Note du test 7.5/10En conclusion :

Nioh 2 : Le Premier Samouraï ne possède qu’une réelle tare, celle qui reflète parfois les maux du jeu vidéo. Et qui nous agace profondément ! Être un DLC, pour le NBK, c’est partir avec un énorme handicap. Pourtant, difficile de nier les qualités de ce chapitre qui embellit le tableau en sublimant les points forts de la saga. Si peu de surprises envahissent les lieux, si certaines choses ne sont que des enfants du prétexte, il ne serait pas honnête de notre part de condamner ce 3ème DLC au pilori. Ainsi, tout semble plus équilibré, maîtrisé et réussi. Bien sûr, pour être pleinement apprécié, il faut une adhésion. Et cela, la Team Ninja l’a parfaitement compris en récompensant les joueurs exigeants que nous sommes devenus, année après année. Ne fermant aucune porte lorsqu'il s’agit d’accroître sa durée de vie, les développeurs ont su percevoir le piège de l’artifice pour donner l’envie de revenir régulièrement dans cet univers aussi chiadé que affreusement ardu lors des nombreuses sessions. Qu’importe finalement car telle est la voie du gamer ! Et si une certaine mélancolie nous accompagne en se disant que cette fois-ci, tout cela est vraiment fini, rappelons-nous à quel point le chemin fut long. D’un probable vaporware couplé à la venue d’un studio en proie à quelques soucis, la fusion semblait improbable. Et inquiétante. Jusqu’au jour où la série, tapie dans l’ombre, commença son assaut pour mieux soumettre notre volonté et nous faire plier à sa discipline. Au point de défier l’au-delà et la déraison.

Les plus

Une conclusion de qualité
Une Direction Artistique qui ose
Les points forts de la saga sublimés
Un challenge relevé
La rejouabilité

Les moins

La véritable conclusion. En DLC.
Pas de nouvelle arme !
La facilité d’écriture pour justifier certains événements

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Nioh 2 : Le Premier Samouraï
    Editeur : Sony
    Développeur : Team Ninja
    Genre : Action | RPG
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 17 décembre 2020
    Trophées : Oui
    Prix de lancement : 9.99€
    Support


    Test Nioh 2 : Le Premier Samouraï

    Publié le mercredi 06 janvier 2021 à 19h11 par NoBloodyKnows
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    Vilaine et coquine habitude qui hante notre périple ! Si, bien sûr, ce début d’année est jonché de nos souhaits les plus ardents, ô fidèles lecteurs, l’ombre du DLC plane. Et Nioh 2 ne déroge pas à la règle de cette nouvelle ère, intéressante à ses heures (Dark Souls ou The Witcher 3 pour l’exemple), pernicieuse dans ses heurts. Forcément, depuis le temps, la donne est acceptée. Plus grave : normalisée. Alors d’accord, il ne s’agit pas de faire les vieux ingrats passéistes. Cependant, ne pas monter au créneau de temps à autre est une faute de goût, au mieux, une erreur fatale, au pire. Certes, impossible de jeter l’opprobre sur les maisons du jeu vidéo tant il est insensé de ne pas se conformer au nouveau monde vidéoludique. Reste toutefois cette résolution qui s’affirme comme le dernier rempart, ne serait-ce que pour exiger d’avoir une finition acceptable lors de la sortie de son produit. Oui Cyberpunk, c’est toi que nous regardons ! Qu’en est-il alors de notre sujet ? Une définition claire et nette des objectifs avancés. Surprendre pour prolonger l’expérience ou simplement compartimenter une œuvre pour vendre season pass, épisode(s) unique(s) ou version Goty ? Un nouveau langage qui supplée l’histoire pour définir un credo dont les contours s’affinent de jour en jour, de gen en gen. Inexorablement. Inlassablement. Ainsi, le Premier Samouraï embrouille notre esprit dans une nébuleuse, entre respect de la grande qualité de l’épisode qu’il perpétue, admiration des développeurs et rejet relatif du procédé. De quoi fusionner le tout pour une bonne indexation ? Notre lame est encore chaude, teintée du sang de nos ennemis, et notre corps couvert de cicatrices. L’aube nous guidera vers d’autres horizons.

     

    Nioh qui ?


    Quel est donc le véritable projet ? Conclure la totalité de ce second épisode en comptant les 2 DLC inhérents à celui-ci. En tant que petit dernier et donc 3ème de sa lignée, Le Premier Samouraï hérite d’une lourde charge, à la fois gratifiante en cas de succès et humiliante si défaite il y a. S’il fallait uniquement se baser sur le plan scénaristique, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que l’objectif est rempli, sans fioriture. Certes, Nioh 2 n’a jamais eu la prétention de nous conter une histoire brisant le sabre de la magnificence. Rien ne nous colle un coup de katana dans le casque. Toutefois, l’ensemble se laisse suivre avec plaisir et la cohérence reste globalement de mise, et ce en raison d’une narration qui va droit au but.

    Le procédé est pourtant connu mais force est de reconnaître la maîtrise qui se dégage de l’extension. Même si le coup du voyage dans le temps a tendance à inquiéter de nouveau, cela fonctionne relativement bien grâce à une diégèse qui nous laisse croire que tout est possible. Oui, en dépit d’une facilité dont l’écriture se sert amplement ! En outre, le liant avec l’aventure est bien présent et c’est en cela que vous ne pouvez pas faire l’impasse sur les 2 autres prolongations. Tout est connecté. En clair, considérer notre sujet du jour comme un stand-alone est une erreur. C’est une continuité d’un ensemble, rendant toutes les parties interdépendantes.

    S’il va sans dire que l’attachement aux personnages est compliqué, car le récit est loin d’être très développé, il a le mérite de nous montrer les origines. Le traitement rapide n’empêchera pas un final surprenant apportant une conclusion harmonieuse qui esquive habilement l’impression d’ajout sur le tas. Mine de rien, le constat assure et rassure, fuyant la caste de l’extension-poubelle, symbole de l’arnaque ultime méprisant le gamer.

    Le code d’honneur est donc respecté !

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    Nioh : sens, tape !


    Le Premier Samouraï, et la licence Nioh en général, c’est aussi une Direction Artistique unique qui, bien qu’elle ne fut pas toujours flamboyante, confirme ses progrès en la matière jusqu’à trouver son apogée dans cet épisode. Si la tendance ne sera pas forcément au goût de tous, impossible de ne pas saluer le travail des développeurs dans la représentation de la féodalité du pays du Soleil-Levant. Certaines inspirations, dont une touche “capcomienne”, sont sublimes et le plaisir est de mise, évitant les maladresses d’autrefois.

    D’autant plus que la conception des environnements est pertinente, confirmant l’avènement de la Team Ninja dans la création du level-design. Là où, il y a quelques années, Ninja Gaiden faisait dans l’indigence en dépit d’une grande richesse dans le gameplay, Nioh a su trouver sa voie. Les plus réticents rétorqueront que les Souls avaient su éclairer les lanternes. Encore fallait-il parfaitement intégrer les codes et c’est désormais chose établie. De la verticalité, des pièges et des arènes parfaitement conçues : les ingrédients sont là pour nous faire goûter une recette délicate.

    Bien sûr, certains éléments ne nous prennent plus au dépourvu bien que l’émerveillement reste important. Comme dans cette fin de discographie d’un groupe qui ne change en rien son style mais dont l’identité réconforte le public. Et si cela tranche parfois sèchement avec l’essence du second opus, la prise de risque est appréciable, évitant la repompe insultante et vicieuse.
    Si nous émettons quelques bémols sur la réutilisation à peine détournée de certains mobs, les nouveaux-venus en jettent.
    Et ce n’est qu’une pétale de fleur de cerisier ! Les Boss sont majestueux et mémorables. Leur nombre est loin d’être honteux, sans parler des demi-boss/trash-mobs qui vous enverront plusieurs fois à la morgue.

    Car si visuellement tout tient la route, la véritable destinée se trouve dans le gameplay.

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    Teppô cap ?


    Place au roi et à la quintessence naturelle du titre ! Une révolution ? Absolument pas. Le Premier Samouraï se révèle solide comme ses aînés, bénéficiant des ajouts de ceux-ci. Si les bases du gameplay sont décrites dans notre test de début d’année, sachez que quelques suppléments et ajustements ont proféré un nouvel équilibrage bienvenu. Si Nioh 2, malgré un accueil difficile dès les premiers pas, améliore la formule du prédécesseur, ce 3ème DLC se montre pertinent et juste.

    Vous y retrouverez également des nouveaux skins pour les armures, des compétences (parfois légèrement anecdotiques) toutes fraîches et des esprits gardiens insolites. En revanche, et cela fait un peu tâche : point d’arme inédite, à la différence des 2 autres extensions. Aïe ! S’il paraît quelque peu assassin de trop insister sur ce point, c’est une réelle déception de ne pas se procurer des sensations étrangères par le biais d’un nouveau moveset qui empale l’ennemi dans une frénésie jouissive !

    On ne saurait trop en tenir rigueur aux créateurs. L’accent est mis sur l’expérience en elle-même et aucune entourloupe à perte de vue : même le vétéran y trouvera son compte ! Les alentours du niveau 140 sont conseillés pour attaquer ce morceau. Et même avec un level supérieur, des tannées vous attendent à chaque chemin. A l’instar d’un Bloodborne : The Old Hunters, il va falloir hausser le ton et mettre à profit tout son apprentissage pour venir à bout de cette parcelle conclusive tant le challenge est relevé. Toutefois, la difficulté ne paraît pas, dans sa globalité, artificielle. Évidemment, à l’occasion, nous n’échappons pas à la tentation du sac à PV abusif. Ainsi et par exemple, vous trouverez rapidement un mob qui ressemble à de la bleusaille. Sauf qu’il est aussi offensif que increvable !

    Et en revenant sur la panoplie des Boss, soyons francs : à notre sens, il s’agit tout simplement des meilleurs de la saga ! Plusieurs phases, plus de patterns, des zones millimétrées : les assaisonnements sont là pour faire oublier l’accroc du tout premier jeu, assez défaillant sur ce point.

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    Nioh déjà Neiro (comprend qui peut !)


    Somme toute, le plaisir de la découverte anime notre foi pour retourner poutrer du vilain dans Le Premier Samouraï. D’ailleurs, qui se contente d’un run unique est un fou. Oui, cela constitue une grande fierté mais en aucun cas une fin en soi. Ainsi, d’autres surprises vous attendent et non des moindres ! Si le nombre de quêtes principales est rachitique (seulement 2), leur longueur rattrape cet écueil. De plus, il y a des tas de choses à faire lors des missions secondaires. La complétion totale représente bien le sel de la démonstration, le doute n’est pas permis.

    Et la qualité de la replay-value ne se “limite” pas à cet état de fait. Ici, l’occasion est trop belle pour débloquer le niveau de difficulté ultime : “le rêve du Nioh” qui saura réunir tout le monde sous sa bannière. Celle de l’humilité ! Car si une élite bien précise saura se défaire des déboires imposés par ce mode, beaucoup d’anciens risquent de mordre la poussière dans un premier temps. Pour leur plus grand plaisir, afin de retrouver la sensation de découverte initiale… et initiatique !

    Et comment ne pas vous parler du grand final où il sera possible d’entrer dans l’épreuve imposée par The Underworld ? Des vagues d’ennemis, tous représentés, des chances de survie parfois bien minces, des heures à travailler son timing… de quoi frissonner, encore et encore ! Si cela aurait pu être disponible dans le jeu de base, ce complément fait beaucoup de bien et permet de hisser Nioh 2 au rang d’objet que vous userez jusqu’à la moelle.

    Un DLC qui ne se contente pas d’être un vague prolongement et qui évite la cour d’assises le condamnant au simple chapitre retiré au dernier moment pour taxer les aficionados. Et si la politique d’ajouts, comme nous, vous laisse pantois, celui-ci fait parfois vaciller notre jugement. De là à recommander l’achat immédiat ? Patience, jeunes apprentis : une version collector regroupant toute la famille arrive prochainement. Avec un goût next-gen ? Assurément…

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    Test Nioh 2 : Le Premier Samouraï - 7 minutes de lecture