s’en sort avec les honneurs. Bien sûr, un certain classicisme émane de la production, sans que cela ne choque outre mesure. Pourtant, le premier contact fut décevant, et ce en raison de graphismes qui se contentent de surfer sur une vague bien trop commune à défaut d’être toujours commode. Cependant, The Survivalists montre à de multiples reprises qu’il n’est pas pensé tel un sprint mais comme une course de fond. Ainsi, en découvrant patiemment les offrandes du titre, nous nous enfonçons dans une grotte qui regorge de trésors, tous plus abondants les uns que les autres. Vous demandant d’accepter une cadence assez singulière, le soft saura se montrer généreux et addictif si vous vous intéressez de près à des mécanismes simples mais indispensables à intégrer pour découvrir la plénitude. Résolument magnanime, la création ne vous bousculera pas et ne vous poussera pas dans vos retranchements, sans toutefois vous tenir par la main. Un équilibre globalement stable qui affronte tout de même quelques maladresses, loin d’être rédhibitoires. Reste à savoir quelle chance vous voulez laisser au genre, bien plus qu’au jeu, ce dernier respectant l’ensemble des clauses du contrat de style. En prendre plein la tronche en suivant des effets toujours plus vertigineux ? Vous devriez passer votre tour, tant la nature ne se trouve pas là. Pour les autres, l’essai est pertinent, sans chercher la démesure. Pas de quoi détrôner certains hits mais un travail accompli.

Les plus

Le craft efficace
Les singes !
Des mécanismes qui font leurs preuves
Complet et épuré
Facile à comprendre

Les moins

Manque d’identité visuelle
Pas de multi local
Un rythme particulier

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    The Survivalists
    Editeur et Developpeur : Team 17
    Genre : Réflexion
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 09 octobre 2020
    Trophées : Oui
    Support


    Test The Survivalists

    Publié le dimanche 11 octobre 2020 à 20h05 par NoBloodyKnows
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    S’il y a bien une bande de zouzous dont on aime entendre le nom, c’est bien la Team17. Si d’ores et déjà, beaucoup de leurs productions/éditions sortent des sentiers battus, nous avons toujours cette crainte du faux-pas. Et si The Survivalists n’étaient qu’un ersatz de ses grands frères, The Escapists 1 & 2 ? Foi de macaque, il n’en est rien ! Si le lien est évidemment très visible entre les jeux nommés, le dernier-né a du caractère. Et bien sûr qu’il en faudra au milieu de l’univers de la survie ! Si celui-ci se décline sous plusieurs angles, comme celui de l’horreur, nous sommes en présence de la nature première du mot. Est-ce bon signe ? Dans l’état, nous serions tentés de hurler une réponse catégorique et positive. Seulement, en y regardant de plus près, il y a de quoi chuter lourdement, tant les inspirations d’autres studios ont réussi à se hisser au panthéon du genre. Oui, même sur les consoles en dépit d’un mariage peu évident de prime abord. Alors, allons nous tendre vers la perfection ou nous contenter d’une application stricte des codes ? Nous sommes lucides et comprenons votre désir d’en savoir plus, fripons que vous êtes ! Venez dans notre embarcation affectueusement appelée “la Méduse”, nous vous emmenons vers des terres lointaines…

     

    The Survivalists : l’année des 12 singes


    Un radeau, un échoué, une île. Voilà pour la mise en contexte, minimaliste voire complètement absente ! Pas un réel reproche, car ce n’est pas l’intérêt du genre, mais il manque tout de même ce petit synopsis qui nous sert d’entrée. Pas indispensable, évidemment. Cependant, d’autres joyeux drilles comme Don’t Starve ou Smoke and Sacrifice faisaient ce petit effort qui apporte un petit plus.
    Puisque nous sommes dans la comparaison, et aussi un peu dans le reproche, nous attaquerons, sans traîner en longueur, la partie graphique. Oui, le “tout avec des pixels” fait le job. D’accord, le choix des couleurs est pertinent et les animations simples sont suffisantes. Bien sûr, il fallait connecter The Survivalists au monde de The Escapists. Sauf que pour le coup, cela nous semble en deçà de ce que nous étions en droit d’attendre.

    Là où nous retrouvons un bestiaire relativement varié, des décors réussis ou un design global sympathique, nous ne pouvons en revanche prétendre à l’envoûtement. Non, là où les 2 autres titres du genre déployaient de la magie par un rendu crayonné du plus bel effet, nous sommes face à ce sentiment de déjà-vu. Il ne s’agit en aucun cas de faire le procès du jeu ; toujours est-il que les sirènes du pixel-art deviennent envahissantes dans le monde indépendant. Et nous réitérons nos propos récents aperçus sur d’autres écrits : nous espérons sincèrement que la next-gen apposera les règles du changement. Non pas que nous soyons contre cette touche. Néanmoins, nous déplorons que cette dernière soit devenue une certaine norme.

    Pourtant, rien ne choque à l’oeil et il est vrai qu’un certain charme se dégage, à défaut d’originalité. Même constat pour le sound-design : correct sans être transcendant. Si certains bruitages ou onomatopées prêtent à sourire (les singes bon sang !), l’ensemble se révèle parfois...plat. Ce n’est pas une immondice, loin de là, mais rien ne nous pousse à l’émerveillement. L’ambiance est assurée, sans plus. Idem pour l’OST, un peu chiche malgré sa qualité. N’y voyez pas un tribunal ! L’enrobage aurait tellement pu être tout autre, voilà tout. Et finalement, ce n’est probablement pas sur ce terrain que nous attendons la production.

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    C'est un peu chiche au début mais ça s'étoffe rapidement !

    Thomas au maillet


    Là où The Survivalists doit se montrer, c’est bien sur l’alchimie de ses mécanismes. Vous connaissez notre franchise couplée à notre enthousiasme excessif lorsque la situation le permet : c’est fichtrement bien coordonné. Ainsi, vous assurez l’objectif le plus évident, à savoir survivre. Alors comment ça marche ? Perdu au beau milieu de votre île de départ, avec une conception procédurale, il va falloir jongler entre différentes activités, comme explorer, chasser (et parfois, cela représente un défi !) ou récolter. Vous disposez de plusieurs jauges : la première concerne votre faim et votre santé tandis que la seconde régule votre endurance. Il faudra constamment veiller à ne pas tout vider et en ce sens, les indices visuels sont très clairs. Attention toutefois à ne pas périr en raison d’un ventre vide…

    En parlant de trépas, il est assez perturbant de voir que le jeu est finalement assez peu punitif. Fabriquez un lit pour se reposer et sauvegarder : en cas de mort, vous y reviendrez automatiquement. Certes, votre inventaire sera dispersé. Il vous suffira juste d’aller le récupérer à l’endroit où vous avez mordu la poussière !

    Ce manque de châtiment est-il bénéfique ? Tout dépendra de l’école à laquelle vous appartenez. D’un côté, cela casse le concept de prise de risque tout en permettant à chaque gamer de gérer son rythme et donc le cours de son aventure. Tout simplement, il paraît cohérent de dire que The Survivalists correspond à une entrée en matière agréable au sein de la famille survivaliste en raison de mécanismes assez accueillants. Si le didacticiel semble omniprésent au départ, il laisse vite place à la liberté au sein d’une carte vraiment grande et les apprentissages sont indispensables.

    Pas d’inquiétude : rien ne se révèle trop complexe ou inutilement pléthorique. Tout est parfaitement lisible et l’ergonomie réussit son tour de force à la manette en dépit de quelques accrocs. La navigation avec les gâchettes ne pose aucun problème. Il y a juste un coup à prendre concernant le tri de votre attirail, à bien ajuster car celui-ci est limité. Cela demande un effort tout en étant relativement permissif, notamment sur la quantité d’un même item, sans devoir se coltiner des tableaux plus pénibles les uns que les autres. Un pragmatisme épuré qui prouve qu’en faire des tonnes n’est pas toujours payant et que la profondeur n’est pas un antagoniste de la simplicité.
    Et ça, c’est fort !

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    Un radeau qui change tout !

    Le monde de craft


    Aller chercher des objets, et choisir. Des baies appétissantes ? Oui elles vous aideront à caler la faim. Mais pourquoi ne pas tenter de les cuisiner avec autre chose pour un plat plus consistant ? Tout l'intérêt de The Survivalists se trouve là. Ramasser du loot, crafter et augmenter les possibilités de combinaisons. Le sphérier des possibilités est en ce sens gigantesque et les recettes faciles à réaliser si nous avons le bon matos. Construire un lit ou une hache, rien de plus aisé !

    Certaines choses vous demandent tout de même d’être assemblées dans un endroit précis et la logique est suivie. Même si pour cuire de la viande, l’usage d’un maillet nous échappe un peu ! C’est par la découverte et la récolte que tout se met en place. Besoin de bois ? Un arbre est à votre disposition et avec un peu de chance, des noix de coco étancheront votre petit creux.

    C’est comme cela que le monde tourne et au fur et à mesure, vous découvrirez de nouvelles possibilités, jamais indigestes. Et quel plaisir de voguer vers d’autres horizons lorsqu’une embarcation vous permettra de repousser les limites ! Quitter votre île et voir d’autres cieux. Peur d’être dans les murs de limites imposantes ? Ce ne sera pas le cas. Afin de ne pas restreindre les actions à cause d’une économie trop forcée, le monde se “reboote” régulièrement pour que les ressources ne soient pas à la dérive.

    Et pour ne pas devoir considérer ceci comme une suite de contraintes, les développeurs ont eu la bonne idée d’ajouter… des singes. Vous le savez : ici au NBK, nous avons enchaîné les jeux remplis de macaques. D’où notre manque de jeux de mots concernant nos cousins ! Ceux-ci reçoivent des ordres que vous leur donnez, agissant par mimétisme. La flemme de tailler les arbres ? Il suffira de montrer comment faire et ils s'exécutent.

    Marre de se faire rosser par un environnement hostile ? Retournez avec votre armée de quadrumanes donner une bonne rouste à ces animaux ou ces tribus antagonistes. La seule condition est de donner le bon objet à vos serviteurs pour qu’ils puissent réaliser leur(s) tâche(s). Et attention à la durabilité des items, loin d’être infaillible ! Un aspect de gestion sans prise de crâne et une plus-value sublimant le concept.

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    Vos fidèles compagnons !

    The Survivalists : Looter Island


    Encore faudra-t-il les appâter, ces adorables bestioles ! En les sauvant de leur enfermement ou en les apprivoisant avec de la nourriture, vous obtiendrez des précieux alliés. Détail important : plus vos compagnons accomplissent la même tâche, plus ils progressent dans celle-ci ! A vous de bien répartir ceux qui combattent, bûcheronnent, récoltent…
    Pour les puristes, autant dire que la gestion sera effectuée avec minutie pour se faciliter la (sur)vie et utiliser les clés mises à notre disposition.

    En parlant de celles-ci, elles vous donneront de nouveaux accès et récompenses, à l’instar des donjons et des labyrinthes à bien appréhender afin de ne pas trépasser bêtement. Ainsi, vos quêtes empruntent ce chemin, qu’elles soient découvertes un peu par hasard, par le biais d’un mystérieux inconnu ou des bouteilles échouées sur la plage. Saurez-vous user au mieux du potentiel du magasin et de sa valeur commerciale ?

    De plus, au fur et à mesure de vos pérégrinations d’est en ouest, vous établirez des camps pour éviter de trop fastidieux allers et retours malheureusement présents. Cependant, il faudra vite réagir quand des adversaires viendront avec cette idée simple qui consiste à “tout péter”. Vous serez alerté, à vous de réagir...au péril de votre existence ! En outre, pas besoin d’espérer de grands moments épiques tant le système de combat est un poil lassant. Par bonheur, il n’est pas omniprésent.

    Enfin, et c’est à souligner, The Survivalists ne propose pas de coopération locale. Autant dire que cela est dommageable car durant nos sessions, il fut parfois difficile de trouver des Robinsons d’infortune. Quand bien même ce fut le cas, un hôte mal léché aura tôt fait de vous virer de la partie ! Vous pourrez aussi héberger et en toute sincérité, jouer à plusieurs à un côté réconfortant. Le partage des tâches est fluide et l’appropriation des lieux conséquente !

    Sachant que vous en passerez du temps. En effet, la durée de vie peut se montrer pantagruélique. Si le cœur vous en dit…

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    Les joies des milieux hostiles...




    Test The Survivalists - 7 minutes de lecture