En conclusion : Chaque année, Call of Duty doit réussir à trouver le bon équilibre entre nouveautés et fidélité à une formule qui fonctionne depuis maintenant bien longtemps. Et avec Modern Warfare 4, Infinity Ward démontre une nouvelle fois pourquoi j'apprécie autant son travail. Le multijoueur est un véritable régal, avec d'excellentes sensations de tir, des déplacements fluides, douze cartes réussies et suffisamment de modes pour varier les plaisirs. Les nouveautés sont globalement bien pensées, notamment Collatéral, qui constitue pour moi l'une des meilleures surprises de cet épisode. La campagne n'est pas en reste. Spectaculaire, rythmée et portée par plusieurs points de vue, elle offre une bonne dose d'action popcorn comme je les aime. Quant à la DMZ, elle apporte une autre manière de profiter du gameplay de Call of Duty, avec cette tension propre aux jeux d'extraction qui donne constamment envie de retenter sa chance. Alors oui, Ligne de front m'a passablement énervé avec ses problèmes de spawn kill et quelques Game Over injustes viennent parfois perturber la campagne. Mais en dehors de cela, difficile pour moi de trouver grand-chose à reprocher à cette nouvelle cuvée. Modern Warfare 4 ne révolutionne pas Call of Duty, mais il réussit quelque chose de bien plus important à mes yeux : me donner constamment envie de relancer une partie. Et finalement, n'est-ce pas là l'essentiel ?

Les plus
Les moins



Chaque année, c'est le même rituel. Un nouveau Call of Duty débarque, avec son lot de promesses, de nouveautés et, forcément, quelques interrogations. Cette fois, c'est Infinity Ward qui reprend les commandes avec Modern Warfare 4. Autant vous dire que j'attendais ce nouvel épisode avec une certaine impatience, le studio étant tout simplement mon préféré dans la saga. Après des dizaines d'heures à enchaîner les parties sur PS5 Pro, à découvrir sa campagne et à risquer mon équipement dans la DMZ, une chose est sûre : cette cuvée a de sacrés arguments à faire valoir !
Infinity Ward, le retour aux affaires
Guerre moderne, conflit historique ou affrontements futuristes, Call of Duty nous a fait voyager sur bien des champs de bataille au fil des années. Et si chaque épisode possède ses qualités, j'ai toujours eu une petite préférence pour ceux développés par Infinity Ward. Une question de sensations, d'ambiance et surtout de plaisir une fois la manette en main.
Avec Modern Warfare 4, le studio revient à ce qu'il sait faire de mieux : des affrontements nerveux, une réalisation spectaculaire et une formule qui ne cherche pas à tout révolutionner pour convaincre. Alors oui, on retrouve énormément de mécaniques bien connues des habitués, mais pourquoi vouloir absolument changer ce qui fonctionne ?
D'autant que cette nouvelle mouture ne se contente pas de reprendre les bonnes vieilles recettes. Entre une campagne qui ose multiplier les points de vue, un multijoueur particulièrement généreux et le retour de la DMZ, il y a franchement de quoi s'occuper.

Un multijoueur qui m'a immédiatement accroché
Je vais commencer par ce qui représente, à mes yeux, le véritable cœur de Call of Duty : son multijoueur. Et autant le dire immédiatement, après une bêta publique qui m'avait déjà hypé au plus haut point, j'avais vraiment hâte de retrouver les champs de bataille.
Le plaisir est toujours aussi immédiat. On lance une partie, on choisit sa classe et quelques secondes plus tard, les premières balles fusent. C'est rapide, nerveux, parfois complètement chaotique, mais surtout terriblement grisant.
Premier petit détail que j'apprécie particulièrement : chaque début de partie s'accompagne d'un titre animé présentant la carte. Ce n'est pas grand-chose sur le papier, mais cela donne une vraie personnalité aux affrontements et participe à cette mise en scène que j'affectionne tant.
Une fois sur le terrain, les sensations sont excellentes. Les armes possèdent une bonne patate, les tirs sont agréables et les déplacements gagnent encore en fluidité. On glisse, on plonge, on s'allonge, on prend appui sur un élément du décor pour mieux contrôler le recul... Tout s'enchaîne naturellement, sans avoir besoin de réfléchir à chaque mouvement.
Et surtout, pas besoin d'une tonne de gadgets improbables pour prendre son pied. On reste dans quelque chose de relativement classique, avec juste ce qu'il faut de nouveautés pour renouveler les situations.

Des fumigènes qui changent vraiment la donne
Parmi les petites nouveautés qui m'ont particulièrement marqué, impossible de ne pas parler des grenades fumigènes.
Leur comportement est désormais bien plus réaliste, avec un rendu qui m'a immédiatement rappelé ce que propose Counter-Strike 2. La fumée n'est plus simplement cet épais nuage qui masque temporairement la visibilité. Elle réagit davantage aux tirs et permet de créer des ouvertures pendant quelques instants.
Et ça, j'adore !
Lancer une fumigène pour couvrir une zone, épauler mon fusil tactique, tirer à travers le nuage pour dissiper une partie de la fumée et surprendre un adversaire qui pensait être tranquillement à couvert... Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis amusé avec cette mécanique.
C'est typiquement le genre de petit ajout qui peut sembler anodin, mais qui apporte de nouvelles possibilités tactiques sans compliquer inutilement le gameplay.

Une progression classique, mais toujours aussi addictive
Du côté de la progression, Infinity Ward ne bouleverse pas les habitudes, et ce n'est pas forcément une mauvaise chose.
Au fil des parties, notre soldat gagne des niveaux et débloque progressivement de nouvelles armes, des équipements, des atouts et des séries d'éliminations. Les premiers atouts arrivent d'ailleurs assez rapidement, ce qui permet de commencer à personnaliser ses classes sans devoir passer des heures à jouer.
On retrouve les grands classiques : Fantôme, Traqueur, une meilleure résistance aux explosions ou encore une récupération accrue. Bref, de quoi adapter son équipement à sa manière de jouer.
J'ai particulièrement apprécié l'atout permettant de disposer d'un lance-missiles anti drone. Plus besoin de sacrifier son arme secondaire pour se trimballer avec un lance-roquettes dédié. Une excellente idée pour ceux qui, comme moi, aiment débarrasser le ciel des équipements ennemis sans bouleverser toute leur classe.
Chaque arme possède également sa propre progression. Plus on l'utilise, plus on débloque de nouvelles pièces permettant d'affiner son comportement. On peut ainsi privilégier la mobilité pour foncer au contact, rechercher un meilleur contrôle à moyenne portée ou transformer son fusil en véritable outil de précision pour les engagements lointains.
Rien de révolutionnaire, certes, mais cette petite carotte fonctionne toujours aussi bien. Encore une partie pour débloquer un accessoire, encore quelques éliminations pour essayer une nouvelle configuration, une nouvelle apparence... Et voilà comment on se retrouve à jouer beaucoup plus longtemps que prévu.
Autre bonne surprise, les apparences des armes et des personnages restent, pour le moment, plutôt immersives et cohérentes avec l'univers militaire. Espérons simplement que les prochaines saisons ne viendront pas transformer les champs de bataille en défilés de costumes improbables. Je croise les doigts !
Douze cartes et des modes à ne plus savoir qu'en faire
Avec douze cartes disponibles dès le lancement, Modern Warfare 4 ne se moque pas des joueurs. Et surtout, celles-ci sont globalement bien construites.
Les affrontements sont rythmés, les différents itinéraires permettent de varier les approches et on prend rapidement ses marques sans avoir l'impression de tourner constamment en rond. Il y a suffisamment de variété pour alterner les plaisirs, que l'on préfère foncer tête baissée ou progresser plus prudemment.
Les amateurs de 6 contre 6 retrouveront évidemment les incontournables Match à mort par équipe, Mêlée générale, Élimination confirmée ou encore Point stratégique. Et pour ceux qui préfèrent les affrontements de grande ampleur, Guerre terrestre permet de se lancer dans des batailles réunissant jusqu'à 64 joueurs.
Mais ce sont surtout les quatre nouveaux modes qui m'ont donné envie de multiplier les parties.
Interception : la chasse aux données est ouverte
Dans Interception, les équipes doivent récupérer un pic de données et parvenir à le déposer dans une station de communication ennemie pour marquer des points.
Sur le papier, le principe est assez simple. Dans les faits, cela donne lieu à des affrontements particulièrement animés autour des objectifs. On se retrouve régulièrement à défendre une position dans l'urgence ou à tenter une percée pour empêcher l'équipe adverse de marquer.
C'est dynamique, amusant et cela pousse naturellement à jouer l'objectif plutôt qu'à courir uniquement après les éliminations.
Ligne de front : attention au spawn kill !
Autant j'ai apprécié la plupart des nouveautés, autant Ligne de front m'a nettement moins convaincu.
Le principe repose sur un affrontement collectif où chaque équipe réapparaît dans sa propre base et doit progresser pour accumuler un maximum de points.
Le problème, c'est justement ce système de réapparition. À force de revenir toujours au même endroit, certaines parties peuvent rapidement devenir pénibles, notamment lorsque l'adversaire parvient à verrouiller les accès.
Et se faire éliminer à peine revenu dans la partie, encore et encore, il n'y a rien de plus rageant !
C'est clairement le nouveau mode qui m'a le moins emballé. Il demande une bonne coordination entre les joueurs, mais les situations de spawn kill peuvent vraiment gâcher le plaisir.
Collatéral : un petit air de Counter-Strike
Voilà probablement ma plus belle surprise parmi les nouveaux modes.
Avec Collatéral, Infinity Ward lorgne franchement du côté de Counter-Strike. Deux équipes alternent entre attaque et défense de sites de bombes, tandis que chaque manche permet de gagner de l'argent pour acheter son équipement avant la suivante.
Il faut donc réfléchir à ses achats, adapter son arsenal et surtout jouer intelligemment avec ses coéquipiers.
J'ai immédiatement accroché à cette formule. Les manches possèdent une tension particulière et chaque élimination prend davantage d'importance. On réfléchit un peu plus avant de foncer dans le tas, même si l'envie de tenter une action héroïque reste parfois difficile à contenir.
Pour ma part, je trouve même ce mode plus intéressant et plus amusant que le traditionnel Recherche et destruction. C'est dire !
Inflation : tuer pour remplir les caisses
Enfin, Inflation revisite à sa manière les affrontements à objectifs, avec un fonctionnement qui m'a rappelé Élimination confirmée, l'un de mes modes préférés.
Ici, chaque adversaire éliminé rapporte une prime et c'est l'équipe ayant accumulé le plus d'argent qui remporte la victoire.
Le principe est simple, immédiatement compréhensible et fonctionne particulièrement bien avec le rythme effréné du jeu.
De quoi varier les plaisirs sans devoir passer de longues minutes à comprendre des règles compliquées.
Et avec une première saison annoncée pour le 6 novembre, le contenu devrait rapidement continuer à s'étoffer.

DMZ : une extraction qui pourrait bien devenir addictive
Si vous avez accroché à un certain ARC Raiders, il y a de fortes chances que la DMZ de Modern Warfare 4 vous parle immédiatement.
Le principe est celui d'un jeu d'extraction à la sauce Call of Duty. On se lance seul ou en escouade de trois joueurs maximum sur une vaste carte, avec un objectif assez simple : récupérer un maximum de butin et parvenir à s'extraire vivant.
Évidemment, les choses ne sont jamais aussi faciles. Entre les ennemis contrôlés par l'intelligence artificielle, les autres joueurs qui poursuivent leurs propres objectifs et les mauvaises rencontres au détour d'un bâtiment, chaque expédition peut rapidement tourner au cauchemar.
Et c'est justement ce qui fait tout le sel de ce mode PvPvE.
On avance prudemment, on fouille les bâtiments, on récupère du matériel, puis arrive ce fameux moment où il faut décider si l'on continue à explorer ou si l'on préfère assurer le coup en repartant avec ce que l'on possède déjà.
Car mourir signifie risquer de perdre son précieux équipement. Heureusement, le sac à dos et les possibilités de sécuriser une partie du butin permettent de limiter quelque peu la casse.
La carte est suffisamment grande et variée pour donner envie d'explorer chaque recoin. On y découvre de nombreuses zones, des véhicules pour se déplacer plus rapidement, des missions à accomplir et même des boss qui viennent pimenter les expéditions.
J'ai vraiment pris plaisir à découvrir cette proposition. On retrouve les sensations de tir de Call of Duty, mais avec une tension différente, liée à la peur de perdre tout ce que l'on vient de récupérer.
Et le plus intéressant, c'est que ce mode est amené à évoluer au fil des saisons. Si Infinity Ward continue à l'enrichir intelligemment, la DMZ pourrait bien devenir l'une des grandes forces de cet épisode.

Une campagne qui voit les choses sous plusieurs angles
Disponible quelques jours avant le lancement complet du jeu, la campagne solo de Modern Warfare 4 prend une direction intéressante en nous proposant de vivre le conflit à travers plusieurs personnages.
Cette fois, direction la péninsule coréenne, où la Corée du Nord lance une invasion de sa voisine du Sud. Un scénario qui résonne forcément avec les tensions géopolitiques actuelles, même si le jeu met en scène des personnages et des événements fictifs.
Au cours de l'aventure, on incarne notamment Private Park, une jeune recrue plongée dans l'horreur du conflit, mais également le célèbre capitaine Price, que les habitués de Modern Warfare connaissent évidemment très bien.
Plus surprenant, le jeu nous place aussi dans la peau d'un personnage appartenant au camp adverse.
Et c'est là que la campagne devient particulièrement intéressante.
Plutôt que de nous raconter toute l'histoire à travers les yeux d'un seul héros, Infinity Ward multiplie les perspectives. Une approche qui m'a rappelé certaines campagnes de Battlefield et qui permet d'aborder les événements sous différents angles.
Certains joueurs préféreront sans doute suivre un seul personnage du début à la fin, mais personnellement, j'ai trouvé cette alternance plutôt bienvenue.
Du grand spectacle, comme on l'aime
Rassurez-vous, Modern Warfare 4 n'a absolument pas oublié ce qui fait le charme des campagnes Call of Duty.
On retrouve cette mise en scène très cinématographique, ces séquences spectaculaires et cette impression de participer à un énorme blockbuster hollywoodien.
Les missions s'enchaînent sans trop se ressembler et nous emmènent bien au-delà des paysages dévastés de la Corée. Paris, New York et d'autres destinations viennent apporter une variété bienvenue aux environnements.
On alterne entre fusillades intenses, séquences plus posées et affrontements au corps à corps qui m'ont parfois rappelé ce que propose 007 First Light.
C'est du grand spectacle, parfois excessif, mais franchement, c'est aussi pour cela que j'aime les campagnes Call of Duty.
Avec une quinzaine de missions, dont une qui laisse davantage de liberté dans son approche, il faut compter environ sept à huit heures pour voir le bout de l'aventure.
Une durée finalement assez classique pour la série, mais qui m'a semblé bien exploitée grâce à la diversité des situations.
Faites attention aux alliés qui traversent le viseur ! Tout n'est cependant pas parfait.
J'ai notamment pesté à plusieurs reprises contre la gestion des tirs alliés. Il suffit parfois qu'un compagnon ou un personnage non joueur passe malencontreusement devant notre viseur au mauvais moment pour provoquer un Game Over immédiat.
Et dans certaines séquences particulièrement mouvementées, cela peut devenir franchement agaçant.
On est concentré sur les ennemis, on ouvre le feu et voilà qu'un allié décide de traverser notre ligne de tir. Retour au dernier point de contrôle !
Un petit défaut qui n'a pas gâché mon plaisir, mais qui mériterait un peu plus de souplesse.
Malgré cela, j'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir cette campagne. Elle possède tout ce que j'attends d'un bon Call of Duty solo : du rythme, des personnages intéressants, des situations variées et une bonne dose de spectacle.
Sur PS5 Pro, la guerre n'a jamais été aussi belle
Sur le plan technique, Modern Warfare 4 franchit un cap appréciable.
Il faut dire que l'abandon des anciennes consoles, à savoir la PS4 et la Xbox One, permet enfin aux développeurs de se concentrer sur des machines plus récentes.
Et cela se ressent.
Sur PS5 Pro, les environnements profitent d'un rendu particulièrement convaincant, avec des décors détaillés, de beaux effets visuels et une ambiance qui fonctionne aussi bien dans la campagne que sur les cartes multijoueurs.
J'ai surtout apprécié que le multijoueur ne donne pas l'impression d'être le parent pauvre de la réalisation. Les cartes sont soignées et les différents effets participent pleinement à l'immersion, notamment ces fameuses fumigènes dont je ne me lasse pas.
Le jeu propose également un très grand nombre de paramètres permettant d'adapter l'expérience à ses préférences. Que l'on souhaite ajuster les commandes, l'affichage ou certains comportements du jeu, il y a largement de quoi trouver une configuration qui nous convient.
Mais impossible de parler de la réalisation sans évoquer le son.
Une fois encore, le travail sonore occupe une place essentielle. Les détonations, les explosions et les nombreux bruits qui nous entourent donnent une véritable intensité aux affrontements.
Et en multijoueur, je vais être catégorique : jouer sans casque, c'est se priver d'un avantage considérable.
Entendre les déplacements adverses, repérer la provenance des tirs ou anticiper une menace grâce à l'environnement sonore peut faire toute la différence entre une élimination et un retour express au point de réapparition.
